mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201158 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CAMBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 17 novembre 2022, l'EARL Bouloc et M. A B, représentés par le cabinet Juripublica, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2022 par lequel le maire d'Araujuzon a refusé d'accorder à l'EARL Bouloc le permis de construire qu'elle avait sollicité pour la construction d'un bâtiment agricole à usage d'étable et de stockage de fourrage par extension d'un hangar existant ;
2°) d'enjoindre au maire d'Araujuzon de réexaminer la demande de permis de construire dans le délai de 3 mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Araujuzon une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- aucun immeuble habité ou habituellement occupé par des tiers ne se trouvant à moins de 50 mètres du lieu d'implantation du projet, le refus attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le refus attaqué est entaché de détournement de pouvoir.
Par un mémoire, enregistré le 21 septembre 2022, la commune d'Araujuzon, représentée par la SELARL Cabinet Cambot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roussel Cera ;
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Missonnier, représentant l'EARL Bouloc et M. B, et de Me Coto représentant la commune d'Araujuzon.
Considérant ce qui suit :
1. L'EARL Bouloc a déposé, le 21 janvier 2022, une demande de permis de construire pour la réalisation d'un bâtiment agricole ouvert à usage d'étable et de stockage de fourrage en extension d'un hangar existant à Araujuzon (Pyrénées-Atlantiques). Par arrêté du 28 mars 2022, le maire a refusé de délivrer ce permis. L'EARL Bouloc et son gérant M. B demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
3. Aux termes de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime : " Lorsque des dispositions législatives ou réglementaires soumettent à des conditions de distance l'implantation ou l'extension de bâtiments agricoles vis-à-vis des habitations et immeubles habituellement occupés par des tiers, la même exigence d'éloignement doit être imposée à ces derniers à toute nouvelle construction et à tout changement de destination précités à usage non agricole nécessitant un permis de construire, à l'exception des extensions de constructions existantes () ".
4. Aux termes de l'article 153-4 du règlement sanitaire départemental des Pyrénées-Atlantiques : " () l'implantation des bâtiments renfermant des animaux doit respecter les règles suivantes : () les autres élevages () ne peuvent être implantés à moins de 50 m des immeubles habités ou habituellement occupés par des tiers () ".
5. Le refus attaqué est fondé sur la circonstance que le projet en litige se situe à moins de 50 mètres d'une habitation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si, par arrêté du 11 mars 2022, le maire a délivré un permis de construire à un tiers pour le changement de destination d'un bâtiment existant en habitation, il n'existait, à la date de l'arrêté attaqué dans la présente instance, aucun immeuble effectivement habité ou habituellement occupé par des tiers à moins de 50 mètres du projet en litige. Dans ces conditions, en refusant pour ce motif de délivrer à l'EARL Bouloc le permis de construire qu'elle avait sollicité, le maire d'Araujuzon a méconnu les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
6. Il résulte de ce qui précède que l'EARL Bouloc et M. B sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation d'urbanisme ou une opposition à une déclaration, après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
8. Le présent jugement implique, eu égard à ses motifs, et alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'un changement dans la situation de fait serait intervenu à la date du présent jugement, qu'il soit enjoint au maire d'Araujuzon de délivrer à l'EARL Bouloc le permis de construire sollicité dans le délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande la commune d'Araujuzon au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune d'Araujuzon une somme globale de 1 500 euros à verser aux requérants en application de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire d'Araujuzon du 28 mars 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire d'Araujuzon de délivrer à l'EARL Bouloc le permis de construire sollicité dans le délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune d'Araujuzon versera à l'EARL Bouloc et à M. B une somme globale de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la commune d'Araujuzon tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à l'EARL Bouloc et M. A B et à la commune d'Araujuzon.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Madelaigue, présidente,
M. Roussel Cera, premier conseiller,
M. Rousseau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. ROUSSEL CERA
La présidente,
Signé
F. MADELAIGUE La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026