LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2201385

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2201385

vendredi 3 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2201385
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantSCPA MENDIBOURE CAZALET GUILLOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 juin 2022, les 11 avril et 6 septembre 2023, Mme A représentée par Me Mendiboure, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 6 avril 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de la Côte Basque a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail;

2°) d'annuler la décision du 6 avril 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de la Côte Basque a refusé la reconnaissance de sa maladie comme professionnelle ;

3°) d'enjoindre une expertise médicale ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la procédure est irrégulière dès lors que la commission de réforme n'a pas respecté le principe du contradictoire en ce qu'elle n'a pas pu être présente à la réunion de ladite réunion de la commission en février 2022 ;

- le centre hospitalier a commis une erreur d'appréciation dès lors que l'aggravation de sa maladie à l'épaule droite et la survenue de la maladie professionnelle de l'épaule gauche sont consécutives à l'attitude de ce dernier qui n'a pas respecté l'obligation de sécurité relative à son intégrité physique ;

- le manque de diligences de suivi de la pathologie de Mme A a eu pour conséquence d'aggraver les symptômes de la maladie. L'origine de ses pathologies provient de l'inaction de l'administration.

Par deux mémoires, enregistrés le 15 septembre 2022 et le 23 juin 2023, le centre hospitalier de la Côte Basque conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les nombreuses expertises réalisées sur l'état de santé de Mme A, les périodes d'absence et de reprises à temps partiel thérapeutiques sur une durée de 4 ans, la mise en place de 3 jours puis de 4 jours de télétravail hebdomadaires, le maintien dans l'emploi à sa demande alors qu'elle était inapte aux fonctions, justifient qu'il ait mis en œuvre les dispositions nécessaires dans le but de maintenir l'intéressé dans l'emploi d'assistante médico-administrative en respectant les restrictions médicales préconisées par les différentes expertises notamment en terme d'aménagement matériel de poste ;

- les conditions de travail aménagées pour la requérante par le centre hospitalier ne sont pas à l'origine de l'aggravation de sa maladie, aucun lien de causalité n'est établi ;

- contrairement à ce que soutient la requérante, le centre hospitalier a mis en œuvre des mesures permettant le maintien, à sa demande, dans l'emploi de cette dernière ;

- le centre hospitalier a réalisé des entretiens avec la requérante pour trouver des postes dans lesquels elle serait apte mais elle les refusait.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2005-1112 du 1er septembre 2005 ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 ;

- l'arrêté du 4 août 2004 ;

- le code de justice administrative.

Par une ordonnance du 13 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 octobre 2023.

Un mémoire présenté par le centre hospitalier de la Côte Basque a été enregistré le 2 octobre 2023.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Crassus ;

- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A est assistante médico-administrative au sein du centre hospitalier de la Côte Basque depuis le 13 juin 2007 et a été titularisée le 28 mars 2014. Mme A demande la reconnaissance en maladie professionnelle de la pathologie dont elle souffre à savoir une tendinopathie de l'épaule droite. La commission de réforme a rendu un avis défavorable le 17 avril 2019. L'expertise médicale en date du 24 juin 2020 a reconnu la maladie professionnelle concernant la pathologie affectant l'épaule droite. Par décision du 10 septembre 2020, le centre hospitalier a reconnu de manière rétroactive à compter du 7 mars 2019, la prise en charge des arrêts de travail et des soins afférents au titre de la maladie professionnelle de l'épaule droite de Mme A. Par avis du 16 juin 2021, la commission de réforme reconnaissait la consolidation de l'épaule droite de Mme A et un taux d'incapacité permanente partielle de 6 % et une aptitude aux fonctions qui sont les siennes. Mme A a sollicité ensuite la reconnaissance de maladie professionnelle concernant la pathologie subie par son épaule gauche, laquelle a été refusée par la commission de réforme. A la suite de l'avis de la commission de réforme, en date du 6 avril 2022, le centre hospitalier a informé Mme A de son inaptitude absolue et définitive ainsi que du choix qui s'offrait à elle entre son reclassement ou sa renonciation à reclassement. Par la requête, Mme A conteste la décision par laquelle le centre hospitalier de la Côte Basque a refusé de reconnaître en maladie professionnelle sa pathologie suite à sa rechute et la décision du même jour prise par la même autorité refusant l'imputabilité au service des arrêts de travail et des soins afférents au titre de la maladie affectant son épaule gauche.

Sur la régularité de la procédure :

2. Aux termes de l'article 16 du décret du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages, rapports et constatations propres à éclairer son avis. Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instructions, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires. Dix jours au moins avant la réunion de la commission, le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de son dossier, dont la partie médicale peut lui être communiquée, sur sa demande, ou par l'intermédiaire d'un médecin ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. La commission entend le fonctionnaire, qui peut se faire assister d'un médecin de son choix. Il peut aussi se faire assister par un conseiller ".

3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressé d'une garantie.

4 Mme A doit être regardée comme invoquant un vice de procédure entachant la décision attaquée, en soutenant que la commission de réforme, pour rendre son avis, s'est irrégulièrement prononcée en son absence et en l'absence d'éléments médicaux qu'elle avait préparé et qu'elle n'a pas pu produire. Toutefois, rien n'empêchait la requérante de fournir les éléments dont elle disposait et il ne ressort pas des pièces du dossier que les éléments qu'elle n'a pas communiqué à la commission ni dans la présente instance, auraient été susceptibles d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'elle aurait été privée d'une garantie. En outre, il ressort des pièces du dossier que la commission a disposé de l'ensemble des rapports d'expertise établis et a ainsi été suffisamment éclairée sur sa situation médicale. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure invoqué doit être écarté.

Sur l'erreur d'appréciation :

5. Aux termes l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 insérant un article 21 bis à la loi du 13 juillet 1983 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants (). Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales ".

6. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

7. Il résulte des dispositions de l'article 23 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié à l'article L. 136-1 du code général de la fonction publique, et de l'article 2-1 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique, que, si l'aménagement du poste de travail constitue un droit destiné à permettre le maintien en activité des personnels confrontés à l'altération de leur état de santé, il peut revêtir des formes diverses. Ainsi, l'employeur, tenu de prendre des mesures appropriées, dispose d'une marge d'appréciation quant aux modalités de cet aménagement.

8. Mme A soutient que l'aggravation, et la survenue de ses pathologies, aux épaules droite et gauche, sont liées à l'absence d'adaptation de son poste par le centre hospitalier, en dépit des préconisations d'aménagement formulées par les médecins de prévention.

9. Il ressort des pièces du dossier que si le centre hospitalier n'a mis qu'incomplètement en œuvre les recommandations de la médecine du travail, à compter de 2016, à laquelle Mme A a déclaré une rechute de sa maladie professionnelle, en octobre 2021, elle n'avait repris le travail que depuis septembre, à mi-temps thérapeutique, et elle bénéficiait d'une autorisation de télétravail à raison de deux journées par semaine. Il n'est donc pas établi que les pathologies de Mme A auraient été aggravées ou provoquées par cette mise en œuvre partielle des préconisations d'aménagement de son poste de travail alors que son état, s'agissant de son épaule droite, était reconnu comme étant consolidé depuis le 29 avril 2021, sans soin. En outre, aussi bien l'expertise du 29 avril 2021, que celle du 15 décembre 2021, réalisées par deux experts distincts, ont conclu à l'absence d'imputabilité au service de la rechute et de la maladie professionnelle déclarées par l'intéressée. La commission de réforme ayant par deux fois rendu un avis défavorable à la reconnaissance d'imputabilité au service.

10. Par ailleurs, la commission de réforme a rendu un avis défavorable à l'imputabilité de sa pathologie à l'exercice de ses fonctions, estimant que la pathologie de Mme A n'est pas en relation directe et exclusive avec son activité professionnelle. Il n'est apporté aucune précision sur les mouvements de l'épaule qu'elle est amenée à effectuer au cours d'une journée de travail, ni sur leur fréquence. Si la requérante produit un certificat médical selon lequel la pathologie de Mme A est éligible à une reconnaissance de maladie professionnelle en lien avec sa profession de secrétaire, ce document, seule pièce versée au dossier et qui n'est pas suffisamment circonstancié, ne permet pas d'établir l'existence d'un lien direct avec l'exercice des fonctions de Mme A, et cette attestation, à défaut de tout autre élément, est insuffisante pour établir que les travaux qu'elle effectue, comportent de façon habituelle des mouvements répétés ou prolongés de l'extension du bras.

11. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les pathologies de Mme A présenteraient un lien direct avec l'exercice de ses fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de celle-ci. Par suite, le moyen tiré de ce que le centre hospitalier aurait manqué à l'obligation de sécurité et de protection de la santé de son agent sera écarté.

12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, que les conclusions présentées par Mme A à fin d'annulation de ces deux décisions sont rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C A et au centre hospitalier de la Côte Basque.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Neumaier, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.

La rapporteure,

L. CRASSUS La présidente,

M. SELLES La greffière,

M. B

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions