jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201545 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | GIUDICELLI JAHN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2022, M. D C, représenté par Me Giudicelli-Jahn, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais de procès.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors que le préfet a considéré, à tort, que M. C n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour ;
- il est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le préfet n'a pas pris en compte l'intégration professionnelle et personnelle de M. C.
Par une mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 15 septembre 2022 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain, né le 1er janvier 1983 à Bni Frassen (Royaume du Maroc), est entré régulièrement en France le 27 janvier 2019 muni d'un visa long séjour. Une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " lui a été délivrée le 24 janvier 2020, valable jusqu'au 27 mars 2022. Interpellé le 30 juin 2022, il n'a pas été en mesure de justifier de la régularité de son séjour. Par un arrêté du même jour, le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté en date du 11 décembre 2020, publié le 27 décembre 2020 au recueil des actes administratifs de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, le préfet de ce département a donné délégation à M. F de Lassus, directeur de cabinet du préfet, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans ce département, à l'exclusion de certains actes au nombre desquels ne figurent pas la décision contestée, dont M. de Lassus est le signataire. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français aurait été signé par une autorité incompétente, manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / () ".
4. Pour édicter à son encontre l'obligation de quitter le territoire français en litige, le préfet des Pyrénées-Atlantiques s'est fondé sur la circonstance que M. C dont le titre de séjour a expiré le 27 avril 2022 n'en a pas sollicité le renouvellement et s'est ainsi maintenu en situation irrégulière sur le territoire. M. C qui a reconnu lors de son audition par les services de police le 30 juin 2022, ne pas avoir déposé de demande de renouvellement de son titre, au motif qu'il ignorait les démarches nécessaires, se prévaut désormais au soutien de son recours d'un mail adressé le 6 avril 2022, à M. Boucard, secrétaire général de la préfecture du Gers, par M. A en qualité de consultant en immigration et démarches administratives. Toutefois, compte tenu de sa teneur, ce mail ne saurait être regardé comme valant présentation d'une demande de titre de séjour pour le compte de M. C. Dans ces conditions, le requérant qui ne justifie pas avoir effectué des démarches en vue de renouveler son titre de séjour, n'est pas fondé à soutenir que ce motif serait entaché d'une inexactitude matérielle. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté et que le préfet des Pyrénées-Atlantiques a pu légalement estimer, à la date de la décision en litige que M. C se trouvait dans le cas où en application du 2° de l'article L.611-1 il pouvait édicter à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
5. En dernier lieu, M. C se prévaut la durée de sa présence en France et de son insertion professionnelle. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment des contrats de travail et des bulletins de salaire produits par le requérant que depuis 2019, il n'a travaillé que sur une période cumulée de seize mois. Par ailleurs, il ne justifie d'aucune attache sur le territoire. Dans ces conditions, et alors que la légalité d'une décision s'apprécie à la date à laquelle elle a été prise, de sorte que la conclusion postérieure d'un contrat de travail ou une promesse d'embauche est sans incidence, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur la situation personnelle et familiale de M. C.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 30 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentée par M. C, n'implique aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction de cette même requête ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, la somme dont M. C demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D C et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La présidente,
Signé
V. QUEMENERLa greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026