vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202685 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PECASSOU-CAMEBRAC & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2022, la société Clearview, représentée par Me Drouineau, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 29 août 2022 par lequel le maire de la commune d'Anglet a délivré à la société Abysses un permis de construire l'autorisant à procéder à la surélévation partielle ainsi qu'à la modification des façades de son bien immobilier, situé 1 place de la Chapelle ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Anglet une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en sa qualité de voisin immédiat du projet, elle justifie d'un intérêt à agir ;
- la condition d'urgence est réunie dès lors qu'en matière d'urbanisme, cette condition d'urgence doit en principe être regardée comme remplie et que l'exécution des travaux autorisés vient de commencer ; ces travaux présentent un caractère difficilement réversible ;
- un doute sérieux quant à la légalité de ce permis existe :
* le dossier de demande de permis présente des lacunes n'ayant pas permis une appréciation du projet : le plan de masse produit (PC02A) ne fait aucunement mention des modalités de raccordement au réseau public et la pièce PC02B ne comporte pas davantage cette précision ; les plans de coupe (PC03 A, PC03B et PC03C) ne permettent pas d'apprécier l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; la notice architecturale ne mentionne pas les partis pris retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement, et méconnaît les exigences de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ; à cet égard, ni le plan " insertion " (PC06) ni le plan de toiture (PC07/08) ne permettent d'apprécier l'impact du projet sur les constructions avoisinantes ; la notice ne précise pas, en outre, l'aménagement des accès aux aires de stationnement ; le document graphique est également insuffisant dès lors qu'il ne présente pas les abords du terrain et ne comprend qu'une seule image avec un seul point de vue, de face ; aucune appréciation de l'impact de la construction avec les constructions voisines, dont celle de la requérante, ne peut donc être portée ;
* par ailleurs, le nombre de places de stationnement prévu est insuffisant et méconnaît les dispositions de l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme, un hébergement hôtelier de quatre logements pouvant accueillir onze personnes, ainsi que trois bureaux également prévus, pouvant accueillir jusqu'à vingt personnes, nécessitant en l'espèce au moins trente places de stationnement, au lieu des seize prévues ;
* les places de stationnement prévues ne respectent pas, en outre, les dispositions de l'article 12.2 du règlement du PLU, leur longueur étant inférieure aux cinq mètres de long prévus, tandis que l'accès à une partie de ces emplacements se fera au prix de manœuvres mettant en danger aussi bien les occupants de l'immeuble que les usagers de la voie publique ; les lieux sont déjà encombrés de véhicules appartenant aux propriétaires riverains ;
* le projet méconnaît ainsi les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme dès lors que le projet se situe au fond d'un parking privatif affecté à une copropriété, et l'entrée du parking est extrêmement exiguë, pas du tout adaptée à l'ouverture d'un espace hôtelier et de bureaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, la commune d'Anglet, représentée par Me Logeais, conclut au rejet de la demande et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la société requérante ne justifiant pas de ce que le projet va porter atteinte aux conditions de jouissance ou d'occupation de son bien, la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;
- aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2022, la société Abysses, représentée par la SCP Tortigue, Petit, Sornique, Ribeton, conclut au rejet de la demande et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir :
- la société ne démontre nullement son intérêt à agir ;
- ni la condition d'urgence ni celle tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité du permis de construire en litige n'est remplie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 28 octobre 2022, sous le n° 2202430, par laquelle la société Clearview demande l'annulation du permis de construire en litige.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 15 décembre 2022 à 11 heures, en présence de Mme Yniesta, greffière d'audience :
- le rapport de Mme A ;
- les observations de Me Drouineau, pour la société Clearview, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et ajoute que son intérêt à agir, en raison de la surélévation prévue, ne souffre d'aucun doute, tandis que, s'agissant en particulier des places de stationnement : la demande déposée contient des incohérences et la société ne peut disposer à elle-seule de l'ensemble des places " visiteurs " prévues dans la cour de la copropriété de la Résidence du Parc ; si une servitude au profit de la société Abysses est justifiée, elle ne concerne que l'accès des piétons et des véhicules ; par ailleurs, cette demande de permis de construire aurait dû régulariser l'ensemble de la construction et sa destination, la société Abysses ayant acquis deux anciens appartements puis ayant changé la destination des lieux, sans disposer d'une autorisation d'urbanisme, de sorte que le nombre de places de stationnement doit être calculé en retenant l'ensemble des besoins dudit bâtiment, au vue de son exploitation actuelle en bureaux et logements ; enfin, aucune précision n'est apportée quant au stationnement des deux roues ;
- les observations de Me Logeais, pour la commune d'Anglet qui maintient que la justification de l'intérêt à agir de la société requérante, au regard des travaux autorisés, n'est nullement apportée ; que s'il existe des imprécisions dans le formulaire Cerfa renseigné par la pétitionnaire s'agissant des places de stationnement, au vu du projet et de la nécessité de prévoir seulement deux places de stationnement automobile, la création d'un garage au rez-de-chaussée permet d'écarter cette éventuelle difficulté ; d'ailleurs, à la suite d'un recours gracieux formé par la copropriété contre le permis ici en cause, des précisions ont été apportées par la société Abysses quant à la possibilité d'utiliser les places de stationnement situées dans la cour de cette copropriété ; enfin, s'agissant de la branche du moyen soulevé à l'audience, tiré de l'absence d'emplacement dédié pour le stationnement des deux roues, au regard des besoins induits par le projet, les deux roues pourront stationner dans le garage créé en rez-de-chaussée, d'une superficie suffisante pour accueillir deux places de stationnement automobile et un espace dédié aux deux roues ;
- et les observations de Me Sornique, pour la société Abysses, qui indique également qu'en l'état, aucun intérêt à agir n'est justifié, au vue de la nature et de la faible ampleur des travaux autorisés ; en outre, il est souligné que l'activité exercée dans ce bâtiment, à savoir une activité de bureaux et de logements, reste inchangée et que cette double destination figurait dans l'acte d'achat du bien ; le permis de construire ici en litige n'apporte aucune modification substantielle sur ce point ; enfin, les questions de stationnement ont été parfaitement prises en compte, de sorte qu'aucune difficulté n'apparait.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 29 août 2022, le maire d'Anglet a délivré à la société Abysse un permis de construire l'autorisant à réaliser des travaux de surélévation partielle et de modifications de façade d'un ensemble immobilier, située 1 place de la Chapelle, sur une parcelle de 446 m2 de superficie, classée en zone UC 4 dans le plan local d'urbanisme. Le permis mentionne la création de 34, 68 m2 de surface de plancher, et la suppression de 31,60 m2, le bâtiment comportant toujours un seul étage, sa hauteur totale n'étant pas modifiée. Les façades, notamment la façade principale, doivent, en outre, être partiellement habillées de bois et comporter des huisseries en métal noir. Par la présente requête, la société Clearview, voisine du projet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 29 août 2022.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3.En l'espèce, il est constant que la société Clearview est propriétaire de la parcelle voisine du terrain d'assiette du projet. Il résulte de l'instruction, que ce projet, qui prévoit la création de 34, 68 m2 de surface plancher à destination de bureaux, et la suppression de 31,60m2 à destination d'hébergement, afin de créer un garage en rez-de-chaussée côté nord-ouest, pour un bâtiment situé dans un secteur caractérisé par une urbanisation dense et des parcelles de taille réduite, ne modifie ni la destination ni la volumétrie ou la hauteur de la construction existante.
4. En l'état de l'instruction et en tenant compte, notamment, des précisions apportées à l'audience, à supposer même que la société Clearview, voisine du projet, justifie que les travaux autorisés sont de nature à affecter suffisamment directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire en litige.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension présentées par la société Clearview doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, la somme que la société Clearview demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
7. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune d'Anglet, ainsi que la même somme au titre des frais exposés par la société Abysses, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Clearview est rejetée.
Article 2 : La société Clearview versera à la commune d'Anglet une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La société Clearview versera à la société Abysses une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Clearview, à la société Abysses et à la commune d'Anglet.
Fait à Pau, le 16 décembre 2022.
La juge des référés,
Signé
S. A La greffière,
Signé
S. YNIESTA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Le greffier,
Signé
S. YNIESTA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026