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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2202213

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2202213

jeudi 21 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2202213
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantPECASSOU LOGEAIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires en production de pièces et un mémoire, enregistrés les 4, 10 et 11 octobre 2022 et le 12 octobre 2023, M. A K, Mme F K, M. I D, Mme H D, M. C M, M. L J et Mme E J, représentés par Me Gournay, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2022 par lequel le maire d'Anglet a accordé à la société à responsabilité limitée Mayto un permis de construire en vue de l'édification d'une maison à usage d'habitation ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Anglet et de la société Mayto une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la communauté d'agglomération Pays Basque, gestionnaire de la voie publique, aurait dû être préalablement consultée, en raison de la suppression d'un accès et de la création d'un nouvel accès, en application des articles R. 423-50 et R. 423-53 du code de l'urbanisme ;

- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le dossier de demande du permis de construire a été complété postérieurement aux avis émis par les services consultés par le service instructeur ;

- il est entaché d'illégalité dès lors que la division de la parcelle bâtie dont a été détaché le terrain d'assiette du projet était soumise à un permis d'aménager, en application de l'article R. 421-19 du code l'urbanisme, et ne pouvait pas faire l'objet d'une déclaration préalable ;

- le dossier de demande du permis de construire est entaché d'insuffisances au regard des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme et comporte des plans de façade et des plans de coupe entachés d'inexactitude quant à la hauteur du bâtiment en projet ;

- il méconnaît les articles DC 12.2.1, DC 13, UC 10 et UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, la commune d'Anglet, représentée par Me Logeais, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, la société à responsabilité limitée Mayto, représentée par Me Miranda, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Un mémoire en défense présenté pour la commune d'Anglet a été enregistré le 20 novembre 2023.

Un mémoire en défense présenté pour la société Mayto a été enregistré le 23 novembre 2023.

Les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de mettre en œuvre la procédure prévue par l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de 2 mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, en vue de la régularisation du permis de construire délivré à la société Mayto par la délivrance d'un permis de construire modificatif, au regard des vices tirés de la méconnaissance des prescriptions des articles DC 13 et UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet relatives à la conservation, au remplacement et à la plantation des arbres de haute tige, et ont été invitées à émettre des observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Diard,

- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,

- et les observations de Me Maginot, substituant Me Gournay, représentant les requérants, de Me Logeais, représentant la commune d'Anglet, et de Me Gaborit, substituant Me Miranda, représentant la société Mayto.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 2 mai 2022, le maire d'Anglet a délivré à la société Mayto un permis de construire en vue de l'édification d'une maison à usage d'habitation. Par une décision du 3 août 2022, cette même autorité a rejeté le recours gracieux formé par M. et Mme K contre cet arrêté. M. K et autres demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Anglet et la société Mayto :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction ou, lorsque le contentieux porte sur un permis de construire modificatif, des modifications apportées au projet.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. M et M. et Mme J, qui sont propriétaires de maisons d'habitation situées à environ trente mètres respectivement à l'ouest et à l'est du terrain d'assiette du projet, dont elles sont séparées chacune par une parcelle construite et arborée, ne justifient pas que le projet de construction d'une maison d'habitation sur un terrain à bâtir situé en retrait de la voie publique, ne comportant aucune ouverture au niveau supérieur sur la façade ouest et une unique ouverture de taille réduite au même niveau sur la façade est, aurait des vues directes sur leurs jardins et serait de nature à provoquer des nuisances sonores, des pertes d'ensoleillement et une diminution de la valeur vénale de leur bien. En outre, ces requérants ne peuvent utilement se prévaloir de leur qualité de colotis d'un lotissement comportant notamment le lot dont a été détaché le terrain d'assiette du projet et de la méconnaissance des stipulations contractuelles du cahier des charges de ce lotissement, approuvé par arrêté préfectoral du 30 janvier 1957, lequel n'a pas de valeur réglementaire. En revanche, M. et Mme K et M. et Mme D sont propriétaires de maisons d'habitation implantées sur des parcelles limitrophes du terrain d'assiette du projet dont ils sont voisins immédiats et justifient que le projet est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir des requérants, opposée par la commune d'Anglet et la société Mayto doit être accueillie concernant M. M et M. et Mme J, et écartée concernant les autres requérants.

En ce qui concerne le fond du litige :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. / () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que la commune d'Anglet est dotée d'un plan local d'urbanisme et que par un arrêté du 5 juin 2020, transmis le 8 juin 2020 à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques au titre du contrôle de légalité, régulièrement affiché du 8 juin au 10 août 2020 et publié au recueil des actes administratifs de cette commune, le maire d'Anglet a donné délégation à M. B G, 9ème adjoint au maire, et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer les permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ".

8. Il ressort des pièces du dossier que, si le dossier de demande de permis de construire, déposé le 29 décembre 2021, a été modifié le 2 février 2022, le 10 février 2022 et le 16 mars 2022, l'avis émis le 26 avril 2022 par la communauté d'agglomération Pays Basque sur l'assainissement et l'hydraulique a été rendu en tenant compte de l'ensemble de ces modifications. En outre, si la société Suez a émis un avis le 4 février 2022 sur l'alimentation en eau potable et l'assainissement et que la société Enedis a également émis un avis le 11 février 2022 sur le raccordement au réseau électrique, il n'est pas établi que les modifications apportées par le pétitionnaire au dossier de demande auraient porté sur des éléments du projet de nature à influencer le contenu de ces derniers avis ou que ces avis auraient été rendus sur la base d'informations incomplètes ou inexactes. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été pris à l'issue d'une procédure irrégulière.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie. ". Aux termes de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. / (). ". Aux termes de l'article L. 2122-21 du même code : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal et, en particulier : / () 5° De pourvoir aux mesures relatives à la voirie communale ; / () ". Enfin, aux termes de l'article L. 5216-5 de ce code : " () / II.- La communauté d'agglomération peut par ailleurs exercer en lieu et place des communes les compétences relevant des groupes suivants : / 1° Création ou aménagement et entretien de voirie d'intérêt communautaire ; création ou aménagement et gestion de parcs de stationnement d'intérêt communautaire ; / (). ".

10. Si le projet prévoit la création d'un accès à la rue de Lamouly et la suppression de l'accès existant, situé au niveau du reliquat du terrain bâti dont a été détaché le terrain d'assiette du projet, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la commune d'Anglet ne serait pas gestionnaire de cette voie publique et que cette compétence aurait été transférée à la communauté d'agglomération Pays Basque. Par suite, le moyen tiré de ce que la communauté d'agglomération Pays Basque aurait dû être consultée sur la création et la modification des accès à la voie publique en application de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme précité est inopérant.

11. En quatrième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. En outre, une autorisation d'occupation des sols délivrée sur l'un des lots issus d'une division foncière ayant donné lieu à une autorisation de lotir n'est pas prise pour l'application de la décision par laquelle l'administration a délivré l'autorisation de lotir, cette dernière ne constituant pas non plus la base légale de la première. Par suite, l'illégalité de la décision d'autorisation de lotir ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre l'autorisation d'occupation des sols.

12. Il résulte de ce qui vient d'être dit, que les requérants ne peuvent utilement invoquer par voie d'exception, à l'encontre du permis de construire attaqué, l'illégalité de l'arrêté du 21 avril 2021 par lequel le maire d'Anglet ne s'est pas opposé à la déclaration préalable en vue de la division foncière d'une parcelle bâtie pour le détachement du terrain d'assiette du projet litigieux. Par suite, le moyen tiré de ce que cette division était subordonnée non pas à une déclaration préalable mais à la délivrance d'un permis d'aménager, en application de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme, est inopérant.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / () f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".

14. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

15. Tout d'abord, si la notice jointe au dossier de demande de permis de construire n'indique pas l'état initial des abords du terrain d'assiette du projet, cette insuffisance est compensée par la production par le pétitionnaire de six photographies de l'état initial de ce terrain, prises selon des angles de vue différents, ainsi que par deux photographies prises depuis la voie publique, qui font apparaître les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants à ses abords. Ensuite, si la notice ne précise pas l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement, cette insuffisance est compensée par les plans de masse joints au dossier de demande, notamment le plan " PCMI-2 ", ainsi que par le document graphique d'insertion, qui représentent l'accès et la voie interne du terrain ainsi que les deux aires de stationnement extérieures prévues. Enfin, si la notice indique que l'une des deux places de stationnement, pourtant qualifiée d'extérieure, sera dans un garage clos et couvert, qu'en outre le formulaire de demande mentionne la construction d'un garage, ce même formulaire indiquant également que deux places de stationnement non couvertes et non closes ainsi qu'une surface de 0 m² de locaux clos et couverts à usage de stationnement sont prévues, cette incohérence est compensée par les autres pièces du dossier de demande, notamment par les plans de façade et le document graphique d'insertion, qui ne font apparaître aucun garage au sein de la construction en projet. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été délivré en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme.

16. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / () ".

17. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire comporte des plans de masse " PCMI 2a " et " PCMI-2b " qui indiquent l'emplacement des regards d'assainissement et des grilles d'eaux pluviales existants sur la voie publique aux abords du terrain d'assiette, ainsi que les modalités de raccordement du projet de construction aux réseaux publics d'alimentation en eau, de distribution d'électricité et d'assainissement. Par ailleurs, si les plans de masse du projet de construction joints au dossier de demande, qui représentent deux arbres devant être supprimés, trois arbres devant être conservés et cinq arbres devant être ajoutés, n'indiquent pas la suppression de trois autres arbres existant au niveau de l'emprise du bâtiment et de la voie de desserte interne en projet, le service instructeur était en mesure de déduire du plan de masse " DP 10 " représentant ces derniers arbres existant sur le terrain d'assiette dans son état initial, qu'ils étaient nécessairement supprimés. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été délivré en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme.

18. En septième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; () / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / () ". Aux termes de l'article DC 10.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet : " La hauteur est mesurée par rapport au terrain naturel au droit de l'assiette de la construction, avant travaux d'affouillement ou d'exhaussement. / () ". Aux termes des définitions communes de ce règlement : " Hauteur : / La hauteur d'une construction est mesurée entre un point bas et un point haut. Le point bas correspond au niveau du terrain naturel avant travaux d'affouillement ou d'exhaussement. Le point haut considéré correspond à : / - l'égout des couvertures pour une couverture traditionnelle, / () La hauteur de la construction se calcule par rapport au terrain naturel sous l'emprise de la construction. ".

19. Si les plans des façades et les plans en coupe joints au dossier de demande de permis de construire indiquent les hauteurs de la construction par rapport au niveau de la dalle en rez-de-chaussée, alors que la hauteur doit être calculée par rapport au terrain naturel avant travaux, en application des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet, ce qui représente en l'espèce une différence de 40 centimètres environ, ces plans permettent toutefois au service instructeur de calculer la hauteur par rapport au terrain naturel et ainsi d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été délivré en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme.

20. En huitième lieu, aux termes des dispositions de l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet applicables au secteur UC1 de la zone UC : " 1) La hauteur maximale des constructions est fixée à 7 mètres () ".

21. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment en projet comporte un toit à double pente, dit " couverture traditionnelle ", et que l'égout du toit est le point haut devant être pris en compte pour le calcul de la hauteur, en application des dispositions précitées des définitions communes du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet. En outre, il ressort des plans des façades et des plans en coupe joints au dossier de demande de permis de construire que la hauteur de la construction, indiquée comme étant de 5,65 mètres par rapport à l'égout du toit et au niveau de la dalle en rez-de-chaussée, est d'environ 6 mètres par rapport au niveau du terrain naturel avant travaux. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été délivré en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet qui fixent la hauteur maximale des constructions à 7 mètres.

22. En neuvième lieu, aux termes de l'article DC 12.2.1 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet : " Le nombre d'aires de stationnement exigé est calculé selon les normes minimales suivantes (le résultat étant arrondi à l'entier supérieur) : / - pour les surfaces de plancher à destination d'habitation : 1 place pour 50 mètres carrés. Toutefois, pour les logements dont la surface de plancher est supérieure à 100 m², le nombre maximal d'aires de stationnement exigé ne pourra pas être supérieur à 2. / En outre, il est exigé une place-visiteur par tranche de 200 m² de surface de plancher uniquement pour les opérations d'une surface de plancher supérieure à 200 m². / () ".

23. Il ressort des pièces du dossier que, si le dossier de demande de permis de construire est entaché de l'incohérence mentionnée au point 15 quant à l'indication erronée d'une place de stationnement dans un garage clos et couvert, le projet en litige, d'une surface de plancher de 123 m², prévoit la création de deux places de stationnement extérieures. Par suite, en prenant l'arrêté attaqué, le maire d'Anglet n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article DC 12.2.1 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet.

24. En dixième lieu, aux termes de l'article DC 13 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet : " () / Une bande paysagère végétale de 3 mètres minimum devra être plantée sur a minima la moitié du linéaire de la façade du terrain en cas d'implantation en retrait de la totalité de la construction. / () Les arbres de haute tige existants doivent être maintenus ou remplacés. / () ". Aux termes des définitions communes de ce règlement : " Façade d'un terrain : / Limite du terrain longeant l'emprise de la voie publique ou privée ouverte au public. () / Pour les terrains ne disposant que d'une servitude de passage, d'une bande ou d'une voie de desserte interne au terrain d'assiette, alors ces terrains ne disposent pas de façade sur rue, hormis l'accès proprement dit. ".

25. Il ressort des pièces du dossier que la construction en projet est implantée en retrait de la voie publique, dont elle est séparée par une parcelle bâtie sur laquelle est implantée une maison d'habitation, et que le terrain d'assiette ne dispose pas, en dehors de l'accès au terrain et de la voie de desserte interne, de façade au sens des dispositions précitées des définitions communes du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet aurait dû prévoir une bande paysagère végétale sur le linéaire de la façade du terrain en application des dispositions précitées de l'article DC 13 des dispositions communes de ce règlement. En revanche, s'il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de masse joints au dossier de demande, ainsi qu'il a été dit au point 17, que le projet prévoit la suppression de cinq arbres existants au total, sans qu'il soit contesté qu'il s'agit d'arbres de haute tige, ainsi que la conservation de trois arbres et la plantation de cinq arbres, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ces derniers arbres seraient des arbres de haute tige. Dès lors, la plantation de cinq nouveaux arbres prévue par le projet litigieux ne permet pas d'assurer le remplacement des cinq arbres de haute tige devant être supprimés. Par suite, l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article DC 13 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet.

26. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet applicables à la zone UC : " Les surfaces de pleine terre doivent être plantées d'arbres ou d'une végétation arbustive et prioritairement associés au paysage du site. / A partir de 100 mètres carrés de pleine terre, au moins un arbre de haute tige doit être planté ou conservé par tranche de 100 mètres carrés de pleine terre. / Toute tranche commencée donne lieu à l'application de la norme. / Toutes les espèces doivent être choisies dans la gamme des essences dominantes qui composent les boisements de proximité ou ceux existants sur le terrain d'assiette du projet. ". Aux termes des dispositions du même article, applicables au secteur UC1 de la zone UC : " Il est exigé qu'au moins 40 % de la superficie du terrain d'assiette du projet soient constitués de pleine terre et fassent l'objet d'un traitement paysager. ".

27. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit que le terrain d'assiette, d'une superficie totale d'environ 576 m², sera occupé par l'emprise de la construction de 108 m², une terrasse de 30 m², une voie interne de desserte et des aires de stationnement d'une superficie de 164 m², et, enfin, par de la pleine terre pour une superficie de 269 m², soit environ 46,70 % de la superficie totale. Dès lors, le projet respecte l'exigence prévues par les dispositions précitées de constituer au moins 40 % de la superficie du terrain d'assiette en pleine terre. En revanche, si, ainsi qu'il a été dit précédemment, le projet prévoit la conservation de trois arbres et la plantation de cinq arbres, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ces arbres seraient des arbres de haute tige. Dès lors, le projet ne respecte pas l'obligation de plantation ou de conservation d'au moins un arbre de haute tige par tranche de 100 m² carrés de pleine terre. Par suite, l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet.

S'agissant de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

28. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

29. Les vices relevés aux points 25 et 27 constituent des vices susceptibles d'être régularisés par un permis de construire modificatif sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Dès lors, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la date de notification du présent jugement en vue de la régularisation du permis de construire litigieux.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du maire d'Anglet du 2 mai 2022 jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement en vue de la régularisation du permis de construire délivré à la société Mayto par la délivrance d'un permis de construire modificatif.

Article 2 : Les conclusions des parties sur lesquelles il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservées jusqu'à la fin de l'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A K, à la commune d'Anglet et à la société à responsabilité limitée Mayto.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Madelaigue, présidente,

Mme Dumez-Fauchille, première conseillère,

M. Diard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

F. DIARDLa présidente,

Signé

F. MADELAIGUE

La greffière,

Signé

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Signé

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