mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202096 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PETRIAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2022, et des pièces complémentaires, enregistrées le 10 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Petriat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 juillet 2022 par laquelle le directeur du centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon l'a placée en situation d'abandon de poste ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon de la réintégrer dans ses fonctions dans un délai de deux semaines à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge du centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le délai de sept jours qui lui a été laissé pour régulariser sa situation était insuffisant ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait dans la mesure où elle mentionne à tort qu'elle n'a pas répondu à l'obligation que lui avait fixée l'administration, alors même qu'elle a adressé un courrier de réponse le 1er juillet 2022 ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle ne peut être regardée comme ayant rompu de sa propre initiative tout lien avec son service ; elle est dans un état de dépression avancé ;
- la décision attaquée est illégale dans la mesure où elle porte effet à une date antérieure à celle à laquelle elle a été signée.
Une mise en demeure a été adressée le 8 décembre 2022 au centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon.
Par ordonnance du 2 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beneteau,
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public,
- et les observations de Me Fauthoux, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, infirmière en soins généraux et spécialisés, a été recrutée en contrat à durée indéterminée par le centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon à compter du 30 décembre 2010. En janvier 2019, elle a été informée d'un changement d'affectation. Elle a été placée en congé maladie ordinaire le 7 janvier 2019, jusqu'au 30 avril 2022, mais elle n'a pas repris ses fonctions le 1er mai 2022. Par un courrier du 24 juin 2022, réceptionné le 27 juin 2022, le directeur du centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon l'a mise en demeure de régulariser sa situation ou de reprendre ses fonctions avant le 4 juillet 2022. Le 11 juillet 2022, il l'a informée qu'elle était placée en situation d'abandon de poste à compter du 5 juillet 2022. Mme B a saisi le juge des référés qui, par une ordonnance du 14 novembre 2022, a suspendu l'exécution de la décision du 11 juillet 2022 et a enjoint au directeur de réintégrer l'intéressée dans ses fonctions dans un délai de deux semaines, sous astreinte de cent euros par jour de retard, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre au directeur du centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon de la réintégrer dans ses fonctions.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. A l'appui de sa requête, Mme B soutient qu'elle est infirmière diplômée d'État, qu'elle a été recrutée en contrat à durée indéterminée par le centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon, le 30 décembre 2010, que par une décision du 15 janvier 2019, elle a été affectée à 30 % sur le site de Nay et à 20 % sur le site de Pontacq et qu'à la suite de ce changement, elle a présenté un syndrome dépressif en lien avec son travail. Elle soutient également qu'à compter du 30 avril 2022, elle n'a plus été en mesure de transmettre ses arrêts maladie à son employeur en raison de l'indisponibilité de son médecin traitant, qu'elle a pu consulter un médecin du travail le 21 juin 2022, et qu'après avoir reçu de son employeur, le 27 juin 2022, une mise en demeure de reprendre son poste, elle a sollicité la prolongation du délai qui lui était accordé au motif qu'elle n'avait pu obtenir des rendez-vous médicaux afin de régulariser sa situation qu'après la date butoir qui lui était fixée. Une copie de cette requête a été communiquée le 22 septembre 2022 au centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon qui a été mis en demeure, le 8 décembre 2022, de produire des observations. Cette mise en demeure est demeurée sans effet. L'inexactitude des faits allégués par Mme B ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier. Dans ces conditions, le centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon doit être réputé avoir admis leur exactitude matérielle conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est ni présenté, ni n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et, en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical présentée par l'agent, de nature à expliquer soit son impossibilité de reprendre le service malgré la mise en demeure, soit le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire à compter du 7 janvier 2019, régulièrement prolongé jusqu'au 30 avril 2022, et qu'elle n'a pas repris le service le 1er mai 2022. Elle soutient qu'en raison de la cessation d'activité de son médecin traitant à compter du 30 avril 2022, elle n'a pas été en mesure de transmettre de nouveaux arrêts de maladie à son employeur, d'autant plus que son état anxio-dépressif la freinait dans ses démarches. Toutefois, par une lettre du 1er juillet réceptionnée le 2 juillet, elle a répondu à la mise en demeure adressée par son employeur et qu'elle a réceptionnée le 27 juin 2022. Elle expose, dans ce courrier, avoir été en contact téléphonique avec le service des ressources humaines de l'établissement, ce qui lui a permis de bénéficier, le 21 juin 2022, d'une consultation auprès d'un médecin du travail, mais que ce praticien, estimant qu'il ne disposait pas de certains éléments indispensables, l'a renvoyée vers son médecin traitant afin de mettre à jour son dossier médical. Elle informe par ailleurs l'établissement qu'elle a obtenu des rendez-vous avec un médecin généraliste le 5 juillet, avec un psychiatre le 6 juillet, et avec la médecine du travail le 7 juillet, et sollicite en conséquence l'octroi d'un délai supplémentaire pour régulariser sa situation. Au surplus, il ressort des pièces du dossier qu'un arrêt de travail couvrant la période du 4 au 31 juillet 2022, renouvelé jusqu'au 31 août 2022, a été délivré à l'intéressée le 4 juillet 2022 et qu'un médecin généraliste a attesté, le 19 juillet 2022, qu'elle avait présenté, sur la période du 1er mai au 4 juillet 2022, un état dépressif majeur. Dans ces conditions, Mme B doit être regardée comme s'étant manifestée auprès de son employeur, par courrier du 1er juillet 2022, dans le délai qui lui avait été fixé, et comme ayant produit les justifications suffisantes de nature à expliquer à la fois son impossibilité de reprendre le service malgré une mise en demeure et le retard qu'elle avait eu à manifester un lien avec le service. Par suite, le centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon n'était pas en droit d'estimer que le lien avec le service avait été rompu du fait de l'intéressée et ne pouvait, sur ce fondement, prendre la décision en litige la plaçant en situation d'abandon de poste à compter du 5 juillet 2022.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision du 11 juillet 2022 est illégale et doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
8. Compte tenu du motif énoncé au point 5, l'annulation de la décision du 11 juillet 2022 implique la réintégration juridique et la reconstitution de la carrière de Mme B à compter du 5 juillet 2022. Il y a lieu d'enjoindre au centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon d'y procéder sans délai. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 juillet 2022 du directeur du centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon de procéder sans délai à la réintégration juridique et la reconstitution de la carrière de Mme B à compter du 5 juillet 2022.
Article 3 : Le centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon versera à Mme B la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre gérontologique de Pontacq-Nay-Jurançon.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
A. BENETEAU
La présidente,
Signé
M. SELLES La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026