mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201483 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | CACCIAPAGLIA |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2022 sous le n° 2201483, Mme B Dona, représentée par Me Cacciapaglia, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mai 2022 par laquelle le président du conseil départemental du Gers a restreint son agrément en qualité d'assistante familiale à deux places d'accueil ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Gers de procéder au rétablissement de son agrément, sans restriction, dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) et de mettre à la charge du département du Gers la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il appartiendra à l'administration de produire une délégation de signature régulière, au bénéfice de Mme D, signataire de la décision attaquée ;
- la décision attaquée est dépourvue de toute motivation factuelle et circonstanciée et est, ainsi, insuffisamment motivée ;
- le président du conseil départemental a méconnu les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles et commis une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'est pas établi que les conditions d'accueil garantissant la sécurité, la santé et d'épanouissement des enfants accueillis ne sont plus remplies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, le département du Gers conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
II - Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2022 sous le n° 2201484, M. C Dona, représenté par Me Cacciapaglia, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mai 2022 par laquelle le président du conseil départemental du Gers a restreint son agrément en qualité d'assistant familial à une place d'accueil ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Gers de procéder au rétablissement de son agrément, sans restriction, dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) et de mettre à la charge du département du Gers la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soulève les mêmes moyens que Mme Dona dans la requête n° 2201483, dans les mêmes termes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, le département du Gers conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Portès,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Aubert représentant Mme B Dona et M. C A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C Dona et Mme B Dona sont chacun agréés assistants familiaux pour l'accueil à titre permanent et de façon continue de mineurs ou jeunes majeurs de moins de 21 ans, depuis le 3 février 2016, pour Mme Dona, et depuis 5 avril 2017, pour M. Dona. Par deux décisions du 25 mai 2022, le président du conseil départemental du Gers a restreint leur agrément, à une place en ce qui concerne M. Dona et à deux places en ce qui concerne Mme Dona. M et Mme Dona demandent au tribunal d'annuler les deux décisions.
Sur la jonction :
3. Les requêtes n°s 2201483 et 2201484 présentées par M. et Mme Dona, présentent à juger des questions similaires, relatives à un même couple d'assistants familiaux. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées à l'encontre des décisions portant restriction d'agrément :
4. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme B D, directrice du service enfance et famille du conseil départemental du Gers. Il ressort des pièces des dossiers que, par arrêté du 25 janvier 2022, régulièrement publié et transmis en préfecture, le président du conseil départemental du Gers a donné délégation à Mme D à l'effet de signer, notamment, toutes décisions individuelles en matière de prévention et de protection d'enfants mineurs ou majeurs de moins de 21 ans et les décisions et arrêtés relatifs à l'agrément. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 421-6 du code de l'action sociale et des familles : " ()Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. () Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés ()
6. Les décisions attaquées mentionnent les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles visent les articles L. 421-6 et R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles et mentionnent que M. et Mme Dona sont bénéficiaires de leur agrément en qualité d'assistants familiaux pour l'accueil de trois enfants, en ce qui concerne Mme Dona, et de deux en ce qui concerne M. Dona. Le président du conseil départemental mentionne également qu'il a décidé de procéder à une restriction de leurs agréments en raison, d'une part, des difficultés dans les échanges, dans la communication et dans la prise en compte des conseils du service de l'aide sociale à l'enfance (ASE) et, d'autre part, d'une prise en charge insuffisante au niveau de l'hygiène des enfants accueillis. En ce qui concerne la restriction d'agrément de M. Dona, le président du conseil départemental a ajouté que les réponses éducatives insuffisantes, inadaptées ou en décalage ainsi qu'une confusion des places entre la famille des enfants et le service gardien justifiaient également la décision en litige. Dans ces conditions, les décisions attaquées mettent les requérants à même de les contester utilement. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En troisième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la note de synthèse de situation, rédigée le 22 avril 2022, en vue de la commission consultative paritaire départementale du 16 mai 2022, que le couple Dona a été reçu par les services de l'ASE 29 fois depuis le mois de janvier 2021, sans observer une amélioration des liens avec ce service. La note de synthèse de situation, rédigée le 12 mai 2022, également en vue de la commission consultative paritaire départementale, montre que M. et Mme Dona " ne semblent pas avoir pris en compte que le statut d'enfants confiés au service de l'ASE par ordonnance de jugement en assistance éducative nécessite que le service gardien (qui est l'ASE) doit être impérativement informé de toutes les démarches concernant le suivi des enfants présents à leur domicile ". Selon cette même note du 12 mai 2022, " quatre des assistantes familiales qui ont accueilli les enfants suite au retrait pointent un défaut d'hygiène manifeste, tant corporelle que vestimentaire ". Enfin, le rapport psychologique concernant la situation de M. et Mme Dona du 25 avril 2022 conclut que " dans le contexte actuel, une reprise d'activité n'est pas souhaitable " pour le couple.
8. En se bornant à produire des photographies qui montrent la diversité des activité réalisées avec les enfants accueillis, et des attestations qui le confirment, les requérants ne contestent pas utilement les éléments relevés dans ces notes et rapport psychologique. Par ailleurs, les quelques échanges de mails entre les époux Dona et les services de l'ASE, dont la plupart datent de l'année 2018 et 2019, ne permettent pas d'établir l'absence de difficulté de communication de M. et Mme Dona au moment de la prise des décisions de restriction en litige. Enfin, si les requérants soutiennent que le motif, selon lequel la prise en charge au niveau de l'hygiène des enfants accueillis est insuffisante, serait fallacieux, ils ne l'établissent pas. Dans ces conditions, le président du conseil départemental du Gers n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles et n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme Dona ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions du 25 mai 2022 par lesquelles le président du conseil départemental du Gers a décidé de restreindre leurs agréments d'assistant familial.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, leurs conclusions aux fins d'injonction de cette même requête ne peuvent également qu'être rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le département du Gers, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse aux requérants la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2201483 et 2201484 de M. et Mme Dona sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C Dona, à Mme B Dona et au département du Gers.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Madelaigue, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
La rapporteure,
signé
E. PORTES
La présidente,
signé
F. MADELAIGUE La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet du Gers, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
signé
N°s 2201483 et 2201484
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026