mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2300109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 2 |
| Avocat requérant | SCP BEDEL DE BUZAREINGUES-BOILLOT-BLAZY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 janvier 2023 et le 4 janvier 2024, la société G2B, représentée par Me Boillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2022 par lequel le maire de Bassussarry s'est opposé à sa déclaration préalable en vue de la division d'un terrain destinée à la création d'un lot à bâtir ;
2°) d'enjoindre à la commune de Bassussarry de lui délivrer un certificat de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bassussarry une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué ne pouvait légalement se fonder sur l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme dès lors que la commune de Bassussarry était couverte par un plan local d'urbanisme ;
- l'autre motif de cette décision, tiré de la méconnaissance de l'article DC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bassussarry, est entaché d'erreur d'appréciation ;
- son projet ne méconnaît ni les articles R. 111-2 et R. 111-27 du code de l'urbanisme, ni les articles DC 11.1, DC 13 et UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 juillet 2023 et le 5 mars 2024, la commune de Bassussary, représentée par Me Delhaes, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par la société G2B ne sont pas fondés ;
- l'arrêté attaqué pouvait également être fondé sur les motifs tirés de la méconnaissance des articles R. 111-2 et R. 111-27 du code de l'urbanisme et sur celle des articles DC 11.1, DC 13 et UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aubry,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dauga, représentant la commune de Bassussary.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 29 novembre 2022, le maire de Bassussarry (Pyrénées-Atlantiques) s'est opposé à la déclaration préalable présentée le 17 novembre 2022 par la société G2B en vue de la division d'un terrain destinée à la création d'un lot à bâtir. Cette dernière demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le fond du litige :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " () les dispositions des articles (), R. 111-5 () ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. ". Aux termes de l'article DC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bassussarry : " Conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et conditions d'accès aux voies ouvertes au public : Les voies et accès doivent être adaptées à la destination et à l'importance des constructions et des aménagements envisagés et présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité et de la protection civile, de la circulation des personnes à mobilité réduite () DC3.2-Accès : () Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité des usagers des voies ouvertes à la circulation publique, et celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic () ".
3. L'arrêté attaqué se fonde sur ce que l'accès prévu par le projet est de nature à porter atteinte à la sécurité des usagers des voies publiques et à celle des personnes l'empruntant, en méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme et de l'article DC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bassussarry, dès lors que cet accès, situé entre deux virages, offre une mauvaise visibilité.
4. D'une part, il résulte de l'arrêté attaqué qu'à la date de cette décision, la commune de Bassussarry était couverte par un plan local d'urbanisme. Dès lors, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, l'article R. 111-5 du même code n'était pas applicable. Par suite, le motif de l'arrêté attaqué tiré de ce que le projet méconnaît l'article
R. 111-5 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur de droit.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'accès projeté donne sur une voie communale dénommée, " chemin de Juantipy ", qui présente une déclivité d'environ 10%, entre deux virages dont l'un, distant d'environ 40 mètres à gauche, forme une légère courbe dans sa partie descendante, et l'autre, distant d'environ 45 mètres à droite, ne prive toutefois pas la visibilité sur la partie montante de cette voie secondaire sur laquelle la vitesse du trafic routier, qui n'est pas dense, est limitée à 50 km/h. Dès lors, cet accès présente des conditions de sécurité satisfaisantes tant pour les personnes l'empruntant que pour les usagers du chemin de Juantipy. Par suite, en fondant l'arrêté attaqué sur le second motif rappelé au point 3, le maire de Bassussarry a fait une inexacte application de l'article DC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bassussarry.
En ce qui concerne la substitution de motifs :
6. L'administration peut faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
7. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis. ". Aux termes de l'article L. 442-3 du même code : " Les lotissements qui ne sont pas soumis à la délivrance d'un permis d'aménager doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. "
8. Les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent dès lors respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient alors à l'autorité compétente de s'opposer à la déclaration préalable, notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
9. En premier lieu, aux termes de l'article DC 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bassussarry : " () Tout projet de construction ou division en vue de l'implantation de bâtiments doit prendre en compte la sauvegarde des éléments topographiques et végétaux qui composent le paysage, en particulier en bordure des voies, conformément aux dispositions graphiques du plan de zonage ". L'article UC 2 de ce même règlement prévoit que : " Occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières : Sont admis sous réserve du respect de conditions particulières : () les exhaussements et affouillements liés à l'implantation des équipements publics ou des constructions dans le terrain naturel à condition que ces mouvements de terrains soient limités au strict nécessaire () ".
10. S'il ressort des pièces du dossier que le terrain concerné par la division foncière est en pente, la déclaration préalable ayant donné lieu à l'arrêté attaqué ne permet pas, à ce stade, d'apprécier la consistance des éventuels travaux d'affouillements et d'exhaussements qui seront, le cas échéant, réalisés, ni d'apprécier la sauvegarde éventuelle des éléments topographiques. Par ailleurs, il n'est pas démontré que tout projet de construction sur ce terrain ne permettrait pas cette sauvegarde, ou exigerait des mouvements de terrain qui ne pourraient en aucun cas être limités au strict nécessaire. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance des dispositions précitées des articles DC 11.1 et UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bassussarry n'est pas de nature à fonder légalement l'arrêté attaqué.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article DC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bassussarry : " Obligations imposées en matière de réalisation d'espaces libres, aires de jeux et de loisirs et de plantations : Les surfaces plantées existantes doivent être maintenues ou remplacées, en proportion, par des plantations d'essences locales sur des surfaces équivalentes. Les nouvelles plantations doivent obligatoirement être réalisées avec des essences locales. / Les arbres de haute tige existants doivent être maintenus ou remplacés par un arbre d'essence locale mesurant au minimum 1,2 mètre. / () ".
12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que tout projet de construction sur le terrain en cause ne permettrait pas, d'une part, de remplacer les surfaces plantées existantes qui prennent place à proximité de la limite séparative à l'ouest et qui seraient supprimées, par d'autres plantations d'essences locales sur des surfaces équivalentes, d'autre part, de remplacer les arbres de haute tige existants, lesquels sont plantés à proximité des limites séparatives du terrain à l'est, par un arbre d'essence locale d'une hauteur minimale d'1,2 mètre. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article DC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bassussarry n'est pas de nature à fonder légalement l'arrêté attaqué.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres
installations ". Aux termes de l'article R. 431-16 du même code : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () e) Dans les cas prévus par les 4° et 5° de l'article R. 125-17 du code de la construction et de l'habitation , un document établi par un contrôleur technique mentionné à l'article L. 125-1 de ce code, attestant qu'il a fait connaître au maître d'ouvrage son avis sur la prise en compte, au stade de la conception, des règles parasismiques et paracycloniques prévues par l'article L. 563-1 du code de l'environnement. /
() ".
14. Contrairement à ce que soutient la commune de Bassussarry, il résulte des dispositions précitées de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme que le document établi par un contrôleur technique attestant qu'il a fait connaître son avis sur la prise en compte des règles parasismiques ne doit être produit, le cas échéant, que dans le dossier de demande de permis de construire. Par ailleurs, cette commune n'avance aucun autre argument selon lequel tout projet de construction sur le terrain en cause serait de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publiques. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme n'est pas non plus de nature à fonder légalement l'arrêté attaqué.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
16. Il ressort des pièces du dossier que la déclaration préalable ne permet pas d'appréhender de manière détaillée le futur projet de construction. Il n'est donc pas démontré que ce projet porterait nécessairement atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, ou bien aux paysages naturels ou urbains. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance de l'article
R. 111-27 du code de l'urbanisme n'est pas là aussi de nature à fonder légalement l'arrêté attaqué.
17. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du maire de Bassussarry du 29 novembre 2022 doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
18. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ". Lorsque l'exécution d'un jugement ou d'un arrêt implique normalement, eu égard aux motifs de ce jugement ou de cet arrêt, une mesure dans un sens déterminé, il appartient au juge administratif, saisi de conclusions sur le fondement des dispositions précitées, de statuer sur ces conclusions en tenant compte, le cas échéant après une mesure d'instruction, de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si, au vu de cette situation de droit et de fait, il apparaît toujours que l'exécution du jugement ou de l'arrêt implique nécessairement une mesure d'exécution, il incombe au juge de la prescrire à l'autorité compétente.
19. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. () ". Aux termes de l'article L. 424-3 du même code : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ". L'article L. 600-4-1 du même code dispose : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier ".
20. Les dispositions précitées de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme visent à imposer à l'autorité compétente de faire connaître tous les motifs susceptibles de fonder le rejet de la demande d'autorisation d'urbanisme ou de l'opposition à la déclaration préalable. Combinées avec les dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, elles mettent le juge administratif en mesure de se prononcer sur tous les motifs susceptibles de fonder une telle décision. Ces dispositions ont pour objet de permettre d'accélérer la mise en œuvre de projets conformes aux règles d'urbanisme applicables en faisant obstacle à ce qu'en cas d'annulation par le juge du refus opposé à une demande d'autorisation d'urbanisme ou de l'opposition à la déclaration préalable, et compte tenu de ce que les dispositions de l'article L. 600-2 du même code conduisent à appliquer le droit en vigueur à la date de la décision annulée, l'autorité compétente prenne une nouvelle décision de refus ou d'opposition.
21. Il résulte de ce qui précède que, lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision, conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions aux fins d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme, demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
22. Le présent jugement censure les motifs sur lesquels le maire de Bassussarry a fondé son arrêté du 29 novembre 2022. Les dispositions d'urbanisme applicables à la demande de permis de construire devant être regardées comme celles en vigueur à la date de la décision attaquée, il ne résulte pas de l'instruction qu'un autre motif serait susceptible de justifier ce refus, ni qu'un changement de circonstances de fait serait intervenu depuis cette date et ferait obstacle à la délivrance de ce permis. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au maire de Bassussarry de prendre une décision portant non-opposition à la déclaration préalable présentée par la société G2B dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
23. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
24. La société G2B ne justifie pas avoir exposé des dépens dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées par elle à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
25. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
26. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Bassussarry doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société G2B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Bassussarry du 29 novembre 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Bassussarry de délivrer à la société G2B une décision de non-opposition à sa déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Bassussarry versera à la société G2B une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête de la société G2B sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Bassussarry au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société G2B et à la commune de Bassussarry.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
M. Aubry, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le rapporteur,
L. AUBRY
Le président,
F. DE SAINT-EXUPERY
DE CASTILLON La greffière,
S. SÉGUELA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026