lundi 6 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2300450 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PICARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 février 2023, et des pièces produites le 3 mars 2023, M. D A et Mme H A, représentés par Me Treca, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 août 2022 par lequel le maire de la commune de Vic-en-Bigorre a autorisé la commune à reconstruire une station d'épuration sur un terrain cadastré section BT n° 103, situé chemin des Saules, à Vic-en-Bigorre, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir, conformément aux exigences de l'article R. 600-1-2 du code de l'urbanisme, dès lors qu'ils sont propriétaires et habitent dans une maison située sur la parcelle qui fait immédiatement face au terrain d'assiette du projet ; ils sont ainsi voisins immédiats dudit projet et subiront inévitablement des nuisances du fait de l'existence et du fonctionnement de ce nouvel équipement : nuisances de vue attestée, nuisances sonores et olfactives ;
- l'urgence est présumée, en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; en outre, les travaux viennent de commencer et aucune prise en compte de l'intérêt qui s'attache à la réalisation de cet ouvrage public ne peut, en l'espèce, être retenu, dès lors que la station d'épuration est implantée en zone inondable et que la continuité du service public d'assainissement n'est nullement menacée par la suspension demandée, l'ancienne station pouvant continuer de fonctionner pendant quelques mois ; enfin les travaux viennent à peine de commencer de sorte que les conséquences financières pour la commune de cette suspension seront minimes ;
- par ailleurs, des moyens sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de ce permis de construire dès lors que :
* la compétence de la signataire du permis en litige n'est pas justifiée ;
* le projet est incompatible avec la destination agricole de la parcelle, et avec la sauvegarde des espaces naturels et des paysages en raison de la présence à proximité immédiate de l'Echez, ruisseau classé dans une ZNIEFF ; le permis méconnait ainsi les dispositions de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme ;
* l'arrêté méconnait l'article 3.1 du règlement du PLU applicable en zone A, relatif aux accès et à l'exigence de sécurité ;
* il méconnaît également les règles applicables à la zone jaune du PPRI ;
* enfin, l'article 6 de l'arrêté du 21 juillet 2015 relatif aux systèmes d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif est méconnu ;
* plus globalement, le maire a méconnu les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2023, la commune de Vic-en-Bigorre, représentée par Me Picard, conclut au rejet de la demande de suspension et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle précise que :
- les requérants ne justifient nullement d'un intérêt à agir suffisant car ils ont acheté leur terrain et construit leur maison à proximité de la station d'épuration existante, en toute connaissance de cause ;
- la condition d'urgence n'est par ailleurs, pas réunie, dès lors que la station d'épuration existante, construite en 1969, a connu de nombreux dysfonctionnements et a fait l'objet de nombreux constats de non-conformité de la part des services préfectoraux (en 2018, 2019, 2020 et 2021), ainsi que d'une mise en demeure, en 2019, de remédier à l'ensemble de ces dysfonctionnements et d'un arrêté de prescriptions spécifiques pour la construction d'une nouvelle station d'épuration, sur la parcelle BT 103, du 22 août 2022, contenant, notamment, des prescriptions tenant compte de la proximité du ruisseau L'Echez et de sa ripisylve, ainsi que du caractère inondable de la zone, afin de respecter les règles applicables en zone dite " jaune " du PPRI ; ainsi, aucun risque suffisamment précis et immédiat ne peut justifier la suspension sollicitée, tandis qu'il existe, au contraire, une urgence impérieuse de reconstruire la station d'épuration existante dont les travaux ont déjà été retardés ;
- enfin, aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire en litige : l'ancienne station d'épuration, plus proche de l'Echez et partiellement comprise en zone dite " rouge " du PPRI sera détruite et l'implantation de la nouvelle station est prévue plus éloignée de l'Echez, et comprendra, notamment, un nouveau bassin circulaire devant limiter les risques d'inondation, ainsi que des dispositifs de drainage du terrain.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 6 février 2023 sous le n° 2300340 par laquelle les requérants demandent l'annulation de ce permis de construire.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sylvande Perdu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 3 mars 2023 à 15h30 en présence de Mme Caloone, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :
- Me Panzani qui développe à l'oral l'ensemble de ses conclusions et moyens : il souligne le risque d'inondation, de la station d'épuration comme de ces accès, ainsi que la méconnaissance des règles du PPRI applicables (absence de justification d'une impossibilité d'implanter la station à un autre endroit, et absence de démonstration de la prise en compte du risque d'aggravation des inondations pour les tiers) ; la méconnaissance du caractère agricole du secteur est également soulignée ; enfin, l'urgence en l'espèce est considérée comme pouvant être retenue, dès lors que la station existante peut continuer à fonctionner quelques mois et qu'aucune considération d'intérêt général ne peut sérieusement être opposée à la suspension sollicitée ;
- Me Picard, représentant la commune, en présence de Mme C, responsable de l'urbanisme, de M. G, directeur du service technique et de M. F, adjoint au maire, qui maintient ses conclusions ; il rappelle, en particulier, l'ensemble des études réalisées pour l'autorisation nécessaire au titre de la loi sur l'Eau, ainsi que le contenu de pièces produites qui permettent d'écarter le risque allégué d'augmentation des risques d'inondation pour les tiers, et souhaite justifier tant du choix de l'emplacement de la station d'épuration, que de la pertinence des dispositifs retenus pour tenir compte du risque d'inondation de cette zone.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 16h30.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 2 août 2022, le maire de Vic-en-Bigorre a délivré à la commune un permis de construire une station d'épuration, sur une parcelle cadastrée section BT n° 103, située au lieu-dit " La Herray ". M. et Mme A demandent la suspension de l'exécution de cette autorisation.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite. () ".
3. À supposer que la condition d'urgence soit, en l'espèce, remplie, en l'état de l'instruction, et en tenant compte notamment de l'arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées du 22 août 2022 par lequel de nombreuses prescriptions à cette reconstruction ont été fixées afin de tenir compte, en particulier, des règles applicables aux constructions envisagées sur les parcelles classées en zone dite " jaune " du plan de prévention des risques d'inondation adopté en 2013, comme c'est le cas de la parcelle ici en cause, terrain d'assiette du projet de reconstruction de la station d'épuration, lequel arrêté préfectoral est annexé au permis de construire en litige, aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire délivré le 3 août 2022.
4. Dans ces conditions, une des deux conditions cumulatives fixées à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de ce permis de construire, présentées par M. et Mme A, doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune, qui n'a pas la qualité de partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge des requérants, une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la commune de Vic-en-Bigorre et non compris dans les dépens.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Vic-en-Bigorre une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par la commune de Vic-en-Bigorre sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D et Mme H A et à la commune de Vic-en-Bigorre.
Fait à Pau, le 6 mars 2023.
Le juge des référés,
Signé
S. B La greffière
Signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Signé
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026