mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2301132 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LEPLAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023, M. D A, retenu au centre de rétention administrative d'Hendaye, demande au tribunal d'annuler la décision du 14 avril 2023 par laquelle le préfet de la Vienne a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé, en cas d'exécution d'office d'une peine d'interdiction du territoire français d'une durée de cinq ans, prononcée à son encontre par un arrêt du 30 décembre 2020 de la cour d'appel de Poitiers.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- en outre, la mesure d'éloignement est disproportionnée au regard de sa vie privée et familiale et de son insertion professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il précise que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code pénal ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Leplat, avocat désigné d'office, représentant M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et fait valoir en outre que le requérant ne constitue pas une menace à l'ordre public,
- le préfet de la Vienne n'étant ni présent ni représenté à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 25 juillet 1990 à Mostaganem (Algérie), est entré sur le territoire français le 8 mars 2017, sous couvert d'un visa court séjour. Par un arrêt du 30 décembre 2020, la cour d'appel de Poitiers a condamné M. A à une peine d'emprisonnement de quatre ans, assortie d'une peine d'interdiction du territoire français d'une durée de cinq ans, pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité supérieure à huit jours, commis le 26 juillet 2020. M. A a été incarcéré du 28 juillet 2020 au 26 avril 2023 et a été placé en rétention administrative à compter de la date de sa libération. Par une décision du 14 avril 2023, le préfet de la Vienne a fixé le pays dont l'intéressé possède la nationalité, ou tout autre pays dans lequel il justifiera être légalement admissible, comme pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office de cette peine d'interdiction du territoire français. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, la décision en litige vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour fixer le pays de renvoi. Dès lors, cette décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 641-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La peine d'interdiction du territoire français susceptible d'être prononcée contre un étranger coupable d'un crime ou d'un délit est régie par les dispositions des articles 131-30, 131-30-1 et 131-30-2 du code pénal ". Aux termes de l'article 131-30 du code pénal : " Lorsqu'elle est prévue par la loi, la peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime ou d'un délit. / L'interdiction du territoire entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion. / () ". En outre, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office () d'une peine d'interdiction du territoire français () ". Enfin, aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
4. En l'espèce, M. A soutient être en couple depuis 2018 avec une compatriote, résidente en situation régulière sur le territoire français, avec laquelle il s'est marié le 1er février 2022, alors qu'il était incarcéré. Il fait également valoir qu'il est titulaire d'un diplôme de master en droit, obtenu en Algérie, qu'il a travaillé durant son incarcération comme opérateur en concession, qu'il a également obtenu le titre professionnel d'agent de restauration, le diplôme national du brevet, le certificat de formation générale et la partie théorique du certificat d'aptitude professionnelle (CAP) en mécanique, et qu'il envisage l'obtention d'un autre diplôme et le suivi d'une autre formation, ce qui démontrerait son insertion professionnelle. Cependant, M. A, ressortissant algérien, ne se prévaut d'aucun risque en cas de retour dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans. Au demeurant, rien ne s'oppose à ce que son épouse, de même nationalité que lui, le rejoigne dans son pays d'origine, pour reconstituer la cellule familiale. Par suite, le préfet, en prenant la décision attaquée, n'a nullement entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de M. A.
5. En troisième lieu, la décision en litige a uniquement pour objet de fixer le pays de renvoi, en exécution d'une peine d'interdiction du territoire français prononcée par le juge pénal. Par suite, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement serait disproportionnée au regard de la vie privée et familiale de l'intéressé ne peut qu'être écarté comme inopérant.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de la Vienne.
Lu en audience publique le 3 mai 2023.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mai 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
F. BLa greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026