mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202857 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 2 |
| Avocat requérant | SELARL TORTIGUE PETIT SORNIQUE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2202857, des mémoires en production de pièces et un mémoire, enregistrés le 19 décembre 2022, le 16 janvier 2023, le 22 juin 2023, le 26 septembre 2023 et le 3 novembre 2023, M. E H et Mme B C, représentés par Me Sornique, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par lequel le maire de Bayonne a accordé à la société PI3A un permis de construire en vue de la démolition d'une construction existante et de l'édification d'un bâtiment comportant seize logements, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé contre cet arrêté, ainsi que l'arrêté du 21 avril 2023 par lequel la même autorité a accordé au même pétitionnaire un permis de construire modificatif ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bayonne les entiers dépens ainsi qu'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne l'arrêté du 1er juillet 2022 :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- le dossier de demande de permis est entaché d'insuffisances au regard des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles UA 4.2.3, UA 10.3, UA 11.1, UA 12.4.1 et UA 12.4.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne ;
En ce qui concerne l'arrêté du 21 avril 2023 :
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles UA 3, UA 10.3.2, UA 11.2.4 et UA 12.4.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 juin 2023 et le 26 septembre 2023, la société par actions simplifiée PI3A, représentée par Me Delhaes, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'il soit mis à la charge de M. H et autre une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- M. H et autre ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par M. H et autre ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 juillet 2023, le 1er septembre 2023 et le 26 décembre 2023, la commune de Bayonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- M. H et autre ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par M. H et autre ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2202879, des mémoires en production de pièces et des mémoires, enregistrés le 21 décembre 2022, le 12 janvier 2023, le 19 janvier 2023, le 24 janvier 2024 et le 23 février 2024, la société civile immobilière Maxiban et M. D F, représentés par Me Jambon, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par lequel le maire de Bayonne a accordé à la société PI3A un permis de construire en vue de la démolition d'une construction existante et de l'édification d'un bâtiment comportant seize logements, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé contre cet arrêté, ainsi que l'arrêté du 21 avril 2023 et l'arrêté du 30 novembre 2023 par lesquels la même autorité a accordé au même pétitionnaire des permis de construire modificatifs ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bayonne une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne l'arrêté du 1er juillet 2022 :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- le dossier de demande de permis est entaché d'insuffisances au regard des articles R. 431-8 et R. 431-13 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les articles L. 151-19, R. 111-2 et R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles UA 3, UA 6, UA 7, UA 10 et UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne ;
En ce qui concerne l'arrêté du 30 novembre 2023 :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît les articles UA 6, UA 7 et UA 11.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 juin 2023 et le 12 février 2024, la société par actions simplifiée PI3A, représentée par Me Delhaes, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Maxiban et autre une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Maxiban et autre ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par la société Maxiban et autre ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 juillet 2023, le 26 décembre 2023 et le 16 février 2024, la commune de Bayonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la société Maxiban et autre ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par la société Maxiban et autre ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour la société PI3A a été enregistré le 17 mars 2024.
III. Par une requête, enregistrée sous le n° 2301664, un mémoire en production de pièces et des mémoires, enregistrés le 22 juin 2023, le 12 juillet 2023, le 24 janvier 2024 et le 23 février 2024, la société civile immobilière Maxiban et M. D F, représentés par Me Jambon, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2023 et l'arrêté du 30 novembre 2023 par lesquels le maire de Bayonne a accordé à la société PI3A des permis de construire modificatifs ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bayonne une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne l'arrêté du 21 avril 2023 :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- le dossier de demande de permis est entaché d'insuffisances au regard des articles R. 431-8 et R. 431-13 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles L. 151-19, R. 111-2 et R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles UA 3, UA 6, UA 7, UA 10, UA 11 et UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne ;
En ce qui concerne l'arrêté du 30 novembre 2023 :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît les articles UA 6, UA 7 et UA 11.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 décembre 2023, le 26 décembre 2023 et le 16 février 2024, la commune de Bayonne conclut au rejet de la requête
Elle soutient que :
- la société Maxiban et autre ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par la société Maxiban et autre ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 décembre 2023 et le 12 février 2024, la société par actions simplifiée PI3A, représentée par Me Delhaes, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Maxiban et autre une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Maxiban et autre ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par la société Maxiban et autre ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour la société PI3A a été enregistré le 17 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Diard,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coto, substituant Me Jambon, représentant la société Maxiban et autre, et de Me Dauga, substituant Me Delhaes, représentant la société PI3A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er juillet 2022, le maire de Bayonne a accordé à la société PI3A un permis de construire en vue de la démolition d'une construction existante et de l'édification d'un bâtiment comportant seize logements. Par des décisions implicites, cette même autorité a rejeté les recours gracieux formés respectivement par M. H et autre et la société Maxiban et autre contre cet arrêté. Par des arrêtés du 21 avril 2023 et du 30 novembre 2023, la même autorité a accordé au même pétitionnaire des permis de construire modificatifs. M. H et autre demandent l'annulation des arrêtés du 1er juillet 2022 et du 21 avril 2023 et de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux. La société Maxiban et autre demandent l'annulation des arrêtés du 1er juillet 2022, du 21 avril 2023 et du 30 novembre 2023, ainsi que de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2202857, 2202879, 2301664, présentées par M. H et autre et la société Maxiban et autre, sont relatives au même projet de construction et sont dirigées contre les mêmes décisions. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 1er juillet 2022 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. / () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Bayonne est dotée d'un plan local d'urbanisme et que, par un arrêté du 22 octobre 2020, transmis le 26 octobre 2020 à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques au titre du contrôle de légalité, affiché le même jour en mairie et publié au recueil des actes administratifs de la commune, le maire de cette commune a donné délégation à M. A I, adjoint au maire, et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer les autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Il ressort des pièces du dossier que si la notice initialement jointe au dossier de demande de permis de construire, déposée le 24 septembre 2021, a été modifiée le 1er juillet 2022, date de délivrance de l'arrêté attaqué, les modifications apportées à cette notice, qui se limitent à préciser les caractéristiques de la façade implantée à l'alignement de la voie publique et des oriels prévus sur cette façade, sont mineures et il n'est établi que l'autorité administrative n'en aurait pas tenu compte avant de délivrer l'arrêté attaqué. Si ce même document ne mentionne pas le mur de soutènement et les escaliers en pierre anciens situés en fond de parcelle, ces ouvrages, dont le caractère architectural ou patrimonial n'est pas établi et qui doivent être conservés, sont représentés respectivement sur les plans de coupe et le plan de masse de l'état initial du terrain joints au dossier de demande, de sorte que ces dernières pièces compensent utilement ces lacunes. La notice mentionne également la partie arrière talutée du terrain, située en hauteur, qui est plantée d'une végétation arbustive et qui sera engazonnée et végétalisée, et décrit les constructions environnantes avec suffisamment de précision. Par ailleurs, si l'accord donné le 18 décembre 2021 par l'architecte des Bâtiments de France ne mentionne pas explicitement l'existence du bâtiment de la société nautique situé à proximité du projet, identifié par le plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne comme élément bâti à protéger au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ne régissent pas le contenu de cet accord, tandis que la notice mentionne ce bâtiment. En revanche, cette dernière n'indique pas les modalités d'accès aux aires de stationnement, lesquelles seront équipées de systèmes d'élévateurs permettant de stationner deux véhicules en les superposant. Cette insuffisance n'est compensée utilement par aucune autre pièce du dossier de demande et a été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative. Dès lors, l'arrêté attaqué méconnaît l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme. Toutefois, par un arrêté du 21 avril 2023, le maire de Bayonne a délivré à la société PI3A un permis de construire modificatif dont la notice décrit avec précision le fonctionnement de ces équipements, en particulier la possibilité pour chaque véhicule d'accéder à une place de stationnement superposée et d'en sortir indépendamment de l'autre véhicule stationné sur le même système d'élévateur. L'arrêté du 21 avril 2023 a donc eu pour effet de régulariser le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme est inopérant.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que le document graphique et les documents photographiques joints au dossier de demande de permis représentent respectivement l'insertion du bâtiment depuis la voie publique ainsi que l'environnement proche et lointain du terrain, alors même que la partie arrière talutée de ce dernier, située en fond de parcelle et mentionnée au point 7, n'est pas visible. En outre, aucune différence ou inexactitude n'apparaît entre les plans de coupe et les plans de masse représentant la façade nord, implantée à l'alignement de la voie publique. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été délivré en méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. ".
11. Il résulte de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme que, lorsqu'un projet de construction comprend des éléments en surplomb du domaine public, le dossier de demande de permis de construire doit comporter une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine public pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire de ce domaine.
12. Il ressort des pièces du dossier que si deux oriels sont prévus en saillie de la façade nord du bâtiment projeté, implantée à l'alignement de la voie publique, qui constituent des éléments en surplomb du domaine public, la société PI3A a sollicité une autorisation d'occupation temporaire du domaine public avant la date de l'arrêté attaqué et, par un arrêté du 20 octobre 2021, le maire de Bayonne a délivré cette autorisation. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été pris en méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. () ".
14. Il ressort des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne n'a pas identifié le mur de soutènement situé en fond de parcelle, mentionné au point 7, comme élément à protéger au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant.
15. En sixième lieu, aux termes de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne : " Pour être constructible, une unité foncière doit être desservie par une voie publique, par une voie privée ou par une servitude répondant à l'importance ou à la destination des constructions envisagées. / Les caractéristiques des accès et des voiries privées et publiques nouvelles, doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte, de défense contre l'incendie, de la protection civile, de la collecte des ordures ménagères / Les accès et les voies doivent être aménagés de façon à garantir la sécurité maximale des usagers se déplaçant sur ces infrastructures. / () ".
16. Il ressort des pièces du dossier que vingt-cinq places de stationnement sont prévues au sein du bâtiment projeté, au niveau de la voie publique. La plupart de ces places sont équipées de systèmes d'élévateurs mentionnés au point 7, lesquels permettent de stationner deux véhicules en les superposant, chaque véhicule pouvant accéder à une place de stationnement superposée et en sortir indépendamment de l'autre véhicule stationné sur le même système d'élévateur. Si l'accès au bâtiment ne permet pas le croisement des véhicules et peut nécessiter une attente sur la voie publique, laquelle est à double sens de circulation et présente un tracé rectiligne assurant une bonne visibilité, il n'est pas établi que le projet serait de nature à provoquer un encombrement important de nature à présenter un risque pour la sécurité des usagers, en dépit de ce que cette voie publique est susceptible de supporter un trafic important, notamment durant les heures d'affluence, et qu'en outre, un arrêt pour les véhicules de transports en commun, un passage piéton et un ralentisseur sont situés à proximité, ainsi que le parc de stationnement de la société nautique de Bayonne aménagé en face de cet accès. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été délivré en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne.
17. En septième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
18. Pour les mêmes motifs que ceux développés au point 16, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accès au bâtiment projeté présente un risque pour les usagers de la voie publique. Par suite, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
19. En huitième lieu, aux termes de l'article UA 4.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne, relatif à l'assainissement des eaux pluviales : " () / Les aménagements doivent être réalisés dans le respect du zonage pluvial de l'Agglomération annexé au PLU. / () ".
20. Il ressort des pièces du dossier, notamment du zonage d'assainissement pluvial annexé au plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne et du plan représentant le réseau d'évacuation des eaux pluviales et des eaux usées joint au dossier de demande de permis, que la majeure partie de l'emprise du bâtiment projeté, implanté en partie nord du terrain d'assiette, d'une superficie d'environ 426 m², est en secteur d'exclusion stricte de ce zonage et peut être totalement imperméabilisée, et que la partie sud du terrain d'assiette, d'une superficie d'environ 330 m², comprenant notamment la partie arrière talutée mentionnée au point 7, ainsi qu'un espace vert sur dalle, un patio et des toitures végétalisées non accessibles, est en secteur d'application stricte de ce même zonage et ne peut être imperméabilisée qu'à 60 % de sa superficie, cette partie sud du terrain d'assiette devant être constituée au minimum de 40 % d'espace de pleine terre, soit 132 m². Il n'est pas contesté que, contrairement à ce qu'a estimé la communauté d'agglomération du Pays basque dans son avis émis le 8 novembre 2021, aucun des éléments précités prévus dans la partie sud du terrain d'assiette, notamment la partie arrière talutée, ne constitue un espace de pleine terre. Dès lors, l'arrêté attaqué méconnaît l'article UA 4.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne et le zonage pluvial annexé à ce règlement. Toutefois, par un arrêté du 21 avril 2023, le maire de Bayonne a délivré à la société PI3A un permis de construire modificatif qui prévoit la remise en pleine terre de la partie arrière talutée jusqu'à dix mètres de profondeur afin d'aménager un espace de cette nature d'une superficie de 188,09 m². L'arrêté du 21 avril 2023 a donc eu pour effet de régulariser le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 4.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne et du zonage pluvial annexé à ce règlement est inopérant.
21. En neuvième lieu, aux termes de l'article UA 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne : " () Les dispositions du présent règlement s'appliquent aux constructions implantées le long d'emprises publiques et de voies ouvertes à la circulation générale. / () Ouvrages en saillies sur les emprises publiques ou sur les voies ouvertes à la circulation générale : / () Nonobstant les dispositions de la réglementation de voirie en vigueur, les balcons et les parties de construction en encorbellement sont autorisés en saillie de la façade dans la limite de 0,20 mètre. Cette saillie peut être portée à 0,40 pour les corniches et 1,50 mètre pour les oriels (bowwindows), auvents, marquises. La proportion de ces ouvrages doit être compatible avec celle des façades qui les supportent. / () ".
22. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit deux oriels mentionnés au point 12, en saillie de la façade nord implantée à l'alignement de la voie publique. Ces oriels couvrent la majeure partie des trois niveaux supérieurs de cette façade et sont chacun surmontés d'une toiture. Dès lors, la proportion de ces ouvrages n'est pas compatible avec celle de la façade qui les supporte. L'arrêté attaqué méconnaît donc l'article UA 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne. Toutefois, par un arrêté du 30 novembre 2023, le maire de Bayonne a délivré à la société PI3A un permis de construire modificatif qui prévoit la réduction de ces deux oriels. Il résulte du plan de façade et du document graphique joints au dossier de demande de ce permis que ces ouvrages ne couvrent plus le dernier niveau de la façade nord, ne sont plus surmontés de toitures, et doivent ainsi désormais être regardés comme compatibles avec les proportions de cette façade. L'arrêté du 30 novembre 2023 a donc eu pour effet de régulariser le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne est inopérant.
23. En dixième lieu, aux termes de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne : " () la règle d'implantation des constructions diffère selon qu'elle se situe : / - dans la bande des 20 mètres divisée, elle-même, en une bande avant de 10 mètres et une bande arrière de 10 mètres ; / - au-delà de la bande des 20 mètres. / La bande des 20 mètres de profondeur est mesurée perpendiculairement à la voie, en tout point de la limite de l'alignement () / 7.1 Règle générale : / 7.1.1 Dans la bande des 20 mètres : / a. Dans la bande avant de 10 mètres () : Toute construction sera implantée sur toute la largeur de l'unité foncière de limite en limite. / b. Dans la bande arrière de 10 mètres () : Toute construction peut être implantée sur une ou les limites séparatives, ou bien, en retrait. En cas de retrait, les constructions doivent être implantées à une distance au moins égale à 5 m de la limite. / () 7.1.2. Au-delà de la bande des 20 mètres () : / Toute construction doit être implantée en limite ou en retrait d'au moins 2m des limites séparatives et tout point de cette construction doit être éloigné de la limite séparative d'une distance au moins égale à sa hauteur diminuée de trois mètres (D = H - 3) () / 7.2 Autres implantations : / D'autres implantations que celles qui sont définies à l'article 7.1. peuvent être admises ou imposées pour : / () - éviter de porter atteinte à la salubrité et aux conditions d'habitabilité de locaux appartenant à un bâtiment voisin, une implantation en retrait d'au moins 2 mètres pourra être imposée ; / () ".
24. Il ressort des pièces du dossier que, dans la bande avant de 10 mètres, le bâtiment projeté ne s'implante pas sur toute la longueur de la limite séparative est, au niveau de laquelle il vient s'adosser à la façade pignon du bâtiment voisin, lequel comporte des ouvertures à chacun de ses quatre niveaux, et qu'un décroché de 1,80 mètres est prévu par le projet face à ces ouvertures. Si les dispositions précitées de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne prévoient qu'une implantation en retrait peut être imposée dans cette situation, afin d'éviter de porter atteinte à la salubrité et aux conditions d'habitabilité de locaux appartenant à un bâtiment voisin, le décroché précité est inférieur au retrait minimum de deux mètres prévu par ces dispositions, et, en outre, est entièrement couvert par la toiture du bâtiment projeté, empêchant ainsi toute aération. Dès lors, l'arrêté attaqué méconnaît l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne. Toutefois, par un arrêté du 21 avril 2023, le maire de Bayonne a délivré à la société PI3A un premier permis de construire modificatif qui prévoit que ce retrait bénéficiera d'un puit de lumière. En outre, par un arrêté du 30 novembre 2023, cette même autorité a délivré au même pétitionnaire un second permis de construire modificatif qui prévoit que ce retrait sera de 2,05 mètres, lequel doit être mesuré perpendiculairement et non en tout point. L'arrêté du 21 avril 2023 et l'arrêté du 30 novembre 2023 ont donc eu pour effet de régulariser le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Dès lors, cette branche du moyen tirée de la méconnaissance de l'article UA 7 est inopérante. Par ailleurs, la circonstance qu'au-delà de la bande des 20 mètres, seuls les deux niveaux inférieurs de la partie du bâtiment projeté située en fond de parcelle, à l'arrière du bâtiment voisin précité, sont implantés en limite séparative et non les trois niveaux supérieurs, n'est pas de nature à regarder l'arrêté attaqué comme méconnaissant la règle d'implantation prévue par les dispositions précitées du paragraphe 7.1.2 de l'article UA 7. Enfin, la règle de prospect prévue par ces dernières dispositions ne s'applique qu'en cas de retrait et non en cas d'implantation en limite séparative, comme c'est le cas en l'espèce. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été délivré en méconnaissance de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne.
25. En onzième lieu, aux termes de l'article UA 10.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne, relatif à la hauteur des façades : " 10.3.1. Modalités de calcul : / a. Pour toute construction ou partie de construction située dans la bande des 20 mètres définie à l'article UA7 : / Les hauteurs sont mesurées : / - à partir du niveau du sol fini de la voie (ou de l'emprise publique) sur l'alignement au droit de la construction. / () / - jusqu'au point d'intersection, du plan vertical de la façade et la sous-face du plan incliné de la toiture, ou au sommet de l'acrotère dans le cas de toiture terrasse. Dans le cas de construction avec un étage en attique, le point haut de la façade est pris au niveau du sol fini de la terrasse d'attique. / Pour les façades arrières d'une construction située dans cette bande, les hauteurs autorisées sont celles définies pour la façade avant (le point bas de référence est celui pris pour la façade avant). / () 10.3.2. Règles de hauteurs : / a. Règles générales : / () la hauteur des façades d'une construction prise au droit de l'alignement ne pourra excéder : / - UA : 14,00 mètres / () ".
26. Il ressort des pièces du dossier que le niveau du sol fini de la voie sur l'alignement au droit de la construction projeté est de + 3,83 NGF. Cette dernière ne comporte pas d'étage en attique et le point haut de la façade nord avant, implantée à l'alignement de la voie publique, ainsi que de la façade sud arrière, toutes deux situées dans la bande des 20 mètres, doit être pris jusqu'au point d'intersection du plan vertical de la façade et de la sous-face du plan incliné de la toiture principale du bâtiment, et non de la toiture des oriels prévus en saillie de la façade avant. Il résulte des plans joints au dossier de demande de permis que la hauteur de ces façades est de + 18,70 NGF, soit 14,87 mètres, ce qui excède la hauteur maximale de de 14,00 mètres prévue par les dispositions précitées. Dès lors, l'arrêté attaqué méconnaît l'article UA 10.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne. Toutefois, par un arrêté du 30 novembre 2023, le maire de Bayonne a délivré à la société PI3A un permis de construire modificatif qui prévoit l'abaissement de la hauteur des façades avant et arrière à une hauteur de 14,00 mètres. L'arrêté du 30 novembre 2023 a donc eu pour effet de régulariser le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 10.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne est inopérant.
27. En douzième lieu, l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne, relatif à l'aspect extérieur des constructions et à l'aménagement de leurs abords, prévoit notamment que : " Toute construction ou toute intervention architecturale doit respecter l'identité urbaine et paysagère du lieu dans lequel elle s'inscrit (). / Le projet doit prendre en compte les principes de composition urbaine et architecturale du contexte dans lequel il s'inscrit : implantation (ordre et alignement), volumétrie générale, rapports d'échelles, reliefs de façades, rythmes des percements, proportions des pleins et des vides, marquage des différents registres, depuis le soubassement jusqu'au couronnement / Selon le contexte et la nature de l'ouvrage, l'insertion du projet peut se faire par la recherche de continuités, de transitions ou d'effets de contrastes. / () L'autorisation de travaux peut être refusée, ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions, si du fait du non-respect de ces principes, le projet est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants ou à l'intérêt d'un ensemble bâti. / () ". Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
28. D'une part, les dispositions précitées de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne ont le même objet que celles, également invoquées par les requérants, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions de ce règlement que doit être appréciée la légalité de l'arrêté attaqué.
29. D'autre part, il résulte des dispositions précitées que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
30. Il ressort des pièces du dossier que le projet se situe aux abords du château neuf et des remparts de Bayonne, inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, et délimités par le plan local d'urbanisme de cette commune, ainsi qu'à proximité de l'estuaire de l'Adour et du bâtiment de la société nautique de Bayonne mentionné au point 7, identifié par le plan local d'urbanisme comme élément bâti à protéger au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme. Ce secteur présente ainsi un intérêt particulier. Le bâtiment projeté, qui s'implante dans un secteur urbanisé, vient s'adosser à un bâtiment collectif d'un volume similaire, à la suite desquels sont implantés, le long de l'avenue capitaine G, deux autres bâtiments collectifs d'un même volume, puis d'autres constructions d'un volume moindre, et, enfin, le pont Charles Vaillant, d'architecture moderne. Toutefois, le projet prévoit deux oriels imposants, prévus en saillie de la façade nord implantée à l'alignement de la voie publique et mentionnés aux points 12 et 22, qui sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt du site dans lequel il s'insère. Il suit de là qu'alors même que l'architecte des Bâtiments de France a donné le 13 octobre 2021 son accord sur le projet, le maire de Bayonne, en prenant l'arrêté attaqué, a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de cette commune. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 22, par un arrêté du 30 novembre 2023, cette même autorité a délivré à la société PI3A un permis de construire modificatif qui diminue le volume de ces deux oriels. L'arrêté du 30 novembre 2023 a donc eu pour effet de régulariser le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne est inopérant.
31. En treizième lieu, aux termes de l'article UA 12.4.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne : " Les accès, dégagements et voies de circulation interne des stationnements doivent être conçus et dimensionnés de façon à permettre la manœuvre aisée des véhicules et l'accessibilité effective des places. / En raison d'impossibilités objectives et insurmontables, résultant de motifs techniques, d'architecture ou d'urbanisme, il peut être autorisé la réalisation de places commandées, dont le nombre maximum est de 2 places par opération. / Tout parc de stationnement dépendant d'une installation recevant du public doit comporter une ou plusieurs places de stationnement aménagées pour les personnes handicapées et réservées à leur usage. / Nonobstant les dispositions de la réglementation en vigueur, il sera réservé au minimum une place, plus une place par tranche de 50 places. ".
32. Ainsi qu'il a été dit au point 16, il ressort des pièces du dossier que la plupart des places de stationnement sont équipées de systèmes d'élévateurs afin de permettre le stationnement de deux véhicules en les superposant. Ces places ne constituent pas par elles-mêmes des places commandées dès lors que chaque véhicule peut accéder à une place de stationnement superposée et en sortir indépendamment de l'autre véhicule stationné sur le même système d'élévateur. Il résulte toutefois du plan de masse du niveau en rez-de-chaussée représentant le parc de stationnement que trois emplacements situés au nord, dont il n'est pas précisé s'ils sont équipés de systèmes d'élévateurs, constituent des places commandées dès lors qu'elles ne sont accessibles qu'à la condition que les places situées devant soient libérées. Dès lors, l'arrêté attaqué méconnaît l'article UA 12.4.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne, qui limite à deux le nombre de places commandées par opération. Toutefois, par un arrêté du 21 avril 2023, le maire de Bayonne a délivré à la société PI3A un permis de construire modificatif qui prévoit la suppression de ces trois emplacements commandés, à la place desquels est désormais prévu un local à usage de bureau. L'arrêté du 21 avril 2023 a donc eu pour effet de régulariser le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Par suite, cette branche tirée de la méconnaissance de l'article UA 12.4.1 est inopérante. Par ailleurs, les dispositions précitées n'imposent pas que les places de stationnement prévues, qui ne dépendent pas d'une installation recevant du public, soient aménagées pour les personnes handicapées. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été délivré en méconnaissance de l'article UA 12.4.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne.
33. En dernier lieu, il résulte des dispositions de l'article UA 12.4.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne que les places de stationnement perpendiculaires à la voie de circulation doivent être d'une longueur minimale de 5,00 mètres, ainsi que d'une largeur minimale de 2,30 mètres pour une place standard, et de 3,30 mètres pour une place réservée aux personnes handicapées.
34. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse joint au dossier de demande de permis, que la longueur des places de stationnement prévues au sud, au fond de l'espace de stationnement, est de 5,00 mètres, et que la largeur de ces mêmes places est de 2,45 mètres pour les places de stationnement standard et de 3,60 mètres pour la place de stationnement pour personne handicapée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 12.4.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne manque en fait.
En ce qui concerne la légalité des décisions implicites de rejet des recours gracieux formés contre l'arrêté du 1er juillet 2022 :
35. A supposer que les requérants aient entendu soulever, au soutien des présentes conclusions, les mêmes moyens que ceux invoqués au soutien des conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2022, ils doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 3 à 34.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 21 avril 2023 :
36. L'arrêté attaqué a notamment pour objet la suppression de deux logements, la suppression de trois places de stationnement remplacées par un local à usage de bureau, la diminution de la hauteur du bâtiment, la démolition des escaliers en pierre existants en fond de parcelle et la création de surface de pleine terre sur la partie arrière talutée du terrain.
37. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par M. A I, adjoint au maire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 4.
38. En deuxième lieu, il n'est pas établi que l'obstruction, par la façade est du bâtiment projeté, d'une porte aménagée au niveau du rez-de-chaussée du bâtiment voisin occupé par un établissement recevant du public, serait de nature à présenter un risque pour la sécurité publique. Par suite, et pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 16 et 18, l'arrêté attaqué n'a pas été délivré en méconnaissance de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne et n'est pas non plus entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
39. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, qui diminue la hauteur des façades nord et sud, méconnaît cependant toujours la hauteur maximale de 14,00 mètres fixée par les dispositions précitées de l'article UA 10.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 26, l'arrêté du 30 novembre 2023 a eu pour effet de régulariser le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces mêmes dispositions est inopérant.
40. En quatrième lieu, aux termes de l'article UA 11.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne : " Les devantures de locaux à usage commercial, de bureaux, de services situés en rez-de-chaussée, devront préserver les formes et proportions des éléments structurels de la construction. (volumétrie, percement, modénature, matériaux et couleurs). / L'implantation d'enseigne sur façade devra répondre aux mêmes exigences et à la réglementation en vigueur. ".
41. Ainsi qu'il a été dit au point 32, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué prévoit la suppression de trois emplacements commandés initialement prévus au sein du niveau du bâtiment situé en-rez-de-chaussée, qui sont remplacés par un local à usage de bureau comportant des ouvertures sur la façade nord, implantée à l'alignement de la voie publique. Il ne ressort toutefois d'aucune pièce du dossier de demande de permis, notamment du plan de la façade nord et du document graphique, qu'une devanture ou l'implantation d'une enseigne serait prévue sur cette façade. En outre, les dispositions précitées ne régissent pas l'accessibilité de ces locaux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne est inopérant.
42. En cinquième lieu, eu égard à l'objet de l'arrêté attaqué rappelé au point 36, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 151-19 et R. 431-13 du code de l'urbanisme sont inopérants.
43. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 111-27 et R. 431-8 du code de l'urbanisme, et des articles UA 6, UA 7, UA 11 et UA 12.4.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 7, 22, 24, 30 et 32.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 30 novembre 2023 :
44. L'arrêté attaqué a notamment pour objet la diminution de la hauteur du bâtiment, l'abaissement du niveau de la partie arrière du terrain, la démolition de l'ancien mur existant à ce niveau, la création de trois nouveaux murs de soutènement et la modification du local à usage de bureau.
45. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par M. A I, adjoint au maire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 4.
46. En deuxième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles UA 6 et UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 22 et 24.
47. En dernier lieu, aux termes de l'article UA 11.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne : " Toute construction doit être adaptée à la topographie du lieu et son implantation ne doit pas engendrer des affouillements et exhaussements trop importants. ".
48. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué prévoit l'excavation de la partie arrière du terrain mentionnée au point 7, prévue comme une surface de pleine terre, sur une hauteur d'environ 4,60 mètres, afin de l'abaisser au troisième niveau du bâtiment depuis lequel elle sera directement accessible. En outre, des murs de soutènement seront implantés en limite de propriété. Toutefois, cette excavation n'est pas directement liée à l'implantation du bâtiment projeté. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bayonne est inopérant.
49. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Bayonne et la société PI3A, les conclusions aux fins d'annulation des requêtes de M. H et autre et de la société Maxiban et autre doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
50. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
51. M. H et autre ne justifient pas avoir exposé des dépens dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées par eux à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
52. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
53. Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre.
54. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée par la société PI3A sur le fondement de ces dispositions. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bayonne une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. H et autre et non compris dans les dépens, ainsi qu'une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Maxiban et autre et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions aux fins d'annulation de la requête n° 2202857 de M. H et autre et les conclusions aux fins d'annulation des requêtes nos 2202879 et 2301664 de la société Maxiban et autre sont rejetées.
Article 2 : La commune de Bayonne versera respectivement à M. H et autre et à la société Maxiban et autre une somme globale de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la requête n° 2202857 de M. H et autre sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Les conclusions présentées par la société PI3A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E H, à la société civile immobilière Maxiban, à la commune de Bayonne et à la société par actions simplifiée PI3A.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
F. DIARDLe président,
F. DE SAINT-EXUPERY DE
CASTILLON
La greffière,
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Nos 2202857, 2202879, 2301664
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026