lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | CABINET LERIOUX & SENECAL ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 29 juin 2022, le 21 juillet 2022, et le 23 janvier 2023, Mme B C, représentée par Me Lerioux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de centre hospitalier de la Côte Basque à lui verser une somme de 139 981,31 euros en réparation des préjudices (qu'elle estime avoir) subis du fait de l'infection nosocomiale contractée au décours de l'intervention chirurgicale subie le 2 octobre 2018 au sein de cet établissement, assortie des intérêts au taux légal à compter du 4 janvier 2021 et de leur capitalisation ;
2°) d'ordonner l'exécution provisoire du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier centre hospitalier de la Côte Basque les entiers dépens, ainsi qu'une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle fait l'objet, le 2 octobre 2018, d'une arthroplastie du genou droit ; les suites de cette opération ont été marquées par un état fébrile, une désunion de la cicatrice avec écoulement et une accentuation de ses douleurs, qui ont conduit à ce qu'elle soit réhospitalisée en service d'orthopédie ;
- les prélèvements effectués suite à un lavage chirurgical réalisé le 19 octobre 2018 ont mis en évidence la présence d'un staphylocoque doré antibiorésistant ;
- au vu des conclusions de l'expert désigné par la commission de conciliation et d'indemnisation, elle est fondée à rechercher la responsabilité du centre hospitalier de la Côte Basque en raison de l'infection nosocomiale contractée ;
- en ne prenant pas toutes les précautions nécessaires en matière de de lutte contre les infections nosocomiales, le centre hospitalier de la Côte Basque a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- il n'y a pas lieu, contrairement à ce que fait valoir en défense le centre hospitalier de la Côte Basque, de faire application d'un taux de perte de chance dès lors que les experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation ont estimé que l'intégralité du dommage subi trouvait son origine dans l'infection nosocomiale qu'elle a contractée ;
- elle est fondée à demander la réparation de ses préjudices, lesquels doivent être évalués comme suit :
En ce qui concerne ses préjudices patrimoniaux temporaires :
- 287,03 euros au titre de ses frais de déplacement ;
- 2 920,20 euros au titre des frais d'assistance par tierce personne temporaire ;
- 15 840,33 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels ;
En ce qui concerne ses préjudices patrimoniaux permanents :
- 45 463,75 euros au titre de la perte de gains professionnels futurs ;
- 30 000 euros au titre de l'incidence professionnelle ;
En ce qui concerne ses préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
- 4 070 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
- 10 000 euros au titre des souffrances endurées ;
- 1 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;
En ce qui concerne ses préjudices extrapatrimoniaux permanents :
- 20 400 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;
- 8 000 euros au titre de son préjudice d'agrément ;
- 1 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent.
Par trois mémoires en défense, enregistrés le 4 janvier 2023, 20 décembre 2023, et 15 février 2024, le centre hospitalier de la Côte Basque, représenté par Me Caremoli, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de ramener les sommes allouées à la requérante à de plus justes proportions et de rejeter les demandes formulées par la CPAM ;
2°) à titre subsidiaire, de limiter le montant des sommes allouées à la CPAM en remboursement de ses débours à 30 % de sa créance ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, de rejeter la demande présentée par la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il n'entend pas contester le principe de sa responsabilité ;
- il y a lieu, conformément aux conclusions des experts désignés par la CCI, de faire application d'un taux de perte de chance de 30 %, dès lors que les préjudices dont Mme C sollicite l'indemnisation n'ont pas pour cause exclusive l'infection nosocomiale contractée ;
- les prétentions indemnitaires de la requérante doivent être ramenées à de plus justes proportions, en faisant application ;
- en l'absence de justificatifs, la demande présentée par Mme C au titre de la perte de gains professionnels actuels et futurs et de l'incidence professionnelle ne peut qu'être rejetée ;
- le relevé des débours et l'attestation d'imputabilité produits par la CPAM de Pau-Pyrénées ne permettent pas d'établir que les actes médicaux dont le remboursement est sollicité sont en lien avec l'infection contractée par Mme C ; cet organisme ne saurait se fonder sur la seule attestation établie par son médecin-conseil, et se constituer ainsi des preuves à lui-même ;
- à titre subsidiaire, à supposer que le tribunal fasse droit à la demande de la CPAM, il ne saurait être mis à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque la somme de 21 043,43 euros correspondant aux capital invalidité et des arrérages échus dès lors que 6 % seulement du déficit fonctionnel permanent dont est atteint la requérante est imputable à l'infection nosocomiale ; les frais futurs dont le remboursement est sollicité doivent être évalués à la somme de 881,28 euros ; en tout état de cause, et en application du taux de perte de chance retenu, la créance de la CPAM doit être fixée à 30 % du montant total des sommes dont le remboursement est sollicité.
Par deux mémoires en intervention, enregistrés le 27 octobre 2023 et le 23 janvier 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Pau-Pyrénées, représentée par Me Barnaba, demande au tribunal, de condamner le centre hospitalier de la Côte Basque, sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, à lui rembourser une somme de 77 097,27 euros au titre de ses débours, assortie des intérêts au taux légal au jour de sa demande ainsi qu'à lui verser une somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, et de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les documents qu'elle produit correspondent à des débours chiffrés selon une procédure garantissant l'indépendance et l'impartialité de l'évaluation réalisée ;
- la probité de son médecin-conseil ne saurait être remise en cause ;
- l'attestation d'imputabilité produite, dont la valeur probante ne saurait être remise en cause, établit le lien de causalité direct et certains entre les débours exposés et les faits imputés au centre hospitalier ;
- l'attestation d'imputabilité comportait une erreur de plume et le montant des frais futurs dont le remboursement est sollicité s'élève à la somme de 1 468,44 euros ;
- la pension d'invalidité versée à Mme C a été considérée comme étant à prendre en compte dans le chiffrage des débours ;
- les dommages subis par Mme C sont entièrement imputables à l'infection nosocomiale contractée, de sorte qu'aucun taux de perte de chance ne saurait être appliqué aux sommes qui lui seront allouées en remboursement de ses débours.
Par une ordonnance du 19 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 28 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Neumaier,
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique,
- les observations de Me Mouzarine, représentant Mme C,
- ainsi que celles de Me Moughni, représentant le centre hospitalier de la Côte Basque.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, née le 6 juillet 1962, a fait l'objet le 2 octobre 2018 d'une arthroplastie au centre hospitalier de la Côte Basque. Les suites opératoires ont été marquées par la survenance d'un syndrome fébrile, la persistance de douleurs et une désunion de la cicatrice, qui ont conduit à sa réadmission au centre hospitalier de la Côte Basque dès le 15 octobre 2018. Un prélèvement bactériologique effectué le lendemain a mis en évidence la présence d'une infection du site opératoire par staphylocoque doré. Mme C a regagné son domicile le 12 décembre 2018.
2. Mme C a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux d'Aquitaine, qui, par un avis du 5 août 2021, rendu sur la base d'un rapport d'expertise déposé le 12 mars 2021 par les docteurs Costes et Ferrand, a estimé que la réparation des préjudices subis par Mme C incombait au centre hospitalier de la Côte Basque. Par sa requête, Mme C demande au tribunal de condamner ce dernier établissement à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de l'infection nosocomiale contractée au cours de sa prise en charge par cet établissement le 2 octobre 2018.
Sur la responsabilité du centre hospitalier :
En ce qui concerne l'infection nosocomiale :
3. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ".
4. Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial, au sens des dispositions précitées du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes du rapport d'expertise, que dans les suites de la réalisation, le 2 octobre 2018, d'une arthroplastie au centre hospitaliser de la Côte Basque, Mme C a présenté des douleurs, associées à un syndrome fébrile et une désunion de sa cicatrice. Réadmise au centre hospitalier de la Côte Basque à compter du 18 octobre 2018, elle y a subi, dès le lendemain, une intervention tendant au lavage chirurgical du site opératoire. Le prélèvement bactériologique effectué lors de cette opération a objectivé la présence de staphylocoques dorés sensibles à la méticilline, à l'origine d'une infection précoce du site opératoire. Ainsi, l'infection contractée par Mme C dans les suites de l'intervention chirurgicale subie le 2 octobre 2018 au centre hospitalier de la Côte Basque, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait été présente ou en incubation au début de sa prise en charge, ni qu'elle aurait une autre origine, doit être regardée comme revêtant un caractère nosocomial.
6. Aux termes de l'article D. 1142-1 du code de la santé publique : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : / 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; / 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. ".
7. Il résulte des dispositions combinées du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique et de l'article D. 1142-1 du même code que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant d'infections nosocomiales lorsque leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expertise médicale susmentionnée, que Mme C reste atteinte d'un déficit fonctionnel permanent évalué à 12 %, dont 6 % doivent être considérés comme étant en lien avec l'infection dont elle a été victime Par suite, les conséquences dommageables de cette infection doivent être indemnisées par le centre hospitalier de la Côte Basque.
En ce qui concerne le manquement aux règles de prévention des infections nosocomiales :
9. Il résulte des constatations opérées par les deux experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation, et il n'est pas contesté par le centre hospitalier en défense, qu'une antibioprophylaxie per-opératoire a été administrée à la patiente 9 minutes avant la réalisation de la première incision, alors que, selon les recommandations de la société française d'anesthésie et de réanimation, celle-ci doit en principe être administrée 30 minutes avant l'intervention afin de permettre de prévenir efficacement les infections du site opératoire. Ces carences dans la mise en œuvre des règles d'asepsie et l'absence d'antibioprophylaxie lors de la première intervention chirurgicale subie par l'intéressée constituent des manquements caractérisés aux obligations posées par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales, de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de la Côte Basque.
Sur le lien de causalité :
10. Dans le cas où une infection nosocomiale a compromis les chances d'un patient d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de cette infection et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage, la réparation qui incombe à l'hôpital devant alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
11. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport des experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation, que le retard dans l'administration de l'antibioprophylaxie peropératoire a fait perdre à Mme C une chance de 30 % de ne pas contracter l'infection nosocomiale a staphylocoque doré dont elle a été victime, laquelle a entraîné la réalisation d'une nouvelle intervention chirurgicale marquée par des suites opératoires difficiles, ayant favorisé l'apparition secondaire d'une algodystrophie responsable de la majorité des séquelles après la consolidation. Ils relèvent, à cet égard, que la survenance de l'infection présentait un caractère inévitable, dès lors que sa fréquence en chirurgie prothétique articulaire sans antibioprophylaxie est de 3 à 5 %, alors que l'administration de ce traitement permet de réduire ce taux à moins de 1 %.
12. Contrairement à ce que soutient le centre hospitalier en défense, la faute commise dans la mise en œuvre de l'antibioprophylaxie n'a pas été à l'origine du dommage, mais seulement à l'origine d'une perte de chance d'éviter la survenance de l'infection nosocomiale dont a été victime Mme C, laquelle a été à l'origine des séquelles subies par la requérante.
13. Il résulte également de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les suites opératoires auraient pu être compliquées d'une algodystrophie même en l'absence d'infection du site opératoire. A cet égard, il résulte de l'instruction que le risque de survenance de cette complication après une arthroplastie du genou peut être évalué entre 0,7 et 1,2 %. Par ailleurs, la réalisation de la seconde intervention, tendant au lavage chirurgical du site opératoire, est entièrement imputable à la survenance de l'infection nosocomiale. Ainsi, cette seconde intervention doit être regardée comme ayant majoré le risque, qui peut être évalué à 1 % en cas d'arthroplastie du genou sans complication, d'apparition d'une algodystrophie. Dès lors, la perte de chance d'éviter ce dommage doit être fixée à 99 %. Toutefois, la survenance de l'infection nosocomiale décrite au point 5 du présent jugement a été favorisée par le non-respect du délai d'administration de l'antibioprophylaxie. Ce manquement a diminué les chances de Mme C d'échapper au risque de survenance d'une algodystrophie. Dans ces conditions, il y a lieu de faire une juste appréciation du taux de perte de chance d'éviter le dommage tel qu'il s'est produit en portant le taux de perte de chance de 99 % à 100 %, de sorte que le centre hospitalier de la Côte Basque doit être condamné à indemniser la totalité des préjudices en lien avec l'infection nosocomiale contractée par Mme C et l'algodystrophie dont elle souffre.
Sur la réparation des préjudices de Mme C :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des frais de déplacement :
14. Mme C sollicite l'octroi d'une somme de 287,03 euros au titre des frais de déplacement exposés pour se rendre aux opérations d'expertise. Sur la base de 0,603 euro le kilomètre, correspondant au barème fiscal moyen pour la période considérée applicable au véhicule utilisé, d'une puissance de 5 chevaux fiscaux, et d'une distance totale parcourue de 476 kilomètres, il sera fait une exacte appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluation à la somme de 287,03 euros.
S'agissant de l'assistance par tierce-personne :
15. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel de la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer, augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
16. En vertu des principes qui régissent l'indemnisation par une personne publique des victimes d'un dommage dont elle doit répondre, il appartient ensuite au juge de déduire du montant de l'indemnité allouée à la victime au titre de l'assistance par tierce personne les prestations ayant pour objet la prise en charge de tels frais. Cette déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement si le bénéficiaire revient à meilleure fortune.
17. La prestation de compensation du handicap a notamment pour objet de couvrir les frais d'assistance par tierce personne et elle ne donne pas lieu à remboursement en cas de retour à meilleure fortune du bénéficiaire. Le montant de cette prestation doit être déduit des frais d'assistance à tierce personne à la condition que la victime ait perçu cette prestation ou la perçoit à la date du jugement, la circonstance que la personne puisse la solliciter à l'avenir étant sans incidence sur le montant de l'indemnité ainsi déterminée. En revanche, devront être déduites de la rente annuelle des frais futurs d'assistance par tierce personne, les sommes qui seraient versées après la date du jugement par le département au titre de la prestation de compensation du handicap.
18. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le besoin d'assistance par tierce-personne de Mme C doit être évalué, avant la consolidation de son état de santé à une heure par jour au titre de la période du 13 octobre 2018 au 14 janvier 2019 (soit durant 94 jours), puis à trois heures par semaine au titre de la période du 15 janvier au 25 mars 2019 (soit durant 70 jours au total). Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours et d'un taux horaire de 14,79 euros. Il sera, par suite, fait une juste appréciation de ce préjudice, en le fixant à la somme de 2 070 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque.
S'agissant de la perte de gains professionnels actuels :
19. Mme C, qui exerçait des fonctions d'agent hôtelier polyvalent en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, sollicite l'indemnisation du préjudice tiré de sa perte de revenus entre le 2 octobre 2018 et le 31 décembre 2020, qu'elle évalue à la somme de 15 849,33 euros. Il résulte de l'instruction, et notamment d'une attestation établie le 22 octobre 2022 par l'employeur de la requérante, que cette dernière a bénéficié du maintien intégral de son salaire au cours de la période pendant laquelle elle était placée en arrêt maladie. Il résulte toutefois des termes de cette même attestation que Mme C n'a pas bénéficié de la prime de présence, attribuée sous condition de présence effective à son poste durant l'année, au cours de cette même période. Il sera dès lors fait une exacte appréciation du préjudice ayant résulté pour elle de l'absence de perception de cette prime en l'évaluant, compte tenu des mentions portées sur l'attestation établie par son ancien employeur, à la somme de 3 067,59 euros.
S'agissant de la perte de gains professionnels futurs :
Quant à la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2021 :
20. Ainsi qu'il a été dit au point 18 du présent jugement, il résulte de l'instruction que Mme C a perçu l'intégralité de son salaire jusqu'au 27 août 2021. Il résulte, par ailleurs, de l'instruction que Mme C a perçu, au cours de l'année 2017, des salaires d'un montant total de 16 327 euros, soit un revenu mensuel moyen de 1 360,58 euros et qu'elle a perçu, entre le 1er janvier et le 31 janvier 2022, une pension d'invalidité d'un montant total de 2 672,25 euros. La perte de revenus tirée de l'arrêt de son activité pour la période s'étendant du 1er septembre 2021 au 31 janvier 2022, soit cinq mois, peut dès lors être fixée à la somme de 4 130,65 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque.
Quant à la période du 31 janvier 2022 jusqu'à la date de départ à la retraite de Mme C :
21. Pour la période comprise entre le 31 janvier 2022 et le 1er janvier 2024 (soit 21 mois), date à laquelle Mme C aurait dû prendre sa retraite, cette dernière, sur la base de ses salaires nets perçus en 2017, aurait dû percevoir la somme de 28 572,18 euros. Il résulte également de l'instruction que Mme C a perçu, au titre de la même période, une pension d'invalidité d'un montant total de 18 371,18 euros. La perte de revenus tirée de l'arrêt de son activité au titre de la période s'étendant du 31 janvier 2022 au 1er janvier 2024 peut dès lors être fixée à la somme de 10 201 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque.
S'agissant de l'incidence professionnelle :
22. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes du rapport d'expertise susmentionné, que Mme C a été déclarée inapte à l'exercice de son emploi par le médecin du travail le 30 août 2021, et a été licenciée pour inaptitude à compter du 10 septembre 2021. Il résulte également des termes du rapport d'expertise que l'état de santé de la requérante ne lui permet d'exercer qu'une activité professionnelle sédentaire, et qu'une reconversion professionnelle semble difficile compte tenu de son âge à la date de consolidation de son état de santé. S'il n'est pas contesté que l'intéressé, qui a conservé de l'infection nosocomiale contractée un déficit fonctionnel permanent évalué à 6 % par les experts désignés par la CCI, n'a pas été déclarée inapte à tout poste, ses chances de retrouver un emploi à l'âge de 58 ans, après une suspension d'activité professionnelle de plus d'une année, étaient nécessairement limitées. Ainsi l'infection nosocomiale dont Mme C a été victime a eu un impact sur ses perspectives professionnelles et l'intéressée a subi une dévalorisation sur le marché du travail. Il sera fait une juste appréciation de l'incidence professionnelle en résultant en l'évaluant à la somme de 10 000 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
23. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise susmentionné, que Mme C a subi, en lien direct avec l'infection nosocomiale contractée au sein du centre hospitalier de la Côte Basque, un déficit fonctionnel temporaire total sur la période du 17 octobre au 12 décembre 2018 (soit durant 57 jours), un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50 % sur la période du 13 décembre 2018 au 14 janvier 2019 (soit durant un mois et un jour), un déficit fonctionnel temporaire partiel de 25 % sur la période du 15 janvier au 25 mars 2019 (soit durant 70 jours), et enfin, un déficit fonctionnel temporaire partiel de 10 % sur la période du 26 mars 2019 au 30 décembre 2020 (soit durant 646 jours). Il sera fait une juste appréciation du préjudice ayant résulté pour elle de son déficit fonctionnel temporaire durant ces périodes en l'évaluant, sur la base de 400 euros par mois à taux plein à une somme de 2 100 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque.
S'agissant des souffrances endurées :
24. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme C ont été évaluées à 4 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 8 000 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
25. Les experts ont évalué à 2 sur 7 le préjudice esthétique temporaire subi par Mme C, en raison de la persistance d'un écoulement cicatriciel pendant deux mois, de la nécessité de marcher à l'aide de cannes, de la présence d'une cicatrice et d'une raideur du genou droit. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 1 500 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
26. Aux termes de leur rapport, les experts ont estimé que le déficit fonctionnel permanent dont Mme C restera atteinte doit être fixé à 12 %. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant, compte tenu de l'âge de la victime à la date de consolidation de son état de santé, en l'évaluant à la somme de 16 000 euros, qui sera mise à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
27. Il résulte de l'instruction que le préjudice esthétique permanent subi par Mme C a été évalué par les experts à 0,5 sur une échelle de 7, en raison de la présence d'une cicatrice de 10 cm sur la face interne du genou droit avec une adhérence à la partie inférieure de celle-ci, ainsi que d'une raideur d'un genou droit. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 500 euros.
Quant au préjudice d'agrément :
28. Mme C soutient qu'elle ne peut plus pratiquer la randonnée et la bicyclette, ni participer à des soirées dansantes. Toutefois, la requérante ne justifie pas, par la seule production d'attestations rédigées par ses proches, qu'elle pratiquait de telles activités de façon régulière avant la survenue de l'infection nosocomiale. Dans ces conditions, faute pour Mme C de justifier d'activités sportives et de loisir pratiquées avec une intensité telle qu'elle justifierait une indemnisation distincte de celle déjà accordée au titre du déficit fonctionnel permanent, elle n'est pas fondée à demander une indemnisation au titre du préjudice d'agrément.
29. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C doit être indemnisée des préjudices subis à hauteur de 57 856,27 euros.
Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées :
En ce qui concerne les débours :
30. Les caisses de sécurité sociale, qui exercent leurs droits propres en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, sont admises à poursuivre le remboursement de l'ensemble des prestations versées à la victime d'un accident résultant d'un acte médical, dans la limite des sommes allouées à ce patient en réparation de la perte de chance d'éviter un préjudice corporel, la part d'indemnité à caractère personnel étant exclue du recours.
31. A l'appui de sa demande de remboursement, la caisse primaire d'assurance-maladie des Landes produit le décompte de ses débours définitifs, arrêté au 30 janvier 2023, par laquelle elle a estimé à 77 097,27 euros les frais qu'elle estime avoir exposés des suites de l'infection nosocomiale contractée par Mme C.
32. La CPAM de Pau-Pyrénées produit, à l'appui de sa demande, une attestation d'imputabilité du médecin-conseil qui n'est pas valablement contredite par le centre hospitalier de la Côte Basque en défense, dès lors qu'il ne produit aucun élément de nature à la remettre en cause.
33. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de la Côte Basque à verser à la CPAM de Pau-Pyrénées, compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 13, une somme globale de 77 097,27 euros.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
34. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. () ".
35. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 28 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 118 € et 1 191 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2024 ". Lorsque, par application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale précité, le montant de l'indemnité forfaitaire est relevé par arrêté interministériel, la caisse n'est pas obligée d'actualiser devant le juge le montant de ses conclusions.
36. Eu égard au montant de 77 097,27 euros dont le remboursement est obtenu par la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque le paiement d'une indemnité forfaitaire de gestion de 1 191 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
37. Aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. ". Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
38. Il résulte des articles L. 1142-7, R. 1142-13 à R. 1142-18 et R. 1142-19 à R. 1142-23 du code de la santé publique que la saisine des commissions de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, dans le cadre de la procédure d'indemnisation amiable ou de la procédure de conciliation, par une personne s'estimant victime d'un dommage imputable à un établissement de santé identifié dans cette demande, laquelle doit donner lieu dès sa réception à une information de l'établissement mis en cause, doit être regardée, au sens et pour l'application du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, comme une demande préalable formée devant l'établissement de santé.
39. La saisine de la CCI de Nouvelle-Aquitaine par Mme C le 4 janvier 2021, doit, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme une demande préalable formée devant le centre hospitalier de la Côte Basque. Par suite, la requérante a droit, à compter de cette date, aux intérêts au taux légal sur la somme de 57 856,27 euros que le centre hospitalier de la Côte Basque est condamné à lui verser.
40. Mme C a également sollicité la capitalisation des intérêts, qui peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée par Mme C le 29 juin 2022. Par suite, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 2 décembre 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
41. La CPAM de Pau-Pyrénées a demandé les intérêts à taux légal dans son mémoire enregistré le 30 janvier 2023. Dès lors, elle a droit, à compter de cette date, aux intérêts à taux légal sur la somme de 77 097,27 euros dont elle a obtenu le remboursement.
Sur les dépens :
42. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".
43. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de Mme C tendant à ce qu'ils soient mis à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
44. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
45. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque une somme de 1 500 euros à verser à Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
46. Il y a également lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque une somme de 500 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de la Côte Basque est condamné à verser à Mme C une somme globale de 57 856,27 (cinquante-sept-mille huit-cent-cinquante-six euros et vingt-sept centimes), assortie des intérêts à taux légal à compter du 4 janvier 2021. Les intérêts échus à la date du 4 janvier 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le centre hospitalier de la Côte Basque est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées la somme de 77 097,27 euros (soixante-dix-sept-mille quatre-vingt-dix-sept euros et vingt-sept centimes) en remboursement de ses débours, cette somme portant intérêts au taux légal à compter du 30 janvier 2023.
Article 3 : Le centre hospitalier de la Côte Basque est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées une somme 1 191 euros (mille-cent-quatre-vingt-onze euros) au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Le centre hospitalier de la Côte Basque versera à Mme C la somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que la somme de 500 euros (cinq cents euros) à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : La présente décision sera notifiée à Mme B C, au centre hospitalier de la Côte Basque, et à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées.
Copie pour information en sera adressée aux docteurs Stéphane Costes et Hélène Ferrand, experts.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
L. NEUMAIER
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026