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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2202274

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2202274

mardi 18 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2202274
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBORDES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 octobre 2022, 17 mars et 1er avril 2023, M. B A C, représenté par Me Bordes, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 août 2022, par lequel la préfète des Landes a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a notifié une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " ;

3°) à défaut, d'enjoindre à la préfète des Landes de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'incompétence dès lors qu'elle n'a pas été signée par la préfète des Landes et qu'il n'est pas établi que son auteur disposait d'une délégation de signature ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, la préfète ne l'ayant pas mis en mesure de compléter son dossier et de formuler des observations ;

- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur de droit dès lors qu'elle se fonde sur l'absence de détention d'un visa long séjour et qu'elle ajoute une condition aux stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien ; il a acquitté les droits de 50 euros pour la délivrance d'un visa de régularisation ;

- elle est constitutive d'un abus de droit dès lors que la préfète des Landes s'est abstenue de s'adresser à son employeur pour régulariser son dossier et de compléter les informations manquantes sollicitées par la plateforme main d'œuvre étrangère ;

- à titre subsidiaire, elle est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des articles L 423-23 et L 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la condition de production d'un visa de long séjour n'est pas opposable lorsque l'admission au séjour est justifiée par des motifs exceptionnels ; il justifie de sa présence habituelle en France depuis 2017 ; la préfète des Landes devait faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence dès lors qu'elle n'a pas été signée par la préfète des Landes et qu'il n'est pas établi que son auteur disposait d'une délégation de signature ;

- la décision de refus de renouvellement du titre de séjour étant illégale, celle l'obligeant à quitter le territoire l'est aussi ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle porte à ses droits une atteinte disproportionnée par rapport au but qu'elle poursuit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2023 la préfète des Landes conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu lors de l'audience publique le rapport de Mme Beneteau.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A C, ressortissant tunisien né le 15 avril 1973, est entré régulièrement en France le 18 août 2017 muni d'un visa C valable du 15 août 2017 au 15 octobre 2017. Il a sollicité, le 30 avril 2020, par le biais de son employeur, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par courrier du 24 mai 2022, la préfète des Landes l'a informé qu'elle envisageait de prononcer à son encontre un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, et l'a invité à lui faire part de ses observations dans un délai de quinze jours à compter de la notification du courrier. Par courrier du 8 juin 2022, M. A C a présenté ses observations et sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 août 2022, dont il demande l'annulation, la préfète des Landes a refusé de lui délivrer les titres de séjour sollicités, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné à défaut de se conformer à ladite obligation.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus d'admission au séjour :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 2 mars 2022, publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture des Landes, la préfète de ce département a donné délégation à M. Daniel Fermon, secrétaire général de la préfecture des Landes et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer notamment toutes décisions prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. () ". Aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1err du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention " salarié " () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 11 de cet accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ". Selon l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". L'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". En outre, selon l'article L. 436-4 de ce code : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 412-1, préalablement à la délivrance d'un premier titre de séjour, l'étranger qui est entré en France sans être muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur () acquitte un droit de visa de régularisation d'un montant égal à 200 euros, dont 50 euros, non remboursables, sont perçus lors de la demande de titre. () Le visa mentionné au premier alinéa tient lieu du visa de long séjour prévu au dernier alinéa de l'article L. 312-2 si les conditions pour le demander sont réunies ".

4. Il résulte de ces stipulations et dispositions, d'une part, que la délivrance aux ressortissants tunisiens d'un titre de séjour portant la mention " salarié " est subordonnée, notamment, à la présentation d'un visa de long séjour, l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 n'ayant pas dérogé à cette condition. Il en résulte, d'autre part, que la délivrance d'un visa de régularisation fait obstacle à ce qu'après que l'étranger a acquitté l'intégralité du droit y afférent, le préfet puisse opposer l'irrégularité de l'entrée sur le territoire national pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé.

5. En l'espèce, la préfète des Landes s'est fondée, pour refuser à M. A C la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, sur la circonstance que celui-ci n'était pas titulaire du visa de long séjour exigé par l'article 3 de l'accord franco-tunisien. La préfète pouvait légalement refuser, pour ce seul motif et sans avoir préalablement précisé à l'intéressé les raisons pour lesquelles il n'avait pas obtenu l'autorisation de travailler ni l'avoir informé de l'obligation de compléter les formulaires CERFA ad hoc, de lui délivrer le titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement de ces stipulations. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure doit être écarté.

6. En troisième lieu, pour le même motif, les circonstances invoquées que la préfète des Landes se serait abstenue de s'adresser à son employeur pour régulariser son dossier et de compléter les informations manquantes auprès de la plateforme main d'œuvre étrangère ne sauraient caractériser un abus de droit dès lors qu'en tout état de cause, l'absence de visa de long séjour suffit à fonder la décision en litige.

7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A C est entré régulièrement en France le 18 août 2017 muni d'un visa C valable jusqu'au 15 octobre 2017. Ainsi, et comme il a été dit précédemment, le requérant ne justifiait pas de la détention d'un visa de long séjour à la date à laquelle il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par suite, la préfète des Landes a pu considérer à bon droit qu'il ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer un tel titre sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. En outre, s'il justifie avoir acquitté la somme de 50 euros qui lui a été réclamée le 6 octobre 2020, il ne démontre nullement s'être acquitté de l'intégralité du droit de visa de régularisation, et non des seuls 50 euros exigibles au dépôt de la demande, et avoir ainsi obtenu le visa de régularisation prévu par les dispositions de l'article L. 436-4 précité. Par suite, la préfète des Landes n'a pas méconnu les dispositions précitées en refusant de lui délivrer un titre de séjour au seul motif du défaut de visa de long séjour.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

9. M. A C soutient que la décision par laquelle la préfète des Landes a refusé de lui délivrer un titre de séjour est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait valoir, à l'appui, sa présence en France depuis presque cinq ans, la signature d'un contrat de travail et la remise des formulaires CERFA remplis par son employeur. Toutefois, une telle durée de séjour, à la supposer établie, ne saurait suffire à fonder une admission au séjour, alors au demeurant que l'intéressé s'est abstenu, pendant près de deux ans, de solliciter la délivrance d'un titre de séjour après l'expiration du visa C grâce auquel il est entré en France. De plus, alors que la préfète a motivé la décision en litige en soulignant que les parents de l'intéressé, son épouse avec qui il est marié depuis vingt ans et son fils résident toujours en Tunisie, pays dans lequel il a vécu l'essentiel de son existence, il ressort des pièces du dossier que ses liens en France ne peuvent être regardés comme suffisamment anciens et stables, quand bien même il produit des justificatifs établissant sa présence ponctuelle sur le territoire français, de manière répétée, entre 2017 et 2022. Dans les circonstances de l'espèce et dans ces conditions, la préfète des Landes n'a pas porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs qui fondent la décision en litige. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commises la préfète des Landes au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

11. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement l'invoquer. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient alors au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

12. En l'espèce, M. A C soutient que sa présence en France depuis presque cinq ans, la signature d'un contrat de travail, et la remise des formulaires CERFA remplis par son employeur constituent des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour. Toutefois, et pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 7, il ressort des pièces du dossier que la situation personnelle et familiale de M. A C, qui ne peut être regardé comme ayant fixé le centre de ses intérêts personnels sur le territoire français, n'est pas de nature à caractériser l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour. Ainsi, la préfète des Landes n'a pas entaché sa décision d'une erreur de fait. Elle n'a pas davantage méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions en estimant que le requérant ne justifiait pas de motifs exceptionnels au sens des mêmes dispositions. Par suite, les moyens tirés de ce que la préfète aurait entaché sa décision d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour pour demander l'annulation, par voie de conséquence, de la décision distincte lui faisant obligation de quitter le territoire français.

14. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'incompétence doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

16. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, les moyens tirés de ce que la décision obligeant M. A C à quitter le territoire français porterait, eu égard aux buts qu'elle poursuit, une atteinte disproportionnée à ses droits tels que garantis par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation doivent être écartés.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A C, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que le requérant présente sur leur fondement à l'encontre de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C, à la préfète des Landes et à Me Bordes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Beneteau, première conseillère,

Mme Neumaier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 18 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé

A. BENETEAU

La présidente,

Signé

M. SELLES

La greffière,

Signé

P. SANTERRE

La République mande et ordonne à la préfète des Landes, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

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