mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DUMAZ ZAMORA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 août et 16 novembre 2022, M. E C, représenté par Me Dumaz-Zamora, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 août 2022 par lequel la préfète des Landes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, sans délai à compter de la notification du jugement à venir ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Dumaz-Zamora sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable sur le fondement de l'article R. 776-5 du code de justice administrative ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est le père d'un enfant français résidant en France et qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de sa fille ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant sur le fondement de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle manque de base légale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant sur le fondement de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision attaquée manque de base légale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle manque de base légale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant sur le fondement de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2022, la préfète des Landes conclut au rejet de la requête, à titre principal, comme irrecevable et à titre subsidiaire, comme non fondée.
A titre principal, elle oppose une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de la requête sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative à défaut de présentation d'exposé des faits et des moyens et à titre subsidiaire, elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er septembre 2023.
Des pièces complémentaires présentées pour M. C ont été enregistrées le 10 novembre 2023, postérieurement à la tenue de l'audience.
M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfants ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi, fait à Rabat le 9 octobre 1987 ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier ;
- et les observations de Me Dumaz-Zamora, représentant M. C, présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. E C, né le 2 janvier 1993, de nationalité marocaine, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, en 2012 alors âgé de 19 ans. La préfète des Landes l'a, par arrêté du 29 août 2022, obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. () ". Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ". Aux termes de l'article R. 776-2 du même code : " () II. - Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. ()". Aux termes de l'article R. 776-5 du même code : " () II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 () ne sont susceptibles d'aucune prorogation. Lorsque le délai est de quarante-huit heures (), le second alinéa de l'article R. 411-1 n'est pas applicable et l'expiration du délai n'interdit pas au requérant de soulever des moyens nouveaux, quelle que soit la cause juridique à laquelle ils se rattachent. / Le requérant qui, dans le délai de quarante-huit heures ou de quinze jours selon les cas, a demandé l'annulation de l'une des décisions qui lui ont été notifiées simultanément peut, jusqu'à la clôture de l'instruction, former des conclusions dirigées contre toute autre de ces décisions. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par arrêté du 29 août 2022, notifié le 30 août 2022, la préfète des Landes a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai pour rejoindre le pays dont il a la nationalité, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Si par une requête et un mémoire enregistrés le 31 août 2022, dans le délai de recours contentieux de quarante-huit heures ouvert par l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, M. C s'est borné à contester cet arrêté de manière très succincte en soutenant que sa vie et sa fille sont sur le territoire français, il a, néanmoins, complété ses conclusions et soulevé de nouveaux moyens à l'appui de ces conclusions par un mémoire enregistré le 16 novembre 2022, avant la première clôture de l'instruction de cette affaire fixée au 18 juillet 2023, ainsi que l'y autorise les dispositions précitées de l'article R. 776-5 du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'irrecevabilité de la requête sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative à défaut de présentation d'exposé des faits et des moyens ne peut être accueillie.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
S'agissant du défaut de motivation :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Aux termes de l'article L.613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".
5. L'obligation de quitter le territoire français est une mesure de police qui doit, comme telle, être motivée en application des règles de forme édictées, pour l'ensemble des décisions administratives, par l'article 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
6. La décision attaquée vise notamment la convention internationale relative aux droits de l'enfant, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration et se fonde sur ce que les faits reprochés à M. C, condamné à sept reprises entre 2017 et 2022, sont constitutifs d'une menace grave pour l'ordre public, sur les réponses apportées par M. C lors de la procédure contradictoire le 12 juillet 2022, sur ce que M. C a fait l'objet de quatre arrêtés portant obligation de quitter le territoire français depuis 2013, non exécutés, sur ce qu'il est séparé de la mère de son enfant de nationalité française et n'établit pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de cet enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, sur ce qu'il ne justifie d'aucune insertion socio-professionnelle sur le territoire français, sur ce qu'il n'établit pas de circonstance humanitaire particulière et enfin sur ce qu'il ne prouve pas ne plus avoir de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine. Par suite, la décision attaquée satisfait à l'exigence de motivation en droit et en fait prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
S'agissant de la méconnaissance des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
7. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : ( ) 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. / Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur. ".
8. Si M. C soutient que, père d'un enfant français résidant en France, il contribue à l'entretien et à l'éducation de sa fille à hauteur de ses moyens et capacités et justifie ainsi du versement à la mère de son enfant de la somme de 50 euros le 19 juillet 2018, le 25 novembre 2021, le 8 décembre 2021, de la somme de 80 euros le 18 janvier 2022, de la somme de 60 euros le 20 avril 2022, d'échanges de messages via la messagerie Facebook avec la mère de l'enfant, Mme B F, entre le 1er juin 2017 et le 29 février 2020 sous le pseudonyme de M. A C, d'attestations de témoins indiquant notamment qu'il a vu sa fille le 16 novembre 2019, du jugement du juge aux affaires familiales près le tribunal judiciaire de Dax du 15 décembre 2020, lequel a prévu l'exercice conjoint de l'autorité parentale, a fixé la résidence habituelle de l'enfant au domicile de la mère avec un droit de visite médiatisé deux fois par mois pendant six mois au profit du père et a dispensé le père de contribution pour l'entretien et l'éducation de l'enfant, d'une lettre du 14 octobre 2021 adressée à l'association d'enquête et de médiation et d'une lettre du 8 novembre 2021 adressée au juge aux affaires familiales aux fins de mise en place de visites médiatisées, de deux lettres du 17 novembre 2021 et du 19 avril 2022 adressées au procureur de la République de plainte pour non présentation d'enfant à l'encontre de Mme F et de demande sur l'état d'instruction de cette plainte, de la présentation d'une requête unilatérale le 6 décembre 2021 aux fins de statuer sur les modalités de l'exercice de l'autorité parentale, du jugement du juge aux affaires familiales près le tribunal judiciaire de Dax du 30 juin 2022, lequel a prévu l'exercice conjoint de l'autorité parentale, a fixé la résidence habituelle de l'enfant au domicile de la mère avec un droit de visite médiatisé deux fois par mois pendant six mois au profit du père et a dispensé le père de contribution pour l'entretien et l'éducation de l'enfant, il ressort des pièces du dossier qu'il est séparé depuis juin 2017 de la mère de sa fille, née en novembre 2016, dont la garde a été confiée à la mère, que les échanges via la messagerie Facebook avec son ex-compagne sont irréguliers dans leur fréquence et confirment que la mère de l'enfant ne souhaite pas qu'il connaisse son adresse, que les mesures de visites médiatisées décidées par les deux jugements du juge aux affaires familiales du 15 décembre 2020 et du 30 juin 2022 n'ont pu être mises en œuvre en raison, certes du refus de la mère de l'enfant, mais surtout de l'incarcération de M. C le 15 octobre 2020 et le 10 juin 2022, que le rapport d'enquête de moralité et de domicile du 11 décembre 2018 de la police aux frontières fait état d'un comportement violent et menaçant de M. C envers son ancienne compagne et de l'absence d'investissement de M. C vis-à-vis de sa fille, ne disposant pas d'un logement adapté à l'accueil de son enfant et voyant sa fille qu'une fois par mois à Bayonne et enfin que le rapport d'enquête du 8 janvier 2019 révèle que M. C avait de rares contacts avec son ancienne compagne pour pouvoir parler à sa fille qu'il voyait une fois par mois, que la mère de l'enfant se sent menacée par le comportement violent et instable de son ancien compagnon et que l'investissement de ce dernier auprès de sa fille est " clairement inexistant et inapproprié ". Si ces deux rapports de police sont anciens de plus de deux ans par rapport à la date de la décision attaquée, aucun élément versé au dossier ne permet de considérer que leurs constats et conclusions ne sont plus d'actualité. La circonstance que par lettre du 31 mai 2023, M. C ait fait part au juge aux affaires familiales de difficultés d'exécution de la mesure de visites médiatisées à la suite du refus de la conseillère du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) du 14 avril 2023 de la mise en place de ses droits de visite par visio-conférence est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que ces échanges sont postérieurs à la date de la décision attaquée et qu'au demeurant, en réponse à sa lettre du 1er août 2022 informant l'association d'enquête et médiation de son incarcération jusqu'à la fin de l'année, cette dernière a suspendu l'exécution de cette mesure dans l'attente de sa libération. Dans ces conditions, le requérant ne peut être regardé, à la date de l'arrêté attaqué, comme contribuant à l'entretien et à l'éducation de son enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans, nonobstant les décisions des jugements du 15 décembre 2020 et du 30 juin 2022, dispensant le père de contribution pour l'entretien et l'éducation de l'enfant au regard de son niveau de ressources. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
S'agissant de l'atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
11. Si M. C se prévaut de la présence en France de sa fille de nationalité française, il ne justifie pas, à la date de l'arrêté attaqué, ainsi qu'il a été dit au point 8, contribuer à son entretien et son éducation dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, ni entretenir effectivement des liens avec celle-ci. De même, il est séparé de la mère de l'enfant depuis juin 2017, cette dernière ayant en outre fait état de craintes en raison de son comportement menaçant. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. C n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine au sein duquel résident son père et son demi-frère. Enfin, il a été condamné à huit mois de prison par jugement du tribunal correctionnel de Dax du 13 juin 2022 pour récidive de vol par ruse dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, récidive de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, et maintien irrégulier sur le territoire français après placement en rétention ou assignation à résidence d'un étranger ayant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Il avait déjà été condamné le 12 janvier 2017 par le tribunal correctionnel de Bayonne à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour tentative de vol avec destruction ou dégradation, le 13 octobre 2017 par le tribunal de grande instance de Bayonne à trois mois d'emprisonnement assorti d'un sursis de mise à l'épreuve de dix-huit mois pour vol, vol dans un local d'habitation ou un lien d'entrepôt et vol en récidive, le 4 décembre 2017 par le tribunal de grande instance de Bayonne à 450 euros d'amende pour usage illicite de stupéfiants, le 18 mai 2018 par le tribunal correctionnel de Bayonne à un mois d'emprisonnement pour conduite d'un véhicule en ayant fait usage de stupéfiants et usage illicite de stupéfiants en récidive, le 22 novembre 2018 par le tribunal correctionnel de Bayonne à quatre mois d'emprisonnement pour vol et tentative de vol, le 12 décembre 2019 par le tribunal correctionnel de Pau à dix mois d'emprisonnement pour soustraction à l'exécution d'un arrêté d'expulsion et vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, le 15 octobre 2020 par la cour d'appel de Pau à six mois d'emprisonnement pour vol en récidive, vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt et usage de stupéfiants en récidive et usage illicite de stupéfiants en récidive. Il résulte de l'ensemble de ces huit condamnations en cinq ans que, ainsi que l'a estimé la préfète des Landes, M. C constitue une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, compte tenu des circonstances de l'espèce, des conditions du séjour en France de M. C et de la menace à l'ordre public qu'il représente, la décision en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant sur le fondement de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant :
12. Aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
13. Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
14. Ainsi qu'il a été dit au point 8, M. C ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil. Il n'est donc pas établi que l'intérêt supérieur de cet enfant n'aurait pas été pris en compte dans la décision portant obligation de quitter le territoire français. Dès lors, cette dernière n'a pas été prise en violation de l'article 3-1 de cette convention.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
S'agissant du défaut de motivation :
15. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
16. La décision attaquée vise les articles L. 612-1, L. 612-2, et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et se fonde sur ce que M. C est séparé de son ex-compagne qui élève seule leur enfant, sur ce qu'il ne produit pas de décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de son enfant et sur ce que les enquêtes ont fait apparaître qu'il ne contribuait pas effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celle-ci ou depuis au moins deux ans. Par suite, cette décision est suffisamment motivée en droit et en fait.
S'agissant de l'exception d'illégalité :
17. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
S'agissant de l'atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
18. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 11.
S'agissant de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant sur le fondement de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant :
19. Il résulte du point 14 que la décision attaquée ne peut être regardée comme méconnaissant l'intérêt supérieur de la fille du requérant sur le fondement de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
S'agissant de l'exception d'illégalité :
20. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans :
S'agissant du défaut de motivation :
21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions () d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
22. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
23. La décision attaquée vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et se fonde sur ce que M. C est séparé de son ex-compagne qui élève seule leur enfant, sur ce qu'il ne produit pas de décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de son enfant, sur ce que les enquêtes de police ont fait apparaître qu'il ne contribuait pas effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celle-ci ou depuis au moins deux ans, sur ce que M. C est entré et s'est maintenu irrégulièrement en France depuis moins de dix ans, sur ce qu'il ne se prévaut pas d'une insertion socio-professionnelle en France, ni de circonstances humanitaires particulières et sur ce qu'il ne justifie pas être totalement dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. L'arrêté attaqué fait également état de la non-exécution de quatre précédentes mesures d'éloignement par le requérant et de la menace pour l'ordre public qu'il représente au regard de ses condamnations. Par suite, cette décision satisfait à l'exigence de motivation en fait et en droit prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
S'agissant de l'exception d'illégalité :
24. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
S'agissant de l'erreur d'appréciation sur le fondement de l'article L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
25. Si M. C soutient qu'il serait entré sur le territoire national en 2012, qu'il contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille de nationalité française et que l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 25 mai 2013 portant obligation de quitter le territoire français ne lui aurait jamais été notifié, il ne conteste pas utilement ne pas s'être soustrait à l'exécution des trois autres précédentes mesures d'éloignement, ni que sa présence en France ne constituerait pas une menace à l'ordre public. Par suite, en prononçant une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, la préfète des Landes n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
S'agissant de l'atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
26. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 11.
S'agissant de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant sur le fondement de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant :
27. Il résulte du point 14 que la décision attaquée ne peut être regardée comme méconnaissant l'intérêt supérieur de la fille du requérant sur le fondement de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
29. L'exécution du présent jugement, lequel rejette les conclusions de la requête aux fins d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête.
Sur les frais liés à l'instance :
30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E C, et à la préfète des Landes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
Z. CORTHIER
La présidente,
Signé
M. SELLES
La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026