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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2201285

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2201285

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2201285
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS RGM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I.- Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 14 juin 2022, 5 mai et 15 novembre 2023 et le 16 janvier 2024 sous le numéro 2201285, la société par actions simplifiée Jeld-Wen France, représentée par Me Moyaed, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et des taxes annexes auxquelles elle a été assujettie respectivement à hauteur d'un montant de 81 431 euros au titre de l'année 2019 et à hauteur d'un montant de 85 817 euros au titre de l'année 2020 ;

2°) d'enjoindre à l'Etat de modifier la base d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties de son établissement industriel situé à Eauze ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- concernant la charge de la preuve, dès lors que l'administration fiscale est en droit, lorsqu'elle procède à la mise à jour des bases d'imposition d'un établissement industriel évalué selon l'article 1499 du code général des impôts, de se fonder sur les écritures comptables et sur leur libellé, elle n'est pas, quant à elle, en retour, tenue de justifier de la nature des installations dont il s'agit si elle entend contester les bases d'imposition ainsi retenues ; si elle verse aux débats la copie de la plupart des factures, il ne fait aucun doute, pour les autres immobilisations pour lesquelles les factures n'ont pu être retrouvées, que les indications portées dans sa comptabilité sont précises et suffisamment explicites pour considérer qu'elles renseignent suffisamment sur la nature des installations en cause ; elle apporte les preuves requises en se prévalant des éléments comptables que le service vérificateur a lui-même retenus pour établir les bases d'imposition contestées si bien qu'aucune présomption favorable à l'administration fiscale ne saurait être reconnue ; la facture ne constitue pas le seul document susceptible d'être suffisamment exhaustif, le juge de l'impôt acceptant de se fonder, lorsque le requérant n'a pas été en mesure de retrouver la facture d'immobilisations anciennes, sur le libellé comptable lorsque celui-ci est suffisamment précis et explicite ou encore sur des photographies ; le contribuable qui se prévaut, comme en l'espèce, des renseignements mentionnés dans un traité de fusion ainsi que des valeurs portées à son actif doit être regardé comme apportant la preuve de ce qu'il avance, sauf pour l'administration fiscale à démontrer que ces éléments ne seraient pas sincères ; contrairement à ce qu'affirme l'administration fiscale dans son mémoire, la mise en œuvre de l'article 1518 B du code général des impôts à la suite de l'opération de fusion-absorption de 1999 ne souffre aucune difficulté et peut s'opérer par catégorie d'immobilisations ;

- s'agissant de l'année 2019, si l'administration fiscale considère qu'il existe des discordances entre le listing des immobilisations qu'elle a présenté à l'appui de sa réclamation préalable et le tableau retenu lors d'un précédent contrôle fiscal relatif aux années d'imposition 2017 et 2018, elle établit la nature et la véracité de ses immobilisations ; son listing ne confond pas ses immobilisations avec celles de son site d'Ussel ; son listing est fondé sur les immobilisations inscrites à l'actif du bilan sous les comptes de racine 211 et 212 (terrains et aménagements), 213 (constructions), 213 500 (aménagements des constructions) et 218 100 (installations générales, agencements et aménagements divers), à partir desquelles elle a opéré un arbitrage entre les biens passibles d'une taxe foncière sur les propriétés bâties et ceux non passibles d'une telle taxe ; son listing a été établi à partir du fichier comptable des immobilisations arrêté à la clôture de l'exercice 2019 qui est totalement cohérent avec la liasse fiscale du même millésime ; quant à l'immobilisation libellée " MISE A NIVEAU LIGNE HUIS CELASCHI27 DITE LIGNE USSEL ROULETTE+COURROIES ", elle procède d'une simple erreur comptable involontaire qui ne saurait suffire à elle seule à remettre en cause l'intégralité de ses écritures ;

- s'agissant de l'année 2020, elle reconnaît qu'elle a omis de tenir compte des immobilisations entrées au bilan au cours de l'exercice 2019 et elle joint une mise à jour de son listing intégrant ces immobilisations ; si une telle mise à jour a pour effet de réduire le dégrèvement demandé pour 2020 de 85 817 euros à 81 859 euros, il y a lieu également de tenir compte des immobilisations sorties de l'actif entre 2017 à 2019 afin de compenser les effets d'une telle réduction ;

- deux opérations susceptibles d'entrer dans le champ d'application de l'article 1518 B du code général des impôts ont affecté l'établissement industriel en litige, à savoir une première opération d'absorption de la société Bruynzeel Touyarou par la société France Portes le 30 mars 1999 de sorte que la valeur locative des immobilisations acquises ne peut être inférieure aux quatre cinquièmes (80 %) de son montant avant l'opération et une seconde absorption de la société France Portes par la société JW de France Holding le 25 avril 2007 au sujet de laquelle les dispositions de l'article 1518 B du code général des impôts prévoient la mise en œuvre du mécanisme de la valeur locative " plancher " au taux de 90 % ; la comparaison entre la valeur locative de droit commun, résultant de la valeur d'apport, et la valeur locative " plancher ", calculée à partir du prix de revient d'origine des immobilisations, est parfaitement possible, conduisant à retenir la plus élevée de ces valeurs, soit la valeur locative " plancher " ; quant aux biens concernés par cette opération, ils portent sur des immobilisations inscrites à l'actif de la société sous des comptes de racine 211 à 214 et 218.1, certaines d'entre elles ayant dû fiscalement être retraitées pour déterminer le plus justement possible l'assiette des impositions en litige ; le refus par l'administration fiscale de mettre en œuvre la valeur locative plancher résultant de l'article 1518 B du code général des impôts est difficilement compréhensible dès lors qu'elle a démontré qu'elle entrait bien dans le champ de ce dispositif et que celui-ci lui a, au demeurant, déjà été appliqué par le passé à propos des mêmes opérations que celles en litige ;

- concernant les 29 immobilisations constitutives de travaux non imposables en application du 1° du I de l'article 1517 du code général des impôts, elle entend se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de l'interprétation de la doctrine administrative (BOI-IF-TFB-20-20-10-10 nos 150 et 160 ; BOI-IF-TFB-20-20-10-20, n° 230) plus restrictive que la loi dès lors qu'elle réserve la qualification de " changements de caractéristiques physiques " aux seules situations de véritable délabrement, qui se révèle favorable au contribuable puisqu'elle permet d'exclure de nombreux travaux de l'assiette de la taxe, et notamment les réparations courantes et les dépenses susceptibles de se renouveler fréquemment ; la doctrine administrative restreint également le champ des travaux inclus dans l'assiette de la taxe foncière sur les propriétés bâties aux seuls équipements nouveaux limitativement énumérés par le II de l'article 324 U de l'annexe III du code général des impôts ; en s'arrêtant à la première étape du raisonnement consistant à se demander si les travaux en litige constituent des travaux de réparation courante ou des dépenses susceptibles de se renouveler fréquemment pour l'entretien de la propriété (BOI-IF-TFB-20-20-10-10, n° 160) sans s'interroger sur le point de savoir si les travaux en litige consistent en l'installation d'équipements nouveaux entrant en compte pour le calcul des équivalences superficielles ou s'ils revêtent le caractère de grosses réparations amortissables - ce qui justifie au passage leur inscription à l'actif du bilan - et, le cas échéant, s'ils confortent une immobilisation ancienne en lui apportant ou non une amélioration, l'administration fiscale la prive du bénéfice de cette doctrine ; il n'est donc pas possible d'affirmer que, d'un côté, en choisissant d'immobiliser les travaux litigieux, elle a nécessairement considéré que ceux-ci augmentaient la valeur des immobilisations concernées et qu'ils devaient, à ce titre, être imposés, tout en restreignant, d'un autre côté, le tempérament prévu par la doctrine administrative aux seuls travaux n'apportant aucune amélioration à l'établissement, ce qui revient finalement à les assimiler à de simples charges immédiatement déductibles ;

- s'agissant des travaux de réfection du gros œuvre, elle entend également se prévaloir d'un arrêt n° 15LY02472 rendu le 6 mars 2018, aux termes duquel la Cour administrative d'appel de Lyon a jugé que des travaux de réfection et d'étanchéité d'une toiture ainsi que des travaux de pose d'un nouvel enrobé (dont les montants s'établissaient, pour les premiers, à plus d'un million d'euros et, pour les seconds, à plus de 100 000 euros) entrent bien dans les prévisions de la doctrine administrative nonobstant la circonstance qu'ils ont pu apporter une amélioration à l'établissement et a estimé que le complément de valeur locative résultant des travaux en cause pouvait être calculé sur une base de 50 % du prix de revient de l'immobilisation ajoutée au bilan ;

- concernant les 45 immobilisations constitutives de bien exonérés, si l'administration fiscale avait respecté la logique issue de la décision du Conseil d'Etat du 11 décembre 2020, n° 422 418, SA GKN Driveline et les applications postérieures qui en ont été faites notamment par le Conseil d'Etat lui-même, elle aurait nécessairement fait droit à ses prétentions dès lors qu'il résulte des libellés comptables suffisamment précis et explicites et/ou des factures produites que les équipements en litige s'avèrent utiles voire indispensables à la fabrication de charpentes et d'autres menuiseries même s'ils n'entrent pas forcément dans le processus industriel mis en œuvre ; ses travaux portant sur ses installations et équipements électriques constitutifs de biens d'équipement spécialisés relèvent de l'exonération prévue par le 11° de l'article 1382 du code général des impôts et ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381 du même code ;

- concernant les immobilisations constitutives de biens hors champ, les 142 biens en litige sont essentiellement démontables et mobiles ou dissociables des immeubles, même si, pour l'exercice de l'activité, certains d'entre eux ont vocation à demeurer en place de sorte qu'ils constituent des équipements qui peuvent être déplacés ou démontés sans dommage pour l'immeuble, et qui conservent à cet égard la nature d'un bien meuble exclu du champ d'application de la taxe foncière sur les propriétés bâties ;

- concernant les immobilisations incorporelles, deux immobilisations correspondent à des études d'installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) et sont à exclure du prix de revient de l'assiette des impositions en litige ; la troisième immobilisation correspond à l'installation d'équipements de bureau (postes de travail, chauffages, sèche-mains, armoire et baies informatiques), et aurait donc dû être classée sous la rubrique des " Biens hors champ " et non sous la rubrique " Immobilisations incorporelles ", sans que cette modification de classement ait pour conséquence de l'inclure dans l'assiette de la taxe foncière sur les propriétés bâties ;

- dans l'affaire similaire concernant l'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties de son établissement situé dans la commune d'Ussel composé des mêmes immobilisations que celles présentes dans son établissement situé dans la commune d'Eauze et au sujet de laquelle elle conteste également la prise en compte dans ses bases d'imposition de nombreuses immobilisations de même nature que celles en litige et constitutives, selon elle, de travaux non imposables, de biens exonérés, de biens situés hors du champ d'application de la taxe foncière sur les propriétés bâties ou encore d'immobilisations incorporelles, l'administration fiscale, aux termes d'une instruction approfondie, a émis un avis favorable pour l'ensemble de la demande ; cette incohérence de traitement entre deux services porte atteinte à l'équité et à la sécurité juridique qui participent de la relation de confiance entre les entreprises et l'administration fiscale.

Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 12 avril, 25 septembre et 29 décembre 2023 et le 5 juin 2024, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer à hauteur des droits dégrevés d'un montant de 6 107 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il oppose un non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé et pour le surplus, il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

II.- Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 juin 2022, 5 mai et 15 novembre 2023, et 16 janvier 2024 sous le numéro 2201286, la société par actions simplifiée Jeld-Wen France, représentée par Me Moyaed, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises et des taxes annexes auxquelles elle a été assujettie respectivement à hauteur d'un montant de 68 291 euros au titre de l'année 2019 et d'un montant de 68 248 euros au titre de l'année 2020 ;

2°) d'enjoindre à l'administration fiscale de modifier la base imposable à la cotisation foncière des entreprises de son établissement situé à Eauze ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soulève les mêmes moyens que ceux présentés dans la requête n° 2201285.

Par six mémoires en défense, enregistrés les 12 avril, 25 septembre, 26 octobre et 29 décembre 2023, les 31 mai et 4 juin 2024, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer à hauteur des droits dégrevés d'un montant de 16 642 euros au titre de l'année 2019 et d'un montant de 5 037 euros au titre de l'année 2020 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il oppose un non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé et pour le surplus, il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés pour les mêmes motifs que ceux exposés sous la requête n° 2201285.

III.- Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 4 mai et 15 novembre 2023 et le 16 janvier 2024 sous le numéro 2301255, la société par actions simplifiée Jeld-Wen France, représentée par Me Moyaed, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises et des taxes annexes auxquelles elle a été assujettie à hauteur d'un montant de 49 291 euros au titre de l'année 2015, d'un montant de 56 196 euros au titre de l'année 2016 et d'un montant de 60 221 euros au titre de l'année 2017 ;

2°) d'enjoindre à l'administration fiscale de modifier la base imposable à la cotisation foncière des entreprises de son établissement situé à Eauze ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soulève les mêmes moyens que ceux présentés dans les requêtes n° 2201285 et n° 2201286 et soutient, en outre, que concernant les 28 immobilisations constitutives de biens exonérés, ses travaux portant sur ses installations et équipements électriques constitutifs de biens d'équipement spécialisés, qui, d'une part, relèvent de l'exonération prévue par le 11° de l'article 1382 du code général des impôts dès lors que la fabrication de charpentes et d'autres menuiseries, requiert impérativement des installations électriques spécifiquement adaptées, notamment en vue d'alimenter les différentes machines et installations techniques (déligneuses, lignes de vissage, scies horizontales, scies à panneaux, presses, tables de parachèvement, etc.) qui sont au cœur du processus industriel et d'autre part, ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381 du même code ; quant aux autres immobilisations relatives au réseau d'aspiration des poussières de bois ou au réseau d'air comprimé, la compilation des factures, dont les mentions sont dépourvues d'ambiguïté confirment qu'elles entrent bien dans le champ de l'exonération prévue par le 11° du 1382 du même code.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 novembre 2023 et 24 avril 2024, l'administrateur de l'Etat chargé de la direction des vérifications nationales et internationales conclut au non-lieu à statuer à hauteur des droits dégrevés à concurrence d'une somme de 12 598 euros au titre de l'année 2015, de 13 761 euros au titre de l'année 2016 et de 15 086 euros au titre de l'année 2017 et pour le surplus au rejet de la requête.

Il oppose un non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé et pour le surplus, il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés pour les mêmes motifs que ceux exposés sous les requêtes n° 2201285 et n° 2201286.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Corthier ;

- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée Jeld-Wen France, dont le siège social est situé dans la commune d'Eauze dans le département du Gers, exerce une activité de fabrication de charpentes et d'autres menuiseries et dispose de deux sites de production situés à Eauze ainsi qu'à Ussel, dans le département de la Corrèze. La société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle, le service vérificateur a, par proposition de vérification du 20 juillet 2018, rehaussé les bases d'imposition servant au calcul de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de la cotisation foncière des entreprises concernant les années 2015 à 2017. Les cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises ont été mises en recouvrement le 30 novembre 2019 d'un montant de 48 232 euros au titre de l'année 2015, d'un montant de 57 979 euros au titre de l'année 2016 et d'un montant de 61 071 euros au titre de l'année 2017. Par courrier du 21 décembre 2020, la société Jeld-Wen France a présenté une réclamation contentieuse portant sur les cotisations primitives et supplémentaires de cotisation foncière des entreprises, laquelle a été partiellement acceptée par décision du 4 avril 2023. Par la requête n° 2301255, la société Jeld-Wen France doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge partielle des cotisations supplémentaires de cotisation foncière et des taxes annexes à concurrence d'un montant de 49 291 euros au titre de l'année 2015, d'un montant de 56 196 euros au titre de l'année 2016 et d'un montant de 60 221 euros au titre de l'année 2017.

2. Etablissant les cotisations au titre des années 2019 et 2020 en retenant la nouvelle base d'imposition, des avis de taxe foncière sur les propriétés bâties ont été émis respectivement le 12 août 2019 pour un montant de 206 004 euros et le 24 août 2020 pour un montant de 211 009 euros. La société Jeld-Wen France a contesté les bases retenues pour établir ces taxes primitives par une réclamation du 21 décembre 2020, rejetée par décision du 2 mai 2022. Par la requête n° 2201285, la société Jeld-Wen France doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge partielle des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et des taxes annexes auxquelles elle a été assujettie respectivement à hauteur de 81 431 euros au titre de l'année 2019 et à hauteur de 85 817 euros au titre de l'année 2020.

3. Etablissant les cotisations au titre des années 2019 et 2020 en retenant la nouvelle base d'imposition, les cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises ont fait l'objet d'un avis du 10 octobre 2019 d'un montant de 170 574 euros au titre de l'année 2019 et d'un avis du 20 octobre 2020 d'un montant de 172 248 euros au titre de l'année 2020. Par courrier du 21 décembre 2020, la société Jeld-Wen France a présenté une réclamation contentieuse portant sur ces cotisations, laquelle a été rejetée par décision du 22 mai 2022. Par la requête n° 2201286, la société Jeld-Wen France doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge partielle des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises et des taxes annexes d'un montant de 68 291 euros au titre de l'année 2019 et d'un montant de 68 248 euros au titre de l'année 2020.

Sur la jonction :

4. Les requêtes n° 2201285, n° 2201286 et n° 2301255 présentées pour la société Jeld-Wen France présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

5. Par décision du 5 juin 2024, postérieure à l'introduction de la requête n° 2201285, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques a prononcé le dégrèvement, en droits, à concurrence d'une somme de 6 107 euros, de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle la société Jeld-Wen France a été assujettie au titre de l'année 2019. Les conclusions de la requête relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet.

6. Par décision du 31 mai 2024, postérieure à l'introduction de la requête n° 2201286, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques a prononcé le dégrèvement, en droits, à concurrence d'une somme de 16 642 euros de la cotisation primitive de cotisation foncière des entreprises à laquelle la société Jeld-Wen France a été assujettie au titre de l'année 2019 et d'une somme de 5 037 euros de la cotisation primitive de cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2020. Les conclusions de la requête relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet.

7. Par décision du 24 avril 2024, postérieure à l'introduction de la requête n° 2301255, le directeur chargé de la direction des vérifications nationales et internationales a prononcé le dégrèvement, en droits, à concurrence d'une somme de 12 598 euros au titre de l'année 2015, de 13 761 euros au titre de l'année 2016 et de 15 086 euros au titre de l'année 2017 de la cotisation supplémentaire de cotisation foncière des entreprises à laquelle la société Jeld-Wen France a été assujettie au titre de ces années. Les conclusions de la requête relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet.

Sur le surplus des conclusions de la requête n° 2201285 :

8. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1388 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d'après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminée conformément aux principes définis par les articles 1494 à 1508 et 1516 à 1518 B et sous déduction de 50 % de son montant en considération des frais de gestion, d'assurances, d'amortissement, d'entretien et de réparation. ". Aux termes de l'article 1415 du même code dans sa version applicable au litige : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Aux termes de l'article 1494 du même code dans sa version applicable au litige : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte. ". Aux termes de l'article 1499 du même code dans sa version applicable au litige : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat. / Avant application éventuelle de ces coefficients, le prix de revient des sols et terrains est majoré de 3 % pour chaque année écoulée depuis l'entrée du bien dans le patrimoine du propriétaire. / Un décret en Conseil d'Etat fixe les taux d'abattement applicables à la valeur locative des constructions et installations afin de tenir compte de la date de leur entrée dans l'actif de l'entreprise. /Une déduction complémentaire est, en outre, accordée à certaines catégories d'établissements en raison de leur caractère exceptionnel, apprécié d'après la nature des opérations qui y sont faites ; ces catégories d'établissements sont déterminées par un décret en Conseil d'Etat qui fixe également les limites et conditions d'application de la déduction. ". Aux termes de l'article 1500 du même code : " () II. - Les bâtiments et terrains industriels sont évalués : 1° selon les règles fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A ; 2° Selon les règles prévues à l'article 1499, lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan d'une entreprise qui a pour principale activité la location de ces biens industriels ; 3° Selon les règles fixées à l'article 1498, lorsque les conditions prévues aux 1° et 2° du présent article ne sont pas satisfaites ou lorsque les dispositions de l'article 1499-00 A sont applicables. ". Aux termes de l'article 324 A de l'annexe III du code général des impôts : " Pour l'application de l'article 1494 du code général des impôts on entend : 1° Par propriété normalement destinée à une utilisation distincte : () b. En ce qui concerne les établissements industriels l'ensemble des sols terrains bâtiments et installations qui concourent à une même exploitation et font partie du même groupement topographique. () 2° Par fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte lorsqu'ils sont situés dans un immeuble collectif ou un ensemble immobilier : () b. L'établissement industriel dont les éléments concourent à une même exploitation. ". Aux termes de l'article 324 AE de l'annexe III du même code : " Le prix de revient visé à l'article 1499 du code général des impôts s'entend de la valeur d'origine pour laquelle les immobilisations doivent être inscrites au bilan en conformité de l'article 38 quinquies. / Aucune rectification n'est apportée auxdites valeurs au titre des taxes sur le chiffre d'affaires (taxe sur la valeur ajoutée) supportées par l'entreprise. / La valeur d'origine à prendre en considération est le prix de revient intégral avant application des déductions exceptionnelles et des amortissements spéciaux autorisés en matière fiscale. Il en est de même pour les immobilisations partiellement réévaluées ou amorties en tout ou en partie. ". Aux termes de l'article 324 AF de l'annexe III du même code : " Lorsqu'il ne résulte pas des énonciations du bilan, le prix de revient est déterminé, en tant que de besoin, à partir de tous documents comptables ou autres pièces justificatives et à défaut par voie d'évaluation sous réserve du droit de contrôle de l'administration. ". Aux termes de l'article 324 AG de l'annexe III du même code : " L'année à retenir pour dégager le prix de revient est celle de la création ou de l'acquisition de l'immobilisation. / Lorsque l'exercice comptable ne coincide pas avec l'année civile et que la date exacte de l'acquisition ou de la création n'est pas connue, l'année à retenir est celle de la clôture dudit exercice. () ".

9. D'une part, il résulte des dispositions de l'article 1500 du code général des impôts que, dès lors que le propriétaire ou l'exploitant de bâtiments et de terrains industriels passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est soumis aux obligations déclaratives définies à l'article 53 A du même code et que ces immobilisations industrielles figurent à l'actif de son bilan, la valeur locative de ces immobilisations est établie selon les règles fixées à l'article 1499 du même code, sans que puisse y faire obstacle la circonstance que ce propriétaire ou cet exploitant ne serait pas une entreprise industrielle ou commerciale.

10. Les immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière doivent être évaluées d'après leur prix de revient, qui est celui inscrit à l'actif du bilan. Sauf pour la société à démontrer que le montant des travaux inscrits au registre des immobilisations constituerait en réalité des charges déductibles, l'administration peut se fonder sur les énonciations comptables relatives au prix de revient des immobilisations industrielles inscrit à l'actif du bilan, opposables à la société, pour établir, selon la méthode comptable prévue par l'article 1499 du code général des impôts, la valeur locative des immobilisations.

11. Pour l'établissement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, la méthode applicable aux immobilisations industrielles prévue à l'article 1499 du CGI prescrit de calculer l'assiette de la taxe à partir de leur prix de revient. En application de l'article 324 AE de l'annexe III au CGI, ce prix de revient est la valeur d'origine pour laquelle ces immobilisations doivent être inscrites au bilan, conformément à l'article 38 quinquies de la même annexe.

12. Il résulte des articles 1388, 1499 et 1500 du code général des impôts ainsi que des articles 324 AE et 38 quinquies de l'annexe III à ce même code que la valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est fixée à partir de leur prix de revient, lequel correspond à la valeur d'origine pour laquelle ces immobilisations doivent être inscrites au bilan de leur propriétaire. Lorsqu'elles ont été acquises à titre onéreux, leur valeur d'origine s'entend, en l'absence de dispositions y dérogeant, de leur prix d'acquisition intégral.

13. D'autre part, pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu des articles 1380 et 1381 du même code, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux.

14. Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, les outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499 et qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement, qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.

15. Enfin, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.

16. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'à la suite d'une vérification de comptabilité de la société requérante aux termes de laquelle l'administration fiscale a modifié la base d'imposition de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2015 à 2017, les avis de taxe foncière sur les propriétés bâties primitive ont été émis au titre des années 2019 et 2020 en retenant la nouvelle base d'imposition. La société requérante soutient que certaines immobilisations inscrites à l'actif de son bilan des exercices concernés doivent être exonérées de taxe foncière sur les propriétés bâties en alléguant que les libellés portés dans un tableau détaillant ces immobilisations sont suffisants, à défaut de toute autre pièce justificative, pour établir le caractère exonératoire des immobilisations en litige. Or il résulte des points 8 à 15 rappelant les règles applicables en matière de charge de la preuve, que les seuls intitulés comptables ne peuvent être regardés, eu égard notamment à leur caractère insuffisamment précis et explicite, comme des justifications probantes, permettant de remettre en cause les bases d'imposition établies par l'administration à partir des écritures comptables de la société. Il appartient dans ces conditions à la société Jeld-Wen France de produire tout élément justifiant du caractère exonératoire à la taxe foncière sur les propriétés bâties des immobilisations inscrites à l'actif de son bilan.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1518 B du code général des impôts : " A compter du 1er janvier 1980, la valeur locative des immobilisations corporelles acquises à la suite d'apports, de scissions, de fusions de sociétés ou de cessions d'établissements réalisés à partir du 1er janvier 1976 ne peut être inférieure aux deux tiers de la valeur locative retenue l'année précédant l'apport, la scission, la fusion ou la cession. () A compter du 1er janvier 1992, la valeur locative des immobilisations corporelles acquises à la suite d'opérations mentionnées au premier alinéa réalisées à compter du 1er janvier 1989 et jusqu'au 31 décembre 1991 ne peut être inférieure à 85 % de la valeur locative retenue l'année précédant l'opération lorsque les bases des établissements concernés par une opération représentaient la même année plus de 20 % des bases de taxe professionnelle imposées au profit de la commune d'implantation. / Pour les opérations mentionnées au premier alinéa réalisées à compter du 1er janvier 1992, la valeur locative des immobilisations corporelles ne peut être inférieure aux quatre cinquièmes de son montant avant l'opération. / () Par exception aux dispositions du cinquième alinéa, pour les opérations mentionnées au premier alinéa réalisées à compter du 1er janvier 2005 de reprise d'immobilisations d'une entreprise faisant l'objet d'une procédure de redressement judiciaire, la valeur locative des immobilisations corporelles ne peut, pendant la procédure et dans les deux années suivant la clôture de celle-ci, être inférieure à 50 % de son montant avant l'opération. / Par exception aux cinquième et sixième alinéas, pour les opérations mentionnées au premier alinéa réalisées à compter du 1er janvier 2006 et pour les opérations mentionnées au sixième alinéa, la valeur locative des immobilisations corporelles ne peut être inférieure à : a. 90 % de son montant avant l'opération pour les opérations entre sociétés membres d'un groupe au sens de l'article 223 A ou de l'article 223 A bis ; b. Sous réserve des dispositions du a, 50 % de son montant avant l'opération pour les opérations de reprise d'immobilisations prévue par un plan de cession ou comprises dans une cession d'actifs en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire, jusqu'à la deuxième année suivant celle du jugement ordonnant la cession ou autorisant la cession d'actifs en cours de période d'observation. / Par exception aux cinquième et sixième alinéas, pour les opérations réalisées à compter du 1er janvier 2011 et mentionnées au premier alinéa ou au sixième alinéa, la valeur locative des immobilisations corporelles ne peut être inférieure à : 1° 100 % de son montant avant l'opération lorsque, directement ou indirectement, l'entreprise cessionnaire ou bénéficiaire de l'apport contrôle l'entreprise cédante, apportée ou scindée ou est contrôlée par elle, ou ces deux entreprises sont contrôlées par la même entreprise ; 2° 90 % de son montant avant l'opération pour les opérations autres que celles mentionnées au 1° entre sociétés membres d'un groupe au sens de l'article 223 A ou de l'article 223 A bis ; 3° Sous réserve des dispositions des 1° et 2°, 50 % de son montant avant l'opération pour les opérations de reprise d'immobilisations prévue par un plan de cession ou comprises dans une cession d'actifs en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire, jusqu'à la deuxième année suivant celle du jugement ordonnant la cession ou autorisant la cession d'actifs en cours de période d'observation. / Par exception aux cinquième et sixième alinéas, la valeur locative d'une immobilisation corporelle cédée à compter du 1er janvier 2011 et rattachée au même établissement avant et après la cession ne peut être inférieure à 100 % de son montant avant l'opération lorsque, directement ou indirectement, l'entreprise cessionnaire contrôle l'entreprise cédante ou est contrôlée par elle ou lorsque ces deux entreprises sont contrôlées par la même entreprise. / Le présent article s'applique distinctement aux deux catégories d'immobilisations suivantes : terrains et constructions. ".

18. Il résulte de l'article 1518 B du code général des impôts, éclairé par les travaux parlementaires, qu'en matière de taxe foncière sur les propriétés bâties, le minimum de valeur locative qu'il institue, pour les opérations réalisées à compter du 1er janvier 1992, s'entend des quatre cinquièmes de la valeur des immeubles devant être imposés au 1er janvier de l'année de la cession. Il en va ainsi alors même que le redevable de la taxe foncière n'aurait pas acquis ces immeubles directement de celui qui en était propriétaire à cette date mais d'un tiers, à la suite d'une ou plusieurs opérations d'apport, de scission, de fusion ou de cession intervenues entretemps.

19. Il résulte de l'instruction que d'une part, par traité de fusion-absorption du 30 mars 1999, la société anonyme France Portes a absorbé la société anonyme Bruynzeel Touyarou, rétroactivement à compter du 1er janvier 1999. Ce traité stipule que l'ensemble des droits et biens immobiliers figurant à l'actif du bilan de la société absorbée avaient au 31 décembre 1998 une valeur nette comptable de 624 444 francs pour les terrains et 4 100 077 francs pour les constructions et que les parties se dispensent d'une plus ample description des biens immobiliers. Concernant les immobilisations corporelles acquises lors de cette fusion, le traité de fusion évalue au 31 décembre 1998 à la somme de 4 724 521 francs les actifs immobiliers, à la somme de 20 604 963 francs l'ensemble du matériel et outillage d'exploitation, du matériel de transport, mobilier et matériel de bureau ainsi que les immobilisations en cours. Si la société requérante est fondée à soutenir que la valeur locative des immobilisations corporelles ainsi acquises lors de cette fusion ne peut être inférieure aux quatre cinquièmes de son montant avant l'opération, il lui appartient, ainsi qu'il a été dit au point 16, compte tenu du caractère succinct des stipulations du traité de fusion-absorption du 30 mars 1999 et à défaut de production des bilans de la société absorbée, d'établir, à la date du 1er janvier 1999, la matérialité de ces immobilisations corporelles et des exonérations alléguées afin de justifier de ses calculs de valeur locative. Ainsi que le fait valoir l'administration fiscale, les éléments produits par la société qui sont uniquement relatifs aux valeurs inscrites chez la société absorbante et pour l'ensemble de l'établissement, y compris potentiellement des biens qui ne sont pas passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, ne permettent pas de procéder à la comparaison entre la valeur locative déterminée à l'actif de chaque société.

20. Par ailleurs, le prix de revient d'une immobilisation, dont se déduit la valeur locative à comprendre dans les bases de la cotisation foncière des entreprises, est la valeur d'origine pour laquelle cette immobilisation a été inscrite au bilan. Cependant, lorsqu'une société acquiert des immobilisations à l'occasion d'une fusion réalisée selon un traité d'apport retenant comme valeur d'apport la valeur nette comptable, le prix de revient de ces immobilisations, au sens de l'article 1499 du code général des impôts, n'est pas la valeur d'origine des immobilisations dans les comptes de la société apporteuse, qui avait constitué un prix de revient pour cette société, mais la valeur réelle ayant le caractère de valeur d'apport pour la société recevant ces immobilisations. Il résulte toutefois des dispositions précitées de l'article 1518 B du code général des impôts, que pour les immobilisations acquises par voie de fusions réalisées après le 1er janvier 2006, cette valeur ne peut être inférieure à 90 % de son montant avant l'opération, pour les opérations entre sociétés membres d'un groupe au sens de l'article 223 A ou de l'article 223 A bis du même code.

21. Il résulte de l'instruction que par un traité de fusion-absorption du 21 mai 2007, la société à responsabilité limitée JW de France Holding a absorbé la société anonyme Jeld-Wen France, initialement dénommée France Portes, rétroactivement à compter du 1er janvier 2007. Les parties ont également convenu de se dispenser d'un descriptif plus détaillé des biens pour en connaître parfaitement le contenu et les conditions d'exploitation. Les immobilisations corporelles ont été évalués au 31 décembre 2006 à la somme de 948 208 euros pour les agencements et installations techniques, de 1 035 095 euros pour les terrains, de 2 714 189 euros pour les constructions, de 5 668 euros pour les autres immobilisations corporelles et de 1 742 123 euros pour les immobilisations en cours. De même, si la société est fondée à soutenir que la valeur locative des immobilisations corporelles ainsi acquises lors de cette fusion ne peut être inférieure à 90 % de son montant avant l'opération dès lors que les deux sociétés relèvent du même groupe, il lui appartient, ainsi qu'il a été rappelé au point 19, compte tenu du caractère succinct des stipulations du traité de fusion-absorption du 21 mai 2007 et à défaut de production des bilans de la société absorbée, d'établir, à la date du 1er janvier 2007, la matérialité de ces immobilisations corporelles et des exonérations alléguées afin de justifier de ses calculs de valeur locative. Ainsi que le fait valoir l'administration fiscale en défense, l'impossibilité de comparer les valeurs locatives de chaque société à la suite de la première fusion empêche toute comparaison des valeurs locatives de chaque société concernée par cette seconde fusion. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

22. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 1517 du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I. - 1. Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties ainsi qu'à la constatation des changements d'utilisation des locaux mentionnés au I de l'article 1498 et des éléments de nature à modifier la méthode de détermination de la valeur locative en application des articles 1499-00 A ou 1500. Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement. / (). II. - 1. Les valeurs locatives résultant des changements mentionnés au I du présent article sont appréciées : a) Pour les locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile, suivant les règles prévues aux articles 1496 et 1497, à la date de référence de la précédente révision générale ; b) Pour les biens évalués selon les règles prévues au II de l'article 1498, à la date mentionnée au A du même II ; c) Pour les biens évalués selon les règles prévues au III de l'article 1498, à la date mentionnée au B du même III. / Toutefois, les immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties sont, quelle que soit la date de leur acquisition, évaluées par l'administration d'après leur prix de revient conformément aux dispositions de l'article 1499, lorsqu'elles figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A. () ".

23. Il résulte des dispositions de l'article 1517 du code général des impôts que les changements de caractéristiques physiques ou les changements d'environnement des propriétés bâties doivent être pris en compte, pour la mise à jour de la valeur locative, dans le cas où ils entraînent, les uns ou les autres, à eux seuls, une modification de plus d'un dixième de cette valeur. Le juge applique sur ce point un régime de preuve objective.

24. D'autre part, aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales. ".

25. Lorsque le contribuable invoque, sur le fondement de ces dispositions, l'interprétation d'un texte fiscal que l'administration a fait connaître par des instructions ou circulaires publiées, aucune imposition, même primitive, qui serait contraire à cette interprétation, ne peut être établie.

26. Enfin, aux termes de BOI-IF-TFB-20-20-10-10 nos 150 et 160 : " Ces changements affectent la structure même de la construction et ont pour effet de modifier, en plus ou en moins, la valeur locative du local. Ils sont, le plus souvent, consécutifs l'exécution, dans l'immeuble ou le local, de travaux importants, hors de proportion avec les travaux d'entretien normaux qui incombent au propriétaire. / Constituent des changements de caractéristiques physiques : - la remise en état d'un immeuble ancien au moyen de gros travaux : réfection des toitures, des façades, des sols et des huisseries extérieures, par exemple ; - l'installation d'équipements nouveaux entrant en compte pour le calcul des équivalences superficielles : chauffage central, salle de bains, ascenseur dans les immeubles collectifs, etc ; - la redistribution des éléments constitutifs du local : modification de la structure interne d'un local d'habitation n'entraînant pas changement de consistance (aménagement des combles par exemple), extension de la partie " magasin " d'un local commercial accessible à la clientèle, par prélèvement de superficie sur des réserves existantes ; - le délabrement d'une construction qui peut, le cas échéant, justifier la diminution de la valeur locative de l'immeuble. / En revanche, les réparations courantes des constructions ainsi que, d'une manière générale, toutes les dépenses qui doivent être renouvelées fréquemment pour l'entretien de la propriété ne sont pas assimilées à des changements de caractéristiques physiques ".

27. Aux termes du BOI-IF-TFB-20-20-10-20, n° 230 : " Les changements de caractéristiques physiques ne sont pris en compte que lorsqu'ils ont une incidence sur le prix de revient comptable des immobilisations, c'est-à-dire, en fait, lorsqu'ils revêtent le caractère de grosses réparations amortissables ou d'installations ou d'agencements nouveaux. / Il est cependant admis que le complément de valeur locative résultant des changements du premier type (grosses réparations) ne soit pas calculé sur la base de la valeur d'immobilisation ajoutée au bilan à l'issue des travaux mais sur une base inférieure tenant compte du fait que ces derniers ne créent pas une immobilisation nouvelle mais confortent seulement une immobilisation ancienne. Ainsi, si les travaux de réparation considérés n'apportent aucune amélioration à l'établissement, il n'y a pas lieu de calculer de complément de valeur locative ".

28. Il résulte de l'instruction que la société requérante soutient que les vingt-neuf libellés ci-après, issus de l'actif de son bilan de l'exercice clos le 31 décembre 2018, constituent des travaux exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties en application du I de l'article 1517 du code général des impôts : " RECONDITIONNEMT BAT. SCIERIE" d'un montant de 104 367,80 euros, " RECONDIT. BAT STOCK BOIS RECHOU/FAU " d'un montant de 12 071 euros, " REFECTION SOL ATELIER PRESSE " d'un montant de 14 452,82 euros, " RENOVATION BUREAUX GRPE MANAGERS " d'un montant de 21 313,17 euros, " REFECT° SOL EAUX PLUVIAL BUREAUX FB " d'un montant de 605,68 euros, " REFLECTION SOLS ATELIER SERGIANI " d'un montant de 4 402,34 euros, " MODIF CANALISAT°TUYAUTERIE CHAUDIER " d'un montant de 67 936,52 euros, " 2°REMPL CHEM ROULEAUX AT ENTAILLAGE " d'un montant de 10 536,60 euros, " MISE AU NORM AIRE DE LAVAGE CHARIOT " d'un montant de 4 404,10 euros, "CAPEX ICPE 2337 REFLECT°SOL PBURKLE " d'un montant de 22 941,70 euros, " REFLECT° SOLS PREPA PALETTES ", d'un montant de 2 767,98 euros, " DEPLACEMT RACCORD SECHOIR R ET D " d'un montant de 7 401,70 euros, " REFECT° SOL CREAT° SOCLE PR SECHOIR " d'un montant de 2 336,20 euros, " REFECT° SOL INTER B PRESSE W3 4607 " d'un montant de 12 852,40 euros, " REMPL LUMINAIRE 4608 BAT CENTREBOIS " d'un montant de 3 707,33 euros, " REMPL LUMINAIRE 4608 BAT PROD ENTAI " d'un montant de 4 066,22 euros, " REFLECT° SOL PARKING CBOIS 4612 " d'un montant de 10 931 euros, " RENOV CANTINE MENUISERIE INTER 4609 " d'un montant de 27 000 euros, " RENOV CANTINE PLOMBERIE ELECTRICITE " d'un montant de 22 500 euros, " REFECTION SOL PARKING P2 4612 " d'un montant de 11 400 euros, " REFLECT° SOL AT STRAT-LAQUAGE 4612 " d'un montant de 17 137,60 euros, " PREPA SOL DEPLACEMT WEINIG 7234 " d'un montant de 3 174,50 euros, " RENOVATION SOL AT SERGIANI C4611 " d'un montant de 4 820 euros, " MODIF ASPI COLLECTEUR COPEAUX C9697 ", d'un montant de 1 365 euros, " BATIMENT PRESSE MODIF STRUCTURE BAT " d'un montant de 3 887,50 euros, " RESEAU ELECTRIQUE MISE AU NORME POSTE HT " d'un montant de 20 417, 31 euros, " BATIMENT STOCKAGE AGGLO REFECT° SOL " d'un montant de 11 325 euros, " BATIMENT PRODUCTION REBOUCHAGE " d'un montant de 3 526 euros et enfin " REFECTION SOL " d'un montant de 15 040 euros. Il est constant qu'avant le dégrèvement du 5 juin 2024, l'administration fiscale avait admis l'exclusion de la base imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties de certains travaux pour un montant total de 30 102 euros et que la liste mentionnée ci-dessus comprend les travaux demeurant en litige avant le dégrèvement prononcé le 5 juin 2024. A la suite de ce dégrèvement, les immobilisations suivantes " REFECT° SOL EAUX PLUVIAL BUREAUX FB " d'un montant de 605,68 euros, " REFLECTION SOLS ATELIER SERGIANI " d'un montant de 4 402,34 euros, " MODIF CANALISAT°TUYAUTERIE CHAUDIER " d'un montant de 67 936,52 euros, MISE AU NORM AIRE DE LAVAGE CHARIOT " d'un montant de 4 404,10 euros, "CAPEX ICPE 2337 REFLECT°SOL PBURKLE " d'un montant de 22 941,70 euros, " REFLECT° SOLS PREPA PALETTES ", d'un montant de 2 767,98 euros, " REFECT° SOL CREAT° SOCLE PR SECHOIR " d'un montant de 2 336,20 euros, " DEPLACEMT RACCORD SECHOIR R ET D " d'un montant de 7 401,70 euros, " REFECT° SOL INTER B PRESSE W3 4607 " d'un montant de 12 852,40 euros, " REMPL LUMINAIRE 4608 BAT CENTREBOIS " d'un montant de 3 707,33 euros, " REMPL LUMINAIRE 4608 BAT PROD ENTAI " d'un montant de 4 066,22 euros, " REFLECT° SOL PARKING CBOIS 4612 " d'un montant de 10 931 euros, " PREPA SOL DEPLACEMT WEINIG 7234 " d'un montant de 3 174,50 euros, ne sont plus en litige selon les dernières écritures de l'administration fiscale auxquelles la société Jeld-Wen n'a pas répliqué. En outre, les travaux " REFECTION SOL ATELIER PRESSE " d'un montant de 14 452,82 euros, " 2°REMPL CHEM ROULEAUX AT ENTAILLAGE " d'un montant de 10 536,60 euros, " MODIF ASPI COLLECTEUR COPEAUX C9697 ", d'un montant de 1 365 euros ont été considérés par l'administration fiscale comme ne figurant pas dans la base imposée. Ainsi, dans le cadre du dégrèvement du 5 juin 2024, l'administration fiscale a exclu de la base imposable de nouvelles immobilisations et a considéré, sans être contestée par la société requérante, que certaines des immobilisations listées par la société Jeld-Wen ne figuraient pas dans la base imposée de sorte que demeurent en litige les huit immobilisations ci-après au titre des travaux exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : " RECONDITIONNEMT BAT. SCIERIE" d'un montant de 104 367,80 euros, " RECONDIT. BAT STOCK BOIS RECHOU/FAU " d'un montant de 12 071 euros, " RENOVATION BUREAUX GRPE MANAGERS " d'un montant de 21 313,17 euros, " RENOV CANTINE MENUISERIE INTER 4609 " d'un montant de 27 000 euros, " RENOV CANTINE PLOMBERIE ELECTRICITE " d'un montant de 22 500 euros, " REFECTION SOL PARKING P2 4612 " d'un montant de 11 400 euros, " REFLECT° SOL AT STRAT-LAQUAGE 4612 " d'un montant de 17 137,60 euros, et " RENOVATION SOL AT SERGIANI C4611 " d'un montant de 4 820 euros.

29. La société requérante soutient que les travaux demeurant en litige constituent des travaux de réparation courant ou des dépenses susceptibles de se renouveler fréquemment pour l'entretien de la propriété, qui ne peuvent être qualifiés de travaux d'installation d'équipements nouveaux, et n'ont pas pour effet de modifier la valeur locative du local, ni ne sont consécutifs à l'exécution de travaux importants hors de proportion avec les travaux d'entretien normaux, et enfin ne confortent pas une immobilisation ancienne, de sorte qu'elle peut se prévaloir de la doctrine administrative précitée aux points 26 et 27 sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, sans que puisse lui être opposé son choix d'immobiliser au sein de l'actif de son bilan ces travaux. Il résulte de l'instruction que les immobilisations demeurant en litige au titre des travaux imposables sont justifiées par la société requérante par des factures. Cependant, au vu du contenu de ces factures et du libellé comptable de ces immobilisations, la société requérante n'établit pas que ces travaux, intitulés en partie " rénovation " ou " reconditionnement de bâtiments ", et dont les montants peuvent être pour certains significatifs, constituent des travaux de grosses réparations qui, sans créer d'immobilisation nouvelle, confortent seulement une immobilisation ancienne au sens de la doctrine fiscale citée au point 27. Ces immobilisations doivent être regardées comme des travaux de rénovation ou d'adjonction d'éléments nouveaux qui ont apporté une amélioration des caractéristiques physiques des immobilisations. La société requérante n'est, par suite, pas fondée à se prévaloir de la documentation administration en soutenant que ces travaux devraient être exclus de la base imposable de la taxe foncière sur les propriétés bâties.

30. Concernant les travaux de réfection du gros œuvre, la société requérante ne peut entendre utilement se prévaloir de la position de la Cour administrative d'appel de Lyon dans son arrêt n° 15LY02472 rendu le 6 mars 2018, dès lors qu'une décision de la jurisprudence administrative ne peut être regardée comme une position fiscale.

31. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1381 du code général des impôts : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; () ". Aux termes de l'article 1382 du même code : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 ; () ".

32. En l'espèce, la société requérante soutient que quarante-cinq immobilisations constituent des bien exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties sur le fondement du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, plus particulièrement en tant que certaines de ces immobilisations correspondent à des travaux portant sur ses installations et équipements électriques. Il n'est pas contesté que les quarante-cinq immobilisations en litige respectent les conditions, rappelées au point 8, relatives à la qualification d'établissement industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts et au champ d'application des dispositions des 1° et 2° de l'article 1381 du même code et doivent, pour bénéficier de cette exonération, constituer des biens d'équipement spécialisés. La société requérante soutient que les équipements en litige, dont les immobilisations relatives au réseau d'aspiration des poussières de bois ou au réseau d'air comprimé, s'avèrent utiles voire indispensables à la fabrication de charpentes et autres menuiseries, même s'ils n'entrent pas forcément dans le processus industriel mis en œuvre et que les travaux portant sur des installations électriques concernent des installations spécifiquement adaptées aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel. Il résulte de l'instruction que sont listés à l'actif du bilan de l'exercice clos le 31 décembre 2018 de la société Jeld-Wen France comme biens exonérés les libellés suivants " POTENCE ASPIRATION " d'un montant de 12 574,96 euros, " CHEMIN D ROULEAUX ATELIE ENTAILLAGE " d'un montant de 8 300 euros, " REALISAT° CAPOT ASPIRAT° SUR CHAUDI " d'un montant de 3 034,38 euros, " MISE ANEUF EXTRACTEUR SILO CHAUDIER " d'un montant de 4 214,77 euros, " RACCORDEMT SCIE A RESEAU ASPIRAT " d'un montant de 2 500 euros, " FAB CAPUCINE COUVERCLE BASSIN COLLE " d'un montant de 8 064,23 euros, " RACCORDDEMENT SCIE PARVEAU 7234 WEINIG " d'un montant de 3 420 euros, " ELECTRICITE BUR CLERCB Q1 CAPEX7488 " d'un montant de 1 638,99 euros, " ALIMENTAT° ELECTRIQ WEINIG CB 7234 " d'un montant de 4 201,38 euros, " BRANCHEMT ELEC SCIE PARVAUT 7234 " d'un montant de 1 981 euros, " EXTRACTEUR TUBULAIRE - C8598 " d'un montant de 2 647,64 euros, " RESEAU AIR COMPRIME - C8286 " d'un montant de 4 620 euros, " VMC POUR SALLE DES ADV - CAPEX 8598 " d'un montant de 5 833,33 euros, " ALIM ELEC AT HUISSERIE-C8286 " d'un montant de 800,95 euros, " TVX ELEC AT PARACHEVEMENT - C8286 " d'un montant de 2 429,87 euros, " TVX ELEC AT ENTAILLAGE PORTES - C8286 " d'un montant de 960,20 euros, " TVX ELEC ALIM CLIMATISEURS - C82863 d'un montant de 801 euros, , " AIR COMPRIME ENTREE CELASCHI-7123 " d'un montant de 4 770 euros, " ROULEAUX MOTORISES C8286 " d'un montant de 37 721 euros, " RESEAU ASPIRATION CENTRE BOIS " d'un montant de 56 625 euros, " RESEAU ASPIRATION - C9697 " d'un montant de 9 850 euros, " AMEL SYSTEME ASPIRATION C7123 " d'un montant de 5 296,50 euros, " ASPIRATION TRONCONNEUSE C9697 " d'un montant de 1 280 euros, " RACCORD ASPI TENONNEUSE- CELASHI " d'un montant de 31 600 euros, " RESEAU APIRATION AT PRINCIPAL-9697 " d'un montant de 1 830 euros, " RESEAU AIR COMPRIME ROBOT C8286 " d'un montant de 1 480 euros, " AGMNT ELECTRIQ BUREAU USINE MANAGER " d'un montant de 1 017,89 euros, " RESEAU ASPI ATELIER MONTAGE BP " d'un montant de 8 960 euros, " ALIM ELEC ETIREUSE A PAPIER " d'un montant de 2 130 euros, " ALIM ELEC MACHINES CENTRE BOIS " d'un montant de 21 974,90 euros, " ALIM ELEC TECHMAN - PROJET EMB. BP " d'un montant de 27 983,82 euros, " RESEAU AIR COMPRIME CB " d'un montant de 3 440 euros, " AIR COMPRIME CENTRE BOIS " d'un montant de 3 500 euros, " CALIBREUSE DMC " d'un montant de 7 363,10 euros et 530 euros, " RESEAU ASPIRATION " d'un montant de 3 585 euros, " PRESSE W3 " d'un montant de 7 850 euros et 800 euros, " PRESSE W3 RESEAU AIR COMPRIME " d'un montant de 2 430 euros, " RESEAU ASPIRATION " d'un montant de 4 930 euros, " RESEAU D'AIR COMPRIME " d'un montant de 7 680 euros ou enfin " DELIGNEUSE CELASCHI " d'un montant de 24 850 euros, 8 250 euros, 5 341,21 euros et 2 160 euros. Dans le cadre de la présente instance, l'administration fiscale a admis l'exonération de la base imposable de certaines immobilisations pour un montant de 151 512 euros. Elle fait valoir que si les immobilisations relatives à des réseaux d'aspiration, d'air comprimé, ou aérothermes vapeurs constituent des biens spécifiquement adaptés à l'activité et sont exclus de la base imposable, les installations électriques ne peuvent pas être considérées comme spécifiquement adaptées au processus industriel. Dans le cadre du dégrèvement prononcé le 5 juin 2024, l'administration fiscale a admis l'exclusion de la base imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties des immobilisations suivantes " REALISAT° CAPOT ASPIRAT° SUR CHAUDI " d'un montant de 3 034,38 euros, " MISE ANEUF EXTRACTEUR SILO CHAUDIER " d'un montant de 4 214,77 euros, " FAB CAPUCINE COUVERCLE BASSIN COLLE " d'un montant de 8 064,23 euros, " RACCORDDEMENT SCIE PARVEAU 7234 WEINIG " d'un montant de 3 420 euros, " ALIMENTAT° ELECTRIQ WEINIG CB 7234 " d'un montant de 4 201,38 euros, " BRANCHEMT ELEC SCIE PARVAUT 7234 " d'un montant de 1 981 euros, " EXTRACTEUR TUBULAIRE - C8598 " d'un montant de 2 647,64 euros, " VMC POUR SALLE DES ADV - CAPEX 8598 " d'un montant de 5 833,33 euros, " ALIM ELEC AT HUISSERIE-C8286 " d'un montant de 800,95 euros, " TVX ELEC AT PARACHEVEMENT - C8286 " d'un montant de 2 429,87 euros, " TVX ELEC AT ENTAILLAGE PORTES - C8286 " d'un montant de 960,20 euros, " TVX ELEC ALIM CLIMATISEURS - C82863 d'un montant de 801 euros, " ALIM ELEC MACHINES CENTRE BOIS " d'un montant de 21 974, 90 euros, " ALIM ELEC TECHMAN - PROJET EMB. BP " d'un montant de 27 983,82 euros, " PRESSE W3 RESEAU AIR COMPRIME " d'un montant de 2 430 euros, " RESEAU D'AIR COMPRIME " d'un montant de 7 680 euros " CHAUFFAGE AEROTHERME ZONE PARACH " d'un montant de 30 040 euros, " RELATISAT TUYAUTERIE RETOUR CONSENS " d'un montant de 20 100 euros, " 1 AEROTHERME REALISAT TUYAUTERIE " d'un montant de 3 100 euros, " ASPIRAT PR INCENDIE ADDUCT EAU 3961 " d'un montant de 1 645 euros, " ALIMENTAT ELECTRIQ DELIGNEUSE 7123 " d'un montant de 20 828, " ALIM ELEC TECHMAN -PROJET EMB BP " d'un montant de 27 984 euros ", " ALIM ELEC ETIREUSE A PAPIER " d'un montant de 2 130 euros, et " DELIGNEUSE CELASCHI " d'un montant de 8 250 euros et 5 341,21 euros et a également considéré, sans être contestée par la société requérante, que ne figuraient pas dans la base imposée certaines immobilisations listées par la société Jeld-Wen France ainsi désignées " POTENCE ASPIRATION " d'un montant de 12 574,96 euros, " CHEMIN D ROULEAUX ATELIE ENTAILLAGE " d'un montant de 8 300 euros, " RACCORDEMT SCIE A RESEAU ASPIRAT " d'un montant de 2 500 euros, " RESEAU AIR COMPRIME - C8286 " d'un montant de 4 620 euros, " AIR COMPRIME ENTREE CELASCHI-7123 " d'un montant de 4 770 euros, " RESEAU ASPIRATION - C9697 " d'un montant de 9 850 euros, " ROULEAUX MOTORISES C8286 " d'un montant de 37 721 euros, " RACCORD ASPI TENONNEUSE- CELASHI " d'un montant de 31 600 euros, " AMEL SYSTEME ASPIRATION C7123 " d'un montant de 5 296,50 euros, " RESEAU APIRATION AT PRINCIPAL-9697 " d'un montant de 1 830 euros, " RESEAU AIR COMPRIME ROBOT C8286 " d'un montant de 1 480 euros, " ASPIRATION TRONCONNEUSE C9697 " d'un montant de 1 280 euros, " RESEAU ASPIRATION CENTRE BOIS " d'un montant de 56 625 euros, " RESEAU ASPI ATELIER MONTAGE BP " d'un montant de 8 960 euros, " AGMENT ELECTRIQ BUREAU USINE MANAGER " d'un montant de 1 357,18 euros. Ainsi, il résulte de l'instruction que les immobilisations demeurant en litige au titre des biens exonérés sur le fondement du 11° de l'article 1382 du code général des impôts sont " ELECTRICITE BUR CLERCB Q1 CAPEX7488 " d'un montant de 1 638,99 euros et " DELIGNEUSE CELASCHI " d'un montant de 24 850 euros et 2 160 euros. Ces immobilisations sont justifiées par la société requérante par des factures. S'agissant de la première immobilisation, il résulte des factures que cette immobilisation concerne la modification électrique de bureaux administratif de sorte que cette immobilisation ne peut être regardée comme spécifiquement adaptée au processus industriel ainsi que le fait valoir l'administration fiscale. S'agissant des deux immobilisations intitulées " DELIGNEUSE CELASCHI ", les factures correspondantes versées par la société requérante, numérotées F17-14 et F17-16, portent pour la première sur la location de nacelle électrique, de nacelle diesel et la création d'un collecteur d'aspiration pour la ligne de calibrage portes, et pour la seconde sur la réalisation d'une dalle extérieure pour aspiration et de quatre plis en béton armé pour bassin incendie, si bien qu'elles ne permettent pas d'identifier la nature des immobilisations correspondantes. Dès lors, la société requérante n'établit pas que ces biens auraient fait l'objet d'adaptations spécifiques à l'activité susceptible d'être exercée dans un établissement industriel et qu'ils devraient, par suite, être exclus de la base imposable en application des dispositions du 11° de l'article 1382 du code général des impôts.

33. En cinquième lieu, la société requérante soutient que cent-quarante-deux immobilisations en litige sont constitutives de biens hors champ dès lors qu'elles sont essentiellement démontables et mobiles ou dissociables des immeubles même si pour l'exercice de son activité, certains d'entre eux ont vocation à demeurer en place. Dans le cadre de la présente instance, l'administration fiscale a exclu du champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties des biens d'un montant total de 78 735,48 euros et maintient que les biens demeurant en litige correspondant à des racks, panneaux de signalisation, clôtures, cloisons, stores, portails, faux-plafonds constituent des dépenses qui portent sur des éléments qui s'incorporent à la construction et qui touchent à la consistance même des locaux exploités par la société Jeld-Wen France. Dans le cadre du dégrèvement prononcé le 5 juin 2024, l'administration fiscale a admis l'exclusion de la base imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties de certaines immobilisations ou a précisé que les immobilisations recensées par la société requérante au titre des " biens hors champ " ne figuraient pas dans la base imposée. Elle a considéré que relevaient de la base imposable comme accessoire immobilier à la construction (AIC) les immobilisations ainsi désignées " 2 ESCALIERS QUAI CHARGEMENT " d'un montant de 2 378,21 euros, " BAIE PORTAIL AT LAQUE TRANSFERT FP " d'un montant de 4 908,86 euros, " ESCALIER AT HUISSERIE " d'un montant de 4 561,02 euros, " CLIMATISAT SALLE INFORMATIQUE " d'un montant de 12 932 euros, " CHAUDIERE DONOMAT -GARDIEN 16 " d'un montant de 3 442,26 euros, " ABRI DOUBLE COTE A COTE " d'un montant de 4 988,40 euros, " PORTAIL +BARDAGE AT PREPARATION " d'un montant de 14 527,60 euros, " ECLAIRAGE ANCIEN AT PRE PEINTU FAUC " d'un montant de 6 589,60 euros, " ECLAIRAGE ANCIEN AT PRE PEINTU FAUX " d'un montant de 6 589,60 euros, " PORTAIL ENTREE COTE STATION TOTAL " d'un montant de 1 955 euros, " CLIM SERV SECURITE IACHEMET SAS " d'un montant de 2 750 euros, " ALARME EVACUATION " d'un montant de 10 956,71 euros, " PROTECTION CONTRE LA FOUDRE " d'un montant de 7 800 euros, " PORTAIL AUTOMATIQUE RetD " d'un montant de 6 852,90 euros, " ECLAIRAGE SHOW ROOM " d'un montant de 4 418,24 euros, " ALARME INCENDIE " d'un montant de 3 956,84 euros, " POSE CLOTURE COTE TENAREZE " d'un montant de 1 641,60 euros, " EXTENS TELEPHONIQ BUREAU ADMINISTR " d'un montant de 3 646,54 euros, " CLOISONS VITREES SEPARAT PR ACHATS " d'un montant de 2 020 euros, " AJOUT SIRENE ALARME 4608 " d'un montant de 1 296,98 euros, " CABLAGE ELECTRIQUE BUREAU ACHATS Q1 " d'un montant de 896,42 euros, " ECLAIRAGE PARKING PERSONNEL CIMETIER " d'un montant de 1 944,16 euros, " ECLAIRAGE PARKING EXPEDITION 4608 " d'un montant de 1 423,66 euros, " 1CLOISON ACOUSTIQ S D REUNION VILLA " d'un montant de 548 euros, " CLOISONS D BUREAU TGUILLOIS Q2 6079 " d'un montant de 2 040 euros, " ECLAIRAGE EXTERIEUR BAT MAT 1IERE " d'un montant de 2 549,42 euros, " POSE FAUX PLAFONDS VESTAIRE C4607 " d'un montant de 2 772,45 euros, "ECLAIREGAE VESTIAIRE C4608 " d'un montant de 1 650,45 euros, " BUREAU EXPE PRISE COURANT CHAUFFAGE " d'un montant de 651,76 euros, " MISE EN PLACE SYST INCENDIE 3961 ICPE " d'un montant de 9 747,76 euros, " 24 PLAQ D CANIVEAU 4612 DAMAGED GR " d'un montant de 7 920 euros, " 2IEME DETECTEUR INCENDIE 3961 ICPE " d'un montant de 4 588,75 euros, " 3IEME DETECTEUR INCENDIE 3961 ICPE " d'un montant de 4 588,75 euros, " STORES BUR M OUELLET BUR OVALE 7488 " d'un montant de 1 195 euros, " CREAT LIGNE INFORMATIQ + PRISE 6988 " d'un montant de 4 853 euros, " SYSTEM ALARM SILO CYCLOFITR ICPE 3961 " d'un montant de 6 583,75 euros, " POSE CLIM BUR CLERC Q4 20136987 " d'un montant de 2 445 euros, " AMENAGEMT CLOISONS BUR CLERCB C6987 " d'un montant de 11 908,75 euros, " CLOISONS DE BUREAU CPTA Q4 C6987 " d'un montant de 2 412,22 euros, " CABLE TELEPHONIQUE Q2 8048 " d'un montant de 865,47 euros, " STORES INTERIEURS BUR INFORM C8596 " d'un montant de 1 498 euros, " EXTENS INFORM + TEL + PRISE C8958 " d'un montant de 3 364,04 euros, " SAIGNEES POUR PASSER CABLES ELEC-7123 " d'un montant de 7 212,50 euros, " CLOISONS ADV -C8956 " d'un montant de 2 806,94 euros, " ECLAIRAGE CELASCHI - CAPEX 7123 " d'un montant de 2 076,42 euros, " CANIVEAUX CN PROJET TERMINAL " d'un montant de 8 031,80 euros, " CLOTURE RESERVE INCENDIE - C6253 " d'un montant de 6 030 euros, " BACHE ETANCHEITE RESERVE INCENDIE " d'un montant de 5 875 euros et " PORTAIL ACCES POMPIER - C62533 " d'un montant de 1 500 euros. Elle a également maintenu comme " hors GKN " les immobilisations " CLOISONS VITREES SEPARAT SERV RH " d'un montant de 2 945 euros, ET " CABLAGE ELECTRIQ SALLE D REUNION " d'un montant de 2 405,56 euros. Ces immobilisations constituent les biens demeurant en litige, à défaut de contestation par la société requérante des dernières écritures de l'administration fiscale. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement des libellés de ces immobilisations et des factures produites par la société requérante, que les immobilisations demeurant en litige ne peuvent être regardées comme constituant des biens ne faisant pas corps avec les éléments d'assiette des immobilisations qui entrent dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties.

34. En sixième lieu, la société soutient que les deux immobilisations " DDE AUTORISAT°ICPE INCENDIE EAU3961 " d'un montant de 36 465 euros et " ICPE 3961 DDE EXPLOITAT° B ORAGE " d'un montant de 4 485 euros constituent des immobilisations incorporelles qui ne sont pas assujetties à la taxe foncière sur les propriétés bâties dès lors qu'elles constituent des études relatives à des installations classées pour la protection de l'environnement. L'administration fiscale fait valoir que ces montants correspondent à des honoraires d'études qui constituent des prestations utiles à l'aménagement, soit un élément de sa valeur d'origine au sens des dispositions des articles 38 quinquies et 323 AE de l'annexe III du code général des impôts et par conséquence de son prix de revient au sens de l'article 1499 du même code de sorte que ces honoraires doivent être retenus dans le prix de revient taxable. Dans le cadre du dégrèvement prononcé le 5 juin 2024, l'administration fiscale a considéré, sans être contestée par la société requérante, que ces deux immobilisations ne faisaient pas partie de la base imposée.

35. En dernier lieu, la société requérante se prévaut de la décision du 22 juin 2022 par laquelle la direction départementale des finances publiques de la Corrèze a fait droit à ses demandes d'exonération portant sur son établissement industriel situé à Ussel ayant la même activité que son établissement en litige. Cependant, il résulte des dernières écritures de l'administration fiscale que cette dernière a pris en compte partiellement l'avis de dégrèvement prononcé par cette direction. Les autres immobilisations restant en litige ont fait l'objet des points ci-dessus.

36. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête n° 2201285 aux fins de décharge partielle de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2019 et 2020 ne peuvent qu'être rejetées.

Sur le surplus des conclusions des requêtes n° 2201286 et n° 2301255 :

37. Aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les sociétés non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. () ". Aux termes de l'article 1467 du même code dans sa version applicable au litige : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12°, 13° et 15° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. / Toutefois, ne sont pas compris dans la base d'imposition à la cotisation foncière des entreprises : 1° Les biens destinés à la fourniture et à la distribution de l'eau lorsqu'ils sont utilisés pour l'irrigation pour les neuf dixièmes au moins de leur capacité ; 2° Les parties communes des immeubles dont dispose l'entreprise qui exerce une activité de location ou de sous-location d'immeubles. / La valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe. / Pour le calcul de l'impôt, la valeur locative des immobilisations industrielles définie à l'article 1499 est diminuée de 30 %. / Les éléments servant à la détermination des bases de la cotisation foncière des entreprises et des taxes additionnelles sont arrondis à l'euro le plus proche. La fraction d'euro égale à 0,50 est comptée pour 1. ". Aux termes de l'article 1467 A du même code : " Sous réserve des II, III IV et VI de l'article 1478, la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de douze mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l'année civile. ". Aux termes de l'article 1473 du même code : " La cotisation foncière des entreprises est établie dans chaque commune où le redevable dispose de locaux ou de terrains, en raison de la valeur locative des biens qui y sont situés. () ". Aux termes de l'article 1499 du même code dans sa version applicable au litige : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat. / Avant application éventuelle de ces coefficients, le prix de revient des sols et terrains est majoré de 3 % pour chaque année écoulée depuis l'entrée du bien dans le patrimoine du propriétaire. / Un décret en Conseil d'Etat fixe les taux d'abattement applicables à la valeur locative des constructions et installations afin de tenir compte de la date de leur entrée dans l'actif de l'entreprise. /Une déduction complémentaire est, en outre, accordée à certaines catégories d'établissements en raison de leur caractère exceptionnel, apprécié d'après la nature des opérations qui y sont faites ; ces catégories d'établissements sont déterminées par un décret en Conseil d'Etat qui fixe également les limites et conditions d'application de la déduction. ".

38. En vertu de l'article 1467 du code général des impôts, la cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. Selon l'article 1467 A du même code, sous les réserves, inapplicables au litige, des dispositions prévues à l'article 1478 de ce code, la période de référence retenue est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition lorsque l'exercice coïncide avec l'année civile.

39. Il résulte de l'instruction qu'à l'appui de ses conclusions présentées dans le cadre des requêtes n° 2201286 et n° 2301255, la société requérante soulève les mêmes moyens que ceux présentés dans le cadre de la requête n° 2201285. Or, il résulte des points 8 à 36 que ces moyens ne peuvent qu'être écartés. Par suite, les conclusions de la requête n° 2201286 aux fins de décharge partielle des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises au titre des années 2019 et 2020 ainsi que celles de la requête n° 2301255 aux fins de décharge partielle des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises au titre des années 2015, 2016 et 2017 ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

40. Le présent jugement, qui rejette les conclusions des requêtes n° 2201285, n° 2201286 et n° 2301255 aux fins de décharge partielle, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction de ces trois requêtes.

Sur les frais de l'instance :

41. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans les présentes instances, la partie perdante, la somme que la société Jeld-Wen France demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2201285 de la société Jeld-Wen France, à concurrence du dégrèvement d'une somme de 6 107 euros de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties prononcé par le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées Atlantiques au titre de l'année 2019.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2201286 de la société Jeld-Wen France, à concurrence des dégrèvements d'une somme de 16 642 euros et d'une somme de 5 037 euros des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises prononcés par le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées Atlantiques respectivement au titre des années 2019 et 2020.

Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2301255 de la société Jeld-Wen France, à concurrence des dégrèvements d'une somme de 12 598 euros, de 13 761 euros et de 15 086 euros de cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises prononcés par le directeur chargé de la direction des vérifications nationales et internationales respectivement au titre des années 2015, 2016 et 2017.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2201285, n° 2201286 et n° 2301255 est rejeté.

Article 5 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiée Jeld-Wen France, au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques et au directeur de la direction des vérifications nationales et internationales.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Corthier, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.

La rapporteure,

Z. CORTHIER

La présidente,

M. SELLES

La greffière,

M. DANGENG

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

N°s 2201285, 2201286, 2301255

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