vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201033 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | BAUCOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 mai 2022, le 10 juin 2022 et le 4 novembre 2023, M. C représenté par Me Baucou, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Lourdes à lui verser la somme de 26 210,89 euros, somme à parfaire assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Lourdes la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable dès lors que la demande indemnitaire relative à l'imputabilité ne peut être regardée comme une décision à " objet purement pécuniaire " et que le délai n'était donc pas expiré en l'absence de notification des voies et délais de recours ;
- la responsabilité du centre hospitalier de Lourdes doit être engagée en ce qu'il refuse de manière persistante à reconnaître imputable au service, les arrêts de travail et la cure thermale dus à sa rechute de l'accident du 13 août 1999 ;
- la persistance de la décision de refus du centre hospitalier est de nature à engager sa responsabilité et est contraire au jugement du tribunal administratif de Pau du 5 avril 2019 ;
- les conséquences corrélatives sur l'application du jour de carence et la réduction de la prime de service constituent une perte financière pour M. C ;
- malgré la levée du secret médical le centre hospitalier refuse de prendre en compte les douleurs et les arrêts de travail imputables au service ;
- le centre hospitalier a refusé la médiation de sorte que M. C qui se sent mis en quarantaine, demande la réparation des préjudices financier et moral qu'il a subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2023, le centre hospitalier de Lourdes représenté par Me Herrmann conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il oppose deux fins de non-recevoir tirées d'une part de la tardiveté de la demande indemnitaire qui aurait dû intervenir dans le délai de recours pour excès de pouvoir à l'encontre de la décision de refus, d'autre part de la tardiveté de la requête elle-même ;
Il fait valoir que :
- le jugement du tribunal administratif de Pau est certes définitif mais ne saurait avoir pour conséquence d'imposer pour l'avenir au centre hospitalier la reconnaissance de l'imputabilité à l'accident de service de 1999 de l'ensemble des arrêts de travail émanant d'un médecin traitant ;
- M. C doit établir le lien de causalité entre ses arrêts et la rechute liée à l'accident de 1999 ;
- les demandes indemnitaires sont infondées et constituent un enrichissement sans cause du requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2005-1112 du 1er septembre 2005 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 ;
- le code de justice administrative.
Par une ordonnance du 14 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2023.
Un mémoire présenté pour le centre hospitalier de Lourdes a été enregistré le 14 novembre 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus ;
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Vignes, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ouvrier qualifié exerçant les fonctions d'électricien depuis le 3 août 1987 au sein du centre hospitalier de Lourdes, a été victime d'un accident du travail le 13 août 1999 et a souffert de lombalgies intermittentes avec crises aigües dont la consolidation a été constatée le 13 août 2002. Il a subi une intervention chirurgicale en raison d'une hernie discale le 16 mai 2011. A compter du 23 mai 2016, M. C déposait des certificats médicaux faisant état de sa rechute d'accident du travail. Par décision du 18 novembre 2016, il a été placé en arrêt de travail pour cure thermale au titre de la rechute d'accident du travail du 13 août 1999 pour la période allant du 24 octobre au 12 novembre 2016 inclus. Après un avis défavorable du 30 mai 2017, concernant la reconnaissance de l'imputabilité au service des arrêts de travail du 23 mai 2016 au 22 juin 2016, des soins du 15 juillet 2016, des soins du 7 septembre au 12 octobre 2016, du 21 novembre au 28 novembre 2016 et du 5 décembre 2016 et de la prolongation des soins jusqu'au 15 juin 2017, le centre hospitalier de Lourdes a refusé le 20 juin 2017 de reconnaître imputable au service les arrêts et les soins inhérents au cours des années 2016 et 2017 précités. Par décision du 3 novembre 2017, le centre hospitalier a rejeté la réclamation préalable. Le tribunal administratif de Pau a annulé la décision de refus d'imputabilité. M. C a été à nouveau placé en arrêt de travail du 13 février 2019 au 6 mars 2019, puis du 21 mars au 2 avril 2019. La commission de réforme a émis un nouvel avis défavorable le 21 janvier 2020 concernant la prise en charge d'une cure thermale dans le cadre de sa rechute. Par décision du 3 décembre 2021, le centre hospitalier refuse l'imputabilité au service des arrêts et des soins à la rechute. A partir du 29 mars 2022, M. C est positionné en temps partiel thérapeutique. Par décision du 23 mars 2023, le centre hospitalier a rejeté la demande de condamnation indemnitaire en date du 22 janvier 2022. Par la présente, M. C demande au tribunal de condamner le centre hospitalier à lui verser la somme de 26 210,89 euros en réparation du préjudice subi et des jours de carence perdus.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'exception du recours parallèle opposée par le centre hospitalier de Lourdes :
2. Il résulte du principe de sécurité juridique que le destinataire d'une décision administrative individuelle qui a reçu notification de cette décision ou en a eu connaissance dans des conditions telles que le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an. Toutefois, cette règle ne trouve pas à s'appliquer aux recours tendant à la mise en jeu de la responsabilité d'une personne publique qui, s'ils doivent être précédés d'une réclamation auprès de l'administration, ne tendent pas à l'annulation ou à la réformation de la décision rejetant tout ou partie de cette réclamation mais à la condamnation de la personne publique à réparer les préjudices qui lui sont imputés. La prise en compte de la sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause indéfiniment des situations consolidées par l'effet du temps, est alors assurée par les règles de prescription prévues par la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ou, en ce qui concerne la réparation des dommages corporels, par l'article L. 1142-28 du code de la santé publique.
3. D'une part, l'expiration du délai permettant d'introduire un recours en annulation contre une décision expresse dont l'objet est purement pécuniaire fait obstacle à ce que soient présentées des conclusions indemnitaires ayant la même portée.
4. D'autre part, les arrêtés contestés refusant de placer M. C en congé en raison de son état de santé, emportent des effets juridiques sur sa situation individuelle de sorte qu'ils ne sauraient être regardés comme ayant un objet purement pécuniaire. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 2, aucun délai raisonnable n'est opposable à un recours tendant à la mise en jeu de la responsabilité de personnes publiques. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
5. M. C soutient que les refus systématiques du centre hospitalier de reconnaître imputable au service ses arrêts maladie sont de nature à caractériser une faute. Si des arrêtés ayant la même portée ont été annulés par le tribunal, l'autorité de la chose jugée ne peut s'étendre aux décisions postérieures à ces décisions juridictionnelles. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée ne peut qu'être écarté.
6. Lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice des dispositions précitées est subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de sa pathologie, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain, mais non nécessairement exclusif, avec l'accident de service. En outre, l'existence d'un état antérieur, fût-il évolutif, ne permet d'écarter l'imputabilité au service de l'état d'un agent que lorsqu'il apparaît que cet état a déterminé, à lui seul, l'incapacité professionnelle de l'intéressé.
7. Par ailleurs, si les effets d'un accident de service peuvent être aggravés par l'existence d'un état pathologique antérieur, la rechute d'un accident de service se caractérise par la récidive ou l'aggravation subite et naturelle de l'affection initiale après sa consolidation sans intervention d'une cause extérieure.
8. Il résulte de l'instruction que les décisions prises par le centre hospitalier de Lourdes sont fondées sur trois expertises dont aucune ne conclut au lien direct de la pathologie de l'intéressé avec l'accident de travail de 1999. De plus, les arrêts de travail ne suffisent pas à établir la rechute de la pathologie de M. C ou un lien direct et certain entre lesdits arrêts et l'accident de travail initial dès lors que le motif des arrêts n'est pas précisé mis à part l'indication " soins en cours ". Bien que l'expert sollicité par le requérant réfute les conclusions des expertises diligentées par le centre hospitalier, aucune pièce au dossier ne permet de considérer que les troubles dont souffre le requérant présentent un lien direct et certain avec l'accident de service alors qu'il est constant qu'il souffrait, antérieurement, d'une lombarthrose et que la hernie discale pour laquelle il a subi une intervention en 2011 n'a pas été non plus regardée comme une séquelle de cet accident. Au surplus, le centre hospitalier a régulièrement sollicité l'avis de la commission de réforme départementale qui a donné un avis défavorable à l'unanimité aux demandes de M. C. Par suite, le centre hospitalier n'a pas entaché ses décisions d'erreur d'appréciation en ne prenant pas en charge, au titre de l'accident de service de 1999, les arrêts de travail de l'intéressé depuis le mois d'avril 2018 et les refus opposés par le centre hospitalier ne caractérisent pas une attitude fautive du centre hospitalier. Par suite, la responsabilité du centre hospitalier de Lourdes ne peut être engagée à l'égard de M. C.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation de M. C sont rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le centre hospitalier de Lourdes, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. C une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du centre hospitalier de Lourdes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A C et au centre hospitalier de Lourdes.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
La rapporteure,
L. CRASSUS La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026