vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2301764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET PIERRE PINTAT AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 3 juillet 2023 et le 13 juillet 2023, la communauté d'agglomération du Pays basque, représentée par Me Pintat, avocat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de la société par actions simplifiée Aurera qui occupe sans droit ni titre des locaux au sein du pavillon Izarbel dans la commune de Bidart, et ce, sous astreinte de 300 € par jour de retard à compter d'un délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance à venir, au besoin avec le concours de la force publique, et de l'autoriser, si nécessaire, à consigner des biens et fournitures de cette société par un commissaire de justice afin d'exécuter de force cette expulsion ;
2°) de mettre à la charge de la société Aurera une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Aurera occupe une dépendance du domaine public dès lors que le pavillon Izarbel est affecté au service public de développement économique et qu'il a fait l'objet d'un aménagement spécial en vue de cette affectation ;
- la mesure sollicitée revêt un caractère utile dès lors que cette société est occupante sans droit ni titre de locaux dans ce pavillon depuis le 31 janvier 2022 ;
- l'urgence est caractérisée par les circonstances que de nombreuses sociétés récentes ne parviennent pas à s'installer du fait du foncier restreint et du coût important que représente la location d'un local, et qu'une pépinière d'entreprises est destinée à n'assurer l'installation de sociétés que pour une durée limitée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 27 juillet 2023 en présence de Mme Capdeboscq, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu Me Drevet, représentant la communauté d'agglomération du Pays basque.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté d'agglomération du Pays basque a passé le 30 avril 2016 avec la société Aurera une convention d'occupation précaire d'un local à usage de bureau d'une surface de 60,32 m², qui fait partie de la pépinière d'entreprises dénommée " technopole Izarbel côte basque " dans la commune de Bidart, et portant sur la période du 1er mai 2016 au 31 mars 2018. Cette convention, renouvelée le 27 septembre 2018, a concerné deux modules à usage de bureaux d'une surface totale de 85,32 m², et a porté sur la période du 1er avril 2018 au 28 février 2020. Cette même convention, renouvelée le 9 mars 2020, a concerné quatre modules à usage de bureaux d'une surface totale de 150,32 m², et a porté sur la période du 1er mars 2020 au 31 janvier 2022. La communauté de communes du Pays basque demande qu'il soit ordonné à la société Aurera de libérer les locaux en cause, au besoin avec le concours de la force publique.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ".
3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
4. D'une part, il résulte de l'instruction, notamment de la convention du 30 avril 2016 rappelée au point 1, que la pépinière d'entreprises dans laquelle prennent place les locaux occupés par la société Aurera a pour but d'aider l'implantation d'entreprises nouvelles ou appelées à se développer dans le domaine technologique, en leur fournissant des locaux adaptés pendant la période de démarrage ou de stabilisation de leur activité, et que ces dernières doivent la quitter dès la fin de cette période afin de permettre d'accueillir de nouvelles entreprises. Il n'est pas contesté que les bâtiments en cause ont été mis en service en 2005. Cette structure, dont il n'est pas non plus contesté qu'elle appartient à la communauté d'agglomération, a ainsi été affectée à un service public et aménagée spécialement à cet effet.
5. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 1, la convention renouvelée le 9 mars 2020 a expiré le 31 janvier 2022. Si, par lettre du 7 octobre 2022, le président de la communauté d'agglomération du Pays basque a demandé à la société Aurera de lui verser le montant du loyer exigible depuis le mois de janvier 2022 et a informé cette dernière qu'elle était prête, en contrepartie, à renouveler la convention, il ne résulte pas de l'instruction que cette entreprise ait donné suite à ce courrier. La société Aurera occupe ainsi les locaux en cause sans droit ni titre. Par ailleurs, la communauté d'agglomération produit trois demandes d'entreprises en date du 9 mai 2023, du 30 mai 2023 et du 5 juin 2023 sollicitant la location à usage de bureaux dans la technopole Izarbel côte basque, et il n'est ni allégué ni établi que des locaux adaptés y seraient disponibles. Par suite, eu égard au but poursuivi par cette dernière, la communauté d'agglomération justifie de la condition d'urgence, et la mesure d'expulsion sollicitée revêt également un caractère utile.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner à la société Aurera d'évacuer ces lieux dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette mesure d'une astreinte. Par ailleurs, il n'entre pas dans l'office du juge administratif d'autoriser la communauté d'agglomération du Pays basque à demander à l'Etat, sur le fondement des dispositions du code des procédures civiles d'exécution, le concours de la force publique pour l'exécution de la présente ordonnance. Dès lors, les conclusions correspondantes de la communauté d'agglomération doivent être rejetées comme irrecevables. Enfin, par voie de conséquence, les conclusions tendant à autoriser cet établissement public de coopération intercommunale à consigner des biens et fournitures de la société Aurera par un commissaire de justice en vue d'exécuter de force cette expulsion doivent également être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Aurera une somme de 1 200 € au titre des frais exposés par la communauté d'agglomération du Pays basque et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la société Aurera d'évacuer les locaux qu'elle occupe au sein de la technopole Izarbel côte basque dans la commune de Bidart, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la présente ordonnance.
Article 2 : La société Aurera versera à la communauté d'agglomération du Pays basque la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la requête de la communauté d'agglomération du Pays basque sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération du Pays basque et à la société par actions simplifiée Aurera.
Fait à Pau, le 28 juillet 2023.
Le juge des référés,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON La greffière,
Signé
M. CAPDEBOSCQ
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026