mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2300487 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DUCOIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2023, et des précisions apportées à l'audience, M. C, détenu à la maison d'arrêt de Bayonne, représenté par Me Ducoin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 30 janvier 2023, qui lui a été notifié le 20 février 2023, portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Il soutient que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est fondée sur les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que les conditions posées à cet article ne sont, en l'espèce, pas réunies ; en effet :
* il a respecté l'ensemble des obligations découlant de la condamnation pénale prononcée à son encontre, et n'a notamment pas cherché à entrer en contact avec son ex-compagne et ses enfants ; il a eu, en outre, un comportement exemplaire lors de sa détention ;
* il ne représente donc pas une menace réelle et actuelle pour l'ordre public ; d'ailleurs, il souhaite engager un traitement contre son addiction alcoolique et chercher du travail, dès sa sortie de prison, dans le secteur de la maçonnerie.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Perdu, vice-présidente, en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 27 février 2023 à 14h30 en présence de Mme Yniesta, greffière d'audience :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Ducoin, représentant M. C, présent, assisté de Mme B, interprète en langue portugaise ; l'avocate maintient la demande d'annulation de l'arrêté du 30 janvier 2023 présentée par M. C depuis la maison d'arrêt de Bayonne, et développe le moyen tiré de ce que la situation de ce dernier n'entre pas dans les prévisions de l'article L.251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur lesquelles le préfet s'est pourtant fondé pour prendre la décision obligeant M. C à quitter le territoire ;
- le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'était ni présent ni représenté à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né en 1970 en Angola, de nationalité angolaise et portugaise, présent en France depuis 2018, selon ses déclarations du 23 janvier 2023 auprès des services de police, a été condamné, par un jugement du 22 décembre 2022 du tribunal correctionnel de Bayonne, à une peine d'emprisonnement de quatre mois, pour des faits de violence commis par une personne en état d'ivresse suivis d'une incapacité n'excédant pas 8 jours et de violence par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. M. C est incarcéré à la maison d'arrêt de Bayonne depuis cette date afin de purger cette peine. Par un arrêté du 30 janvier 2023, le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination d'une éventuelle reconduite d'office et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. C demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () ". En application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
4. D'autre part, selon l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes :1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3° ".
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition de M. C du 23 janvier 2023, et des précisions apportées à l'audience, que ce dernier déclare être venu en France en 2017, et être arrivé à Bayonne en 2018. S'il vivait en concubinage avec une compatriote, avec laquelle il a eu deux enfants, âgés aujourd'hui de 25 ans et de 17 ans, il a été condamné le 22 décembre 2022, ainsi que précisé, à une peine de 4 mois d'emprisonnement pour des faits de violence commis sur cette dernière, a été incarcéré, et fait l'objet d'une interdiction d'entrer en contact avec cette dernière et avec ses enfants. Au demeurant, s'il ne travaille plus et a déclaré souffrir de problèmes de tension et de diabète, et s'il est précisé à l'audience qu'il souhaite mettre en place un protocole de soins pour son addiction à l'alcool et qu'il veut s'insérer professionnellement en recherchant un emploi dans la maçonnerie, il ne ressort d'aucune pièce que M. C aurait acquis, en qualité de ressortissant européen, un droit au séjour et a fortiori un droit au séjour permanent, en vertu des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, citées au point 4 du présent jugement.
6. Dans ces conditions, eu égard au caractère récente de la condamnation prononcée à son encontre, à la gravité des faits commis, et à la situation personnelle et économique de M. C, le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 251-1 de ce code en prenant à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
7. Les conclusions de M. C à fin d'annulation de la décision du préfet portant obligation de quitter le territoire français, doivent être rejetées.
8. Aucun moyen distinct n'étant soulevé à l'encontre de la décision refusant de lui accorder un délai pour exécuter cette obligation de quitter le territoire, de la décision fixant le pays de destination et à l'encontre de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 30 janvier 2023, pris dans son ensemble, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Copie en sera adressé au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
La magistrate désignée,
Signé
S. A
La greffière,
Signé
S. YNIESTA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026