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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2202881

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2202881

vendredi 24 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2202881
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantPAIMAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2022, la société à responsabilité limitée à associé unique Ccusi, représentée par Me Paiman, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 27 avril 2022, par laquelle le directeur départemental de la protection des populations des Pyrénées-Atlantiques lui a infligé une amende administrative d'un montant de 15 000 euros, ensemble la décision implicite de rejet de son recours administratif ;

2°) à titre subsidiaire, de ramener le montant de l'amende administrative à de plus justes proportions ;

3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation sur le fondement de l'article L. 522-5 du code de la consommation et de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle repose sur une erreur de fait sur le fondement de l'article L. 532-1 du code de la consommation ; l'infraction qui la fonde, à savoir le maintien d'une documentation commerciale irrégulière en dépit de l'injonction de l'administration, n'est pas établie dès lors qu'à la suite de l'injonction de la direction départementale de la protection des populations des Pyrénées-Atlantiques, elle a modifié l'intégralité de sa documentation commerciale ; la version rectifiée de sa documentation commerciale n'est pas constitutive d'une infraction au sens de l'article L. 121-4, 16° du code de la consommation car cette documentation n'affirme en aucun cas qu'une pierre guérira une affection dont serait atteint son client ;

- à titre subsidiaire, le montant de l'amende est disproportionné sur le fondement de la directive n° 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs dans le marché intérieur dès lors qu'elle a modifié l'intégralité de sa documentation commerciale en réponse à l'injonction en ce sens de la direction départementale de la protection des populations des Pyrénées-Atlantiques ; elle a écopé de l'amende la plus élevée qui puisse être ordonnée alors même qu'une seule infraction lui était reprochée, que la portée de diffusion de sa documentation commerciale était drastiquement réduite eu égard à la fermeture des points de vente physiques pendant le confinement et qu'elle a modifié l'intégralité de sa documentation commerciale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2023, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la consommation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Corthier ;

- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique ;

- et les observations de Mme D, inspectrice principale, représentant le préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Considérant ce qui suit :

1. La société à responsabilité limitée à associé unique Ccusi, immatriculée le 10 février 2020 au registre du commerce et des sociétés de Bayonne et dont le gérant est M. A C, exerce une activité de vente de bijoux composés de pierres dites de lithothérapie. Elle a fait l'objet d'un contrôle sur place, le 5 mars 2020, et d'un contrôle de son site internet, le 25 août 2020, par une inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes de la direction départementale de la protection des populations des Pyrénées-Atlantiques qui a donné lieu, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de la consommation, à une lettre de pré-notification d'une mesure de police administrative le 14 septembre 2020 puis à une lettre définitive de notification d'une mesure d'injonction administrative prononcée le 1er octobre 2020. A la suite de nouveaux contrôles sur place les 6 juillet, 23 et 25 septembre 2021 et du site internet le 29 septembre 2021, par la même inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, un procès-verbal de constatation de manquement a été dressé à son encontre le 27 janvier 2022 sur le fondement de l'article L. 532-1, 2° du code de la consommation, qui lui a été adressé par courrier du 18 mars 2022 tendant à recueillir ses observations avant le prononcé d'une sanction administrative. Par courrier du 25 mars 2022, la société Ccusi a présenté des observations. Par décision du 27 avril 2022, notifiée le 28 juin suivant, le directeur départemental de la protection des populations des Pyrénées-Atlantiques lui a infligé une amende administrative d'un montant de 15 000 euros. La société Ccusi a formé un recours gracieux contre cette décision par courrier du 19 août 2022, lequel est resté sans réponse. Par un recours administratif du 10 octobre 2022, elle a contesté le titre de perception du 10 août 2022. La société Ccusi demande au tribunal d'annuler la décision du 27 avril 2022, par laquelle le directeur départemental de la protection des populations des Pyrénées-Atlantiques lui a infligé une amende administrative d'un montant de 15 000 euros, ensemble la décision implicite de rejet de son recours administratif.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 522-5 du code de la consommation : " Avant toute décision, l'autorité administrative chargée de la concurrence et de la consommation informe par écrit la personne mise en cause de la sanction envisagée à son encontre, en lui indiquant qu'elle peut se faire assister par le conseil de son choix et en l'invitant à présenter, dans un délai précisé par le décret mentionné à l'article L. 522-10, ses observations écrites et, le cas échéant, ses observations orales. / Passé ce délai, elle peut, par décision motivée, prononcer l'amende. ". Aux termes de l'article L. 522-4 du même code : " Une copie du procès-verbal constatant les manquements passibles d'une amende administrative en est transmise à la personne mise en cause. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.

A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; 2° Infligent une sanction ; (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

4. En l'espèce, la décision attaquée vise les articles L. 521-1, L. 521-2, L. 522-1 et L. 532-1 du code de la consommation ainsi que la directive n° 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs dans le marché intérieur et se fonde sur ce qu'un manquement de la société Ccusi à l'article L. 532-1 du code de la consommation est caractérisé par l'inexécution, dans les délais impartis, des mesures correctives ordonnées en application des articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce même code. Il suit de là que les fondements légaux de la décision attaquée sont clairement exposés. Si les considérations de faits rappelées par la décision attaquée, à savoir le prononcé d'une amende de 15 000 euros sanctionnant un manquement à l'article L. 532-1 du code de la consommation pour inexécution des mesures correctives ordonnées en application des articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, ne sont pas, en l'état, suffisantes pour permettre à la société requérante d'utilement contester la sanction administrative qui lui est ainsi infligée, la décision attaquée fait également référence à la lettre du 18 mars 2022 par laquelle la direction départementale de la protection des populations des Pyrénées-Atlantiques a avisé la société Ccusi du manquement constaté lors du contrôle du 6 juillet 2021, de son intention de prononcer une amende administrative à son encontre, a détaillé les motifs de la sanction ainsi que le calcul de l'amende et a joint le procès-verbal de constatation de manquement du 27 janvier 2022. Le procès-verbal du 27 janvier 2022 vise les mêmes articles du code de la consommation que la décision attaquée ainsi que l'article L. 121-4, 16° du même code et se fonde sur ce que les argumentaires thérapeutiques accompagnant la présentation de chaque pierre, constatés lors du premier contrôle du 5 mars 2020, sont de nature à induire le consommateur en erreur, sur ce que la société Ccusi a été enjointe administrativement, par courrier du 1er octobre 2020, de cesser la pratique commerciale trompeuse consistant à utiliser des allégations à visée thérapeutique ou médicale sur ses supports publicitaires, site internet et dans son argumentaire commercial et enfin sur ce que lors des contrôles effectués les 6 juillet, 23 septembre et 25 septembre 2021, il a été constaté que les mesures ordonnées par le courrier d'injonction administrative du 1er octobre 2020 n'ont pas été exécutées, ce qui est constitutif d'un manquement passible d'une amende administrative. Ainsi, si les griefs à l'encontre de la société Ccusi ne sont pas rappelés dans la décision prononçant l'amende administrative contestée, les éléments portés à sa connaissance dans le cadre de la procédure contradictoire, auxquels la décision attaquée fait référence, détaillaient les motifs de la sanction à venir ainsi que le montant de l'amende correspondante, de sorte que la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'est pas en mesure de comprendre ce qui lui est reproché. La circonstance que l'administration n'ait pas joint à nouveau ce courrier du 18 mars 2022 et le procès-verbal du 27 janvier 2022 à sa décision du 27 avril 2022 est sans incidence sur la régularité de la motivation de cette décision dès lors qu'il n'est pas contesté que la société avait bien été destinataire au préalable de ces deux documents, ayant au demeurant présenté ses observations écrites en réponse à ce courrier par lettre du 25 mars 2022. Dans ces conditions, la décision attaquée, combinée à la lettre du 18 mars 2022 et au procès-verbal du 27 janvier 2022, doit être regardée comme suffisamment motivée en droit et en faits dès lors que ces documents ont mis à même la société requérante de connaître, avec une précision suffisante pour en permettre une contestation utile, les éléments de droit et de faits constituant le fondement de la sanction administrative qui lui a été infligée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 512-2 du code de la consommation : " Les infractions et les manquements sont constatés par des procès-verbaux, qui font foi jusqu'à preuve contraire. ". Aux termes de l'article L. 522-4 du même code : " Une copie du procès-verbal constatant les manquements passibles d'une amende administrative en est transmise à la personne mise en cause. ". Aux termes de l'article L. 521-1 du même code dans sa version applicable au litige : " Lorsque les agents habilités constatent un manquement ou une infraction avec les pouvoirs prévus au présent livre, ils peuvent, après une procédure contradictoire, enjoindre à un professionnel, en lui impartissant un délai raisonnable qu'ils fixent, de se conformer à ses obligations. ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code dans sa version applicable au litige : " Les agents habilités peuvent, dans les mêmes conditions, enjoindre à tout professionnel de cesser tout agissement illicite ou de supprimer toute clause illicite ou interdite. () ".

6. Si la société Ccusi soutient que la décision attaquée repose sur une inexactitude matérielle dès lors qu'elle n'a pas maintenu sa documentation commerciale à la suite de l'injonction administrative dont elle a fait l'objet par courrier du 1er octobre 2020, il ressort des termes du procès-verbal de constatation de manquement du 27 janvier 2022, dressé par une inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, que le 6 juillet 2021 cette inspectrice a constaté, lors d'un contrôle sur place, que les dépliants commerciaux de la société mis à disposition des clients sur son stand étaient les mêmes que ceux relevés lors du contrôle du 5 mars 2020, que l'argumentaire oral des vendeuses n'avaient pas changé, et que l'affiche de grande dimension présentant les allégations thérapeutiques des pierres était toujours présente. Ces constations concernant cette affiche ont été renouvelées les 23 septembre et 25 septembre 2021 et celles concernant les dépliants commerciaux le 25 septembre 2021. Les exemplaires de documentation commerciale versés au dossier par la société afin de prouver son respect de l'injonction administrative ont certes été modifiés dans leur contenu mais ne comportent aucune indication de date, de sorte que la société Ccusi ne peut être regardée comme apportant la preuve contraire des constatations effectuées par procès-verbal du 27 janvier 2022. En outre, la société Ccusi n'a versé à l'instance aucun élément permettant de constater une régularisation du contenu de son site internet, lequel devait lui aussi être modifié selon l'injonction faite à la société requérante. Il suit de là que la société Ccusi n'est pas fondée à soutenir que l'amende contestée serait entachée d'une erreur de fait.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins de réformation :

8. D'une part, aux termes de l'article L. 121-2 du code de la consommation dans sa version applicable au litige : " Une pratique commerciale est trompeuse si elle est commise dans l'une des circonstances suivantes : 1° Lorsqu'elle crée une confusion avec un autre bien ou service, une marque, un nom commercial ou un autre signe distinctif d'un concurrent ; 2° Lorsqu'elle repose sur des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur et portant sur l'un ou plusieurs des éléments suivants : a) L'existence, la disponibilité ou la nature du bien ou du service ; b) Les caractéristiques essentielles du bien ou du service, à savoir : ses qualités substantielles, sa composition, ses accessoires, son origine, notamment au regard des règles justifiant l'apposition des mentions " fabriqué en France " ou " origine France " ou de toute mention, signe ou symbole équivalent, au sens du code des douanes de l'Union sur l'origine non préférentielle des produits, sa quantité, son mode et sa date de fabrication, les conditions de son utilisation et son aptitude à l'usage, ses propriétés et les résultats attendus de son utilisation, notamment son impact environnemental, ainsi que les résultats et les principales caractéristiques des tests et contrôles effectués sur le bien ou le service ; c) Le prix ou le mode de calcul du prix, le caractère promotionnel du prix et les conditions de vente, de paiement et de livraison du bien ou du service ; d) Le service après-vente, la nécessité d'un service, d'une pièce détachée, d'un remplacement ou d'une réparation ; e) La portée des engagements de l'annonceur, notamment en matière environnementale, la nature, le procédé ou le motif de la vente ou de la prestation de services ; f) L'identité, les qualités, les aptitudes et les droits du professionnel ; g) Le traitement des réclamations et les droits du consommateur ; 3° Lorsque la personne pour le compte de laquelle elle est mise en œuvre n'est pas clairement identifiable. ". Aux termes de l'article L. 121-3 du même code dans sa version applicable au litige : " Une pratique commerciale est également trompeuse si, compte tenu des limites propres au moyen de communication utilisé et des circonstances qui l'entourent, elle omet, dissimule ou fournit de façon inintelligible, ambiguë ou à contretemps une information substantielle ou lorsqu'elle n'indique pas sa véritable intention commerciale dès lors que celle-ci ne ressort pas déjà du contexte. / Lorsque le moyen de communication utilisé impose des limites d'espace ou de temps, il y a lieu, pour apprécier si des informations substantielles ont été omises, de tenir compte de ces limites ainsi que de toute mesure prise par le professionnel pour mettre ces informations à la disposition du consommateur par d'autres moyens. / Dans toute communication commerciale constituant une invitation à l'achat et destinée au consommateur mentionnant le prix et les caractéristiques du bien ou du service proposé, sont considérées comme substantielles les informations suivantes : 1° Les caractéristiques principales du bien ou du service ; 2° L'adresse et l'identité du professionnel ; 3° Le prix toutes taxes comprises et les frais de livraison à la charge du consommateur, ou leur mode de calcul, s'ils ne peuvent être établis à l'avance ; 4° Les modalités de paiement, de livraison, d'exécution et de traitement des réclamations des consommateurs, dès lors qu'elles sont différentes de celles habituellement pratiquées dans le domaine d'activité professionnelle concerné ; 5° L'existence d'un droit de rétractation, si ce dernier est prévu par la loi. ". Aux termes de l'article L. 121-4 du même code dans sa version applicable au litige : " Sont réputées trompeuses, au sens des articles L. 121-2 et L. 121-3, les pratiques commerciales qui ont pour objet : () 16° D'affirmer faussement qu'un produit ou une prestation de services est de nature à guérir des maladies, des dysfonctionnements ou des malformations ; () ". Aux termes de l'article L. 121-5 du même code : " Les dispositions des articles L. 121-2 à L. 121-4 sont également applicables aux pratiques qui visent les professionnels et les non-professionnels. ".

9. D'autre part, aux termes de l'article L. 522-1 du code de la consommation : " L'autorité administrative chargée de la concurrence et de la consommation est l'autorité compétente pour prononcer les amendes administratives sanctionnant les manquements aux dispositions mentionnées aux articles L. 511-5, L. 511-6 et L. 511-7 et l'inexécution des mesures d'injonction relatives à des manquements constatés avec les pouvoirs mentionnés aux mêmes articles. ". Aux termes de l'article L. 532-1 du même code : " Le fait de ne pas déférer dans le délai imparti à une injonction relative aux infractions ou aux manquements constatés avec les pouvoirs mentionnés aux articles L. 511-5, L. 511-6 et L. 511-7, est passible d'une amende administrative dont le montant ne peut excéder : () 2° () pour une personne morale : 15 000 euros, lorsque l'infraction ou le manquement ayant justifié la mesure d'injonction est sanctionné par une peine délictuelle ou une amende administrative dont le montant excède () 15 000 euros pour une personne morale. ".

10. Enfin, un juge, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, se prononce, compte tenu des pouvoirs dont il dispose pour contrôler une sanction de cette nature, comme juge de plein contentieux. Il lui appartient de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration et, le cas échéant, de faire application d'une loi nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l'infraction a été commise et celle à laquelle il statue.

11. En l'espèce, si la société Ccusi soutient, à titre subsidiaire, que le montant de l'amende administrative de 15 000 euros qui lui a été infligée est disproportionné dès lors qu'une seule infraction lui était reprochée, que la portée de diffusion de sa documentation commerciale était drastiquement réduite eu égard à la fermeture des points de vente physiques pendant le confinement et enfin qu'elle a modifié l'intégralité de sa documentation commerciale, il résulte du point 6 que le respect de l'injonction administrative du 1er octobre 2020 n'est pas matériellement établi à la date du dernier contrôle effectué par l'inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes le 25 septembre 2021, malgré un nouveau contrôle le 6 juillet 2021 ayant procédé aux mêmes constatations. En outre, la société Ccusi ne justifie pas des périodes pendant lesquelles son point de vente physique aurait été fermé, ni des raisons pour lesquelles elle n'a pas immédiatement déféré à l'injonction administrative dont elle faisait l'objet. Enfin, elle ne démontre pas non plus l'absence de ventes depuis son site internet pendant ces périodes, ni n'établit la modification des informations commerciales présentées son site internet. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, ainsi que l'administration le fait valoir, que le montant de 15 000 euros de l'amende administrative contestée n'est pas disproportionné compte tenu du résultat bénéficiaire de la société requérante au titre de l'exercice clos le 30 juin 2021 d'un montant de 43 915 euros et du loyer annuel de son stand en 2021 d'un montant de 37 380 euros toutes taxes comprises. Dans ces conditions, eu égard à la nature et à la gravité des manquements constatés de la société Ccusi aux dispositions assurant la protection des consommateurs et de l'absence d'exécution en temps utile de l'injonction prononcée à son égard, la sanction infligée à la société Ccusi pour un montant total de 15 000 euros n'apparaît pas, dans les circonstances de l'espèce, disproportionnée.

12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins de réformation de la sanction administrative contestée ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société Ccusi demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la société Ccusi est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée à associé unique Ccusi et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Corthier, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.

La rapporteure,

Z. CORTHIER

La présidente,

M. SELLES

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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