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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2300736

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2300736

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2300736
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationCHAMBRE 2

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 mars 2023, Mme B épouse C, représentée par Me Bédouret, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2023 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de lui délivrer un titre de séjour, et ce, sous astreinte de 120 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée en fait, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- cette lacune révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle n'a pas bénéficié du droit à être entendue ou de la possibilité de déposer des observations écrites ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors que rien ne permet de mettre en doute l'existence d'une communauté de vie avec son époux ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est insuffisamment motivée en fait, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- cette lacune révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle n'a pas bénéficié du droit à être entendue ou de la possibilité de déposer des observations écrites ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors que rien ne permet de mettre en doute l'existence d'une communauté de vie avec son époux ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée en fait, faute de préciser les conditions de son retour dans son pays d'origine ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par une décision du 4 avril 2023, le président du bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle déposée le 21 mars 2023 par Mme B épouse C.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Genty.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B épouse C, ressortissante marocaine, est entrée en France le 24 septembre 2021 selon ses déclarations. Elle a présenté le 16 mai 2022 une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint d'un ressortissant français. Par arrêté du 17 février 2023, le préfet des Hautes Pyrénées a rejeté cette demande, a fait obligation à Mme B épouse C de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B épouse C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

3. La décision attaquée se fonde sur ce qu'il n'existe pas de communauté de vie et de lien conjugal entre les deux époux, cette situation étant confirmée par le rapport d'enquête des services de la direction départementale de la sécurité publique des Hautes-Pyrénées du 27 janvier 2023, et sur ce que l'intéressée ne peut se prévaloir de liens personnels et familiaux en France suffisamment anciens, intenses et stables dès lors qu'elle est entrée récemment en France, qu'il n'existe pas de communauté de vie effective avec son époux, qu'elle n'a pas d'enfant à charge et qu'elle a vécu au Maroc jusqu'à l'âge de 45 ans. Par suite, la décision attaquée satisfait à l'exigence de motivation en fait prescrite par les dispositions précitées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hautes-Pyrénées n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle et familiale de Mme B épouse C.

5. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. " Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ".

6. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Par ailleurs, lorsqu'il prend une décision portant rejet d'une demande de titre de séjour, le préfet ne met pas en œuvre le droit de l'Union européenne. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, à supposer que Mme B épouse C ait entendu s'en prévaloir, est inopérant.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ".

8. Il est d'abord constant que Mme B, avant d'entrer sur le territoire français le 24 septembre 2021, a épousé M. C, ressortissant français, à Kenitra au Maroc le 18 janvier 2021, et que son acte de mariage a été transcrit sur le registre de l'état civil français. La situation de la requérante doit en conséquence être examinée au regard de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile visé par la décision attaquée, quand bien même cette dernière reproduit in extenso les termes de l'article L. 423-2 du même code.

9. Il résulte ensuite du rapport établi par les services de police du 27 janvier 2023 à l'occasion d'une enquête de communauté de vie que seul le nom de M. C figure sur la boîte aux lettres du logement déclaré, qu'aucun effet personnel, vêtement ou affaire de toilette de la requérante, présente lors de la visite, ne se trouvait au domicile conjugal, et que la présence de photographies ou d'autres éléments relatifs au couple n'a pas davantage pu être constatée. M. C a par ailleurs indiqué aux services de police que la requérante était sa cousine. En complément de ces éléments, le rapport fait également mention que l'intéressée, âgée de 47 ans, semble davantage tenir le rôle d'une assistante de vie auprès de M. C, âgé de 84 ans, en contrepartie d'un accès facilité à un titre de séjour. Si la requérante soutient qu'elle était présente le jour de la visite, que la circonstance qu'elle ne maîtrise pas la langue française n'est pas un obstacle à la communauté de vie avec son époux et que l'interprétation consistant à suggérer qu'elle ne serait qu'une assistance de vie auprès de ce dernier revêt un caractère subjectif, elle ne produit au dossier aucun élément de nature à contredire les constatations objectives des enquêteurs et à établir une communauté de vie effective avec son époux. Par suite, en prenant la décision attaquée, le préfet des Hautes-Pyrénées n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. Si Mme B épouse C se prévaut de la date de son entrée en France le 24 septembre 2021, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elle n'a pas d'enfant à charge, et qu'elle est mariée avec un ressortissant français depuis le 18 janvier 2021 avec lequel, ainsi qu'il a été dit précédemment, elle ne démontre pas partager une communauté de vie effective. Par ailleurs, elle n'allègue pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 47 ans. Enfin, elle n'allègue ni n'établit entretenir de lien socioprofessionnel en France. Ainsi, compte tenu des circonstances de l'espèce, notamment des conditions de séjour en France de Mme B épouse C, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, elle n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :

12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ". Aux termes de l'article L.613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. ".

13. A supposer que la requérante ait entendu se prévaloir des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision attaquée se fonde sur ce que Mme B épouse C s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du même code, la décision attaquée doit être regardée comme satisfaisant à l'exigence de motivation en fait.

14. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hautes-Pyrénées n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle et familiale de Mme B épouse C.

15. En troisième lieu, lorsque le préfet fait obligation à un étranger de quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont issues de la transposition en droit interne de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, le préfet doit être regardé comme mettant en œuvre le droit de l'Union européenne. Il lui appartient, dès lors, d'en appliquer les principes généraux, qui incluent le droit à une bonne administration. Parmi les principes que sous-tend ce dernier, figure celui du droit de toute personne à être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne précité au point 5. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne, ce droit se définit comme le droit de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Ce droit n'implique pas systématiquement obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. En outre, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie. Enfin, dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où l'obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la mesure d'éloignement, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne le refus de titre de séjour.

16. A supposer que Mme B épouse C ait entendu se prévaloir du principe général de l'Union européenne, ayant sollicité la délivrance d'un titre de séjour, elle a été en mesure, à cette occasion, de préciser à l'administration les motifs de cette demande et de produire tous éléments susceptibles de venir à son soutien. Il lui appartenait de fournir spontanément à l'administration tout élément utile relatif à sa situation et il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait été privée de la possibilité de présenter de tels éléments à l'appui de sa demande. Par suite, et sans que le préfet n'ait été tenu de l'inviter à présenter préalablement ses observations, Mme B épouse C n'a pas été privée de son droit à être entendue, tel que garanti par le droit de l'Union européenne.

17. En troisième lieu, Mme B épouse C ne peut utilement se prévaloir de ce que la communauté de vie avec son époux est effective à l'encontre de la décision attaquée.

18. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 11.

En ce qui concerne la légalité de la décision relative au délai de départ volontaire :

19. Contrairement à ce que soutient la requérante, la décision attaquée ne porte pas refus d'octroi d'un délai de départ volontaire. En tout état de cause, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :

20. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".

21. La décision attaquée se fonde sur ce que l'examen de la situation de Mme B épouse C n'établit pas qu'elle soit exposée à des peines ou traitements contraires aux dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou tout autre pays dans lequel elle serait légalement admissible. Par suite, cette décision satisfait à l'exigence de motivation en fait prescrite par les dispositions précitées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

22. En second lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme B épouse C doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

24. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme B épouse C n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

25. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

26. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme B épouse C doivent dès lors être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B épouse C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse C et au préfet des Hautes -Pyrénées.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,

Mme Genty, première conseillère,

M. Aubry, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024.

La rapporteure,

F. GENTY

Le président,

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière,

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