mercredi 31 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2300069 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | SANCHEZ-RODRIGUEZ |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête enregistrée le 6 janvier 2023 sous le n°2300069, et des mémoires et des pièces complémentaires enregistrés le 9 janvier 2023 et le 22 février 2023, M. F D A, représenté par Me Sanchez D, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation au regard de l'atteinte portée à sa vie privée et familiale ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant, dès lors que la scolarisation de ses deux enfants sera compromise.
En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des risques auxquels il est exposé au Venezuela.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D A ne sont pas fondés.
II - Par une requête enregistrée le 7 janvier 2023 sous le n°2300093, Mme B G, représentée par Me Sanchez D, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation au regard de l'atteinte portée à sa vie privée et familiale ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant, dès lors que la scolarisation de ses deux enfants sera compromise.
En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des risques auxquels elle est exposée au Venezuela.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 17 mai 2023 à 14 heures, en présence de Mme Ugarte, greffière d'audience :
- le rapport de Mme C ;
- et les observations de Me Sanchez-Rodriguez, représentant les requérants, qui maintiennent les conclusions et moyens développés dans leurs écritures en insistant sur le défaut d'examen et la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu des circonstances particulières de l'espèce ; toute la famille est réfugiée en France, sans que cela ne soit mentionné dans l'arrêté préfectoral ; la jurisprudence citée en défense par le préfet n'est aucunement transposable ; par ailleurs, s'agissant de l'intérêt supérieur des enfants, ils ne peuvent pas vivre et aller à l'école au Venezuela.
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'étant pas représenté à l'audience.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant vénézuélien, né le 17 décembre 1984 à Caracas (Venezuela), est entré en France le 22 octobre 2021 accompagné de son épouse Mme E, de même nationalité, née le 25 février 1984 à La Guaira (Venezuela), et de leur fille mineure. Un second enfant est né en France de cette union le 20 janvier 2022. Ils ont présenté des demandes d'asile qui ont été définitivement rejetées par la Cour nationale du droit d'asile par deux décisions du 30 novembre 2022. Par deux arrêtés du 14 décembre 2022, le préfet des Pyrénées-Atlantiques les a respectivement obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de ces mesures d'éloignement. Par les présentes requêtes, M. D A et Mme E demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées, enregistrées sous les n° 2300069, et n°2300093, présentées par M. D A et Mme E, à l'encontre des mesures d'éloignement respectivement édictées à leur encontre, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Pour prendre les mesures d'éloignement en litige, le préfet des Pyrénées-Atlantiques s'est fondé sur les décisions par lesquelles la cour nationale du droit d'asile a définitivement rejeté les demandes d'asile de M. D A et de Mme E. Il a par ailleurs relevé qu'il n'était pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale des intéressés, compte tenu de la durée de leur présence en France et de ce qu'ils n'établissaient pas être totalement dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine. Si le préfet n'est pas tenu d'exposer, de manière exhaustive, la situation personnelle et/ou familiale des intéressés, il lui appartient néanmoins d'apprécier, au terme d'un examen réel et sérieux des éléments dont il a connaissance, si cette situation est susceptible de faire obstacle à leur éloignement. En l'espèce, en s'abstenant de mentionner dans les décisions en litige, d'une part, que les parents, la sœur et le beau-frère de M. D A résident en France en qualité de réfugiés en raison de leur opposition au régime vénézuélien, d'autre part, que les requérants ont quitté leur pays d'origine en 2017 pour s'installer en Colombie, alors que de tels éléments caractérisent une situation particulière, susceptible d'influer sur le sens de ses décisions, le préfet des Pyrénées-Atlantiques ne peut être regardé comme ayant procédé à un examen réel et complet de la situation des intéressés avant de décider de les éloigner.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. D A et Mme E sont fondés à obtenir pour ce motif l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, de même par voie de conséquence, de celles fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique que le préfet des Pyrénées-Atlantiques réexamine la situation de M. D A et Mme E. Il y a lieu de lui enjoindre de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, la somme globale de 1 000 euros à verser à M. D A et Mme E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du 14 décembre 2022 par lesquels le préfet des Pyrénées-Atlantiques a obligé M. D A et Mme E à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, à destination de leur pays d'origine sont annulés.
Article 2 : il est enjoint au préfet des Pyrénées-Atlantiques de réexaminer la situation de M. D A et de Mme E dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. D A et Mme E la somme globale de 1 000 (mille) euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F D A, à Mme B G et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.
La présidente,
SIGNÉ
V. QUEMENERLa greffière,
SIGNÉ
P. UGARTE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
SIGNÉ
P.UGARTE
Nos 2300069
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026