jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201236 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | FOUCARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2022, M. B A, représenté par Me Foucard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 février 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 13 533,44 euros, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques de lui rembourser les sommes irrégulièrement retenues sur son compte, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions des articles R. 112-2 et R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il bénéficiait d'un droit au séjour et pouvait donc percevoir le revenu de solidarité active.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 juin 2023, le département des Pyrénées-Atlantiques conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, et à titre subsidiaire à son rejet au fond.
Il soutient que :
- la réponse au recours administratif de M. A lui a été régulièrement notifiée le 10 mars 2022 de sorte que sa requête est tardive ;
- le requérant a parfaitement été en mesure de connaître les motifs de la décision ;
- le requérant ne remplissait pas les conditions prévues à l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles pour pouvoir prétendre au RSA de février 2020 à décembre 2020 ;
- s'agissant d'un ressortissant étranger bénéficiaire de l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie automatique, son droit au RSA sur la période de janvier à décembre 2021 a été régularisé de sorte que sa dette a été ramenée à 6 187,38 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1417 du 19 novembre 2020 ;
- le décret n° 1236 du 27 septembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de Mme C a été entendu, puis les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 janvier 2020, M. A a déposé une demande de revenu de solidarité active dans laquelle il précisait être né au Royaume Uni et sans activité professionnelle depuis le 10 novembre 2018. Par une décision du 29 janvier 2020, le bénéfice du revenu de solidarité active a été accordé à M. A à compter du mois de janvier 2020. Par une décision du 2 février 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a demandé à M. A le remboursement d'un indu d'allocation pour un montant de 13 533, 44 euros correspondant à la reprise des droits versés du 1er février 2020 au 31 janvier 2022 après prise en compte de sa nationalité britannique. M. A a formé un recours contre cette décision, reçu par le département des Pyrénées-Atlantiques le 8 février 2022. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision du 2 février 2022 ainsi que la décision implicite née du silence gardé par le département des Pyrénées-Atlantiques sur son recours administratif préalable.
Sur l'étendue du litige :
2. D'une part, la décision rendue à l'issue du recours administratif préalable obligatoire s'est substituée à la décision initiale du 2 février 2022. D'autre part, si M. A conteste la décision implicite de rejet née du silence qu'aurait gardé le département sur son recours administratif préalable obligatoire, il résulte de l'instruction que le président du conseil départemental a explicitement rejeté son recours par une décision du 10 mars 2022. Les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre cette décision, sur laquelle figure la mention manuscrite, à laquelle renvoie le département, d'un montant de dette rapporté à la somme de 6 187, 38 euros résultant du fait que les bénéficiaires de l'accord de retrait, ont eu le droit de séjourner en France et de bénéficier des droits sociaux sans qu'un titre de séjour autorisant à travailler ne soit requis de janvier à décembre 2021, conformément au décret n° 1236 du 27 septembre 2021 modifiant le décret n° 2020-1417 du 19 novembre 2020.
Sur le bien-fondé de la requête :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. En premier lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
5. En l'espèce, la décision attaquée du 2 février 2022 indique que le droit au revenu de solidarité active de M. A a été révisé à compter d'avril 2020, après prise en considération par la caisse d'allocations familiales de la nationalité britannique du requérant et précise le montant des sommes réclamées. Par suite, l'acte litigieux qui n'avait pas à indiquer la base de calcul retenue, est suffisamment motivé de sorte que le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 2 février 2022 doit être écarté. Par ailleurs, M. A n'a pas demandé les motifs de la décision implicite qu'il conteste.
6. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article L. 262-4 du même code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : / 1° Etre âgé de plus de vingt-cinq ans ou assumer la charge d'un ou de plusieurs enfants nés ou à naître ; / 2° Être français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : / () b) Aux personnes ayant droit à la majoration prévue à l'article L. 262-9, qui doivent remplir les conditions de régularité du séjour mentionnées à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale ; (). ". D'autre part, aux termes de l'article 31 du décret du 19 novembre 2020 susvisé concernant l'entrée, le séjour, l'activité professionnelle et les droits sociaux des ressortissants étrangers bénéficiaires de l'accord sur le retrait du Royaume-Uni : " En application du a) du 2° de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles, le bénéfice du revenu de solidarité active est ouvert, sous réserve de remplir les autres conditions prévues pour cette prestation, au titulaire du titre de séjour portant la mention 'Article 50 TUE/Article 18(1) Accord sur le retrait du Royaume-Uni de l'UE' () ". L'article 7 de ce même décret, dans la version applicable, précise : " Ils sont tenus d'être en possession d'un tel titre de séjour à partir du 1er janvier 2022. (). "
7. Il résulte de l'instruction que M. A a déposé une demande de RSA en janvier 2020 dans laquelle il a précisé être de nationalité britannique et être arrivé en France le 28 décembre 2017. Il ne justifiait donc pas d'une présence en France non interrompue depuis au moins 5 ans sous couvert d'un titre de séjour valide permettant de travailler. Il s'ensuit qu'il n'avait pas droit au revenu de solidarité active qui lui avait été accordé alors que la caisse d'allocations familiales lui avait affecté, à tort, la nationalité française. En se bornant à alléguer qu'il avait un droit au séjour en France au titre de l'année 2020, lui permettant de conserver le revenu de solidarité active, le requérant ne conteste pas utilement le principe ni le montant de l'indu maintenu à sa charge.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A, qui conserve la possibilité de demander la remise gracieuse de sa dette, n'est pas fondé à soutenir qu'il n'est pas redevable de l'indu de revenu de solidarité active laissé à sa charge à hauteur de 6 187, 38 euros. Il s'ensuit que la requête ne peut qu'être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le département des Pyrénées-Atlantiques.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A, à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques et au département des Pyrénées-Atlantiques.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024
La magistrate désignée,
Signé
F. CLa greffière,
Signé
S YNIESTA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
No 2201236
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026