vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2301665 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 2 |
| Avocat requérant | DABADIE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2301665, et un mémoire, enregistrés le 23 juin 2023 et le 11 août 2023, M. E A et Mme C A, représentés par Me Dabadie, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2022 par lequel le maire de Pau a accordé à la société civile de construction vente Hall'Ona un permis de construire en vue de la réhabilitation d'un établissement hôtelier et de l'édification d'un nouveau bâtiment, ainsi que l'arrêté du 28 avril 2023 par lequel la même autorité a accordé au même pétitionnaire un permis de construire modificatif ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Pau et de la société Hall'Ona une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les dossiers de demandes de permis de construire sont entachés d'insuffisances et n'ont pas fait l'objet des consultations nécessaires ;
- les arrêtés attaqués méconnaissent les articles UD 1, UD 2 et UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2023, la société civile de construction vente Hall'Ona, représentée par Me Gallardo, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des consorts A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 31 janvier 2022 sont tardives ;
- les consorts A ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté du 28 avril 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, la commune de Pau conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 31 janvier 2022 sont tardives ;
- les moyens soulevés par les consorts A à l'encontre de l'arrêté du 31 janvier 2022 ne sont pas fondés ;
- les consorts A ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté du 28 avril 2023 ;
- la requête ne contient l'exposé d'aucun moyen à l'encontre de l'arrêté du 28 avril 2023 en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2301666, et un mémoire, enregistrés le 23 juin 2023 et le 11 août 2023, Mme D F, représentée par Me Dabadie, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2022 par lequel le maire de Pau a accordé à la société civile de construction vente Hall'Ona un permis de construire en vue de la réhabilitation d'un établissement hôtelier et de l'édification d'un nouveau bâtiment, ainsi que l'arrêté du 28 avril 2023 par lequel la même autorité a accordé au même pétitionnaire un permis de construire modificatif ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Pau et de la société Hall'Ona une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les dossiers de demandes de permis de construire sont entachés d'insuffisances et n'ont pas fait l'objet des consultations nécessaires ;
- les arrêtés attaqués méconnaissent les articles UD 1, UD 2 et UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2023, la société civile de construction vente Hall'Ona, représentée par Me Gallardo, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme F une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 31 janvier 2022 sont tardives ;
- Mme F ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté du 28 avril 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, la commune de Pau conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 31 janvier 2022 sont tardives ;
- les moyens soulevés par Mme F à l'encontre de l'arrêté du 31 janvier 2022 ne sont pas fondés ;
- Mme F ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté du 28 avril 2023 ;
- la requête ne contient l'exposé d'aucun moyen à l'encontre de l'arrêté du 28 avril 2023 en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Diard,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de M. B, représentant la commune de Pau, et de Me Gallardo, représentant la société Hall'Ona.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 31 janvier 2022, le maire de Pau a accordé à la société Hall'Ona un permis de construire en vue de la réhabilitation d'un établissement hôtelier et de l'édification d'un nouveau bâtiment. Par un arrêté du 28 avril 2023, la même autorité a accordé au même pétitionnaire un permis de construire modificatif. Les consorts A et Mme F demandent l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2301665 et 2301666, présentées par les consorts A et Mme F, sont dirigées contre les mêmes décisions. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 31 janvier 2022 :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre () d'un permis de construire () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () et pendant toute la durée du chantier. () / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. / () Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage. ". Aux termes de l'article A. 424-17 du même code : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : / " Droit de recours : / " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). / " Tout recours administratif ou tout recours contentieux doit, à peine d'irrecevabilité, être notifié à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. Cette notification doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du recours (art. R. 600-1 du code de l'urbanisme). " ".
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de constat établi par un huissier de justice le 14 février 2022, le 18 mars 2022 et le 19 avril 2022, que l'arrêté attaqué a fait l'objet d'un affichage sur le terrain d'assiette du projet à compter du 14 février 2022 durant une période continue de deux mois et que cet affichage comportait les informations prévues par les dispositions précitées des articles R. 424-15 et A. 424-17 du code de l'urbanisme, notamment la mention des voies et délais de recours. Dès lors, les conclusions des requêtes des consorts A et de Mme F aux fins d'annulation de l'arrêté attaqué, enregistrées le 23 juin 2023, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois qui a commencé à courir à compter du 14 février 2022, sont tardives. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la commune de Pau et la société Hall'Ona doit être accueillie.
En ce qui concerne l'arrêté du 28 avril 2023 :
5. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial ou après avoir épuisé les voies de recours contre le permis initial, ainsi devenu définitif, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction ou, lorsque le contentieux porte sur un permis de construire modificatif, des modifications apportées au projet.
7. Les consorts A et Mme F sont propriétaires de maisons implantées sur des parcelles situées respectivement à l'est et au nord du terrain d'assiette du projet autorisé par l'arrêté attaqué, dont elles sont séparées par la rue Clément Ader et la rue du Languedoc. En outre, l'arrêté attaqué a pour objet la modification de la typologie des logements, du nombre et du type d'établissements recevant du public, du positionnement de certaines ouverture en façade, avec l'ajout ou la suppression de certaines baies, et de l'aménagement du parc de stationnement, ainsi que l'agrandissement de l'emprise du volume créé et le déplacement de l'aire de présentation des conteneurs destinés aux ordures ménagères. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice et des plans joints au dossier de demande de permis de construire modificatif, que la façade est du projet qui donne sur la maison des consorts A, ne fait l'objet d'aucune modification, que la façade nord, donnant sur la maison de Mme F, ne fait l'objet que d'une modification mineure consistant en l'agrandissement du volume créé en rez-de-chaussée, sans modification notamment de l'accès au terrain d'assiette, et que les brise-vues autorisés par l'arrêté du 31 janvier 2022 sont maintenus, alors même qu'ils n'apparaissent pas sur l'un des plans de la façade est. En outre, si l'aire de stationnement, initialement de 59 places, comporte désormais 65 places, cette modification n'est pas susceptible d'engendrer une augmentation significative du flux de véhicules. Il suit de là que le projet autorisé par l'arrêté attaqué n'est pas de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance des maisons des consorts A et de Mme F. Dès lors, ces derniers ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la commune de Pau et la société Hall'Ona doit également être accueillie.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des requêtes des consorts A et de Mme F doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par les consorts A et Mme F doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des consorts A une somme de 750 euros, et à la charge de Mme F la même somme, au titre des frais exposés par la société Hall'Ona et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2301665 et n° 2301666 des consorts A et de Mme F sont rejetées.
Article 2 : Les consorts A et Mme F verseront respectivement à la société Hall'Ona une somme de 750 (sept cent cinquante) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme D F, à la commune de Pau et à la société civile de construction vente Hall'Ona.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
Le rapporteur,
F. DIARDLe président,
F. DE SAINT-EXUPERY DE
CASTILLON
La greffière,
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Nos 2301665, 2301666
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026