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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2202119

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2202119

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2202119
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationCHAMBRE 3
Avocat requérantMOURA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Moura, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale, dans un délai d'un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente pour en connaître ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale par exception de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est intervenue en méconnaissance du droit d'être entendu, et des exigences de l'article 7 de la directive n° 2008/115 ;

- elle est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2023, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable car tardive ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive n°2008-115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de Mme Foulon.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant congolais né le 22 octobre 1985 à Kinshasa (République Démocratique du Congo), est entré en France, selon ses déclarations, le 22 octobre 2012. Après le rejet définitif de sa demande d'asile par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 7 juillet 2014, il a demandé la régularisation de sa situation administrative par la délivrance d'un titre de séjour au préfet de la Drôme, qui a rejeté sa demande et a pris à son encontre une mesure d'éloignement par un arrêté du 14 novembre 2017. Par un arrêt du 9 mai 2019, la cour administrative d'appel de Lyon a annulé le jugement du 20 février 2018 par lequel le tribunal administratif de Grenoble avait annulé cet arrêté. Le 18 décembre 2020, M. A a sollicité auprès du préfet des Hautes-Pyrénées son admission exceptionnelle au séjour et a déposé son dossier complet le 9 juin 2021. Par un arrêté du 21 avril 2022, le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

2. L'arrêté attaqué du 21 avril 2022 a été signé par Mme Sibylle Samoyault, secrétaire générale, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées en date du 28 décembre 2020, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n°65-2020-161. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte qui manque en fait, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. La décision attaquée vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier ses articles L. 423-23 et L. 435-1. Elle mentionne des éléments tenant à la situation professionnelle, personnelle et familiale de M. A au regard d'un éventuel droit au séjour sur le territoire au titre des motifs exceptionnels d'admission au séjour pour lesquels il a fondé sa demande ou au titre de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise que M. A ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et se déclare célibataire et sans enfant. Elle précise que si M. A s'est marié en 2019, une procédure de divorce a été engagée et que M. A se déclare séparé de sa conjointe depuis juin 2020. Par suite, cette décision comporte, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait à l'exigence de motivation prescrite par les dispositions précitées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée doit être écarté.

5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (). ".

6. M. A fait état, d'une part, de ce qu'il réside en France depuis presque dix ans, d'autre part, de ses liens personnels en France et notamment de la présence de son frère ainé, de son épouse dont il n'est pas divorcé à la date de la décision attaquée, et de la personne en perte d'autonomie dont il s'occupe en échange de l'hébergement depuis 2020, mais également de son intégration scolaire et professionnelle. Il fait valoir à cet égard qu'il est titulaire d'un diplôme d'État d'études secondaires en électronique industrielle obtenu au Congo, qu'il a obtenu en France un brevet de technicien supérieur système numérique et une licence professionnelle mention métiers de l'électronique, qu'il a travaillé au sein d'agences intérimaires et en contrat à durée déterminée mais qu'il ne peut pérenniser sa situation professionnelle, ne disposant pas de titre de séjour l'autorisant à travailler. Enfin, il fait valoir que son casier judiciaire est vierge de toute inscription. Toutefois, en l'espèce, il n'est pas contesté que le requérant n'a quitté son pays d'origine qu'à l'âge de 27 ans, qu'il était séparé de son épouse depuis le mois de juin 2020, qu'il est sans charge de famille et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, en raison notamment de la présence de sa mère. De plus, l'intéressé a déjà fait l'objet le 14 novembre 2017 d'une mesure d'éloignement, confirmée par la cour administrative d'appel de Lyon le 11 avril 2019, à laquelle il n'a pas déféré. Enfin, par les pièces qu'il produit, le requérant ne justifie pas d'une insertion professionnelle en France d'un particulière ancienneté ou intensité et ne fait état d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, au sens des dispositions susmentionnées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour et, par suite, à démontrer que le préfet aurait entaché l'arrêté contesté d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour. Dans ces conditions, le préfet des Hautes-Pyrénées a pu, sans méconnaître les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refuser l'admission au séjour de M. A. Pour les mêmes motifs, une telle décision ne porte pas, en l'espèce, une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard des buts en vue desquels elle a été prise et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

7. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

8. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4, la décision portant refus de titre de séjour comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et est ainsi suffisamment motivée. En outre, le préfet des Hautes-Pyrénées y a visé les dispositions de l'article L. 611-1, 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui permettent d'assortir un refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire. Par suite, la mesure d'éloignement contestée est elle-même suffisamment motivée. Dès lors, le moyen tiré d'un défaut de motivation, qui manque en fait, doit être écarté.

9. Enfin, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés au point 6.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

10. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination mentionne les dispositions de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit que la décision portant obligation de quitter le territoire français " fixe le pays à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ", l'article L. 721-4 du même code et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, elle mentionne la nationalité de l'intéressé, que sa demande d'asile a été rejetée tant par l'office français de protection des réfugiés et apatrides que par la cour nationale du droit d'asile, et que ce dernier n'établit pas encourir des risques de subir des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'un défaut de motivation que le préfet des Hautes-Pyrénées a fixé le pays à destination duquel M. A pourra être reconduit d'office.

11. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 et 4. Les États membres peuvent prévoir dans leur législation nationale que ce délai n'est accordé qu'à la suite d'une demande du ressortissant concerné d'un pays tiers. Dans ce cas, les États membres informent les ressortissants concernés de pays tiers de la possibilité de présenter une telle demande. Le délai prévu au premier alinéa n'exclut pas la possibilité, pour les ressortissants concernés de pays tiers, de partir plus tôt. 2. Si nécessaire, les États membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux ". D'autre part, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".

12. Il résulte des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le délai de trente jours, accordé à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français, constitue le délai de droit commun le plus long susceptible d'être accordé en application de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008. Ce faisant, la législation nationale n'a pas choisi, comme le permet la directive sans l'imposer, de n'accorder de délai de départ qu'à la suite d'une demande de l'intéressé, hypothèse imposant alors à l'Etat membre d'informer l'étranger concerné de la possibilité de présenter une telle demande. Dans ces conditions, le préfet n'avait pas à recueillir les observations du requérant sur les modalités de retour dans son pays d'origine. En tout état de cause, le requérant n'apporte aucun élément de nature à justifier de la nécessité de lui accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Par suite, la décision attaquée fixant le pays de destination n'a pas méconnu l'article 7 de la directive 2008/115/CE.

13. Enfin, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de renvoi devra par voie de conséquence, être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet des Hautes-Pyrénées, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

15. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. A demande le versement à son conseil, sur le fondement de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Hautes-Pyrénées.

Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Madelaigue, présidente,

Mme Beneteau, première conseillère,

Mme Foulon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.

La rapporteure,

Céline Foulon

La présidente,

Florence Madelaigue

La greffière,

Adriana Strzalkowska

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

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