mardi 24 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2302060 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 2 |
| Avocat requérant | SELARL BOISSY AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 août 2023, le 30 août 2023, le 2 mars 2024 et le 28 mai 2024, M. E A B et Mme D B, représentés par
Me Lopes, avocat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel le maire d'Arbonne a délivré à
M. A C un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement comportant deux lots, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Arbonne une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les décisions méconnaissent l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme ;
-elles méconnaissent les articles R. 111-2, L. 421-6 et R. 441-4 du code de l'urbanisme ;
- elles méconnaissent les articles UB 9-1, UB 9-2, UB 9-6, UB 11 et UB 14 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Arbonne.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 janvier 2024 et le 15 avril 2024, la commune d'Arbonne, représentée par Me Boissy, avocat, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au sursis à statuer, dans l'attente d'une régularisation éventuelle du permis dans un certain délai à compter de la notification du jugement à venir, et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lepers Delepierre,
- et les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 24 janvier 2023, le maire d'Arbonne a délivré à M. C un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement comportant deux lots destinés à des maisons à usage d'habitation. M. et Mme B demandent l'annulation de cet arrêté et de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé contre cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 24 janvier 2023 :
2. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Le permis () d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ". L'article R. 442-6 du même code, relatif au contenu de la demande de permis d'aménager un lotissement, prévoit : " Le dossier de la demande est, s'il y a lieu, complété par les pièces suivantes : / a) Un projet de règlement, s'il est envisagé d'apporter des compléments aux règles d'urbanisme en vigueur () ". Il résulte de ces dispositions que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité, notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
3. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article UB 9-6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Arbonne : " Les aires de stockages des déchets (ordures ménagères, tri sélectif, déchets autres) devront faire l'objet d'un aménagement paysager (végétalisé ou autre) de manière à être insérées au projet initial. ".
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment du dossier de demande de permis d'aménager, que seul un conteneur est prévu comme aire de stockage des déchets sans aucun aménagement paysager, végétalisé ou non. Par suite, l'arrêté attaqué a été délivré en méconnaissance de l'article UB 9-6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Arbonne.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB 14 du règlement du plan local d'urbanisme de la communauté d'Arbonne : " Les constructions, installations ou aménagements susceptibles d'être à l'origine d'effluents doivent être raccordés au réseau public d'eaux usées. Tout déversement d'eaux usées autres que domestiques (ou assimilables à un usage domestique au sens de la réglementation en vigueur) dans le réseau public doit être préalablement autorisé par la collectivité à laquelle appartiennent les ouvrages et peut être subordonné notamment à un dispositif de prétraitement adapté à l'importance et à la nature des rejets. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que chaque lot sera doté d'un dispositif autonome d'assainissement alors que, ainsi qu'il a été dit au point 1, ces lots étant destinés à des maisons à usage d'habitation, ils doivent être raccordés au réseau public d'assainissement. Par suite, l'arrêté attaqué méconnaît l'article UB14 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Arbonne.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
8. Les vices relevés aux points 4 et 6 sont susceptibles d'être régularisés par un permis de construire modificatif. Il résulte toutefois de l'instruction qu'eu égard aux difficultés de raccordement du projet de lotissement au réseau public d'assainissement, notamment en raison de la nécessité d'une extension de ce réseau, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune d'Arbonne tendant à ce que le tribunal use des pouvoirs qu'elle tient de l'article
L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
9. Par ailleurs, le vice tiré de la méconnaissance de l'article UB 14 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Arbonne relevé au point 6 affecte la totalité du projet.
En ce qui concerne la légalité de la décision implicite de rejet du recours gracieux :
10. La décision attaquée ne peut être regardée comme étant exempte des vices relevés aux points 4 et 6 qui entachent la légalité de l'arrêté du maire d'Arbonne du 24 janvier 2023.
11. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du maire d'Arbonne du 24 janvier 2023 et la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par M. et Mme B contre cet arrêté doivent être annulés.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
13. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune d'Arbonne doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette dernière une somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. et Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire d'Arbonne du 24 janvier 2023 et la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par M. et Mme B contre cet arrêté sont annulés.
Article 2 : La commune d'Arbonne versera à M. et Mme B une somme globale de 2 000 (deux mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune d'Arbonne présentées sur le fondement de l'article
L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B, à la commune d'Arbonne et à M. A C.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bayonne.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Lepers Delepierre, conseillère
M. Aubry, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2025.
La rapporteure,
L. LEPERS DELEPIERRE
Le président,
F. DE SAINT-EXUPERY
DE CASTILLONLa greffière,
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026