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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2300202

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2300202

lundi 10 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2300202
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantSP AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 janvier et 17 avril 2023, M. B A, représenté par Me Pather, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète des Landes a implicitement rejeté sa demande de renouvellement ou de délivrance d'un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer un titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou mention " salarié ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète des Landes de procéder au réexamen de sa situation et de statuer par une décision explicite sur sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement des articles L. 421-2 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle ;

- sa demande n'a pas perdu son objet dès lors qu'il ne s'est pas vu remettre le titre de séjour sollicité mais un titre de séjour mention " travailleur temporaire " ; il ne remplit pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour mention " travailleur temporaire " car il est signataire d'un contrat de travail à durée indéterminée et a obtenu une autorisation de travail pour ce contrat ;

- dès lors que sa requête conserve tout son objet, la décision implicite de rejet de sa demande n'a pas été abrogée mais confirmée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2023, la préfète des Landes conclut d'une part, au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation et celles aux fins d'injonction et d'autre part, au rejet du surplus des conclusions présentées par le requérant.

Elle soutient que les conclusions de la requête aux fins d'annulation et aux fins d'injonction sont devenues sans objet du fait de la délivrance au requérant de la carte de séjour sollicitée, valable du 16 mars 2023 au 15 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Corthier.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, né le 20 juin 1987 à Bouake en Côte d'Ivoire, de nationalité ivoirienne, est entré en France le 18 octobre 2014. Le 2 décembre 2016, il a formulé, auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, une demande d'asile, laquelle a été rejetée par décision du 13 juillet 2017, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 28 février 2018. Il s'est marié, le 27 avril 2019, avec une ressortissante française. Il a sollicité un titre de séjour mention " vie privée et familiale " qu'il a obtenu le 8 juillet 2020, valable jusqu'au 7 juillet 2022. Il s'est séparé de son épouse et une ordonnance de non-conciliation du tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan a été rendue le 9 novembre 2020. Par courrier du 30 juin 2022, M. A a déposé une demande tendant à ce que son titre de séjour mention " vie privée et familiale " soit renouvelé ou, subsidiairement, à ce qu'un titre de séjour mention " salarié " lui soit délivré. Un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour lui a été délivré le 1er septembre 2022, valable jusqu'au 28 février 2023. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Sur le non-lieu à statuer :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

3. D'autre part, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision ayant rejeté une demande de titre de séjour lorsque, postérieurement à la saisine de la juridiction, l'autorité administrative a délivré le titre sollicité ou un titre de séjour emportant des effets équivalents à ceux du titre demandé.

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 30 juin 2022, M. A a demandé à la préfète des Landes le renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement, la délivrance d'un titre de séjour mention " salarié ". Si la préfète des Landes soutient qu'il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation dès lors qu'elle a fait droit à la demande du requérant de délivrance d'un titre de séjour, il ressort néanmoins des pièces du dossier que la préfète des Landes a délivré à M. A, le 16 mars 2023, une carte de séjour temporaire mention " travailleur temporaire " alors qu'il avait sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou mention " salarié ". Or, une telle carte de séjour ne peut être regardée comme emportant des effets équivalents à ceux des titres demandés.

5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier qu'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour a été délivré à M. A le 1er septembre 2022. A défaut de délivrance du titre de séjour demandé pendant un délai de quatre mois à compter de la réception de sa demande, une décision implicite de rejet est née du silence ainsi gardé par l'administration. La délivrance d'une carte de séjour mention " travailleur temporaire " en réponse à la demande présentée par M. A doit être regardée comme constituant une décision explicite de rejet intervenue postérieurement à la décision implicite de rejet attaquée et comme se substituant dès lors à cette première décision. Il suit de là que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète des Landes a rejeté sa demande de renouvellement d'un titre de séjour doivent être regardées comme dirigées contre la décision explicite du 16 mars 2023 par laquelle cette autorité lui a délivré un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " révélant le refus de renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou de délivrance d'un titre de séjour mention " salarié ". Dès lors, l'exception de non-lieu opposée en défense doit être écartée.

Sur le surplus :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A a, par courrier du 9 janvier 2023, sollicité auprès de la préfète des Landes la communication des motifs de la décision de refus implicite de renouveler son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et que la préfète n'a pas répondu à cette demande. Toutefois, la décision explicite du 16 mars 2023 par laquelle la préfète lui a délivré un titre de séjour " travailleur temporaire ", postérieure à la demande de la communication des motifs, s'est substituée à la décision implicite de rejet de sa demande de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'illégalité en l'absence de communication des motifs de la décision implicite de rejet à laquelle elle s'est substituée. Ce moyen doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle sur un autre fondement que celui au titre duquel lui a été délivré la carte de séjour ou le visa de long séjour mentionné au 2° de l'article L. 411-1, se voit délivrer le titre demandé lorsque les conditions de délivrance, correspondant au motif de séjour invoqué, sont remplies, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'une première carte de séjour pluriannuelle dans les conditions prévues au présent article, il doit en outre justifier du respect des conditions prévues au 1° de l'article L. 433-4. / Le présent article ne s'applique pas aux titres de séjour prévus aux articles L. 421-2 et L. 421-6. ". Aux termes de l'article L. 433-4 du même code dans sa version applicable au litige : " Au terme d'une première année de séjour régulier en France accompli au titre d'un visa de long séjour tel que défini au 2° de l'article L. 411-1 ou, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 433-5, d'une carte de séjour temporaire, l'étranger bénéficie, à sa demande, d'une carte de séjour pluriannuelle dès lors que : 1° Il justifie de son assiduité, sous réserve de circonstances exceptionnelles, et du sérieux de sa participation aux formations prescrites par l'Etat dans le cadre du contrat d'intégration républicaine conclu en application de l'article L. 413-2 et n'a pas manifesté de rejet des valeurs essentielles de la société française et de la République ; 2° Il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. La carte de séjour pluriannuelle porte la même mention que la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. L'étranger bénéficie, à sa demande, du renouvellement de cette carte de séjour pluriannuelle s'il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il été précédemment titulaire. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du même code : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

9. En l'espèce, M. A demande le renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale " en soutenant qu'il réside en France depuis huit ans, dont trois ans en situation régulière, qu'il a travaillé dès l'obtention d'un titre l'y autorisant, qu'il est employé en contrat à durée indéterminée depuis le 16 mai 2021 en tant qu'opérateur-nettoyage de sorte qu'il dispose de ressources stables et régulières, qu'il a respecté les obligations de formation du contrat d'intégration républicaine, qu'il s'acquitte de son impôt sur le revenu et qu'il pratique l'haltérophilie. Cependant, il n'est pas contesté que n'étant plus marié à une ressortissante française, M. A ne continue plus de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il été précédemment titulaire. Or, divorcé et sans enfants, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans, ni ne démontre qu'il ne serait pas en mesure d'y poursuivre sa vie privée et familiale. Par suite, compte tenu des circonstances de l'espèce et notamment des conditions de séjour en France de M. A, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les dispositions des articles L. 423-23 et L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / Par dérogation aux dispositions de l'article L. 433-1, elle est prolongée d'un an si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi. Lors du renouvellement suivant, s'il est toujours privé d'emploi, il est statué sur son droit au séjour pour une durée équivalente à celle des droits qu'il a acquis à l'allocation d'assurance mentionnée à l'article L. 5422-1 du code du travail. ". Aux termes de l'article L. 421-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 433-6, l'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié " et qui est titulaire d'une carte de séjour délivrée pour un autre motif bénéficie d'une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention demandée lorsque les conditions de délivrance de cette carte sont remplies. / A l'expiration de la durée de validité de cette carte, s'il continue à en remplir les conditions de délivrance, il bénéficie, à sa demande, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la même mention. / Lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'une première carte de séjour pluriannuelle dans les conditions prévues au présent article, il doit en outre justifier du respect des conditions prévues au 1° de l'article L. 433-4. ".

11. D'autre part, aux termes de l'article L. 5221-1 du code du travail : " Les dispositions du présent titre sont applicables, sous réserve de celles des traités, conventions ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés, et notamment des traités instituant les communautés européennes ainsi que de celles des actes des autorités de ces communautés pris pour l'application de ces traités. ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du même code : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ". Aux termes de l'article L. 5221-5 du même code : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. () ". Aux termes de l'article R. 5221-1 du même code : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; () II. - La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. () Tout nouveau contrat de travail fait l'objet d'une demande d'autorisation de travail. ".

12. En l'espèce, M. A a demandé, à titre subsidiaire, la délivrance d'une carte de séjour mention " salarié ". Il ressort des pièces du dossier que M. A exerce une activité salariée sous contrat à durée indéterminée depuis le 16 mai 2021 et qu'il est titulaire, depuis le 1er mars 2023, d'une autorisation de travail pour travailler dans l'entreprise avec laquelle il a signé son contrat à durée indéterminée, régularisant ainsi sa situation au regard des dispositions précitées au point 11 du code du travail, de sorte qu'à la date de délivrance par la préfète des Landes d'une carte de séjour temporaire mention " travailleur temporaire ", M. A remplissait les conditions, rappelées aux points 10 et 11, pour se voir délivrer de droit une carte de séjour temporaire mention " salarié " en application de l'article L. 421-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile En outre, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté qu'il justifie du respect des conditions prévues au 1° de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir qu'en lui délivrant une carte de séjour temporaire mention " travailleur temporaire " au lieu d'une carte de séjour temporaire mention " salarié ", la décision attaquée méconnaît l'article L. 421-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 16 mars 2023 par laquelle la préfète des Landes a délivré à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " doit être annulée en tant qu'elle ne lui délivre pas une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ".

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

14. En raison des motifs qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique que la préfète des Landes délivre à M. A, sous réserve des changements de circonstances, une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais de l'instance :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 16 mars 2023 par laquelle la préfète des Landes a délivré à M. A une carte de séjour temporaire mention " travailleur temporaire " est annulée en tant qu'elle ne lui délivre pas une carte de séjour temporaire mention " salarié ".

Article 2 : Il est enjoint à la préfète des Landes de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire mention " salarié ", sous réserve des changements de circonstances, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision.

Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros (mille euros) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. B A, à Me Pather et à la préfète des Landes.

Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Corthier, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.

La rapporteure,

Z. CORTHIERLa présidente,

M. SELLESLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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