lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2300861 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2023 Mme A B, représentée par Me Moura, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative, de prendre une décision sur sa demande de naturalisation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au conseil de Mme B de la somme de 1200 euros en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence est constituée par le délai déraisonnable mis à instruire sa demande déposée il y a plus de deux ans ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision ;
- au regard d'une jurisprudence unanime sa demande est fondée.
La requête a été régulièrement communiquée au préfet de la Gironde qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme B, ressortissante arménienne née le 9 août 1954, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Gironde de statuer sur la demande de naturalisation qu'elle a déposée le 27 avril 2021.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. En application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, il appartient à Mme B de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à très bref délai de la mesure d'injonction qu'elle sollicite. Si elle soutient que l'urgence est constituée par le seul écoulement d'un délai déraisonnable de plus de deux ans depuis le dépôt de sa demande de naturalisation, cette circonstance, pour regrettable qu'elle soit, ne suffit pas, en l'état de l'instruction, à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L.521-3 du code de justice administrative, alors que la requérante qui bénéficie de la protection subsidiaire, dispose d'un titre de séjour qui lui permet de vivre en France et de travailler.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées. De même par voie de conséquence que celles présentées au titre des frais de procès.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Gironde.
Fait à Pau, le 6 novembre 2023.
Le juge des référés
Signé
V.QUEMENER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière :
Signé
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