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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2202498

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2202498

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2202498
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2022, sous le n° 2202498, et un mémoire, enregistré le 4 mars 2023, M. A E, représenté par Me Brel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 septembre 2022 par laquelle le ministre de la justice a ordonné la prolongation de son placement à l'isolement pour une durée de trois mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que ses observations orales et écrites n'ont pas été recueillies et qu'il n'a pas eu connaissance de l'avis du médecin ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 19 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 avril 2024.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2022.

II- Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2022, sous le n° 2202903, M. A E, représenté par Me Brel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2022 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a ordonné la prolongation de son placement à l'isolement pour une durée de trois mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou en application des seules premières dispositions dans le cas où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé ainsi qu'aux entiers dépens.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que ses observations écrites et orales n'ont pas été recueillies et qu'il n'a pas pu être assisté d'un avocat ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 19 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 avril 2024.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code pénitentiaire ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sellès, présidente,

- et les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E, écroué depuis le 12 avril 2012, a été incarcéré au sein du centre pénitentiaire de Lannemezan du 8 novembre 2021 au 26 juillet 2023. Il a fait l'objet d'un placement provisoire à l'isolement justifié par l'urgence le 10 mai 2020, puis par une décision du 14 mai 2020, son placement initial à l'isolement a été prononcé, renouvelé plusieurs fois par des décisions successives. Par une décision du 13 septembre 2022, le ministre de la justice a prolongé son placement à l'isolement pour une durée de trois mois puis par une décision du 13 novembre 2022, cette même autorité a de nouveau prolongé son placement à l'isolement pour la même durée. Par les deux requêtes susvisées, M. E demande au tribunal d'annuler ces deux dernières décisions.

Sur la jonction :

2. Les deux requêtes susvisées, introduites par M. E, présentent à juger des questions semblables, sur des mesures prises à l'encontre du même détenu et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

S'agissant du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions litigieuses :

3. Aux termes de l'article R. 213-25 du code pénitentiaire " Lorsqu'une personne détenue est à l'isolement depuis un an à compter de la décision initiale, le garde des sceaux, ministre de la justice, peut prolonger l'isolement pour une durée maximale de trois mois renouvelable. () ".

4. Les décisions litigieuses ont été signées par Mme D C, directrice des services pénitentiaires hors classe et cheffe du pôle isolement. Par deux arrêtés du 17 janvier 2022 et du 8 novembre 2022, publiés au journal officiel, le ministre de la justice a accordé à Mme C une délégation à l'effet de signer, au nom du garde des sceaux, ministre la justice, et dans la limite de ses attributions, tous actes, arrêtés et décisions, à l'exclusion des décrets, au nombre desquels figure la décision attaquée. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués doit être écarté comme manquant en fait.

S'agissant du moyen tiré du vice de procédure de la décision du 13 septembre 2022 :

5. D'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". L'article L. 122-1 de ce code dispose que : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / () ".

6. D'autre part, aux termes de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire : " Lorsqu'une décision d'isolement d'office initiale ou de prolongation est envisagée, la personne détenue est informée, par écrit, des motifs invoqués par l'administration, du déroulement de la procédure et du délai dont elle dispose pour préparer ses observations. Le délai dont elle dispose ne peut être inférieur à trois heures à partir du moment où elle est mise en mesure de consulter les éléments de la procédure, en présence de son avocat, si elle en fait la demande. Le chef de l'établissement pénitentiaire peut décider de ne pas communiquer à la personne détenue, ni à son avocat, les informations ou documents en sa possession qui contiennent les éléments pouvant porter atteinte à la sécurité des personnes ou de l'établissement. / () Les observations de la personne détenue et, le cas échéant, celles de son avocat sont jointes au dossier de la procédure. Si la personne détenue présente des observations orales, elles font l'objet d'un compte rendu écrit signé par elle. / () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. E s'est vu remettre un document daté du 9 août 2022, intitulé " procédure d'isolement : mise en œuvre de la procédure contradictoire préalable " qui l'informait de ce qu'il était envisagé de demander au ministre de la justice la prolongation de son placement à l'isolement et des motifs justifiant cette demande. Cette lettre informait également l'intéressé de ses droits à présenter des observations écrites ou orales, de se faire assister ou représenter par un avocat et de consulter les pièces relatives à la procédure dans le délai prévu au premier alinéa de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire. Il ressort également des pièces du dossier qu'à l'occasion de sa notification le même jour, M. E a coché les items selon lesquels il souhaitait consulter les pièces de la procédure, présenter des observations écrites et se faire assister ou représenter par un avocat. Il ressort enfin des pièces du dossier que M. E a présenté des observations lors de l'audience à l'issue de laquelle la décision en litige a été prise. En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'administration se serait opposée à la consultation par M. E des éléments de la procédure, notamment l'avis du directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse et celui du médecin, versés au dossier. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure dont serait entachée la décision attaquée doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré du vice de procédure de la décision du 13 décembre 2022 :

8. Il ressort des pièces du dossier que M. E s'est vu remettre un document daté du 9 novembre 2022, intitulé " procédure d'isolement : mise en œuvre de la procédure contradictoire préalable " qui l'informait de ce qu'il était envisagé de demander au ministre de la justice la prolongation de son placement à l'isolement et des motifs justifiant cette demande. Cette lettre informait également l'intéressé de ses droits à présenter des observations écrites ou orales, de se faire assister ou représenter par un avocat et de consulter les pièces relatives à la procédure dans le délai prévu au premier alinéa de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire. Il ressort également des pièces du dossier qu'à l'occasion de sa notification le 10 novembre 2022, M. E a coché les items selon lesquels il souhaitait consulter les pièces de la procédure, présenter des observations écrites et se faire assister ou représenter par un avocat désigné par le bâtonnier. Si M. E soutient qu'il n'a pas pu présenter ses observations orales ni se faire représenter par un avocat, il ressort des pièces du dossier que ses observations orales ainsi que celles de son avocat ont été recueillies lors de l'audience à l'issue de laquelle la décision en litige a été prise. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure dont serait entachée la décision attaquée doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation :

9. Aux termes de l'article R. 213-18 du code pénitentiaire : " La mise à l'isolement d'une personne détenue, par mesure de protection ou de sécurité, qu'elle soit prise d'office ou sur demande de la personne détenue, ne constitue pas une mesure disciplinaire. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 213-30 du même code : " Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé. () ".

10. M. E ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de la circulaire du 14 avril 2011 relative au placement à l'isolement des personnes détenues, qui ne contient aucune mesure impérative mais se borne à adresser des recommandations au service.

11. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. E est incarcéré depuis le 12 avril 2012, notamment pour des faits de vol avec violence, extorsion avec violences, vol avec arme, violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique, violence suivie de mutilation ou infirmité permanente, violence commise en réunion sans incapacité, destruction de bien destiné à l'utilité ou la décoration publique, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet de quarante procédures disciplinaires à la date des décision litigieuses notamment pour agression d'un de ses codétenus, tentative d'agression et innombrables insultes envers un personnel, refus de réintégrer sa cellule, dégradation des cabines téléphoniques, menaces envers le personnel ou encore tapage. Les incidents et agressions dont il s'est rendu responsable entre octobre 2019 et juillet 2020 ont justifié son affectation à l'unité des détenus violents lors de son transfert à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Le ministre de la justice fait valoir qu'en raison de l'inefficacité de cette mesure, l'intéressé a été transféré à la maison centrale de Poissy au sein de laquelle il a de nouveau proféré des insultes et des menaces de mort justifiant alors son exclusion et son transfert pour mesure d'ordre et de sécurité vers le centre pénitentiaire de Lannemezan. En janvier 2022, son comportement injurieux et agressif a justifié son placement en cellule de protection renforcée et il a proféré des insultes à l'encontre du médecin de l'unité sanitaire. Le 3 juin 2022, M. E a été admis à l'unité hospitalière spécialement aménagée à la suite d'épisodes d'automutilation, d'une agression d'un personnel médical et d'un feu de cellule qu'il a provoqué. D'autre part, le ministre de la justice a également fondé ses décisions litigieuses sur les rapports du chef d'établissement du centre pénitentiaire de Lannemezan du 9 août 2022 et 9 novembre 2022, sur les avis du directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse du 2 septembre 2022 et du 10 novembre 2022, sur les avis du juge de l'application des peines des 11 août et 14 novembre 2022 qui sont tous trois favorables au maintien à l'isolement de l'intéressé ainsi que sur les avis médicaux des 9 août 2022 et 10 novembre 2022 qui précisent qu'il n'existe pas de contre-indication médicale à la prolongation de la mesure d'isolement de M. E. Dans ces conditions, eu égard au profil pénal et carcéral de l'intéressé et à son attitude, nonobstant une amélioration récente de son comportement soulevée par le chef d'établissement du centre pénitentiaire de Lannemezan dans ses rapports, le ministre de la justice a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, considérer que le comportement de M. E était de nature à présenter des risques pour la sécurité des biens et des personnes, justifiant la prolongation de sa mise à l'isolement.

S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme :

12. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

13. Eu égard à la vulnérabilité des détenus et à leur situation d'entière dépendance vis-à-vis de l'administration, il appartient aux directeurs des établissements pénitentiaires, en leur qualité de chefs de service, de prendre les mesures propres à protéger leur vie ainsi qu'à leur éviter tout traitement inhumain ou dégradant afin de garantir le respect effectif des exigences découlant des principes rappelés notamment par les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Eu égard à la nature d'une mesure de placement d'office à l'isolement et à l'importance de ses effets sur la situation du détenu qu'elle concerne, l'administration pénitentiaire doit veiller, à tout moment de son exécution, à ce qu'elle n'ait pas pour effet, eu égard notamment à sa durée et à l'état de santé physique et psychique de l'intéressé, de créer un danger pour sa vie ou de l'exposer à être soumis à un traitement inhumain ou dégradant.

14. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E aurait présenté des signes cliniques révélant un état de santé incompatible avec le renouvellement de son placement à l'isolement. La circonstance que M. E ait été hospitalisé le 3 juin 2022 à la suite d'épisode d'automutilation ne suffit pas à établir que la mesure d'isolement serait en l'espèce susceptible d'exposer le requérant à des traitements inhumains et dégradants alors qu'il ressort des avis médicaux en date du 9 août 2022 et du 10 novembre 2022 que le médecin n'a pas constaté de contre-indication aux décisions de prolongation de la mesure d'isolement à l'encontre de l'intéressé. En outre, le requérant ne démontre pas en quoi ses conditions d'isolement constitueraient en elles-mêmes un traitement inhumain et dégradant alors que le ministre soutient en défense sans être utilement contesté, que l'isolement d'un détenu n'est pas caractérisé par un isolement complet, le détenu conservant son droit à l'information, aux visites, à la correspondance, à la promenade quotidienne ainsi qu'aux activités sportives. Ces conditions de détention, limitées dans leur durée, ne peuvent pas être regardées comme un traitement inhumain et dégradant au sens des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. M. E n'est, ainsi, pas fondé à soutenir que la prolongation de son placement à l'isolement méconnaîtrait ces stipulations.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées.

Sur les frais de l'instance :

16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".

17. M. E ne justifie pas avoir exposé des dépens dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées par lui à ce titre doivent être rejetées.

18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. E demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. E sont rejetées.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A E, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me Brel.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

M. Rivière, premier conseiller,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La présidente-rapporteure,

M. SELLÈSL'assesseur le plus ancien,

E. RIVIÈRE La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

Nos 2202498, 2202903

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