mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2301035 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 avril 2023, M. B A, représenté par Me Pather, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 1er février 2023 par laquelle le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de l'admettre au séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées, à titre provisoire, de lui délivrer un titre de séjour mention " travailleur temporaire " dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de le munir dans cette attente d'un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées, dans l'attente du jugement au fond de réexaminer sa situation et de statuer sur sa demande par une décision explicite dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de la munir dans cette attente, d'un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
- à la date de la décision attaquée il était signataire d'un contrat d'apprentissage, qui sera rompu par l'employeur ;
- la décision a ainsi pour effet de le faire basculer dans une situation d'irrégularité et de lui faire perdre son autorisation de travailler ;
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation professionnelle ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L.423-23 du même code et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle entraine sur sa vie privée et familiales.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 mars 2023 sous le numéro 2300596 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Pour établir l'existence d'une urgence particulière caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai de la mesure de suspension qu'il demande, M. A soutient que la décision attaquée a pour effet de le faire basculer dans une situation d'irrégularité en ce qu'elle va entrainer la rupture du contrat d'apprentissage qu'il avait signé. Toutefois, et d'une part, il résulte de l'instruction que M. A est entré sur le territoire pour la dernière fois le 6 juillet 2022 et qu'il n'a été autorisé à y résider et à y exercer une activité professionnelle que dans le cadre du récépissé de demande de titre de séjour en qualité de " travailleur temporaire " qui lui a été délivré le 25 octobre 2023. D'autre part, le contrat d'apprentissage dont il se prévaut, signé le 10 octobre 2022, et dont le terme était fixé au 31 juillet 2023, l'a été dans le cadre d'une formation à laquelle M. A s'est inscrit le 9 novembre 2022. Dans ces conditions, compte tenu de la durée de la présence en France de M. A, du caractère également très récent de son inscription dans un cursus de formation, de l'absence de toute précision sur le suivi de cette formation, et de la nature du titre de séjour sollicité, en l'état de l'instruction, les éléments avancés ne permettent pas de regarder la décision dont il est demandé la suspension comme préjudiciant de manière grave et immédiate à ses intérêts. Par suite, la situation d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut en l'espèce être considérée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de rejeter sans instruction ni audience, par application de l'article L.522-3 du code de justice administrative, la requête de M. A, en ce compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais de procès.
5. Enfin dès lors que la requête ne satisfait pas, de manière manifeste, ainsi qu'il vient d'être dit, à l'une des conditions fixées par l'article L.521-1 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu, en vertu de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 d'accorder à M. A le bénéfice, à titre provisoire, de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E:
Article 1er : La demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle de M. A est rejetée.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Pau, le 18 avril 2023.
Le juge des référés,
Signé
V. QUEMENER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition
La greffière
Signé
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026