vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202833 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SCP CASADEBAIG & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 décembre 2022 et le 1er février 2024, la SARL SPB, représentée par la Selarl Casadebaig et associés - Elige Pau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 12 octobre 2022 par laquelle la commune de Gélos a résilié à ses frais et risques le marché de reconfiguration du groupe scolaire du Hameau ;
2°) de condamner la commune au paiement d'une somme de 31 263,22 euros au titre du règlement du marché injustement résilié, assortie des intérêts moratoires au taux en vigueur ;
3°) de condamner la commune au paiement d'une somme de 10 000 euros au titre du préjudice subi ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Gélos une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la recevabilité :
- la décision attaquée ne mentionne aucunement les voies de délai et de recours, ni ne vise les dispositions sur lesquelles elle se fonde ;
- la société SPB a lié le contentieux en exposant à la commune son désaccord sur la décision de résiliation du marché, et en sollicitant le paiement d'une somme de 32 674,36 euros ;
S'agissant du fond :
- la société a entrepris les travaux en temps et en heure ;
- les plaques de plafond dont il lui était demandé le remplacement dans le cadre de l'ordre de service de mise en demeure en date du 30 septembre 2022 avaient été endommagées par d'autres intervenants au chantier de reconfiguration du groupe scolaire et non du fait de manquements contractuels de la société SPB ;
- ni l'ordre de service en date du 22 septembre 2022, ni celui en date du 30 septembre suivant n'ont laissé à la société SPB un délai suffisant pour intervenir en méconnaissance des stipulations de l'article 48.1 du CCAG travaux ;
- le maître d'œuvre n'a pas permis à la société de présenter ses observations quant aux manquements qui lui étaient reprochés ;
- la mise en demeure préalable à la décision de résiliation du marché est irrégulière ;
- la mise en demeure préalable à la décision de résiliation ne mentionne pas quel manquement d'une particulière gravité aurait commis par la société SPB ;
- les prestations qui ont fait l'objet des deux ordres de service de mise en demeure en date des 22 et 30 septembre 2022, relevaient de l'ordre des finitions dans la mesure où la grande majorité des travaux à la charge de la société SPB était réalisée ;
- aucun planning d'exécution des travaux n'a été contractuellement signé de sorte qu'aucun retard ne pourrait être reproché à la société SPB en amont des opérations de réception ;
- suivant ordre de service de mise en demeure en date du 22 septembre 2022, la société SPB est intervenue pour procéder aux prestations sollicitées à savoir la finition des joints, la pose de l'ossature des faux plafonds du bureau, ainsi que le nettoyage des déchets ;
- suivant ordre de service de mise en demeure en date du 30 septembre 2022, la société SPB est de nouveau intervenue pour procéder au remplacement des plaques de plafonds abimées par les titulaires des autres lots du marché, et à cette occasion la société requérante a également procédé aux travaux de finition sollicités ;
- le procès-verbal de constat d'huissier en date du 6 octobre 2022 a pu constater que l'ensemble des travaux de la société SPB était terminé, à l'exception de dalles à l'intérieur du placard de la grande pièce qui ont fait l'objet de retard de livraison dont le maître d'ouvrage a été dûment avisé.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 novembre 2023 et le 1er mars 2024, la commune de Gélos, représentée par Me Boissy, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de la société requérante la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de l'absence de transmission d'un mémoire en réclamation au maître de l'ouvrage et au maître d'œuvre de l'opération de travaux en méconnaissance de l'article 50 du cahier des clauses administratives générales-travaux de 2009 (CCAG) ;
- aucun mémoire en réclamation n'étant parvenu à la commune de Gélos avant le 27 février 2023, la SARL SPB doit être regardée comme ayant accepté le décompte de liquidation notifié le 27 janvier 2023 ;
- la commune de Gélos était fondée à résilier le marché dès lors que :
* elle a fait preuve d'une particulière diligence et a mis tous les moyens en œuvre pour tenter de trouver des solutions face à l'inertie de la SARL SPB et de restaurer le dialogue avec cette dernière ;
* la fixation d'un délai 7 jours pour les mises en demeure des 22 et 30 septembre 2022 est conforme aux dispositions du CCAG-Travaux de 2009 du fait de l'urgence puisque les travaux devaient être terminés au plus vite afin de pouvoir permettre le déménagement des classes durant les vacances scolaires ;
* la SARL SPB a disposé d'un temps suffisant pour exécuter les prestations lui incombant, étant rappelé qu'un délai supplémentaire lui avait été accordé par la mise en demeure du 30 septembre 2022 ;
* la SARL SPB s'était également engagée à finaliser ses prestations la dernière semaine juillet, pour la rentrée des classes de septembre 2022 ;
* le retard d'exécution étant manifeste, il constitue une faute grave ;
* la société SPB n'apporte aucun élément tendant à démontrer la réalité du préjudice d'atteinte à sa réputation du fait de la résiliation du marché pour faute.
Par ordonnance du 5 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 4 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rivière ;
- les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Gourgues, représentant la société SPB.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Gélos (Pyrénées-Atlantiques) a attribué le 30 septembre 2021 à la SARL SPB 24 le lot n° 10 " plâtrerie - faux plafonds - isolation " du marché public de travaux portant sur la reconfiguration du groupe scolaire du Hameau, pour ouvrir l'école à la rentrée des classes de septembre 2022. Pour cette opération de travaux, la commune de Gélos a désigné le Service Intercommunal du Patrimoine et de l'Architecture - Agence Publique de Gestion Locale, ci-après désigné " APGL 64 " en qualité de maître d'œuvre. Le maître d'œuvre a effectué une première mise en demeure le 25 mai 2022, ordonnant à la SARL SPB de démarrer ses prestations avant le 30 mai, en lui annonçant l'éventualité d'une résiliation du marché à ses frais et risques. En réponse, par courrier en date du 31 mai, la société SPB a indiqué qu'elle s'engageait à réaliser ses ouvrages sous huit semaines. La commune de Gélos a adressé une seconde mise en demeure le 22 septembre 2022, demandant à la SARL SPB de terminer l'exécution des prestations avant le 29 septembre, en lui annonçant l'éventualité d'une résiliation du marché. Une troisième mise en demeure a été adressée le 30 septembre 2022 dans laquelle le titulaire était sommé d'exécuter les prestations avant le 6 octobre 2022. La commune de Gélos décide de résilier pour faute le marché public de travaux attribué à la SARL SPB, avec notification à la SARL SPB le 12 octobre 2022. Le 13 décembre 2022, la SARL SPB saisit le tribunal administratif de Pau d'une requête à l'encontre de la commune de Gélos.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article 50 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux : " 50.1. Mémoire en réclamation : / 50.1.1. Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général. / Le mémoire reprend, sous peine de forclusion, les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte général et qui n'ont pas fait l'objet d'un règlement définitif. / 50.1.2. Après avis du maître d'œuvre, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire sa décision motivée dans un délai de trente jours à compter de la date de réception du mémoire en réclamation. / 50.1.3. L'absence de notification d'une décision dans ce délai équivaut à un rejet de la demande du titulaire. / 50.2. Lorsque le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas donné suite ou n'a pas donné une suite favorable à une demande du titulaire, le règlement définitif du différend relève des procédures fixées aux articles 50.3 à 50.6. / 50.3. Procédure contentieuse : / 50.3.1. A l'issue de la procédure décrite à l'article 50.1, si le titulaire saisit le tribunal administratif compétent, il ne peut porter devant cette juridiction que les chefs et motifs énoncés dans les mémoires en réclamation. () ".
3. Les stipulations précitées du cahier des clauses administratives générales, applicables au lot n° 10 attribué à la société SPB, prévoient la mise en œuvre d'une procédure de recours préalable avant la saisine du juge administratif. L'existence même de ce recours prévu au contrat fait obstacle à ce qu'une des parties saisisse directement le juge administratif. Par ailleurs, le mémoire en réclamation doit comporter des précisions factuelles et chiffrées relatives aux préjudices pour lesquels une indemnisation est demandée, sinon la requête sera rejetée comme irrecevable.
4. La commune de Gélos fait valoir que la requête présentée par la SARL SPB est irrecevable, faute pour elle d'avoir présenté conformément aux stipulations de l'article 50 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) - travaux applicable aux marchés publics de travaux un mémoire en réclamation, via le maître d'œuvre à la personne responsable du marché.
5. La société SPB soutient que la commune de Gélos lui est redevable de la somme de 31 263,22 euros dans le cadre du règlement de l'exécution du lot n° 10 " plâtrerie - faux plafonds - isolation " dont elle était attributaire. Cependant, il ne résulte pas de l'instruction que l'éventuelle absence de règlement de ce solde ait fait l'objet d'un mémoire en réclamation de la part de cette société avant présentation de ses conclusions dans le cadre de la présente instance. En produisant un courrier de réclamation adressé au seul maire de Gélos le 22 décembre 2022, la société SPB ne justifie pas qu'une réclamation en bonne et due forme a été adressée à la personne responsable du marché, conformément aux dispositions précitées de l'article 50 du CCAG. De plus, une résiliation d'un marché public constitue une mesure d'exécution du contrat et non une décision administrative. Aucun principe ni aucune disposition n'imposent qu'une mesure de résiliation soit notifiée avec mention des voies et délais de recours. Dans ces conditions, les conclusions présentées par la société SPB doivent être rejetées comme irrecevables.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de faire droit à la fin de non-recevoir opposée par la commune de Gélos et de rejeter comme irrecevables les conclusions formées par la société requérante aux fins d'annulation de la décision de résiliation du marché et de condamnation de la commune de Gélos au paiement d'une somme de 31 263,22 euros au titre du règlement du marché et d'une somme de 10 000 euros au titre du préjudice subi.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gélos, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, les sommes dont la société SPB demande le versement au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
8. Il y a lieu, par application de ces dispositions, de mettre à la charge de la société SPB la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Gélos et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de la société SPB est rejetée.
Article 2 : La société SPB versera la somme de 1 000 (mille) euros à la commune de Gélos en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société SPB et à la commune de Gélos.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
M. Rivière, premier conseiller,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.
Le rapporteur,
E. RIVIERE La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026