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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2301341

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2301341

lundi 26 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2301341
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantMASSOU DIT LABAQUERE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a examiné les recours pour excès de pouvoir de M. et Mme D, ressortissants albanais, contre les refus de titre de séjour du préfet des Pyrénées-Atlantiques. Les requérants invoquaient notamment la méconnaissance des articles L. 425-9, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que des articles 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens, jugeant les décisions suffisamment motivées, prises par une autorité compétente et proportionnées à la situation personnelle et familiale des intéressés. En conséquence, il a rejeté les deux requêtes.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I°) Par une requête, enregistrée le 22 mai 2023, sous le n° 2301341, M. B D, représenté par Me Massou dit E, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 janvier 2023, par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à cette même autorité de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de le munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru lié, à tort, par l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mars 2023.

II°) Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2023, sous le n° 2303264, Mme A D, représentée par Me Massou dit E, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er juin 2023 par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à cette même autorité de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de la munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relatives aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Sellès.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B et Mme A D, ressortissants albanais, sont entrés en France en 2018. Par leurs requêtes, ils demandent l'annulation des arrêtés des 10 janvier et 1er juin 2023 par lesquels le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de leur délivrer un titre de séjour.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2301341 et n° 2303264, présentées par M. et Mme D, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. En premier lieu, par un arrêté du 4 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 6 janvier 2023, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a donné délégation à M. Martin Lesage, secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, pour signer, en toutes matières, tous arrêtés, décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département des Pyrénées-Atlantiques, à l'exception de certaines matières au nombre desquelles ne figurent pas les décisions de refus de séjour contestées. Les moyens tirés de l'incompétence du signataire des actes contestés manquent en fait et doivent, par suite, être écartés.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

5. Les décisions portant refus de titre de séjour contestées visent les textes dont elles font application, notamment les articles L. 425-9, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les considérations de fait précises et circonstanciées qui les fondent, faisant état notamment de l'avis émis le 19 décembre 2022, par le collège médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, par lequel celui-ci a estimé que si l'état de santé de M. D nécessite une prise en charge dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et qu'au vu des éléments du dossier, et à la date de l'avis, son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine, de la durée de résidence des requérants sur le territoire, de la scolarisation de leurs enfants et de la situation professionnelle de Mme D. Les moyens tirés d'une insuffisance de motivation des décisions contestées doivent, par suite, être écartés.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. /()/ ".

7. D'une part, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui lui est favorable, doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions, ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens des dispositions précitées, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.

8. D'autre part, s'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

9. Pour rejeter la demande d'admission au séjour de M. D, le préfet des Pyrénées-Atlantiques s'est fondé, sans pour autant s'être estimé à tort lié par celui-ci, sur l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 19 décembre 2022, par lequel celui-ci a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Pour contester cette appréciation, M. D soutient que le traitement nécessaire à son état de santé n'est pas disponible en Albanie. Toutefois, il ne verse au dossier aucune pièce médicale et ces seules allégations ne permettent pas d'établir, en l'absence d'éléments précis et objectifs, tant sur son état de santé que sur les soins qui lui seraient nécessaires, qu'une prise en charge appropriée serait indisponible dans son pays d'origine. Par suite, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ". Pour l'application des stipulations et dispositions précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

11. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme D sont entrés sur le territoire français en 2018, soit depuis environ cinq années à la date des décisions attaquées. S'il est établi qu'ils se sont maintenus depuis lors sur le territoire, cette circonstance est insuffisante pour établir qu'ils disposeraient de liens personnels et familiaux particulièrement étroits en France, et qu'ils n'établissent pas être dépourvus d'attaches personnelles en Albanie, où ils ont vécu au moins jusqu'aux âges respectifs de 46 et 36 ans. Par ailleurs, M. et Mme D ne font état d'aucun élément qui ferait obstacle à ce que leurs enfants poursuivent leur scolarité en Albanie. Enfin, la circonstance que Mme D bénéficie d'une promesse d'embauche ne saurait suffire à caractériser une insertion professionnelle suffisamment ancienne et stable. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en refusant de leur délivrer les titres de séjour sollicités, le préfet des Pyrénées-Atlantiques aurait méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegardes des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences des décisions attaquées sur la situation personnelle des requérants doit être écarté.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance d'un titre portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette hypothèse, un demandeur qui justifie d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des motifs exceptionnels exigés par la loi.

13. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 9 et 11 du présent jugement, les requérants ne justifient pas de circonstances exceptionnelles ou de motifs humanitaires au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit, par suite, être écarté.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs, mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

15. En l'espèce, les décisions de refus de séjour attaquées n'ont ni pour objet, ni pour effet, d'éloigner les requérants du territoire national et de les séparer de leurs enfants. Par ailleurs, ils ne font état d'aucune circonstance qui ferait obstacle à ce que ces derniers poursuivent leur scolarité dans leur pays d'origine. Dans ces circonstances, et compte tenu des éléments mentionnés au point 11, le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'a pas méconnu les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des requêtes de M. et Mme D, doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, présentées par M. et Mme D, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de leurs requêtes doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme D demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2301341 et n° 2303264 sont rejetées.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B D, à Mme A D, au préfet des Pyrénées-Atlantiques et à Me Massou dit E.

Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 12 mai 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

M. Rivière, premier conseiller,

Mme Aché, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 26 mai 2025.

La présidente-rapporteure,

M. SELLÈS

L'assesseur le plus ancien,

E. RIVIÈRE La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2301341, 2303264

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