jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2301441 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2023, M. D A et Mme B A, représentés par Me Dumaz-Zamora, avocat, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner au préfet des Pyrénées-Atlantiques, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de leur délivrer l'attestation prévue par le 5° de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale, dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'ordonnance à venir ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- l'urgence est caractérisée par les circonstances qu'ils ne disposent que de faibles ressources alors qu'ils ont quatre enfants à charge ;
- la mesure demandée présente un caractère utile compte tenu que la production de l'attestation en cause aux services de la caisse d'allocations familiales leur permettrait de bénéficier des prestations familiales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit asile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, de nationalité macédonienne, sont entrés en France en 2017, accompagnés de leurs enfants. Ils sont titulaires d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Ils ont demandé le 22 octobre 2022 à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques le bénéfice des prestations familiales. Par lettre du 2 décembre 2022, le directeur de cet organisme a demandé à Mme A, en vue de compléter le dossier relatif à sa demande, de produire l'attestation préfectorale prévue par l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale. Par lettre du 14 décembre 2022, Mme A a indiqué aux services de la caisse d'allocations familiales que les services de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques avaient refusé de lui délivrer cette attestation et l'avaient informé qu'il appartenait aux services de la caisse de leur réclamer ce document. Par lettres du 2 mai 2023, reçues le 4 mai 2023, le conseil de M. et Mme A a de nouveau sollicité respectivement le préfet des Pyrénées-Atlantiques et la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques la délivrance de l'attestation en cause. M. et Mme A demandent qu'il soit enjoint au préfet des Pyrénées-Atlantiques de leur délivrer cette attestation.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Aux termes de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale : " () Bénéficient également de plein droit des prestations familiales dans les conditions fixées par le présent livre les étrangers non ressortissants d'un Etat membre de la Communauté européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, titulaires d'un titre exigé d'eux en vertu soit de dispositions législatives ou réglementaires, soit de traités ou accords internationaux pour résider régulièrement en France. / Ces étrangers bénéficient des prestations familiales sous réserve qu'il soit justifié, pour les enfants qui sont à leur charge et au titre desquels les prestations familiales sont demandées, de l'une des situations suivantes : () -leur qualité d'enfant d'étranger titulaire de la carte de séjour mentionnée à l'article L. 423-23 du même code à la condition que le ou les enfants en cause soient entrés en France au plus tard en même temps que l'un de leurs parents titulaires de la carte susmentionnée. / Un décret fixe la liste des titres et justifications attestant de la régularité de l'entrée et du séjour des bénéficiaires étrangers. () ". Aux termes de l'article D. 512-2 du même code : " La régularité de l'entrée et du séjour des enfants étrangers que le bénéficiaire a à charge et au titre desquels il demande des prestations familiales est justifiée par la production de l'un des documents suivants : () 5° Attestation délivrée par l'autorité préfectorale, précisant que l'enfant est entré en France au plus tard en même temps que l'un de ses parents admis au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers () ".
5. À supposer que le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'ait pas pris une décision expresse sur la demande présentée par M. et Mme A, le silence gardé par l'administration sur cette dernière peut faire naître dès le 4 juillet 2023 une décision administrative dont, en cas d'urgence, le juge des référés pourrait être saisi, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, si les requérants soutiennent qu'ils sont confrontés à des difficultés financières, il ne résulte pas de l'instruction que leur situation revêtirait le caractère d'un péril grave.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. et Mme A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le juge des référés ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme A doivent dès lors être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A.
Fait à Pau, le 22 juin 2023.
Le juge des référés,
Signé : F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026