vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202655 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DUMAZ ZAMORA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2022, M. C A, représenté par Me Dumaz-Zamora, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 novembre 2022 par laquelle le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de lui délivrer un certificat de résidence d'une durée de dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de lui délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Une mise en demeure a été adressée au préfet des Hautes-Pyrénées le 21 juin 2023 en application des dispositions de l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Neumaier,
- et les observations de Me Dumaz-Zamora, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant égyptien et titulaire depuis le 10 juillet 2019 d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", a sollicité le 1er août 2022 la délivrance d'une carte de résident d'une durée de dix ans. Par une décision du 7 novembre 2022, le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté cette demande et lui a délivré un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée de deux ans. M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision, en tant qu'elle lui refuse la délivrance d'une carte de résident d'une durée de dix ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France et titulaire depuis au moins trois années de la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 423-7 ou d'une carte de séjour pluriannuelle délivrée aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-1, L. 423-7 et L. 423-23, sous réserve qu'il continue de remplir les conditions prévues pour l'obtention de cette carte de séjour, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans. / La délivrance de cette carte de résident est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7 (). ". Aux termes de l'article L. 423-7 du même code : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Et aux termes de l'article L. 413-7 de ce code : " La première délivrance de la carte de résident prévue aux articles () L. 423-10 ou () est subordonnée à l'intégration républicaine de l'étranger dans la société française, appréciée en particulier au regard de son engagement personnel à respecter les principes qui régissent la République française, du respect effectif de ces principes et de sa connaissance de la langue française qui doit être au moins égale à un niveau défini par décret en Conseil d'Etat. / Pour l'appréciation de la condition d'intégration, l'autorité administrative saisit pour avis le maire de la commune dans laquelle l'étranger réside. Cet avis est réputé favorable à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la saisine du maire par l'autorité administrative. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est lié depuis le 22 janvier 2019 à une ressortissante française par un pacte civil de solidarité, est le père d'un enfant français né le 17 août 2021. Il a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " depuis le 10 juillet 2019, régulièrement renouvelé jusqu'au 14 octobre 2022. Il justifie ainsi avoir été titulaire depuis au moins trois ans de la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 423-7 ou d'une carte de séjour pluriannuelle délivrée aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-1, L. 423-7 et L. 423-23.
4. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".
5. M. A soutient qu'il réside dans le même logement que sa conjointe et son fils, qu'il participe à l'entretien et à l'éducation de ce dernier, et qu'il remplit la condition d'intégration républicaine à la société française. Le préfet des Hautes-Pyrénées a été mis en demeure de produire ses observations le 21 juin 2023 et cette mise en demeure est restée sans réponse. En application de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, cette autorité est ainsi réputée avoir admis l'exactitude matérielle des faits allégués par M. A, non contredits par les pièces du dossier. Dans ces conditions, à la date de la décision attaquée, M. A continuait à remplir les conditions prévues par l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et remplissait également la condition prévue par l'article L. 413-7 du même code. Par suite, M. A est fondé à soutenir qu'en lui refusant, par cette décision, la délivrance d'une carte de résident, le préfet des Hautes-Pyrénées a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision du préfet des Hautes-Pyrénées du 7 novembre 2022, en tant qu'elle porte refus de délivrance d'un certificat de résidence de dix ans, doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution (). ".
8. L'exécution du présent jugement, eu égard à ses motifs, implique nécessairement que soit délivrée à M. A une carte de résident portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de délivrer ce titre au requérant, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet des Hautes-Pyrénées du 7 novembre 2022, en tant qu'elle porte rejet de la demande de délivrance d'une carte de résident, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hautes-Pyrénées de délivrer à M. A une carte de résident portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet des Hautes-Pyrénées.
Copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Crassus, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
L. NEUMAIER
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026