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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2202242

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2202242

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2202242
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 2
Avocat requérantVACARIE - DUVERNEUIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 octobre 2022 et le 31 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Sageloli, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler le courrier du 10 août 2022 par lequel le président du syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères du plateau de Lannemezan, des Nestes et des Coteaux l'a informé de ce que son poste d'agent d'entretien a été adapté pour le circonscrire à celui de poste d'agent d'entretien des locaux du personnel technique et a fixé la date de reprise de ses fonctions au 1er septembre 2022 ;

2°) d'annuler la fiche de pré-reprise du médecin de l'association de santé et de médecine au travail du 22 juillet 2022 ;

3°) d'annuler la fiche de poste d'agent d'entretien des locaux du personnel technique édictée en 2022 ;

4°) d'enjoindre au syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères du plateau de Lannemezan, des Nestes et des Coteaux et tout autre organisme public compétent à lui verser les droits à traitement, à l'avancement et à la retraite auxquels il pouvait prétendre pour la période du 10 août 2022 au 11 octobre 2022 ;

5°) de mettre à la charge du Syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères du plateau de Lannemezan, des Nestes et des Coteaux une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions sont insuffisamment motivées au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration en ce qu'il n'est pas justifié de son aptitude au poste d'agent d'entretien ;

- elles n'ont pas été précédées d'une vérification de son aptitude physique au poste d'agent d'entretien par un médecin agréé, en méconnaissance des dispositions de l'article 26 du décret du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration ; il n'est pas établi que le médecin de l'association de santé et de médecine au travail qui, à la suite de ses examens du 28 septembre 2021 et du 22 juillet 2022, l'aurait estimé apte à exercer les fonction d'agent d'entretien, aurait été régulièrement agréé ;

- l'injonction à occuper ce nouveau poste méconnaît l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 et l'article 20 du décret du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration dès lors qu'il n'a reçu aucune proposition de reclassement, alors que trois postes auraient dû lui être proposés, et qu'il ne lui a pas été notifié qu'il pouvait refuser ce poste ;

- le poste d'agent polyvalent de propreté sur lequel il est réintégré est substantiellement différent de celui de gardien de déchetterie qu'il avait occupé précédemment, alors qu'en vertu de la jurisprudence, l'administration est tenue de réintégrer le fonctionnaire dans son précédent poste occupé ou dans un poste équivalent ; il n'est pas démontré que son précédent poste n'est plus vacant ou qu'un poste adapté à son état de santé ne serait pas disponible ;

- sa réintégration sur un poste pour lequel il ne dispose pas des capacités physiques méconnaît les dispositions de la loi du 26 janvier 1984 désormais codifiées aux articles L. 826-1 et suivants du code de la fonction publique dès lors que l'ensemble du corps médical a reconnu son inaptitude physique à exercer les fonctions d'agent de propreté ou d'entretien.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 septembre 2023 et le 1er mars 2024, le syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères du plateau de Lannemezan, des Nestes et des Coteaux, représenté par Me Duverneuil, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 2 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'avis médical du médecin de l'association de santé et de médecine au travail du 22 juillet 2022 fait l'objet de dispositions spéciales dans le code du travail attribuant compétence matérielle exclusive au Conseil de prud'hommes pour statuer sur les différends relatifs à ces avis médicaux ;

- ce même avis médical n'est pas un acte susceptible de recours ;

- la fiche de poste en litige ne fait pas grief à M. A ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté pour M. A a été enregistré le 21 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 80-603 du 10 juin 1985 ;

- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Genty,

- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,

- et les observations de Me Sageloli, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, adjoint technique territorial de 2ème classe, exerçait ses fonctions dans les services du syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères (SMECTOM) du plateau de Lannemezan, des Nestes et des Coteaux. Par un arrêté du 15 septembre 2021, à la suite de son placement en disponibilité d'office pour raison de santé du 28 octobre 2018 au 27 avril 2021, le président du SMECTOM l'a rétroactivement réintégré à la date du 28 avril 2021 sans toutefois que l'intéressé ne reprenne effectivement ses fonctions, jusqu'au 11 octobre 2021, sur le poste d'agent polyvalent de propreté sur lequel il avait été affecté. Placé en congé de maladie ordinaire à compter de cette dernière date jusqu'au 10 août 2022, le médecin agréé, à l'occasion de la visite de contrôle de la prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs, l'a déclaré apte à ses fonctions sous réserve que le poste attribué soit adapté à son état de santé. La visite de reprise a été effectuée le 22 juillet 2022 par le médecin du travail de l'association de santé et de médecine au travail qui a estimé que le poste d'agent polyvalent de propreté n'était pas adapté à l'état de santé de M. A. En revanche, ce même médecin a estimé le 8 août 2022 l'état de santé de M. A compatible, sous certaines réserves, avec le poste d'agent d'entretien des locaux du personnel technique au regard de la fiche de poste correspondante. Par un courrier du 10 août 2022, le président du SMECTOM a informé M. A de ce qu'il devait se présenter le 1er septembre 2022 sur le poste d'agent d'entretien ainsi défini. M. A demande l'annulation de l'avis médical du médecin du travail de l'association de santé et de médecine au travail émis le 22 juillet 2022, de la fiche de poste d'agent d'entretien des locaux du personnel technique, et de la décision du président du SMECTOM du 10 août 2022.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'avis du médecin du travail de l'association de santé et de médecine au travail du 22 juillet 2022 :

S'agissant de l'exception d'incompétence opposée par le SMECTOM :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 811-1 du code général de la fonction publique : " Les règles applicables en matière d'hygiène et de sécurité dans les services, collectivités et établissements mentionnés aux articles L. 3 et L. 4 sont celles définies par les livres Ier à V de la quatrième partie du code du travail ainsi que par l'article L. 717-9 du code rural et de la pêche maritime. Il peut toutefois y être dérogé par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes l'article 3 du décret du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale : " En application de l'article L. 811-1 du code général de la fonction publique, dans les services des collectivités et établissements mentionnés à l'article 1er, les règles applicables en matière de santé et de sécurité sont, sous réserve des dispositions du présent décret, celles définies aux livres Ier à V de la quatrième partie du code du travail et par les décrets pris pour leur application, ainsi que par l'article L. 717-9 du code rural et de la pêche maritime. ". Aux termes de l'article 24 du même décret, dans sa version applicable au litige : " Le médecin du travail est seul habilité à proposer des aménagements de poste de travail ou de conditions d'exercice des fonctions, justifiés par l'âge, la résistance physique ou l'état de santé des agents. () / En cas de contestation par les agents intéressés des propositions formulées par le médecin du travail, l'autorité territoriale peut saisir pour avis le médecin inspecteur du travail territorialement compétent. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 4624-45 du code du travail, inséré dans sa quatrième partie : " En cas de contestation portant sur les avis, propositions, conclusions écrites ou indications reposant sur des éléments de nature médicale émis par le médecin du travail mentionnés à l'article L. 4624-7, le conseil de prud'hommes statuant selon la procédure accélérée au fond est saisi dans un délai de quinze jours à compter de leur notification. Les modalités de recours ainsi que ce délai sont mentionnés sur les avis et mesures émis par le médecin du travail. () ".

4. M. A, fonctionnaire territorial, sollicite l'annulation de l'avis émis le 22 juillet 2022 par le médecin de prévention de l'association de santé et de médecine au travail des Hautes-Pyrénées, relatif au poste sur lequel son employeur, le SMECTOM du plateau de Lannemezan, des Nestes et des Coteaux l'a affecté. A supposer que ce dernier ait entendu se prévaloir des dispositions précitées de l'article R. 4624-45 du code du travail pour soutenir que seul le Conseil de prud'hommes est compétent pour connaître de telles conclusions, le renvoi qu'opère toutefois l'article 3 du décret du 10 juin 1985 à la quatrième partie du code du travail ne vaut que sous réserve des dispositions propres de ce décret au nombre desquelles figurent celles de l'article 24 qui régit la contestation des avis et des propositions du médecin de prévention émis à l'égard d'un fonctionnaire territorial. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de l'avis en litige du médecin de prévention n'ont pas été présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

S'agissant de la fin de non-recevoir opposée par le SMECTOM :

5. Il résulte des dispositions précitées au point 2 de l'article 24 du décret du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale que si l'agent concerné peut contester l'avis émis par le médecin de prévention devant l'administration employeur, ce que M. A ne justifie pas avoir fait, il ne peut le faire directement dans le cadre du recours pour excès de pouvoir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par le SMECTOM doit être accueillie.

En ce qui concerne la fiche de poste d'agent d'entretien des locaux du personnel

technique :

6. Aux termes de l'article 3 du décret du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints techniques territoriaux. : " Les adjoints techniques territoriaux sont chargés de tâches techniques d'exécution. / Ils exercent leurs fonctions dans les domaines du bâtiment, des travaux publics, de la voirie et des réseaux divers, des espaces naturels et des espaces verts, de la mécanique et de l'électromécanique, de la restauration, de l'environnement et de l'hygiène, de la logistique et de la sécurité, de la communication et du spectacle, de l'artisanat d'art. () ".

7. Par ailleurs, il résulte des dispositions précitées de l'article 24 du décret du 10 juin 1985 au point 2 que les autorités administratives ont l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents.

8. D'une part, à la suite de l'avis favorable de la commission administrative paritaire émis le 17 octobre 2017, le président de l'établissement public a décidé d'affecter le requérant, qui exerçait les fonctions de gardien de déchetterie, à un nouvel emploi d'agent d'entretien, et plus particulièrement d'agent polyvalent de propreté. Si cette décision n'a pas pris la forme d'un arrêté de changement d'affectation, elle a toutefois été révélée par les courriers de cette même autorité du 24 octobre 2017 et du 20 novembre 2017 par lesquels cette même autorité a convoqué M. A pour lui présenter son nouveau poste, ainsi que par le courrier du 28 novembre 2017 portant notification de la nouvelle fiche de poste. Cette décision n'a jamais été contestée et est ainsi devenue définitive. D'autre part, la fiche de poste en litige jointe à la décision du président du SMECTOM du 10 août 2022 rappelée au point 1, traduit la prise en compte par cette autorité des aménagements préconisés par le médecin de prévention du poste d'agent d'entretien sur lequel le requérant avait été affecté. Cette fiche de poste, tout en modifiant les tâches à accomplir par le requérant, ne porte pas atteinte aux droits et prérogatives qu'il tient de son statut ni à l'exercice de ses droits et libertés fondamentaux, ni n'emporte de perte de responsabilité ou de rémunération. Elle ne peut dès lors être regardée comme faisant grief à M. A qui ne justifie ainsi pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à son encontre. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par le SMECTOM doit être accueillie.

En ce qui concerne la légalité de la décision du président du SMECTOM du 10 août 2022 :

9. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. /A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". D'autre part, aux termes l'article 26 du décret du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration dans sa version applicable au litige : " () Lorsque, conformément aux dispositions des articles 5 et 5 bis de la loi du 13 juillet 1983, l'exercice de certaines fonctions requiert des conditions de santé particulières, la réintégration est subordonnée à la vérification par un médecin agréé et, éventuellement, par le conseil médical compétent, de l'aptitude physique du fonctionnaire à l'exercice des fonctions afférentes à son grade.() ". Aux termes de l'article 72 loi du 26 janvier 1984, désormais codifié aux articles L. 514-4 et L. 514- 8 du code général de la fonction publique : " La disponibilité d'un fonctionnaire est prononcée soit à la demande de l'intéressé, soit d'office au terme des congés pour raisons de santé prévus au chapitre II du titre II du livre VIII. () . Le fonctionnaire mis en disponibilité qui refuse successivement trois postes qui lui sont proposés, situés dans le ressort territorial de son cadre d'emplois pour le fonctionnaire territorial, en vue de sa réintégration, peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire compétente. ". Aux termes de l'article 20 du décret du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration. : " Sont également placés d'office en position de disponibilité pour une durée maximale de trois ans les fonctionnaires qui, parvenus à l'expiration d'une période de détachement ou de congé parental ou remis à la disposition de leur administration d'origine au cours d'une de ces périodes, ont refusé un emploi relevant de la même collectivité ou établissement public, que leur grade leur donne vocation à occuper. / Si, au cours de cette période de disponibilité, le fonctionnaire refuse trois postes correspondant à son grade proposés dans les conditions prévues à l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 précitée, il est soit admis à la retraite, soit, s'il n'a pas le droit à pension, licencié. / La période de disponibilité de trois ans est prorogée le cas échéant de plein droit jusqu'à la présentation de la troisième proposition d'emploi prévue à l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984. ".

10. Ainsi qu'il a été dit au point 7, la réintégration de M. A après la période de mise en disponibilité pour raison de santé a été prononcée par un arrêté du président du SMECTOM du 15 septembre 2021 qui n'a pas été contesté. Il résulte, par ailleurs, des termes de la décision attaquée que cette même autorité, après avoir rappelé au requérant que le médecin agréé avait conclu à son aptitude à reprendre ses fonctions, a fixé la date de cette reprise au 1er septembre 2022, à l'issue d'une période de congé de maladie ordinaire, et l'a également informé que sa fiche de poste avait été adaptée pour tenir compte des aménagements préconisés par le médecin de prévention. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, cette décision n'avait pas pour objet de le réintégrer après une période de mise en disponibilité et ne présentait pas pour son destinataire un caractère défavorable. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation prévue par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, de la méconnaissance des articles 20 et 26 du décret du 13 janvier 1986, et de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984, et de ce que lors d'annulation contentieuse de mesures individuelles d'affectation, il peut être enjoint à l'administration de réintégrer l'agent sur le poste qu'il occupait, ou en cas de suppression du poste, sur un poste équivalent, sont inopérants.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 826-1 du code général de la fonction publique : " Lorsqu'un fonctionnaire est reconnu inapte à l'exercice de ses fonctions par suite de l'altération de son état de santé, son poste de travail fait l'objet d'une adaptation, lorsque cela est possible. ".

12. Il résulte d'un courrier du président du SMECTOM du 22 juin 2022, et il n'est pas contesté, que le docteur C, médecin agréé qui a effectué la visite de contrôle de M. A le 12 avril 2022 a, dans un certificat médical complémentaire à celui établi à cette même date, déclaré M. A apte à l'exercice de ses fonctions sous réserve d'aménager son poste de travail. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 826-1 du code général de la fonction publique est également inopérant.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

14. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ".

15. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "

17. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de ce dernier une somme de 150 euros au titre des frais exposés par le SMECTOM du plateau de Lannemezan, des Nestes et des Coteaux et non compris dans les dépens.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera au syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères du plateau de Lannemezan, des Nestes et des Coteaux une somme de 150 (cent cinquante) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères du plateau de Lannemezan, des Nestes et des Coteaux.

Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,

Mme Genty, première conseillère,

Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.

La rapporteure,

F. GENTY

Le président,

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

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