mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201337 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2022, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires a implicitement refusé de lui verser l'indemnité spécifique de service (ISS) au titre de l'année 2020, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts ;
2°) d'enjoindre au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires de lui verser la somme de 6 839,91 euros au titre de l'ISS 2020, augmentée des intérêts moratoires, dans un délai de deux mois.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ; elle méconnaît les dispositions de l'article 1er du décret du 25 août 2003 dès lors que le versement du montant d'indemnité spécifique de service (ISS) qui lui a été attribué au titre de 2020 aurait dû intervenir avant le 31 décembre 2021 ;
- le non-paiement de l'indemnité spécifique de service qu'elle estime lui être due lui cause un préjudice moral et financier dès lors que cette indemnité représente de 30 à 45 % de la rémunération des techniciens supérieurs du développement durable et que ce retard de paiement entraîne une dévalorisation de la somme due en raison de l'inflation.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 août 2023, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet au fond de la requête.
Il fait valoir que :
- le litige a perdu son objet dès lors que les agents concernés ont reçu, dans le cadre d'un mouvement de paye, les montants prévus au titre de l'ISS pour l'année 2020 ;
- en tout état de cause, par sa décision de refus, l'administration s'est bornée à appliquer le 6ème alinéa de l'article 1er du décret du 25 août 2003 dans sa rédaction en vigueur ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2003-799 du 25 août 2003 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le décret n° 2021-1681 du 16 décembre 2021 ;
- le décret n° 2022-1391 du 31 octobre 2022 ;
- l'arrêté du 25 août 2003 fixant les modalités d'application du décret n° 2003-799 du 25 août 2003 relatif à l'indemnité spécifique de service allouée aux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et aux fonctionnaires des corps techniques de l'équipement ;
- l'arrêté du 5 novembre 2021 portant application au corps des techniciens supérieurs du développement durable des dispositions du décret du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau ;
- et les conclusions de Mme Portès, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est technicienne supérieure en chef du développement durable. A la suite de l'adhésion du corps des techniciens supérieurs du développement durable au régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), elle n'a pas bénéficié en 2021 du versement de l'indemnité spécifique de fonctions (ISS) au titre des droits acquis en 2020. Par une lettre du 8 avril 2022, la requérante a demandé au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires le versement de la somme qu'elle estimait lui être due au titre de l'ISS pour 2020, des intérêts moratoires correspondants et de la capitalisation de ces intérêts. Du silence gardé pendant deux mois par le ministre sur cette demande est née une décision implicite de rejet. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu :
2. S'il résulte des dispositions de l'article 1er du décret du 25 août 2003 relatif à l'indemnité spécifique de service (ISS) allouée aux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et aux fonctionnaires des corps techniques de l'équipement, telles que modifiées par l'article 2 du décret du 31 octobre 2022 modifiant divers décrets relatifs aux régimes indemnitaires de corps et emplois techniques relevant du ministère de la transition écologique, publié au Journal officiel de la République française du 1er novembre 2022, que l'indemnité spécifique de service correspondant au service rendu par les agents concernés au titre de l'année 2020 leur est versée intégralement au plus tard le 31 décembre 2022, déduction faite des montants déjà payés par leur administration d'emploi, ces dispositions n'étant pas en vigueur à la date de la décision attaquée, ne sont pas applicables au litige. Dans ces conditions, l'administration ne peut s'appuyer sur celles-ci pour conclure, en l'espèce, au non-lieu à statuer. En tout état de cause, si l'administration fait valoir que les agents concernés par l'ISS au titre de l'année 2020, dont Mme B, ont reçu dans le cadre d'un mouvement de paye en 2022 le paiement des montants prévus au titre de l'ISS pour l'année 2020, elle ne l'établit pas. Dans ces conditions, le litige conserve son objet et il y a lieu d'y statuer.
Sur les conclusions de la requête :
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 25 août 2003 relatif à l'indemnité spécifique de service allouée aux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et aux fonctionnaires des corps techniques de l'équipement, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée, issue de l'article 2 du décret du 16 décembre 2021 modifiant divers décrets relatifs au régime indemnitaire des corps et emplois techniques relevant du ministère de la transition écologique et de l'article 1er du décret du 10 mars 2022 modifiant le décret n° 2003-799 du 25 août 2003 relatif à l'indemnité spécifique de service allouée aux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et aux fonctionnaires des corps techniques de l'équipement : " Les ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et les fonctionnaires des corps techniques de l'équipement, ingénieurs des travaux publics de l'Etat, techniciens supérieurs du développement durable, contrôleurs des travaux publics de l'Etat, conducteurs des travaux publics de l'Etat, dessinateurs, experts techniques des services techniques bénéficient, dans la limite des crédits ouverts à cet effet, d'une indemnité spécifique de service. / Cette indemnité leur est versée par leur administration d'emploi l'année civile suivant celle correspondant au service rendu par les agents concernés. () / L'année 2020 constitue la dernière année d'acquisition de droit à l'indemnité spécifique de service. / () / Les droits à l'indemnité spécifique de service correspondant au service rendu par les agents concernés au titre de l'année 2020 sont versés à parts égales sur six années à compter de l'année 2022. / Toutefois, la part restante des droits à l'indemnité spécifique de service correspondant au service rendu par les agents concernés au titre de l'année 2020 inférieure à un montant de 1 500 € est versée en une seule fois à compter de l'année 2022 / Lorsqu'un agent a effectué une mobilité au cours de l'année 2020 () les droits à l'indemnité spécifique de service définis à l'alinéa précédent sont calculés en tenant compte de l'ensemble des droits acquis auprès de ces employeurs. Le versement des droits à l'indemnité spécifique de service est réalisé par l'administration d'emploi de l'agent au 31 décembre 2020. / () ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'indemnité spécifique de service correspondant au service rendu par les agents concernés au titre de l'année 2020 leur est versée, en principe, à parts égales sur six années à compter de l'année 2022 par leur administration d'emploi, définie pour les agents ayant effectué une mobilité au cours de l'année 2020 comme celle qui les employait à la date du 31 décembre 2020, et, par exception, en une seule fois à compter de l'année 2022 si le montant restant à leur verser est inférieur à 1 500 euros.
5. A l'appui de sa requête, Mme B soutient que le montant des droits à l'indemnité spécifique de service auquel elle a droit au titre de l'année 2020 de 6 839,91 euros ne lui a pas été versé.
6. Il résulte des dispositions précitées que, dans ces conditions, le versement de la première part de l'indemnité spécifique de service due à Mme B au titre de l'année 2020 devait seulement intervenir avant la fin de l'année 2022. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le versement de la somme de 6 839,91 euros aurait dû intervenir avant le 31 décembre 2021. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est illégale et à en demander l'annulation.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A B et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Madelaigue, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Foulon, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.
Le rapporteur, La présidente
S. ROUSSEAU F. MADELAIGUE
La greffière,
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026