mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200997 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | PAULIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mai 2022, deux mémoires complémentaires, enregistrés le 26 mai 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 1er juin 2022, Mme E B et Mme A G épouse D, représentées par Me Romazzotti, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel la maire d'Argelès-Gazost a accordé à la société Maisons Bâti-concept le permis de construire qu'elle avait sollicité pour la réalisation d'une résidence de 11 logements, ainsi que le rejet de leur recours gracieux ;
2°) de rejeter les conclusions de la société Maisons Bâti-concept présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Argelès-Gazost et de la société Maisons Bâti-concept une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- elles sont voisines immédiates du projet, lequel va engendrer pour elles une perte d'ensoleillement, une perte d'intimité, et une perte de vue sur le massif pyrénéen ;
- la commune devra prouver que le signataire de l'arrêté attaqué disposait d'une délégation valable pour ce faire ;
- le dossier de demande ne comporte pas de description détaillée de la construction existante sur le terrain d'assiette, en méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande ne fait pas état de la végétation existante et n'indique pas le traitement des espaces libres et notamment les plantations à conserver, à abattre ou à créer, en méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande ne fait pas état des ruisseaux traversant et longeant le terrain d'assiette, en méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande ne comporte pas de projection de la construction nouvelle par rapport aux constructions voisines, en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande ne comporte aucun élément concernant le traitement des clôtures, en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande n'est pas clair concernant l'organisation et l'aménagement des accès, en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ; et rien n'est précisé concernant le déplacement du lampadaire et de la borne incendie situés au niveau de l'accès ;
- la voie de desserte n'a pas vocation à absorber le trafic automobile engendré par le projet, en méconnaissance de l'article 3 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme ;
- le projet ne prend pas en compte la borne à incendie présente sur la voie publique devant le terrain d'assiette, en méconnaissance de l'article 3 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme ;
- l'accès du projet ne semble pas suffisamment précis compte tenu de la position des accès, de leur configuration, de leur nature et de l'intensité du trafic, en méconnaissance de l'article 3 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme ;
- le raccordement du projet au réseau des eaux usées, sous-dimensionné, n'est pas suffisamment précisé, en méconnaissance de l'article 4 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme ;
- le projet ne respecte pas la distance minimale aux emprises publiques et aux limites latérales imposées par les articles 6 et 7 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme par rapport aux ruisseaux traversant et longeant le terrain d'assiette ;
- les combles prévues par le projet ne respectent pas les règles fixées par les articles 9 et 10 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme et par le cahier des charges du lotissement ;
- le projet ne respecte pas les règles en matière de clôtures fixées par l'article 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme ;
- l'implantation de quatre places de stationnement le long de la voie publique en impasse côté sud n'est pas réalisable, en méconnaissance de l'article 12 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme.
Par deux mémoires, enregistrés les 31 août 2022 et 29 juin 2023, la société Maisons Bâti-concept, représentée par Me Paulian, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mmes B et D une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 16 septembre 2022, et une pièce complémentaire, enregistrée le 28 octobre 2022, la commune d'Argelès-Gazost conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par deux mémoires, enregistrés les 23 février et 29 juin 2023, la société Maisons Bâti-concept demande au tribunal de condamner Mmes B et D à lui payer la somme de 181 503 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.
Elle soutient que :
- le recours est abusif dès lors que les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir et qu'elles ne présentent aucun moyen sérieux ;
- en raison de ce recours, le projet est à l'arrêt et le prix des matériaux a augmenté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roussel Cera ;
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Romazzotti représentant Mmes B et D, et de Me Aramboure représentant la société Maisons Bâti-concept.
Considérant ce qui suit :
1. La société Maisons Bâti-concept a déposé, le 21 septembre 2021, une demande de permis de construire valant permis de démolir pour la réalisation d'une résidence de 11 logements à Argelès-Gazost. Par arrêté du 1er décembre 2021, la maire lui a accordé ce permis. Mme B et Mme D demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. En premier lieu, la maire d'Argelès-Gazost a, par arrêté du 16 juillet 2020, donné délégation à M. F C, adjoint délégué et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, notamment, les permis de construire. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain () / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ".
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Le projet en litige est prévu sur un terrain supportant une maison d'habitation et deux annexes. Le dossier de demande précise que les deux annexes seront démolies. La maison conservée est matérialisée sur les plans et apparaît sur les photos de l'état des lieux ainsi que sur les représentations graphiques insérées dans la notice descriptive. La demande comportait donc une description suffisante de l'état initial du terrain d'assiette.
6. Si la notice descriptive du projet se borne à indiquer qu'une attention particulière sera donnée au jardin entourant le bâtiment projeté, la végétation existante apparaît sur les photographies de l'état des lieux et la végétalisation du projet apparaît sur le plan de masse, les plans de façades, le plan de coupe, ainsi que sur l'image de synthèse représentant le projet.
7. Il est constant, d'une part, que le dossier de demande ne mentionne pas la présence sur le terrain d'assiette du projet en litige de deux canaux d'irrigation, réalisés afin d'apporter de l'eau à partir de barrages sur le gave d'Azun, et, d'autre part, que la pétitionnaire prévoit de dévier l'un d'entre eux pour réaliser la rampe d'accès au parc de stationnement souterrain. Toutefois, à supposer que cette déviation nécessite le dépôt d'une déclaration au titre des articles L. 214-1 et suivants du code de l'environnement, il résulte de l'article L. 425-14 du code de l'urbanisme que cela ne pourrait avoir d'incidence que sur la mise en œuvre du permis de construire en litige, et non sur sa légalité. Dans ces conditions, l'absence de mention de ces deux canaux dans le dossier de demande n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. Les constructions avoisinantes apparaissent sur les photographies de l'état des lieux, sur le plan de masse des démolitions et sur le photomontage de la notice descriptive.
9. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la clôture existante entre la propriété de Mme B et le terrain d'assiette du projet en litige sera affectée par celui-ci.
10. Si la notice jointe au dossier de demande indique que l'accès " se réalise par l'avenue Adrien Hébard ", il ressort clairement des plans que l'accès prévu par le projet donne sur l'impasse perpendiculaire à cette avenue.
11. Enfin, ces mêmes plans ont permis au service instructeur de comprendre que la création de cet accès nécessiterait, de la part des services compétents, le déplacement d'une borne incendie et d'un lampadaire, situés au droit du futur accès sur le domaine public. Au demeurant, le service départemental d'incendie et de secours a estimé, au regard du dossier de demande, que la défense extérieure contre l'incendie et l'accès des secours étaient satisfaisants.
12. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que le dossier de demande était incomplet doit être écarté dans toutes ses branches.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / Dans la mesure du possible, les voies en impasse seront évitées. / Si la voie nouvelle ouverte à la circulation publique se termine en impasse, elle devra permettre le retournement des véhicules appelés à l'utiliser (pompiers, véhicules de services) () ".
14. Le projet en litige porte sur la création d'un immeuble comprenant 11 logements. D'une part, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'impasse publique existante qui en constitue la voie de desserte ne pourrait pas absorber le trafic généré par ce projet. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 11, la création de l'accès en fond d'impasse, tel qu'elle ressort des plans du dossier de demande, conduira les services compétents à déplacer la borne d'incendie existante à ce niveau. Enfin, les dispositions, citées au point précédent ne régissent pas le stationnement et n'interdisent pas de réaliser une construction desservie par une voie en impasse. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme doit être écarté.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme : " () le raccordement au réseau public d'assainissement est obligatoire. Tout déversement d'eaux usées, autres que domestiques, dans les égouts publics devra se conformer aux dispositions du code de la santé publique () ".
16. Il est constant que le projet prévoit son raccordement au réseau public d'évacuation des eaux usées, conformément aux dispositions citées au point précédent. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, en tout état de cause, le réseau public ne serait pas en mesure d'absorber les eaux usées générées par le projet. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme ne peut qu'être écarté.
17. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " Les constructions devront être implantées à une distance minimale de 2 mètres de l'alignement ". Aux termes de l'article 7 du même règlement, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Les constructions devront être édifiées à une distance minimale de 3 mètres des limites latérales sur une profondeur maximum de 15 mètres à partie de l'alignement ou de la limite qui s'y substitue () ".
18. D'une part, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les canaux d'irrigation qui traversent le terrain d'assiette du projet en litige seraient constitutifs d'emprises publiques au sens des dispositions citées au point précédent. Le projet n'avait donc pas à prévoir son implantation à deux mètres de ces canaux. D'autre part, il ressort des plans joints au dossier de demande que l'implantation du projet respecte la distance de 3 mètres par rapport à la limite séparative. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 6 et 7 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme doit être écarté.
19. En sixième lieu, aux termes de l'article 10 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme : " La hauteur d'une construction ne peut excéder R+2+combles (cf. schéma article 9 titre 1 dispositions générales) ". Ce schéma désigne par comble le niveau de la construction situé sous les toits et impose une hauteur maximale de 1,20 mètres entre le plancher de ce niveau et le versant du toit.
20. Il ressort du plan de coupe joint au dossier de demande que la hauteur entre le plancher du dernier niveau du projet et le versant du toit est de 1,10 mètre, et non de 1,30 mètre comme le soutiennent les requérantes. Dans ces conditions, et quelle que soit la taille des fenêtres, qui n'est pas régie par ces dispositions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 10 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme doit être écarté. Enfin, eu égard tant à son objet qu'à ses effets, la mention relative au nombre maximal d'étages habitables contenue dans le cahier des charges du lotissement auquel appartiendrait le terrain d'assiette du projet en litige, datant de 1963, constitue une règle d'urbanisme au sens des dispositions de l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme et est donc caduque en vertu de ces dispositions. Les requérantes ne peuvent donc utilement s'en prévaloir à l'encontre de l'arrêté attaqué, à supposer que le projet se situe dans le lotissement.
21. En septième lieu, aux termes de l'article 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme : " Les clôtures seront constituées de lauriers palmes ou d'un mur bahut de hauteur maximale de 0,90 mètre surmonté d'une grille métallique, le tout devant être inférieur à 1,80 mètre ".
22. Ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet d'imposer la réalisation de clôtures. Ainsi, en ne prévoyant pas de clôture en limite sud du terrain d'assiette, le projet ne méconnaît pas l'article 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme. De plus, les autres clôtures existantes ne sont pas modifiées par le projet.
23. En huitième lieu, aux termes de l'article 12 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme : " Il est exigé la réalisation d'une aire de stationnement par logement en dehors des voies publiques ".
24. Le projet en litige, qui porte sur la réalisation d'un immeuble de 11 logements, prévoit la réalisation de 11 places de stationnement, 7 en sous-sol et 4 en surface, sur le terrain d'assiette, le long de l'impasse qui dessert le projet. Afin de permettre l'accès à ces 4 places, le dossier de demande impliquait nécessairement la suppression de places de stationnement existantes sur le domaine public, ce que fait valoir la commune en défense. Cette circonstance ne saurait faire regarder le projet en litige comme méconnaissant l'article 12 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme.
25. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mmes B et D ne sont pas fondées à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
26. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts () ".
27. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la présente requête traduirait un comportement abusif de la part de Mmes B et D. Par suite, les conclusions la société Maisons Bâti-concept tendant à l'application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Argelès-Gazost et de la société Maisons Bâti-concept, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demandent les requérantes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de Mmes B et D une somme globale de 1 500 euros à verser à la société Maisons Bâti-concept en application de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mmes B et D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société Maisons Bâti-concept tendant à l'application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 3 : Mmes B et D verseront à la société Maisons Bâti-concept une somme globale de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme E B et Mme A G épouse D, à la commune d'Argelès-Gazost et à la société Maisons Bâti-concept.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Madelaigue, présidente,
M. Roussel Cera, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. ROUSSEL CERA
La présidente,
Signé
F. MADELAIGUE La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026