mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201532 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | DUMAZ ZAMORA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Dumaz Zamora, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 mai 2022 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de renvoi.
2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois, ou, à défaut, de de réexaminer sa situation et de lui délivrer, le temps du réexamen, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen réel et sérieux de sa demande et de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 426-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour.
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet des Hautes-Pyrénées le 20 juillet 2022, qui n'a pas produit de mémoire malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 2 mars 2023.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 août 2022, rectifiée le 14 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Foulon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 30 juin 1995 à Caracas (Venezuela), de nationalité vénézuélienne, est entrée sur le territoire français le 6 avril 2019, sous couvert d'un visa étudiant valable du 18 mars 2019 au 18 mars 2020. Le 29 juillet 2020, une carte de séjour temporaire lui a été délivrée avec la mention " jeune au pair ", valable du 29 juillet 2020 au 28 juillet 2021. Par un arrêté du 30 mai 2022, le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ". Sous réserve du cas où, postérieurement à la clôture de l'instruction, le défendeur soumettrait au juge une production contenant l'exposé d'une circonstance de fait dont il n'était pas en mesure de faire état avant cette date et qui serait susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire, le défendeur à l'instance qui, en dépit d'une mise en demeure, n'a pas produit avant la clôture de l'instruction, est réputé avoir acquiescé aux faits exposés par le requérant dans ses écritures. Il appartient alors seulement au juge de vérifier que la situation de fait invoquée par le demandeur n'est pas contredite par les pièces du dossier.
3. Mme B soutient avoir déposé une demande de titre de séjour " étudiant ", sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, et " visiteur ", sur le fondement de l'article L. 426-20 du même code, ainsi que l'atteste le récépissé de demande de titre de séjour qui lui a été délivré. Le préfet des Hautes-Pyrénées a été mis en demeure de produire ses observations le 2 mars 2023 et cette mise en demeure est restée sans réponse. En application de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, cette autorité est ainsi réputée avoir admis l'exactitude matérielle des faits allégués par Mme B, non contredits par les pièces du dossier.
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet des Hautes-Pyrénées s'est borné à examiner si Mme B remplissait les conditions de délivrance d'un titre de séjour " mention étudiant ", fondé sur les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors que la requérante soutient, sans être contredite par le préfet des Hautes-Pyrénées qui doit être regardé comme ayant acquiescé aux faits dans le cadre de la présente instance, et ainsi que l'atteste le récépissé de demande de carte de séjour qui lui a été délivré et portant la " mention visiteur ", avoir également déposé une demande de titre de séjour au titre des dispositions de l'article L. 426-20 du même code. Ce faisant, le préfet n'a pas procédé à l'examen de la situation personnelle de Mme B au regard des conditions d'attribution d'un titre de séjour " visiteur ". Il a ainsi commis une erreur de droit. La décision de refus de titre de séjour du 30 mai 2022 est, dès lors, illégale, de même que, par conséquent, la décision du même jour faisant obligation à l'intéressée de quitter le territoire français et celle fixant le pays de renvoi.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre la décision portant refus de titre de séjour, que la décision du 30 mai 2022 par laquelle le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de délivrer à Mme B un titre de séjour doit être annulée, ainsi que par voie de conséquence les décisions du même jour faisant obligation à l'intéressée de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Le présent jugement, eu égard au motif d'annulation retenu, implique seulement que la demande de titre de séjour de Mme B soit réexaminée. Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder à ce réexamen dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dumaz Zamora de la somme de 1 000 euros, sous réserve que Me Dumaz Zamora renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées du 30 mai 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hautes-Pyrénées de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Dumaz Zamora une somme de 1 000 (mille) euros, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Dumaz Zamora renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet des Hautes-Pyrénées et à Me Dumaz Zamora.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Madelaigue, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Foulon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.
La rapporteure,
Céline Foulon
La présidente,
Florence Madelaigue
La greffière,
Stéphanie Séguéla
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026