lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2301847 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | OUDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2023, M. D, représenté par Me Oudin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2023 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à lui verser sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la commission du titre de séjour n'était pas régulièrement constituée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était pas régulièrement composé et n'a pas régulièrement délibéré ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a considéré que le requérant pouvait bénéficier d'un accès aux soins dans son pays d'origine ;
- elle est entachée d'une erreur de droit sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a considéré que le requérant pouvait bénéficier d'un accès aux soins dans son pays d'origine ;
- elle est entachée d'une erreur de droit sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle manque de base légale, par voie d'exception, tirée de l'illégalité de la décision portant rejet de la demande de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est illégale dès lors qu'il a quitté son pays d'origine depuis onze ans et ne pourra pas bénéficier d'un accès aux soins effectif dans son pays d'origine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une décision du 2 octobre 2023, M. D A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Corthier.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, né le 2 février 1967 à Moulvinazar au Bangladesh, de nationalité bangladaise, est entré en France, selon ses déclarations, le 1er novembre 2011. Il a déposé une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, rejetée par décision du 30 mars 2012, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 16 avril 2012. Il a ensuite sollicité un réexamen de sa demande d'asile, en réponse duquel lequel l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a de nouveau pris une décision de rejet le 15 décembre 2014, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 6 mai 2015. L'intéressé a été muni d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étranger malade, valable du 25 septembre 2017 au 18 juillet 2018. Il a déposé, le 28 mars 2023, une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par un arrêté du 15 juin 2023, le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé. Par la présente requête, M. D A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun dirigé contre les décisions contestées :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 30 septembre 2022 régulièrement publié le 3 octobre 2022 au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hautes-Pyrénées, le préfet de ce département a donné délégation à Mme Nathalie Guillot-Juin, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Pyrénées, et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions prévus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ". Aux termes de l'article L. 432-14 du même code : " La commission du titre de séjour est composée :1° D'un maire ou de son suppléant désignés par le président de l'association des maires du département ou, lorsqu'il y a plusieurs associations de maires dans le département, par le préfet en concertation avec celles-ci () ; 2° De deux personnalités qualifiées désignées par le préfet (). / Le président de la commission du titre de séjour est désigné, parmi ses membres, par le préfet ou, à Paris, par le préfet de police. () ".
4. Le requérant ne peut utilement se prévaloir de l'irrégularité de la composition de la commission du titre de séjour dès lors qu'il est constant que pour rejeter sa demande de délivrance d'un titre de séjour en sa qualité d'étranger malade, le préfet des Hautes-Pyrénées a considéré qu'il n'y avait pas lieu de saisir cette commission au préalable au motif que M. A ne remplissait pas effectivement l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée la délivrance d'un tel titre sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au demeurant, il n'est pas contesté que le préfet des Hautes-Pyrénées a recueilli l'avis de cette commission le 18 juillet 2022 concernant une demande de délivrance d'un titre de séjour formulée précédemment par M. A sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne peut donc se prévaloir de l'irrégularité de la composition de cette commission qui ne s'est pas prononcée sur la demande en litige. Ce moyen tiré de l'irrégularité de la composition de la commission du titre de séjour ne peut donc qu'être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. ().. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () ".
6. Il ressort des pièces du dossier qu'un rapport médical, établi le 29 mai 2023 par le docteur C, médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, a été transmis au collège des médecins le 30 mai 2023 et que l'avis qui en est issu a été transmis au préfet des Hautes-Pyrénées par bordereau de transmission du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 1er juin 2023, mentionnant la date de transmission du rapport médical au collège des médecins de l'office. Il ressort également des pièces du dossier, plus particulièrement du bordereau de transmission du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 1er juin 2023 et de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du même jour, que le collège de médecins de l'office ayant examiné la situation du requérant était composé de trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à savoir les docteurs Theis, Quilliot et Lancino, ne comprenant pas le docteur C, médecin rapporteur. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sera écarté.
7. En troisième lieu, s'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
8. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A, le préfet des Hautes-Pyrénées a estimé, au regard de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 1er juin 2023, que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, M. A peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. En levant le secret médical et en produisant un certificat médical d'un médecin généraliste français du 20 juillet 2023 confirmant que M. A est atteint d'un diabète insulino-dépendant avec équilibre instable nécessitant un suivi régulier annuel chez un endocrinologue, ophtalmologue et un cardiologue, des ordonnances du centre hospitalier de Bigorre lui prescrivant un traitement, un certificat médical d'un médecin du Bangladesh du 7 août 2023, rédigé en anglais, attestant que le traitement contre le diabète suivi par l'intéressé n'est pas disponible au Bangladesh et enfin un article du 29 janvier 2018 sur l'accès aux soins de santé au Bangladesh dont la source n'est pas précisée, M. A apporte des éléments ne permettant pas de contester utilement l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Aucun des certificats médicaux produits n'établit que les médicaments qui lui sont prescrits en France ne sont pas substituables par des médicaments, disponibles au Bangladesh, ayant un effet équivalent. Dès lors, M. A n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier de manière effective d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
11. M. A soutient que la décision portant refus de titre de séjour entraîne de graves conséquences sur son état de santé et sur sa situation personnelle. Il se prévaut ainsi de sa présence sur le territoire français depuis au moins le début de l'année 2012, non remise en cause par la préfecture, de sa présence régulière de 2017 à 2019, de l'absence de condamnation pénale prononcée à son encontre, de son état de santé nécessitant des soins réguliers, et du fait qu'il a toujours travaillé sans jamais être déclaré tout en subvenant aux besoins de sa famille au Bangladesh. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A ne justifie pas d'une durée de présence régulière sur le territoire français depuis plus de dix ans. M. A ne démontre pas disposer ni de liens stables et intenses au sein de la société française, ni d'une intégration sociale ou professionnelle en France. M. A n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales au Bangladesh, pays dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de quarante-quatre ans et où résident son épouse et son fils. Par suite, compte tenu des circonstances de l'espèce et notamment des conditions de séjour en France de M. A, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. En dernier lieu, il résulte des points 8 et 11 et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en rejetant la demande de titre de séjour présentée par M. A en sa qualité d'étranger malade, le préfet des Hautes-Pyrénées aurait fait une inexacte application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne le moyen commun dirigé contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et octroi d'un délai de départ volontaire :
13. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".
14. Les décisions attaquées visent notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et se fonde sur ce que M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français, sur ce que sa demande de réexamen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été rejetée par décision du 15 décembre 2014, notifiée le 18 décembre 2014, sur ce qu'il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étranger malade, valable du 25 septembre 2017 au 18 juillet 2018, sur ce qu'il a déjà fait l'objet d'une précédente mesure portant obligation de quitter le territoire français non exécutée et sur ce qu'il ne justifie pas d'une vie familiale au caractère stable, ancien et intense en France. Le préfet se fonde également sur l'avis émis le 1er juin 2023 par le collège de médecins de l'Office français de l'intégration et de l'immigration qui indique que si l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Enfin, concernant le délai de départ volontaire, la décision attaquée rappelle les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et se fonde sur ce que M. A ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, les décisions attaquées satisfont à l'exigence de motivation en droit et en fait prescrites par les dispositions précitées au point 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code des relations entre le public et l'administration.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8, 11 et 12, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaitrait et ferait une inexacte appréciation de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
16. En second lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, M. A n'est pas fondé à exciper de son illégalité pour contester la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
17. Il résulte des points 8 et 11 et il ressort des pièces du dossier que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'illégalité dès lors qu'il aurait quitté son pays d'origine depuis onze ans et ne pourrait pas bénéficier d'un accès aux soins effectif dans son pays d'origine.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées du 15 juin 2023. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
19. Les dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D A, au préfet des Hautes-Pyrénées et à Me Oudin.
Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
Z. CORTHIER
La présidente,
M. SELLÈS
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026