mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201081 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | SCP CABINET PERSONNAZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mai 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 2 mai 2023, M. A C, représenté par la SCP Cabinet Personnaz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2021 par lequel le maire d'Ustaritz a refusé de proroger l'arrêté du 25 février 2019 par lequel il ne s'était pas opposé à la déclaration préalable que M. C avait déposé pour des travaux d'exhaussement, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire d'Ustaritz de lui délivrer une décision de prorogation ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Ustaritz une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la commune devra produire un arrêté de délégation régulièrement publié justifiant de la compétence du signataire ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté attaqué est fondé sur une règle qui n'est pas plus contraignante que celle existante à la date de l'arrêté de non opposition à déclaration préalable de 2019 ; il est donc entaché d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires, enregistrés les 27 janvier et 12 mai 2023, la commune d'Ustaritz, représentée par Me Malo, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roussel Cera,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chapon pour M. C et de Me Malo pour la commune d'Ustaritz.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 25 février 2019, le maire d'Ustaritz ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. C pour la réalisation de travaux d'exhaussement et d'enrochement. Le 3 novembre 2021, M. C a demandé une prorogation de cet arrêté. Il demande l'annulation de l'arrêté du 29 novembre 2021 par lequel le maire a refusé de lui accorder cette prorogation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par arrêté du 6 juillet 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune, librement consultable sur le site internet de la commune, le maire d'Ustaritz a donné délégation à M. B D, premier adjoint et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer notamment les arrêtés relatifs aux autorisations d'urbanisme et de gestion du droit des sols. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise l'article R. 424-21 du code de l'urbanisme et expose que les règles issues du nouveau plan local d'urbanisme, adopté en 2020, en matière de remblais ont évolué défavorablement à l'égard du projet de M. C. Cette décision énonce ainsi les considérations de droit qui en constituent le fondement, mettant le requérant à même d'en comprendre le motif. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 424-21 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, le permis d'aménager ou de démolir ou la décision de non-opposition à une déclaration préalable peut être prorogé deux fois pour une durée d'un an, sur demande de son bénéficiaire si les prescriptions d'urbanisme et les servitudes administratives de tous ordres auxquelles est soumis le projet n'ont pas évolué de façon défavorable à son égard ".
5. Il ressort de ces dispositions que l'autorité administrative, saisie d'une demande de prorogation d'un arrêté de non-opposition à déclaration préalable par une personne ayant qualité pour présenter une telle demande, ne peut refuser d'y faire droit que si les règles d'urbanisme et les servitudes administratives de tous ordres s'imposant au projet ont été modifiées, postérieurement à l'arrêté de non-opposition, dans un sens qui lui est défavorable.
6. D'une part, si l'arrêté de non-opposition du 25 février 2019 mentionne les parcelles cadastrées AD 216 et AD 944, il ressort sans aucune ambiguïté des documents composant la déclaration préalable, en particulier le formulaire Cerfa et le croquis, que celle-ci portait sur les parcelles cadastrées AD 943 et AD 944. L'arrêté du 25 février 2019 doit donc être regardé comme entaché d'une simple erreur de plume sur ce point.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que ces parcelles cadastrées AD 943 et AD 944 étaient classées en zone naturelle par le plan local d'urbanisme de 2013, en vigueur à la date de l'arrêté de non-opposition du 25 février 2019. Le règlement alors en vigueur de la zone naturelle autorisait " les affouillements et exhaussements du sol à condition d'être rendus nécessaires pour des raisons de sécurité ou pour une occupation du sol autorisée dans la zone ".
8. Enfin, il ressort également des pièces du dossier que ces mêmes parcelles cadastrées AD 943 et AD 944 ont été maintenues en zone naturelle par le plan local d'urbanisme approuvé en 2020. Le règlement de cette zone naturelle prévoit désormais qu'y sont autorisés les affouillements, exhaussements et remblais du sol " s'ils sont liés à une construction ou un ouvrage de gestion hydraulique ou de gestion de risque sous réserve de ne pas dépasser 1,50m de hauteur ". En imposant désormais une hauteur maximale, la règlementation d'urbanisme applicable au projet en litige a donc évolué dans un sens qui lui est défavorable.
9. L'arrêté attaqué est fondé sur cette évolution défavorable de la règlementation des affouillements et exhaussements en zone naturelle et sur la circonstance que le projet, ainsi que cela ressort du formulaire Cerfa de la déclaration préalable, prévoit un remblai d'une hauteur de 4 mètres, supérieure à la hauteur maximale désormais autorisée.
10. Dans ces conditions, en refusant d'accorder à M. C une prorogation de la décision de non-opposition qu'il lui avait accordée en 2019, le maire d'Ustaritz n'a commis ni erreur de fait, ni erreur de droit, ni erreur d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Ustaritz, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de M. C une somme de 1 000 euros à verser à la commune d'Ustaritz en application de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune d'Ustaritz une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A C et à la commune d'Ustaritz.
Délibéré après l'audience du 29 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Madelaigue, présidente,
M. Roussel Cera, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
R. ROUSSEL CERA
La présidente,
signé
F. MADELAIGUE La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
signé
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026