mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201377 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | LARROUY-CASTERA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022, la SAS Sanz, représentée par l'AARPI Larrouy-Castera et Cadiou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2022 par lequel le maire d'Ousse a refusé de lui délivrer le permis de construire qu'elle avait sollicité pour la réalisation de deux maisons avec garages ;
2°) d'enjoindre au maire d'Ousse de lui délivrer ce permis de construire, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Ousse une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il appartiendra à la commune d'Ousse de justifier de la compétence de son maire pour prendre l'arrêté attaqué au nom de la commune ;
- le classement des parcelles constituant le terrain d'assiette du projet en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de leur proximité avec des terrains bâtis, de leur desserte par des voies et par les réseaux, de leur précédent classement en zone urbaine, de leur absence de potentiel agronomique ;
- le classement des parcelles constituant le terrain d'assiette du projet en zone agricole s'oppose aux orientations du schéma de cohérence territoriale.
La requête a été communiquée à la commune d'Ousse qui n'a pas produit d'observations, malgré une mise en demeure prise en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roussel Cera ;
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Larrouy-Castera représentant la SAS Sanz.
Considérant ce qui suit :
1. La société Sanz a déposé, le 8 mars 2022, une demande de permis de construire pour la réalisation de deux maisons individuelles à usage d'habitation à Ousse (Pyrénées-Atlantiques) sur les parcelles cadastrées CD n° 194, 195, 198 et 201. Elle demande l'annulation de l'arrêté du 28 mars 2022 par lequel le maire d'Ousse a refusé de lui délivrer ce permis de construire.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article L. 422-3 du même code : " Lorsqu'une commune fait partie d'un établissement public de coopération intercommunale, elle peut, en accord avec cet établissement, lui déléguer la compétence prévue au a de l'article L. 422-1 qui est alors exercée par le président de l'établissement public au nom de l'établissement. / La délégation de compétence doit être confirmée dans les mêmes formes après chaque renouvellement du conseil municipal ou après l'élection d'un nouveau président de l'établissement public. / Le maire adresse au président de l'établissement public son avis sur chaque demande de permis et sur chaque déclaration préalable ".
3. S'il est constant que la compétence en matière de document d'urbanisme a été transférée à la communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées par ses communes membres, dont la commune d'Ousse, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que cette dernière aurait délégué à l'établissement public la compétence, au-delà de l'instruction des demandes d'autorisations d'urbanisme, pour délivrer celles-ci. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué, signé par le maire d'Ousse lui-même, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
5. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
6. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles constituant le terrain d'assiette du projet, cadastrées CD n° 194, 195, 198 et 201, sont entourées au nord, à l'ouest et au sud par des parcelles cultivées, comportant pour certaines quelques constructions, toutes classées elles-mêmes en zone agricole par le plan local d'urbanisme intercommunal. Il est constant que le terrain d'assiette du projet en litige est séparé du secteur construit au sud par des parcelles nues affectées par un risque d'inondation puis une rue. Si ce terrain d'assiette est bordé à l'est par une zone urbaine, celle-ci constitue une simple excroissance de la zone urbaine située au sud, au milieu d'une vaste zone agricole s'étendant selon un axe nord-ouest - sud-est sur le territoire de plusieurs communes. La circonstance que ces parcelles ont fait l'objet de travaux de terrassement dans le cadre d'un précédent projet autorisé par un permis de construire délivré en 2018 mais finalement abandonné ne suffit pas à elle seule à établir qu'elles n'appartiendraient plus à cette vaste zone agricole ni qu'elles auraient perdu leur potentiel agronomique.
7. Le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal prévoit, notamment pour la commune d'Ousse, de limiter l'étalement urbain des bourgs, de préserver leurs ceintures agricoles et de contenir le front urbain de l'agglomération afin de préserver l'agriculture.
8. La circonstance que les parcelles en litige étaient précédemment classées en zone urbaine par l'ancien plan local d'urbanisme communal est sans incidence sur la légalité de leur classement en zone A par le plan local d'urbanisme intercommunal applicable en l'espèce. Il en va de même de la circonstance qu'elles sont desservies par les réseaux.
9. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le classement en zone agricole des parcelles en litige serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
10. Enfin, pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme (PLU) avec un schéma de cohérence territoriale (SCOT), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
11. Ainsi que le fait valoir la société requérante elle-même, le schéma de cohérence territoriale du Grand Pau prévoit de mieux prendre en compte les espaces agricoles dans le développement du territoire pour travailler à leur pérennisation, de les protéger, les préserver et de les valoriser, en particulier par rapport aux importantes pressions urbaines auxquelles ils sont soumis. Dans ces conditions, le classement des parcelles en litige en zone agricole ne saurait être regardé comme incompatible avec les orientations du SCOT. La circonstance que, dans le rapport de présentation, les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal ont justifié la compatibilité de celui-ci avec le schéma de cohérence territoriale en affirmant notamment que le zonage en A permet de maintenir le caractère agricole des parcelles concernées ne signifie pas qu'inclure de nouvelles parcelles en zone agricole serait incompatible avec les orientations du SCOT.
12. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 4 à 11 que le moyen tiré de l'illégalité du refus de permis de construire attaqué en raison de l'illégalité du classement des parcelles en litige en zone agricole ne peut qu'être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la société Sanz n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Sanz est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SAS Sanz et à la commune d'Ousse.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Madelaigue, présidente,
M. Roussel Cera, premier conseiller,
M. Rousseau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
R. ROUSSEL CERA
La présidente,
F. MADELAIGUE La greffière,
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026