mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201681 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAROLINE LAVEISSIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 juillet 2022 et le 16 janvier 2023, M. B C, représenté par Me Laveissière, demande au tribunal, dans le dernier état de ses
écritures :
1°) d'annuler la délibération du 21 mai 2022 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays basque a approuvé la modification n° 1 du plan local d'urbanisme intercommunal du pays de Hasparren ;
2°) d'enjoindre au président de la communauté d'agglomération Pays basque, en cas d'annulation de la délibération du 21 mai 2022 en tant que ce document d'urbanisme classe en zone agricole les parcelles cadastrées section OG n°s 416p, 1474p, 1892, 1895 et 1897 dans la commune de Hasparren, d'inscrire à l'ordre du jour de son conseil communautaire la modification, ou la révision en tant que de besoin, du plan local d'urbanisme en vue du classement de ces parcelles en zone 1AUh, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à venir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; d'enjoindre au conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays basque de prescrire la modification, ou la révision en tant que de besoin, de la délibération du 21 mai 2022 afin de changer le classement de ces parcelles au profit d'un zonage 1AUh dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à venir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Pays basque une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération attaquée n'apporte pas de précision sur la justification de la suppression des zones 1AU et des orientations d'aménagement et de programmation dans la commune d'Hasparren ;
- le dossier soumis à l'enquête publique est incomplet en méconnaissance de l'article
R. 123-8 du code de l'environnement ;
- la délibération attaquée méconnaît les articles L. 153-31 et L. 153-36 du code de l'urbanisme dès lors que les modifications apportées au plan local d'urbanisme intercommunal, qui remettent en cause les orientations du projet d'aménagement et de développement durables, nécessitaient d'engager une procédure de révision de ce plan et non une procédure de modification ;
- la délibération attaquée méconnaît les alinéas 1b,1c et 3 de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme ;
- elle n'est pas compatible avec les orientations du schéma de cohérence territoriale de Bayonne et du sud des Landes ;
- le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal après approbation de la délibération attaquée n'est plus cohérent avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables ;
- la suppression de la zone 1AU et de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur d'Urcuray et le classement les parcelles cadastrées section OG n°s 416p, 1474p, 1892, 1895 et 1897 dans la commune d'Hasparren en zone agricole sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er décembre 2022 et le 19 janvier 2023, la communauté d'agglomération Pays basque, représentée par Me Gauci, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour M. C a été enregistré le 26 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Roncin, représentant M. C, et de Me Gauci, représentant la communauté d'agglomération Pays basque.
Une note en délibéré présentée pour M. C a été enregistrée le 16 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 22 février 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pays basque a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du pays de Hasparren. Par une délibération du 21 mai 2022, ce même organe délibérant a modifié ce plan local d'urbanisme. M. C demande l'annulation de cette délibération du 21 mai 2022.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan local d'urbanisme est soumis à enquête réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire. ". Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme./ Le dossier comprend au moins : 1° Lorsqu'ils sont requis : () c) L'avis de l'autorité environnementale mentionné au III de l'article L. 122-1, le cas échéant, au III de l'article L. 122-1-1, à l'article L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme, ainsi que la réponse écrite du maître d'ouvrage à l'avis de l'autorité environnementale ; / 2° En l'absence d'évaluation environnementale le cas échéant, la décision prise après un examen au cas par cas ne soumettant pas le projet, plan ou programme à évaluation environnementale () "
3. Il ressort d'abord des pièces du dossier qu'après un recours préalable formé par la communauté d'agglomération Pays basque à l'encontre de la décision du 27 août 2021 par laquelle la mission régionale d'autorité environnementale (MRAE) de Nouvelle Aquitaine avait soumis à évaluation environnementale le projet de modification n°1 du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de Hasparren, cette autorité environnementale a retiré cette dernière par une décision du 9 décembre 2021. Il résulte ensuite du rapport du commissaire-enquêteur que le dossier soumis à enquête comportait cette décision du 9 décembre 2021. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient le requérant, l'avis de la MRAE du 27 août 2021 n'avait pas à figurer dans le dossier soumis à enquête publique. En tout état de cause, il résulte de la décision de la MRAE du 9 décembre 2021 qu'après avoir rappelé les trois motifs justifiant que la modification projetée du plan local d'urbanisme intercommunal du pays de Hasparren était susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement et sur la santé humaine, elle explique les raisons pour lesquelles ce projet ne devait pas être soumis en définitive à évaluation environnementale, quand bien même ne
précise-t-elle pas les éléments fournis par la communauté d'agglomération Pays basque à l'appui de son recours préalable. Dans ces conditions, la seule production de la décision du 9 décembre 2021 dans le dossier d'enquête ne peut être regardée comme ayant nui à l'information du public ni comme ayant exercé une influence sur le sens de la délibération contestée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier d'enquête publique au regard de l'article R. 123-8 du code de l'environnement doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 153-36 du code de l'urbanisme : " Sous réserve des cas où une révision s'impose en application de l'article L. 153-31, le plan local d'urbanisme est modifié lorsque l'établissement public de coopération intercommunale ou la commune décide de modifier le règlement, les orientations d'aménagement et de programmation ou le programme d'orientations et d'actions ". Aux termes de l'article L. 153-31 du même code : " Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque l'établissement public de coopération intercommunale ou la commune décide : / 1° Soit de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; () ".
5. Il résulte de la délibération attaquée que les modifications du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de Hasparren, qui portent essentiellement sur le territoire de la commune de Hasparren, avaient pour objet, tout d'abord, une rectification du document graphique qui s'est traduite par la suppression des zones 1AU dans le secteur d' Urcuray et AUy dans le secteur du Pignadas, la réduction d'une zone 1AU dans le secteur d'Arteeta, l'ouverture différée à l'urbanisation d'une zone économique UY et d'une zone 1AU au lieu-dit " Yela ", l'introduction de huit changements de destination des constructions, la modification du périmètre de l'orientation d'aménagement et de programmation " centre " et la transformation de la zone 1AUH en zone AUE, ensuite, la réduction du périmètre et la modification de la destination des orientations d'aménagement et de programmation des secteurs 1, 2 et 4 en vue d'accueillir des équipements publics, enfin, la suppression de l'orientation d'aménagement et de programmation de Pignadas.
6. L'orientation 1.1 du projet d'aménagement et de développement durables mentionne tout d'abord que le développement urbain doit se traduire par un renforcement du pôle principal que constitue le centre-bourg d'Hasparren, un maintien du pôle de services que constitue la commune de Briscous et des pôles de proximité que sont les autres communes du territoire, l'ensemble en cohérence avec l'orientation du schéma de cohérence territoriale relative à la production maximale annuelle de 147 logements et à la modération de la consommation d'espace fixée au plus à 0,4% de la surface artificialisée en milieu urbain mixte pour une augmentation moyenne de 1% de la population. Elle indique par ailleurs que le potentiel de développement urbain se répartit entre la densification des centres bourgs et quartiers constitués, à hauteur de 25% à 35% des logements à créer, et l'extension urbaine dans une fourchette comprise entre 65% à 75% de ces mêmes logements.
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice de présentation de la modification du plan local d'urbanisme, que la suppression des zones à urbaniser à destination d'habitat dans les secteurs d'Urcuray, d'Arteeta et du centre bourg conduit à une diminution de 127 à 166 logements sur le besoin de 1 522 logements supplémentaires, fondé sur une évolution démographique d'environ 1 700 habitants supplémentaires en 10 ans, retenue par le projet d'aménagement et de développement durables. Il n'est pas démontré que cette diminution à hauteur de 8,3 à 10,9%, qui reste cohérente avec la production maximale du schéma de cohérence territoriale, remettrait en cause l'évolution démographique du projet d'aménagement et de développement durables. En outre, s'il résulte de la partie 3 du rapport de présentation relative à la justification des choix retenus par le projet d'aménagement et de développement durables qu'une répartition différenciée du potentiel d'accueil de logements a été appliquée au territoire intercommunal pour tenir compte du rôle des communes, en particulier du pôle central que constitue la commune d'Hasparren qui justifie ainsi d'un potentiel de 686 logements sur les 1 522 précédemment mentionnés, soit 45,07% du potentiel de l'ensemble du territoire du Pays d'Hasparren, la modification en litige laisse subsister un potentiel de logements compris entre 34,16 % et 36,72% qui demeure supérieur à celui des autres communes, et qui ne remet ainsi pas en cause le caractère de pôle principal attribué à cette collectivité. Au surplus, à supposer même que les 50 logements du lieudit de Yela, dont l'urbanisation est simplement différée, soit pris en compte dans cette estimation, le potentiel de logements dans la commune de Hasparren demeure plus élevé que celui de la commune de Briscous et des pôles de proximité. La seule circonstance que cette modification, dont l'ampleur n'est pas établie, augmente le taux de potentiel du développement urbain en densification, au détriment de celui de l'habitat à construire en extension de l'urbanisation prévu par l'orientation 1 du projet d'aménagement et de développement durables, ne permet pas d'établir un changement des orientations de ce dernier dès lors que l'objectif visé par l'axe 1.1 demeure de maîtriser le développement urbain à l'horizon de l'année 2030 et de limiter la consommation de l'espace, et qu'il permet en conséquence d'atteindre également, voire d'améliorer l'objectif de préservation des espaces agricoles prévu par l'axe 2.2.
8. L'orientation 1.2 du projet d'aménagement et de développement durables consiste ensuite à prendre en compte la diversité des formes urbaines dans le développement urbain du territoire par le renforcement des centralités que constituent les centres-bourgs et certains quartiers constitués, et par le développement maîtrisé des quartiers en lien avec leur niveau d'accès, de réseaux, d'équipements et de services. La circonstance que la modification du plan local d'urbanisme prévoit la simple suppression des zones 1AU dans le secteur d'Urcuray, dont il n'est pas contesté qu'il s'agit d'un quartier constitué, n'a pas d'effet sur le contenu de cette orientation, contrairement à ce que soutient le requérant, dès lors qu'elle ne s'accompagne pas d'une création de mêmes zones en dehors des centralités.
9. Enfin, l'orientation 1.3 du projet d'aménagement et de développement durables a pour objet de favoriser la mixité urbaine et la diversité des logements. D'une part, il ne résulte pas de ce projet qu'il fixe des objectifs relatifs à la création de logements individuels de typologie adaptée aux ménages constitués de deux personnes au plus. D'autre part, si la perte de logements sociaux induite par la suppression de zones AU ou la modification des périmètres de certaines OAP concernant des secteurs d'habitat tels qu'ils ont été mentionnées au point 5 est estimée entre 73 et 92 logements dans la commune d'Hasparren, elle est compensée par la création de 62 à 81 logements sociaux supplémentaires rendue possible par la modification du règlement qui introduit la notion de bail réel solidaire dans la définition des logements sociaux, notamment pour les orientations d'aménagement et de programmation des secteurs 1 et 2 de la commune d'Hasparren, et impose une obligation de 30% de logements sociaux dès la création de quatre logements contre huit avant modification, corrélée avec des fourchettes de densité plus importante comprise entre 30 et 60 logements par hectare selon le classement des secteurs. Par ailleurs, le requérant ne peut utilement invoquer la circonstance que le préfet des Pyrénées-Atlantiques, dans son avis du 17 septembre 2021, s'est interrogé sur l'efficacité pratique de ces règles pour garantir la production minimale obligatoire de logements sociaux, compte tenu de la difficulté des bailleurs sociaux à intervenir sur des opérations immobilières de petites tailles dans des secteurs de faible densité.
10. Dès lors, contrairement à ce que soutient le requérant, la modification n°1 du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays d'Hasparren n'a pas eu pour objet de modifier les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables. Par suite, la délibération attaquée, qui a été approuvée en faisant application de la procédure de modification prévue par l'article
L. 153-36 du code de l'urbanisme, n'est pas entachée d'erreur de droit.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain et rural maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; () / 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ; () "
12. Ces dispositions imposent seulement aux auteurs des documents d'urbanisme d'y faire figurer des mesures tendant à la réalisation des objectifs qu'elles énoncent. En conséquence, le juge administratif exerce un simple contrôle de compatibilité entre les règles fixées par ces documents et les dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code l'urbanisme en se plaçant au niveau de l'ensemble du territoire de la commune et non pas à l'échelle d'un seul secteur.
13. Il ressort d'une part des pièces du dossier, notamment de la partie du rapport de présentation justifiant les choix du projet d'aménagement et de développement durables, que le plan local d'urbanisme intercommunal identifiait une superficie disponible de 59,53 hectares, pour la création de logements en extension de l'urbanisation dont 63% localisés sur les pôles de Hasparren et de Briscous, et de 17, 98 hectares pour les zones d'activités économiques, soit un total de 77,61 hectares. Il résulte de la note de présentation de la modification du plan local d'urbanisme que cette dernière a pour objet de ne reclasser en zone agricole qu'une superficie totale de 6,1 hectares, soit une réduction de 7,8% de consommation d'espaces à l'échelle du territoire, dont 3,15 hectares, soit 4,05% de consommation d'espaces, résultent de la suppression ou de la modification du périmètre des orientations d'aménagement et de programmation dans la commune de Hasparren. Dès lors, il n'est pas démontré que la suppression des zones 1AU et des orientations d'aménagement et de programmation dans la commune d'Hasparren conduirait à remettre en cause les capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour répondre aux besoins, notamment en matière de logements. D'autre part, il résulte de la note de présentation de la modification du plan local d'urbanisme que la suppression des zones à urbaniser à destination d'habitat dans la seule commune d'Hasparren conduit à une perte de 73 à 92 logements sociaux compensée par la création d'un potentiel de 62 à 81 logements de même nature, consécutive à l'abaissement des seuils de production de ces logements dans le règlement. Toutefois, il n'est pas démontré que cette offre, même légèrement inférieure à celle initialement envisagé par ce document d'urbanisme, ne répondrait pas aux besoins en logements sociaux. Il n'est par ailleurs pas davantage établi que la concentration de ces logements sociaux dans le centre bourg de la commune ferait de cette zone un secteur où l'habitat social serait prédominant, ni que le zonage dans ce secteur interdirait plusieurs usages ou occupations des sols, en méconnaissance du principe de diversité fonctionnelle. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la délibération attaquée ne serait pas compatible avec le principe d'équilibre prévu par les dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.
14. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 141-5 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans le respect des orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables, le document d'orientation et d'objectifs détermine : 1° Les orientations générales de l'organisation de l'espace et les grands équilibres entre les espaces urbains et à urbaniser et les espaces ruraux, naturels, agricoles et forestiers ; 2° Les conditions d'un développement urbain maîtrisé et les principes de restructuration des espaces urbanisés, de revitalisation des centres urbains et ruraux, de mise en valeur des entrées de ville, de valorisation des paysages et de prévention des risques ; 3° Les conditions d'un développement équilibré dans l'espace rural entre l'habitat, l'activité économique et artisanale, et la préservation des sites naturels, agricoles et forestiers. / Il assure la cohérence d'ensemble des orientations arrêtées dans ces différents domaines. ". Aux termes de l'article L. 142-1 du même code, dans sa version applicable au litige : " Sont compatibles avec le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale : 1° Les plans locaux d'urbanisme prévus au titre V du présent livre ; () ".
15. Il résulte de ces dispositions qu'à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
16. Il résulte de l'axe A.1.1 relatif aux armatures urbaines du document d'orientation et d'objectifs (DOO) du schéma de cohérence territoriale (SCoT) de l'agglomération de Bayonne et du sud des Landes approuvé le 6 février 2014 que l'une de ses orientations vise à concilier la revitalisation des centres bourgs et des centres de quartiers constitués, grâce au développement résidentiel futur pour créer des conditions favorables au développement d'équipements ou de commerces répondant aux besoins de leurs habitants, avec la préservation durable du potentiel agricole, environnemental et paysager. L'axe A.2 consiste quant à lui à inscrire prioritairement le développement urbain dans les centralités et tissus urbains les mieux équipés et les mieux desservis pour préserver durablement les usages et les fonctions des espaces naturels agricoles et forestiers. Ce même axe est décliné au point A.2.1.a, pour ce qui concerne le développement urbain des quartiers non constitués, et prévoit pour ces derniers le comblement prioritaire des dents creuses et l'interdiction du développement linéaire aux fins de " maîtriser drastiquement " les extensions urbaines.
17. Contrairement à ce que soutient le requérant, et comme il a été dit au point 7, la circonstance que la modification du plan local d'urbanisme intercommunal, notamment par la suppression de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur 5 de la commune de Hasparren, entraîne une réduction de constructions à créer dans cette collectivité ne la prive pas de son caractère de pôle principal, et ne se trouve dès lors pas incompatible l'axe A.2 du DOO du SCoT. S'il résulte ensuite du projet d'aménagement et de développement durables que le pôle principal du territoire du Pays de Hasparren est situé dans la centralité que constitue notamment le centre-bourg de la commune de Hasparren, cet axe A.2 n'a toutefois pas pour objet de fixer des orientations sur le renfort, le maintien ou la régression des pôles, mais d'arrêter un critère de priorité pour localiser les projets de développement urbain, basé sur le niveau d'équipements et des dessertes, parmi les différentes formes urbaines, qu'il s'agisse de quartiers constitués ou non. Par suite, le requérant ne démontre pas que les objectifs fixés par la modification du plan local d'urbanisme intercommunal ne serait pas compatible avec celui fixé par le schéma de cohérence territoriale de l'agglomération de Bayonne et du sud des Landes.
18. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : () 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; () ". Aux termes de l'article L. 151-5 du même code : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Pour la réalisation des objectifs de réduction d'artificialisation des sols mentionnés aux articles L. 141-3 et L. 141-8 ou, en l'absence de schéma de cohérence territoriale, en prenant en compte les objectifs mentionnés à la seconde phrase du deuxième alinéa de l'article L. 4251-1 du code général des collectivités territoriales, ou en étant compatible avec les objectifs mentionnés au quatrième alinéa du I de l'article L. 4424-9 du même code, à la seconde phrase du troisième alinéa de l'article L. 4433-7 dudit code ou au dernier alinéa de l'article L. 123-1 du présent code, et en cohérence avec le diagnostic établi en application de l'article L. 151-4, le projet d'aménagement et de développement durables fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. () ". L'article L. 151-8 du même code dispose que: " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".
19. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
20. Pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 4 et 10, M. C n'est pas fondé à soutenir que la modification n° 1 du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de Hasparren serait incohérente avec les orientations et objectifs 1.1 et 2.2 du projet d'aménagement et de développement durables.
21. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
22. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs du plan ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte. Ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée, à plus forte raison lorsque les parcelles en cause comportent des habitations voire présentent un caractère urbanisé.
23. D'une part, comme il a été dit précédemment, l'objectif visé par l'axe 1.1 du projet d'aménagement et de développement durables est de limiter la consommation de l'espace, ce qui permet en conséquence d'atteindre également l'objectif de préservation des espaces agricoles prévu par l'axe 2.2. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les parcelles cadastrées section OG
nos 416p, 1474p, 1892, 1895 et 1897 d'une superficie totale d'environ 16 023 m², situées le long de la route départementale n° 10 à environ 4,5 km au sud-ouest du centre bourg d'Hasparren, sont vierges de toute construction et en nature de prairie, jouxtent à l'est et au sud des secteurs habités, bordent au nord trois ou quatre constructions, et ouvrent à l'ouest et au nord-ouest sur une vaste zone agricole en nature de prairie traversée par des bois. Dans ces conditions, à supposer même que les parcelles en cause ne présenteraient pas un fort potentiel agronomique, elles font partie d'un secteur à vocation agricole. La circonstance que ces terrains ont été antérieurement classés en zone 2AU est sans incidence sur la légalité de la délibération attaquée dès lors que le requérant ne bénéficie pas d'un droit acquis au maintien du classement antérieur de ses parcelles en zone constructible. Le requérant ne peut enfin davantage se prévaloir de ce que ces terrains sont desservis ou se situent à proximité de l'ensemble des réseaux publics. Par suite, eu égard au parti d'aménagement voulu par les auteurs du plan local d'urbanisme, la délibération attaquée portant modification du plan local d'urbanisme intercommunal du pays d'Hasparren, en tant qu'il classe les parcelles cadastrées section OG
nos 416p, 1474p, 1892, 1895 et 1897 dans la commune de Hasparren en zone agricole et supprime l'orientation d'aménagement et de programmation afférente, n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
24. En dernier lieu, il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'opportunité des modifications opérées par les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que la délibération attaquée a notamment pour objet la suppression de la zone 1AUh et de l'orientation d'aménagement et de programmation prévue sur cette zone dans le secteur d'Urcuray, lequel ne présente pas de fort potentiel agronomique, à la différence d'autres zones d'ouverture à l'urbanisation qui ont toutefois été maintenues.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
26. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. C n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
27. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
28. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent dès lors être rejetées. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de ce dernier une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la communauté d'agglomération Pays basque et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2: M. C versera à la communauté d'agglomération Pays basque une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B C et à la communauté d'agglomération Pays basque.
Copie en sera adressée à la commune d'Hasparren.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
F. A
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
P. UGARTE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026