vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202547 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | MARBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 novembre 2022, enregistrée le 18 novembre 2022 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Bordeaux a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. D E.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Bordeaux le 28 octobre 2022, M. D E, représenté par Me Marbot, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 mai 2022, par laquelle la déléguée Poitou-Charentes de la direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique a rejeté sa demande d'aide à l'arrêt temporaire des activités de pêche dans le cadre du Brexit, pour ses navires " Ahaldena " et " Viking II ", ensemble la décision de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine du 24 août 2022 de rejet de son recours administratif ;
2°) d'enjoindre au ministre chargé de la mer de réexaminer sa demande d'aide ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée du 31 mai 2022 est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle méconnait le principe général du droit de non rétroactivité des actes administratifs sur le fondement des articles L. 221-2 et L. 221-4 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle porte application d'une version de l'article 4 de l'arrêté du 29 avril 2021 entrée en vigueur le 18 septembre 2021, postérieurement à sa demande d'aide présentée le 28 juillet 2021 ;
- elle procède à un cumul inconstitutionnel de sanctions pénales et administratives sur le fondement de l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et de l'article 4 du protocole 7 additionnel de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, en étant fondé par des faits de fraude lors de la sortie de flotte de son navire le Basurdea pour lesquels il a déjà été condamné par ordonnance du tribunal de grande instance de Dax du 17 janvier 2014 ;
- le montant total de 22 047 euros d'aides refusées sur le fondement de sa condamnation pénale du 17 janvier 2014, nonobstant le montant même de cette condamnation à une amende pénale de 800 euros, est manifestement disproportionné par rapport aux faits qui lui sont reprochés ;
- la décision attaquée se fonde sur l'application rétroactive prohibée d'une loi pénale dès lors que les dispositions cumulées de l'arrêté du 29 avril 2021 et de l'article 10 du règlement (UE) n° 508/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 relatif au fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) revêtent le caractère de " peine " au sens de l'article 7 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme de sorte que ces dispositions ne peuvent être applicables à des faits qui leur sont antérieurs, à savoir des faits antérieurs au 15 mai 2014, date d'adoption du règlement UE n° 508/2014 du Parlement européen et du Conseil, comme les faits qui lui sont reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son premier protocole additionnel ;
- le règlement (UE) n° 508/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 ;
- la convention établie sur la base de l'article K.3 du traité sur l'Union européenne, relative à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 29 avril 2021 relatif à la mise en œuvre d'un arrêt temporaire aidé des activités de pêche dans le cadre du retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier ;
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Missonnier, substituant Me Marbot, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. D E exerce l'activité de marin-pêcheur à Capbreton, dans le département des Landes. Par courrier du 28 juillet 2021, M. E a présenté deux demandes d'aide pour ses navires " Ahaldena " et " Viking II ", sur le fondement de l'arrêté du 29 avril 2021 relatif à la mise en œuvre d'un arrêt temporaire aidé des activités de pêche dans le cadre du retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne. Par décision du 31 mai 2022, la déléguée Poitou-Charentes de la direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique a rejeté sa demande d'aide. Par un courrier du 25 juillet 2022, M. E a présenté un recours administratif contre cette décision, lequel a été rejeté par décision de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine du 24 août 2022. M. E doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 31 mai 2022 de rejet de sa demande d'aide pour ses navires " Ahaldena " et " Viking II ", ensemble la décision du 24 août 2022 de rejet de son recours administratif.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 7 de l'arrêté du 29 avril 2021 relatif à la mise en œuvre d'un arrêt temporaire aidé des activités de pêche dans le cadre du retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne, dans sa version applicable au litige : " Les dossiers de demande d'aide à un arrêt temporaire sont déposés auprès de la direction interrégionale de la mer du ressort du navire de pêche visé par la demande. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 7 décembre 2021, régulièrement publié, la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine a donné délégation, à compter du 1er mars 2021, à M. G A, directeur interrégional de la mer Sud-Atlantique, à l'effet de signer tous les actes relatifs à l'application du régime des aides financières européennes et nationales aux secteurs pêche et aquaculture. Par arrêté du 17 février 2022, régulièrement publié, M. G A, directeur interrégional de la mer Sud-Atlantique, a donné subdélégation à Mme F C, cheffe de la délégation Poitou-Charentes, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer les arrêtés individuels au titre de l'attribution d'une aide financière de mise en œuvre d'un arrêt temporaire aidé des activités de pêche dans le cadre du retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente manque en fait.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 29 avril 2021 relatif à la mise en œuvre d'un arrêt temporaire aidé des activités de pêche dans le cadre du retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne, dans sa version initiale : " Une demande d'aide dans le cadre du présent dispositif n'est pas admissible s'il a été établi par l'autorité compétente, dans les douze mois précédents, que le demandeur de l'aide : () 2. A commis une fraude au sens de l'article 1er de la convention relative à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes dans le cadre du Fonds européen pour la pêche (FEP) ou du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), conformément à l'article 10 paragraphe 3 du règlement (UE) n° 508/2014 ". Aux termes de l'article 4 du même arrêté dans sa version applicable à compter du 19 septembre 2021 : " Une demande d'aide dans le cadre du présent dispositif n'est pas admissible s'il a été établi par l'autorité compétente que le demandeur de l'aide : () 2. A commis une fraude au sens de l'article 1er de la convention relative à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes dans le cadre du Fonds européen pour la pêche (FEP) ou du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), conformément à l'article 10 paragraphe 3 du règlement (UE) n° 508/2014 ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 221-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf s'il en est disposé autrement par la loi, une nouvelle réglementation ne s'applique pas aux situations juridiques définitivement constituées avant son entrée en vigueur ou aux contrats formés avant cette date. ".
6. Sauf dispositions expresses contraires, il appartient à l'autorité administrative de statuer sur les demandes dont elle est saisie en faisant application des textes en vigueur à la date de sa décision.
7. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 28 juillet 2021, M. E a présenté deux demandes d'aide pour ses navires " Ahaldena " et " Viking II ", sur le fondement de l'arrêté du 29 avril 2021 relatif à la mise en œuvre d'un arrêt temporaire aidé des activités de pêche dans le cadre du retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne. Par décision du 31 mai 2022, la déléguée Poitou-Charentes de la direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique a rejeté sa demande d'aide en se fondant sur l'article 4 de cet arrêté dans sa version applicable à compter du 19 septembre 2021, laquelle ne prévoit plus de délai concernant la prise en compte d'une fraude pour rejeter une demande d'aide. Si l'article L. 221-4 du code des relations entre le public et l'administration dispose que, en principe, une nouvelle réglementation ne s'applique pas aux situations juridiques définitivement constituées avant son entrée en vigueur, le dépôt d'une demande d'attribution d'une aide financière au titre d'un arrêt temporaire aidé des activités de pêche dans le cadre du retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne ne saurait être regardé comme instituant, au profit du demandeur, une situation juridique définitivement constituée à la date de ce dépôt. Dès lors, la circonstance qu'une telle demande ait été déposée avant l'entrée en vigueur, le 19 septembre 2021, des modifications introduites par l'arrêté du 9 septembre 2021 modifiant l'arrêté du 29 avril 2021 ne saurait faire obstacle à ce que ces modifications lui soient applicables. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaitrait le principe général du droit de non rétroactivité des actes administratifs.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 4, paragraphe 1, du protocole n° 7 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être poursuivi ou puni pénalement par les juridictions du même Etat en raison d'une infraction pour laquelle il a déjà été acquitté ou condamné par un jugement définitif conformément à la loi et à la procédure pénale de cet Etat ".
9. La règle " non bis in idem ", telle qu'elle résulte de ces stipulations, ne trouve à s'appliquer, selon la réserve accompagnant l'instrument de ratification de ce protocole par la France et publiée au Journal officiel de la République française du 27 janvier 1989, à la suite du protocole lui-même, que pour " les infractions relevant en droit français de la compétence des tribunaux statuant en matière pénale ", et n'interdit ainsi pas le prononcé de sanctions administratives parallèlement aux décisions définitives prononcées par le juge répressif.
10. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'aux termes de la convention n° 36588/2011 du 9 novembre 2011 relative à l'attribution d'une aide financière du fonds européen pour la pêche (FEP) et de l'Etat, qu'il a signée avec le préfet de la région Aquitaine, M. E s'est engagé à assurer la sortie de flotte de son navire Basurdea contre le versement d'une aide publique d'un montant de 57 000 euros hors taxe. Une enquête de la gendarmerie maritime du 21 novembre 2013 a établi qu'un autre navire avait été détruit à la place du navire Basurdea et que ce dernier avait été conservé par M. E. Par ordonnance du 17 janvier 2014, le président du tribunal de grande instance de Dax a condamné M. E à trois mois d'emprisonnement délictuel avec sursis et à une amende délictuelle de 800 euros pour manœuvres frauduleuses et usage d'un écrit ayant pour effet d'établir la preuve d'un droit ou d'un fait ayant des conséquences juridiques. Par décision de déchéance de droits du 11 janvier 2018, le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine a demandé à M. E le remboursement total de la somme de 57 000 euros hors taxe perçue dans le cadre de la convention du 9 novembre 2011. D'autre part, il ressort des termes de la décision attaquée que l'administration a rejeté la demande d'aide présentée par M. E au motif qu'il ne répondait pas aux conditions d'éligibilité et d'admissibilité des aides du fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche prévues par l'article 10 du règlement (UE) n° 508/2014 et l'article 4 de l'arrêté du 29 avril 2021. En se fondant sur les faits de fraude commis antérieurement par M. E pour considérer que ses demandes d'aide n'étaient pas admissibles, la décision attaquée ne saurait être regardée comme ayant une portée punitive lui conférant le caractère de sanction administrative. La décision attaquée refuse l'octroi d'une aide financière à M. E, en se bornant à constater que ce dernier a été reconnu coupable d'avoir employé des manœuvres frauduleuses en vue d'obtenir une aide du fonds européen pour la pêche et de l'État pour la sortie de flotte du navire Basurdea et que, par conséquent, il ne répond pas aux conditions d'éligibilité et d'admissibilité aux aides du fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche. Par suite, et alors qu'il n'appartient pas au juge national de se prononcer sur la validité de la réserve citée au point 9, non dissociable de la décision de la France de ratifier ce protocole, M. E ne peut utilement soutenir que l'administration aurait méconnu l'article 4, paragraphe 1, du protocole n° 7 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en refusant sa demande d'aide pour des faits antérieurs de fraudes alors que, pour les mêmes faits, il a fait l'objet d'une condamnation pénale devenue définitive. En tout état de cause, le principe " non bis in idem " n'interdit pas le prononcé de sanctions administratives parallèlement aux décisions définitives prononcées par le juge répressif.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la Déclaration du 26 août 1789 des droits de l'homme et du citoyen : " La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée. ".
12. D'une part, dans sa décision n° 82-155 DC du 30 décembre 1982, le Conseil constitutionnel a considéré que " le principe de non-rétroactivité ainsi formulé ne concerne pas seulement les peines appliquées par les juridictions répressives, mais s'étend nécessairement à toute sanction ayant le caractère d'une punition même si le législateur a cru devoir laisser le soin de la prononcer à une autorité de nature non judiciaire ; ".
13. D'autre part, dans sa décision n° 89-260 DC du 28 juillet 1989, le Conseil constitutionnel a rappelé que " si l'éventualité d'une double procédure peut ainsi conduire à un cumul de sanctions, le principe de proportionnalité implique, qu'en tout état de cause, le montant global des sanctions éventuellement prononcées ne dépasse pas le montant le plus élevé de l'une des sanctions encourues ".
14. M. E ne peut utilement soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait le principe de non-rétroactivité et celui de proportionnalité des peines garantis par l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen précité dès lors qu'il résulte du point 10 que la décision attaquée n'a pas le caractère d'une sanction administrative.
15. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article 7 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui, au moment où elle a été commise, ne constituait pas une infraction d'après le droit national ou international. De même il n'est infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'infraction a été commise. 2. Le présent article ne portera pas atteinte au jugement et à la punition d'une personne coupable d'une action ou d'une omission qui, au moment où elle a été commise, était criminelle d'après les principes généraux de droit reconnus par les nations civilisées. ".
16. Si, lorsqu'il est appliqué aux sanctions administratives, le principe de légalité des délits et des peines ne fait pas obstacle à ce que les infractions soient définies par référence aux obligations auxquelles est soumise une personne en raison de l'activité qu'elle exerce, de la profession à laquelle elle appartient ou de l'institution dont elle relève, il implique, en revanche, que les sanctions soient prévues et énumérées par un texte. Toutefois - ainsi, d'ailleurs, qu'en matière pénale - ce texte n'a pas, dans tous les cas, à être une loi.
17. Le principe de légalité des délits et des peines, qui s'étend à toute sanction ayant le caractère d'une punition, fait obstacle à ce que l'administration inflige une sanction si, à la date des faits litigieux, la règle en cause n'est pas suffisamment claire, de sorte qu'il n'apparaît pas de façon raisonnablement prévisible par les professionnels concernés que le comportement litigieux est susceptible d'être sanctionné.
18. D'autre part, aux termes de l'article 1er de la convention établie sur la base de l'article K.3 du traité sur l'Union européenne, relative à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes : " 1. Aux fins de la présente convention, est constitutif d'une fraude portant atteinte aux intérêts financiers des Communautés européennes : a ) en matière de dépenses, tout acte ou omission intentionnel relatif : - à l' utilisation ou à la présentation de déclarations ou de documents faux, inexacts ou incomplets, ayant pour effet la perception ou la rétention indue de fonds provenant du budget général des Communautés européennes ou des budgets gérés par les Communautés européennes ou pour leur compte, () - au détournement de tels fonds à d' autres fins que celles pour lesquelles ils ont initialement été octroyés ; ". Aux termes de l'article 10 du règlement (UE) n° 508/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 : " () 3. Une demande présentée par un opérateur n'est pas admissible pour une durée déterminée fixée en vertu du paragraphe 4 du présent article, s'il a été établi par l'autorité compétente que ledit opérateur a commis une fraude au sens de l'article 1er de la convention relative à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes (1) dans le cadre du Fonds européen pour la pêche (FEP) ou du FEAMP () ".
19. M. E ne peut utilement soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait le principe de légalité des délits et des peines garantis par l'article 7 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précité dès lors qu'il résulte du point 10 que la décision attaquée n'a pas le caractère d'une sanction administrative et que l'article 7 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est relatif qu'aux seules sanctions infligées en matière pénale. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 10, que l'aide au sujet de laquelle M. E a été condamné du chef de manœuvres frauduleuses, par ordonnance du président du tribunal de grande instance de Dax du 17 janvier 2014, était une aide financière du fonds européen pour la pêche. Or, à la date de sa demande et de la décision attaquée, le paragraphe 3 de l'article 10 du règlement (UE) n° 508/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 énonçait clairement qu'une demande d'aide n'était pas admissible si son bénéficiaire avait commis une fraude à ce fonds européen. La circonstance que la date de condamnation pénale de cette fraude soit antérieure à la date d'adoption de ce règlement est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête aux fins d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête.
Sur les frais de l'instance :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. E demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D E et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la région Nouvelle-Aquitaine.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.
La rapporteure,
Z. CORTHIER
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026