mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | SELARL TORTIGUE PETIT SORNIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 11 janvier 2024, Mme E F, représentée par la SELARL Chapon et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2021 par lequel le maire de Biarritz a accordé à M. B le permis de construire qu'il avait sollicité pour l'extension d'une habitation existante et la création d'un jardin d'hiver et d'une piscine, ainsi que le rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Biarritz une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir en tant que membre de la copropriété dans laquelle les travaux en litige sont projetés et dès lors que ceux-ci portent sur une partie commune grevée d'une servitude non aedificandi ;
- à défaut d'arrêté portant valablement délégation de signature, l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- les prescriptions assortissant le permis en litige ne sont pas motivées, en méconnaissance de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande ne permet pas de situer clairement l'emplacement du terrain à l'intérieur de la commune, en méconnaissance de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande ne permet pas de connaître l'état futur du jardin et de savoir si des plantations sont envisagées, en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande ne permet pas de connaître les dimensions du projet, en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande ne comporte pas les pièces exigées par l'article R. 431-26 concernant les places de stationnement en dehors du terrain d'assiette ; et les places prévues ne respectent pas les dimensions minimales ;
- la création d'un second accès méconnaît l'article 3 du règlement de la zone UA du plan local d'urbanisme et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 28 décembre 2022, M. B, représenté par la SELARL Tortigue-Petit-Sornique-Ribeton, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme F une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 16 mars 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 15 décembre 2023, la commune de Biarritz, représentée par la SELARL Cabinet Cambot, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente d'une régularisation, et à ce que soit mise à la charge de Mme F une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roussel Cera ;
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Chapon représentant Mme F, de Me Coto représentant la commune de Biarritz, et de Me Chaput représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé, le 22 octobre 2021, une demande de permis de construire pour l'extension d'une habitation existante et la création d'un jardin d'hiver et d'une piscine à Biarritz. Par arrêté du 22 décembre 2021, le maire lui a accordé ce permis. Mme F demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par Mme A C, adjointe déléguée à l'urbanisme. Par arrêté du 17 juillet 2020, régulièrement publié, le maire de Biarritz lui a donné délégation concernant notamment la signature des autorisations relatives à l'occupation et l'utilisation des sols. Dès lors, le moyen tiré de l'absence d'habilitation de la signataire de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 424-5 du même code : " Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée ".
4. L'arrêté attaqué reproduit ou renvoie aux prescriptions assortissant les avis, annexés à l'arrêté, rendus sur le projet par l'architecte des bâtiments de France et par la communauté d'agglomération Pays basque. Les motifs de cette décision résultant directement du contenu même de ces prescriptions, l'énoncé de celles-ci constitue, en l'espèce, une motivation suffisante au regard des dispositions citées au point précédent. En outre, l'arrêté n'avait pas à reproduire les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des prescriptions assortissant le permis de construire en litige doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer () ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. D'une part, le plan de situation PC1 du dossier de demande, qui mentionne les rues et places aux alentours immédiats du projet, ainsi que la notice et le formulaire Cerfa, qui indiquent l'adresse du projet, permettent de connaître la situation du terrain d'assiette à l'intérieur de la commune de Biarritz. D'autre part, la notice mentionne que les plantations existantes en dehors de l'emprise des constructions ne seront pas modifiées et que le seul arbre de haute tige, situé en limite de propriété, ne sera pas concerné par les travaux. La comparaison des plans de masse de l'état existant et du projet permet d'identifier les plantations existantes qui seront supprimées et de constater que des plantations seront réalisées, en particulier au bord de la piscine. Enfin, s'il est vrai que les plans du dossier ne comportent pas la mention de l'ensemble des dimensions du projet, cette circonstance n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, compte tenu de la production, non contestée, de plans à l'échelle. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le dossier de demande aurait été incomplet doit être écarté dans ses différentes branches.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-26 du code de l'urbanisme : " Lorsque le constructeur demande à réaliser tout ou partie des aires de stationnement imposées par le plan local d'urbanisme sur un autre terrain que le terrain d'assiette du projet ou demande à être tenu quitte de tout ou partie de ces obligations en justifiant de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement ou de l'acquisition de places dans un parc privé de stationnement, la demande comprend en outre : / a) Le plan de situation du terrain sur lequel seront réalisées les aires de stationnement et le plan des constructions ou aménagements correspondants ; / b) Ou la promesse synallagmatique de concession ou d'acquisition, éventuellement assortie de la condition suspensive de l'octroi du permis ".
9. Il ressort des pièces du dossier que, au regard des dispositions de l'article 12 du règlement de la zone UA du plan local d'urbanisme, le projet ne nécessitait la création d'aucune place de stationnement. Le projet crée malgré tout une place de stationnement de 18 m² sur le terrain d'assiette du projet et le dossier de demande se borne à rappeler que l'habitation existante dispose par ailleurs de deux places de stationnement en dehors de ce terrain d'assiette. Dès lors, le moyen tiré de ce que le dossier de demande aurait dû comporter les pièces exigées par les dispositions, citées au point précédent, de l'article R. 431-26 ne peut qu'être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement de la zone UA du plan local d'urbanisme : " () les caractéristiques des accès et de la voirie doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, collecte des ordures ménagères, etc / Les accès doivent être aménagés de façon à ne pas présenter un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celles des personnes utilisant ces accès () ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
11. Le projet en litige crée un nouvel accès donnant rue de Proutze, permettant d'accéder à la place de stationnement créée sur le terrain d'assiette du projet en litige. Ainsi que le fait valoir la commune en défense, sans être contestée sur ce point, cet accès se situe dans la partie de cette voie en impasse, d'une largeur comprise entre 3 et 4 mètres, où la vitesse des véhicules est limitée à 30 km/h, la dernière portion ne permettant la desserte automobile que de la propriété du pétitionnaire. Dans ces conditions, et alors que la requérante se borne à alléguer que la création de cet accès conduira à des manœuvres dangereuses pour les occupants du projet et pour les usagers de la voie, en accordant le permis de construire en litige, le maire de Biarritz n'a ni méconnu les dispositions de l'article 3 du règlement de la zone UA du plan local d'urbanisme, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Biarritz, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande Mme F au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de Mme F une somme de 750 euros à verser à la commune de Biarritz et une somme de 750 euros à verser à M. B en application de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Mme F versera une somme de 750 euros à la commune de Biarritz et une somme de 750 euros à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme E F, à M. D B et à la commune de Biarritz.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Madelaigue, présidente,
M. Roussel Cera, premier conseiller,
M. Rousseau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. ROUSSEL CERA
La présidente,
Signé
F. MADELAIGUE La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026