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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2201488

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2201488

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2201488
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 3
Avocat requérantMOURA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 juillet 2022 et 14 mai 2024, M. A B, représenté par Me Moura, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée, signée par le secrétaire général de la préfecture, est entachée d'une incompétence de son auteur ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- le préfet des Hautes-Pyrénées a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française avec laquelle il s'est marié le 14 juin 2019, qu'il a des enfants nés sur le territoire français et qu'il est intégré professionnellement.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- le préfet des Hautes-Pyrénées a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle a, par ailleurs, été prise en violation du droit d'être entendu dès lors que les services de la préfecture ne l'ont pas interrogé sur les modalités de retour et sur la durée qui lui est laissée pour exécuter spontanément la décision de retour ;

- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par une ordonnance du 14 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mai 2024 à 12h00.

Des pièces produites pour M. B ont été enregistrées le 24 et 25 juin 2024.

Des pièces produites par le préfet des Hautes-Pyrénées ont été enregistrées le 24 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732- 1- 1 du code de justice administrative.

Les parties régulièrement averties du jour de l'audience n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 9 août 1989 à Sale Tabriquet (Maroc), de nationalité marocaine, est entré en France le 25 janvier 2020, sous couvert d'un passeport délivré par les autorités marocaines valable du 20 mars 2019 au 20 mars 2024 et d'un visa long séjour, valable du 20 janvier 2020 au 20 janvier 2021. Il a bénéficié du 24 mars 2021 au 23 mars 2022 d'un titre de séjour, en qualité de conjoint de français. Il a sollicité, le 2 mars 2022, le renouvellement de son titre de séjour mais par arrêté du 20 juin 2022, le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé son admission au séjour, l'a obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Par un mémoire en date du 14 mai 2024, M. B indique qu'il a obtenu un titre de séjour vie privée et familiale le 8 février 2023, valable jusqu'au 7 février 2024 et, qu'à l'expiration de ce titre, il a reçu une attestation de décision favorable qui lui confirmait qu'une carte de séjour temporaire valable du 3 mai 2024 au 2 mai 2025, portant la mention vie privée et familiale allait lui être délivrée et que, dès lors, l'arrêté en litige a été abrogé de fait. Par un courrier du 24 juin 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées a produit ce titre de séjour. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de M. B.

Sur les frais de l'instance :

3. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du préfet des Hautes-Pyrénées la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. B.

Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hautes-Pyrénées et à Me Moura.

Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Madelaigue, présidente,

M. Roussel Cera, premier conseiller,

Mme Portès, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

La rapporteure,

E. PORTES

La présidente,

F. MADELAIGUE La greffière,

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

N°2201488

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