lundi 18 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2300161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SP AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 17 janvier 2023 et le 22 janvier 2024, sous le n° 2300161, Mme B G épouse H, représentée par Me Pather, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2022 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à venir, dans cet intervalle, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est privée de base légale ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du 21 février 2023 Mme G épouse H a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II - Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 17 et 20 janvier 2023 et le 22 janvier 2024, sous le n° 2300162, M. E H, représenté par Me Pather, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2022 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à venir, dans cet intervalle, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est privée de base légale ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du 21 février 2023 M. H a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sellès a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme H, ressortissants arméniens, sont entrés sur le territoire français le 9 novembre 2017, selon leurs déclarations, de manière régulière, sous couvert d'un passeport biométrique délivré par les autorités arméniennes valable jusqu'au 17 décembre 2022 pour Mme H et jusqu'au 25 septembre 2027 pour M. H et d'un visa délivré par les autorités italiennes valable sur le territoire des Etats Schengen jusqu'au 24 novembre 2017. Leur demande d'asile a été enregistrée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 29 décembre 2017 et le 16 mars 2018, elle a fait l'objet d'une décision de rejet. Le 18 octobre 2018, le préfet des Hautes-Pyrénées a pris, à l'égard de chacun d'eux, un arrêté portant obligation de quitter le territoire national avec un délai de départ volontaire et fixation du pays de renvoi, décision confirmée par le tribunal administratif de Pau le 31 décembre 2018 mais non exécutée. Le 21 juin 2022, ils ont déposé une nouvelle demande de titre de séjour et le 9 décembre 2022, le préfet des Hautes-Pyrénées a pris à l'encontre de chacun d'eux, un arrêté portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi. Par leur requête respective, M. et Mme H demandent l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les deux requêtes susvisées, respectivement introduites par M. et Mme H, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. Les décisions attaquées visent notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention internationale relative aux droits de l'enfant entrée en vigueur le 2 septembre 1990, la convention signée à Schengen le 19 juin 1990, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le code des relations entre le public et l'administration. Elles mentionnent qu'ils sont entrés en France de manière régulière le 9 novembre 2017, selon leurs déclarations respectives, qu'ils ont passé la majeure partie de leur vie dans leur pays d'origine, que leur demande d'asile a fait l'objet d'un refus par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 16 mars 2018, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 9 avril 2018 ; que le 18 octobre 2018 le préfet des Hautes-Pyrénées a pris à l'encontre de chacun d'eux un arrêté portant obligation de quitter le territoire national avec délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi ; que cette décision a été confirmée par le tribunal administratif de Pau par un jugement du 31 décembre 2018 et que le couple ne l'a pas exécuté, qu'ils se sont maintenus irrégulièrement sur le territoire jusqu'au 21 juin 2022, date à laquelle ils ont déposé une demande de titre de séjour. Les décisions attaquées relèvent également qu'ils sont mariés, qu'ils produisent une attestation d'hébergement de leur fils M. A H, la copie d'une carte médicale d'Etat, un courrier de Mme D F du 16 mai 2022, membre de l'association Equipe Saint-Vincent, faisant état de l'accueil régulier du couple et de leur implication au sein de la structure ; qu'ils ne font pas état d'une intégration réussie en France, avoir exercé une activité professionnelle permettant de garantir leur indépendance financière ; qu'ils ne justifient pas d'un talent exceptionnel ou de services rendus à la collectivité ou de circonstances humanitaires particulières.
5. Par suite, quand bien même le préfet des Hautes-Pyrénées ne fait aucune mention de l'existence de la petite fille et du petit-fils des requérants, les décisions contestées, dont les motifs sont suffisamment détaillés, satisfont à l'exigence de motivation en droit et en fait prescrite par les dispositions précitées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
6. Par ailleurs et pour les mêmes motifs, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le préfet des Hautes-Pyrénées n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de chacun des requérants.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
8. Il ressort des pièces des dossiers que M. et Mme H sont entrés ensemble en France en 2017, qu'ils ont rejoint leurs fils jumeaux et leur belle-fille, tous trois détenteurs d'un titre de séjour, qu'ils ont deux petits enfants scolarisés en France, qu'ils sont bénévoles au sein de l'association Equipe Saint-Vincent à Tarbes et que la durée de leur présence en France est principalement liée à leur maintien irrégulier sur le territoire national. Par ailleurs, ils ne démontrent pas que la présence de leurs enfants, majeurs et indépendants et de leurs petits-enfants, intégrés en France, constituerait un motif exceptionnel permettant la délivrance d'un titre de séjour. Il n'est pas davantage justifié que les requérants n'auraient plus d'attaches dans leur pays d'origine dans lequel ils y ont résidé jusqu'à l'âge de 55 et 56 ans.
9. Par suite, les décisions attaquées ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ou quant aux conséquences sur la situation personnelle des intéressés.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
11. Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
12. Si M. et Mme H font valoir qu'ils s'occupent de leurs deux petits-enfants, ils n'établissent pas entretenir avec ces derniers des relations rendant indispensable leur présence auprès d'eux. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prenant les décisions en litige, le préfet aurait porté une atteinte aux intérêts supérieurs de ces derniers, qui vivent avec leurs parents, exerçant l'autorité parentale. En tout état de cause, les décisions en litige n'ont ni pour objet ni pour effet de priver les intéressés du droit d'entretenir des relations avec leurs petits-enfants, ni de les séparer durablement alors d'ailleurs qu'elles ne sont pas assorties d'une mesure leur interdisant de revenir sur le territoire français. Elles n'empêchent ni ne préjugent des démarches qu'ils pourraient entreprendre ultérieurement pour leur rendre visite en France de manière régulière. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
13. Par suite, M. et Mme H ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions du 9 décembre 2022, portant refus de titre de séjour.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () ; 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents (). ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. "
15. Le second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que l'obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour dans les cas où elle fait notamment suite à un refus de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, la décision de refus de titre de séjour étant elle-même en l'espèce suffisamment motivée, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
16. Par ailleurs, pour les mêmes motifs que ceux évoqués aux points 5 et 8 de ce présent jugement, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle et familiale des intéressés et au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés.
17. Il résulte de ce qui précède que les décisions portant refus de titre de séjour ne sont pas entachées d'illégalités. Par suite, les moyens tirés de l'exception d'illégalité de ces décisions en tant qu'elles portent obligation de quitter le territoire français, doivent être écartés.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :
18. Il résulte de ce qui précède que les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalités. Par suite, les moyens tirés de l'exception d'illégalité de ces décisions en tant qu'elles fixent le pays de renvoi, doivent être écartés.
19. Par suite, les conclusions de M. et Mme H tendant à l'annulation des arrêtés du 9 décembre 2022 pris par le préfet des Hautes-Pyrénées doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
20. Le présent jugement qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés du 9 décembre 2022 n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction présentées par les requérants doivent être également rejetées.
Sur les frais de l'instance :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, les sommes que M. et Mme H demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. H et de Mme G épouse H sont rejetées.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E H, à Mme B G épouse H et au préfet des Hautes-Pyrénées.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
M. Rivière, premier conseiller,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2024.
La présidente-rapporteure,
M. SELLÈS
L'assesseur le plus ancien,
E. RIVIERE
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,, 2300162
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026