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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2202114

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2202114

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2202114
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantSCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. - Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2022 sous le n° 2202114, M. B E, représenté par l'AARPI Themis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 septembre 2022 par laquelle le chef d'établissement du centre pénitentiaire de Lannemezan a ordonné la prolongation de son placement à l'isolement ;

2°) d'enjoindre au chef d'établissement du centre pénitentiaire de Lannemezan d'ordonner la levée de la mesure d'isolement dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que le chef d'établissement n'a pas recueilli l'avis du médecin intervenant dans le centre pénitentiaire, préalablement à la mesure de prolongation de sa mise à l'isolement, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'inexactitude matérielle des faits et à supposer ces faits établis, ils ne sont pas de nature à justifier la mesure en litige, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 213-22 du code pénitentiaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 19 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 avril 2024.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 octobre 2022.

II. - Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2022 sous le n° 2202303, M. B E, représenté par Me Ciaudo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a ordonné la prolongation de son placement à l'isolement ;

2°) d'enjoindre au directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse d'ordonner la levée de la mesure d'isolement dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- il a été privé de la possibilité de présenter utilement sa défense, la copie de son dossier ne lui ayant pas été préalablement remise, en méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse n'a pas recueilli l'avis du médecin intervenant dans le centre pénitentiaire, préalablement à la mesure de prolongation de sa mise à l'isolement ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'inexactitude matérielle des faits et à supposer ces faits établis, ils ne sont pas de nature à justifier la mesure en litige, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 213-22 et R. 213-23 du code pénitentiaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 19 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 avril 2024.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code pénitentiaire ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sellès, présidente,

- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction :

1. Les deux requêtes susvisées, introduites par M. E, présentent à juger des questions semblables, sur des mesures prises à l'encontre du même détenu et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. M. E, écroué depuis le 11 février 2016, a été transféré le 6 septembre 2022, par mesure d'ordre et de sécurité au centre pénitentiaire de Lannemezan. Il fait l'objet, depuis le 4 avril 2022, d'un placement à l'isolement, renouvelé plusieurs fois par des décisions successives. Par une décision du 16 septembre 2022, le chef d'établissement du centre pénitentiaire de Lannemezan a prolongé son placement à l'isolement pour une durée de trois mois à compter du 7 septembre 2022. Le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a ensuite prolongé le placement à l'isolement par une décision du 30 septembre 2022 à compter du 12 octobre 2022. Par les deux requêtes susvisées, M. E demande au tribunal d'annuler ces deux dernières décisions.

S'agissant du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 30 septembre 2022 :

5. Aux termes de l'article R. 213-24 du code pénitentiaire : " Au terme d'une durée de six mois, le directeur interrégional des services pénitentiaires peut prolonger l'isolement pour une durée maximale de trois mois. () ".

6. La décision a été signée par Mme A D, directrice des services pénitentiaires et chef du département sécurité et détention à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse. Par un arrêté du 8 septembre 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Occitanie le 9 septembre 2022, le directeur interrégional de services pénitentiaires de Toulouse a accordé à Mme D, en cas d'absence simultanée du directeur interrégional des services pénitentiaires adjoint et de la secrétaire générale, une délégation à l'effet de signer tous actes, arrêtés et décisions administratives, au nombre desquels figure la décision attaquée. Il n'est ni établi ni même soutenu que le directeur interrégional des services pénitentiaires adjoint et la secrétaire générale n'auraient pas été simultanément absents le 30 septembre 2022. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

S'agissant du moyen tiré de l'absence de communication préalable du dossier du détenu :

7. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 122-1 de ce code dispose que : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / () ".

8. Aux termes de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire : " Lorsqu'une décision d'isolement d'office initiale ou de prolongation est envisagée, la personne détenue est informée, par écrit, des motifs invoqués par l'administration, du déroulement de la procédure et du délai dont elle dispose pour préparer ses observations. Le délai dont elle dispose ne peut être inférieur à trois heures à partir du moment où elle est mise en mesure de consulter les éléments de la procédure, en présence de son avocat, si elle en fait la demande. Le chef de l'établissement pénitentiaire peut décider de ne pas communiquer à la personne détenue, ni à son avocat, les informations ou documents en sa possession qui contiennent les éléments pouvant porter atteinte à la sécurité des personnes ou de l'établissement. / () Les observations de la personne détenue et, le cas échéant, celles de son avocat sont jointes au dossier de la procédure. Si la personne détenue présente des observations orales, elles font l'objet d'un compte rendu écrit signé par elle. / () La décision est motivée. Elle est notifiée sans délai à la personne détenue par le chef de l'établissement ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. E s'est vu remettre un document daté du 20 septembre 2022, intitulé " procédure d'isolement : mise en œuvre de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration " qui l'informait de ce qu'il était envisagé de demander au directeur interrégional des services pénitentiaires la prolongation de son placement à l'isolement et des motifs justifiant cette demande. Cette lettre informait également l'intéressé de ses droits à présenter des observations écrites ou orales, de se faire assister ou représenter par un avocat et de consulter les pièces relatives à la procédure dans le délai prévu au premier alinéa de l'article R. 213-21. Il ressort également des pièces du dossier que M. E a coché les items selon lesquels il ne souhaitait pas se faire assister ou représenter, ni ne souhaitait présenter d'observations. Par suite, et alors que la mention portée sur l'exemplaire de cette lettre de notification produite en défense, que l'intéressé a refusé de signer, fait foi jusqu'à preuve contraire, laquelle n'est pas apportée en l'espèce, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les droits de la défense ont été méconnus.

10. Par ailleurs, à supposer que M. E ait entendu soulever la méconnaissance des dispositions de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire dans sa requête enregistrée sous le n° 2202114, ce moyen doit être écarté dès lors que M. E s'est vu remettre un document daté du 16 septembre 2022 intitulé " procédure d'isolement " qui l'informait de ce qu'il était envisagé de demander la prolongation de son placement à l'isolement, ainsi que des motifs justifiant cette demande. Cette lettre informait également l'intéressé de son droit de présenter des observations écrites ou orales. Il a d'ailleurs présenté des observations ainsi que son avocat qui a déclaré que son client ne souhaitait pas s'opposer à la mesure de prolongation de mise à l'isolement. M. E a signé la lettre de notification le 16 septembre 2022.

S'agissant du moyen commun tiré de l'absence d'avis médical préalable :

11. Aux termes de l'article R. 213-23 du code pénitentiaire : " Le chef de l'établissement pénitentiaire décide de la mise à l'isolement pour une durée maximale de trois mois. Il peut renouveler la mesure une fois pour la même durée. / Il rend compte sans délai de sa décision au directeur interrégional des services pénitentiaires ". Aux termes de l'article R. 213-24 du code pénitentiaire : " Au terme d'une durée de six mois, le directeur interrégional des services pénitentiaires peut prolonger l'isolement pour une durée maximale de trois mois ". Aux termes de l'article R. 213-21 du même code : " () / Le chef de l'établissement, après avoir recueilli préalablement à sa proposition de prolongation l'avis écrit du médecin intervenant à l'établissement, transmet le dossier de la procédure accompagné de ses observations au directeur interrégional des services pénitentiaires lorsque la décision relève de la compétence de celui-ci ou du garde des sceaux, ministre de la justice. () / ". Aux termes de l'article R. 213-30 de ce code : " Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé. / L'avis écrit du médecin intervenant dans l'établissement pénitentiaire est recueilli préalablement à toute proposition de renouvellement de la mesure au-delà de six mois et versé au dossier de la procédure ".

12. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que si la prolongation au-delà d'une période de six mois, qui est décidée par le directeur interrégional des services pénitentiaires ou le garde des sceaux, ministre de la justice, sur la proposition du chef de l'établissement pénitentiaire, ne peut intervenir qu'après avis écrit du médecin intervenant dans cet établissement, en revanche le chef d'établissement n'est pas tenu de solliciter l'avis de ce médecin avant de décider de placer un détenu à l'isolement pour une période de trois mois et de prolonger cette mesure pour une durée identique.

13. D'une part, la décision du 16 septembre 2022 du chef du centre pénitentiaire de Lannemezan a pour objet et pour effet de prolonger pour une période de trois mois, la mise à l'isolement de M. E, laquelle n'excède pas une période de six mois. Il résulte de ce qui a été dit au point 12 que, contrairement à ce que soutient le requérant, son édiction n'avait pas à être précédée de l'avis du médecin intervenant dans l'établissement pénitentiaire de Lannemezan. Le moyen tiré du vice de procédure à raison de l'absence de cet avis est, dès lors, inopérant et doit être écarté.

14. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutient M. E, l'avis favorable du médecin a été recueilli le 27 septembre 2022, préalablement à la décision de prolongation de la mesure d'isolement du 30 septembre 2022. Dès lors, le moyen tiré d'un tel vice de procédure, qui manque en fait, doit être écarté.

S'agissant du bien-fondé des décisions de prolongation d'isolement :

15. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 213-30 du code pénitentiaire que les décisions de placer un détenu à l'isolement ne peuvent intervenir que si elles sont strictement nécessaires pour assurer la sécurité de l'établissement pénitentiaire ou des personnes.

16. Lorsqu'elle décide de placer un détenu à l'isolement ou lorsqu'elle prolonge une telle mesure, l'administration doit, d'une part, tenir compte de la personnalité de celui-ci, de sa dangerosité et de son état de santé et, d'autre part, se fonder sur des éléments circonstanciés de nature à établir que, à la date de sa décision, le maintien de l'intéressé en détention ordinaire est susceptible de créer un risque pour la sécurité des personnes ou pour l'ordre interne à l'établissement pénitentiaire.

17. Il ressort des pièces du dossier que M. E a été condamné, le 20 avril 2018, à seize années de réclusion criminelle pour des faits de viol commis par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, des faits de violences habituelles n'ayant pas entrainé d'incapacité supérieure à 8 jours, commis dans les mêmes conditions, des faits d'extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, de promesse, secret, fonds, valeur ou bien. Il a également été condamné le 11 juin 2019 à douze mois de prison pour des faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique et apologie publique d'un acte de terrorisme. Son parcours carcéral, au sein de plusieurs établissements pénitentiaires, a été marqué par de multiples incidents disciplinaires, témoignant du caractère violent du détenu et de son instabilité émotionnelle. Pour prendre les décisions attaquées, le chef de l'établissement pénitentiaire de Lannemezan et le directeur interrégional des services pénitentiaires se sont également fondés sur les propos du détenu manifestant une radicalisation islamiste. Si le requérant se prévaut de sa volonté d'évoluer dans les observations qu'il a présentées au cours de la procédure contradictoire préalable à l'édiction de la décision de prolongation de la mise à l'isolement du 16 septembre 2022, ces seuls éléments ne sauraient suffire à établir sa renonciation effective à l'idéologie radicale de l'islam. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. E a comparu vingt-quatre fois en commission disciplinaire depuis sa condamnation en avril 2018 notamment pour des faits de fabrication d'une arme artisanale à partir d'un rasoir et d'un morceau de miroir qui avait été retrouvé dans sa cellule le 2 septembre 2021, insultes envers le personnel pénitentiaire le 10 mai 2022 ou encore tentative d'incendie dans sa cellule le 29 mai et le 3 juin 2022. Au vu de l'ensemble de ces éléments, les décisions des 16 et 30 septembre 2022 maintenant le placement de M. E à l'isolement, qui apparaît comme l'unique moyen d'assurer sa protection ainsi que la sécurité des personnes et l'ordre au sein de l'établissement, n'est pas entachée d'inexactitude matérielle des faits ni d'erreur manifeste d'appréciation.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions des décisions des 16 et 30 septembre 2022. Par suite, les requêtes tendant à l'annulation de ces décisions doivent être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. E, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonctions présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, la somme que M. E demande, sur le fondement combiné de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Les conclusions qu'il présente à cette fin doivent donc être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2202114 et n° 2202303 de M. E sont rejetées.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B E, au garde des sceaux, ministre de la justice et à l'AARPI Themis.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Neumaier, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

La présidente-rapporteure,

M. SELLÈSL'assesseure,

L. NEUMAIERLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

Nos 2202114, 2202303

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