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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2302523

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2302523

vendredi 15 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2302523
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 1

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 29 septembre 2023, le 18 mars 2024 et le 14 septembre 2024, M. A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le département des Pyrénées-Atlantiques sur sa demande de communication de documents ;

2°) d'enjoindre au département des Pyrénées-Atlantiques de lui communiquer les documents sollicités en les publiant sur leur site internet et de lui transmettre par courriel les liens des documents publiés, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, éventuellement sous astreinte ;

3°) de mettre à la charge du département des Pyrénées-Atlantiques la somme de 150 euros en application des dispositions L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision implicite de rejet qui lui a été opposée est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'aucune réponse à sa demande de communication des motifs ne lui a été apportée ;

- le refus de communication qui lui est opposé méconnaît les dispositions de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- contrairement à ce que soutiennent à tort le département des Pyrénées-Atlantiques en défense ainsi que la CADA, sa demande concerne bien la communication de documents administratifs ;

- sa demande est suffisamment claire dès lors qu'il ne peut pas énumérer les documents sollicités puisqu'ils n'ont pas été publiés mais il a précisé la nature des documents sollicités, leur nombre, origine et la période pour laquelle il les sollicitait.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 7 mars 2024, le département des Pyrénées-Atlantiques, conclut, à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire, à son rejet.

Il soutient que :

- le requérant ne justifie d'aucun intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par le requérant sont inopérants dès lors qu'ils ont attrait à la communication de documents administratifs alors que la requête ne porte pas sur une demande de documents administratifs mais sur une demande d'application de l'article L. 312-1-1 1° du code des relations entre le public et l'administration.

Par ordonnance du 30 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2024.

Une note en délibéré, présentée par M. A, a été enregistrée le 4 novembre 2024.

Vu :

- l'avis de la CADA n° 20234316 du 7 septembre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sellès, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sellès, présidente,

- les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique,

- et les observations de Mme C, représentant le département des Pyrénées-Atlantiques qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et qui précise que le département tente tant bien que mal de satisfaire les demandes de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier électronique du 13 juin 2023 adressé au département des Pyrénées-Atlantiques a souhaité se voir communiquer, par publication en ligne, de tous les documents prévus au 1° des dispositions de l'article L. 312-1-1 du code des relations entre le public et l'administration, pour la période comprise entre le 1er janvier 2020 et la date de sa demande. M. A a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) d'une demande d'avis enregistré à son secrétariat le 13 juillet 2023. En l'absence de réponse de la part de l'administration, une décision implicite de rejet sur sa demande de communication des documents est née. Par un courrier du 13 juillet 2023, M. A a sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le département des Pyrénées-Atlantiques sur sa demande de communication des documents. Par un courrier du 13 juillet 2023, M. A a saisi la CADA, qui s'est déclarée incompétente dans un avis du 7 septembre 2023. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le département des Pyrénées-Atlantiques sur sa demande de communication de documents.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Le département des Pyrénées-Atlantiques fait valoir que M. A n'a pas intérêt à agir. Toutefois, le droit à la communication de documents administratifs n'est pas subordonné à la démonstration d'un intérêt à agir de la part du demandeur. Par conséquent, la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt à agir ne peut qu'être écartée.

Sur la décision attaquée :

3. Aux termes de l'article L. 342-1 du code des relations entre le public et l'administration : " La Commission d'accès aux documents administratifs émet des avis lorsqu'elle est saisie par une personne à qui est opposé un refus de communication () / La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux. ". Aux termes de l'article R. 343-4 du même code : " Le silence gardé pendant le délai prévu à l'article R. 343-5 par l'administration mise en cause vaut décision de refus. ". Aux termes de l'article R. 343-5 de ce code : " Le délai au terme duquel intervient la décision implicite de refus mentionnée à l'article R. 343-4 est de deux mois à compter de l'enregistrement de la demande de l'intéressé par la commission ".

4. Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles l'autorité mise en cause rejette, implicitement ou expressément, au vu de l'avis rendu par la CADA, des demandes tendant à la communication de documents administratifs se substituent à celles initialement opposées au demandeur. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision initiale de refus doivent être regardées comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande de communication en date du 14 juin 2023 doivent être regardées comme tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur la demande de communication présentée par M. A à l'issue du délai de deux mois suivant la saisine, le 17 juillet 2023, de la CADA.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 311-12 du code des relations entre le public et l'administration : " Le silence gardé par l'administration, saisie d'une demande de communication de documents en application de l'article L. 311-1, vaut décision de refus ". Aux termes de l'article R. 311-13 du même code : " Le délai au terme duquel intervient la décision mentionnée à l'article R. 311-12 est d'un mois à compter de la réception de la demande par l'administration compétente. ". Aux termes de l'article L. 311-14 de ce code : " Toute décision de refus d'accès aux documents administratifs est notifiée au demandeur sous la forme d'une décision écrite motivée comportant l'indication des voies et délais de recours ".

6. M. A soutient que les dispositions précitées de l'article L. 311-14 du code des relations entre le public et l'administration ont été méconnues. Toutefois, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision de rejet de sa demande du 13 juin 2023 ne peut être utilement soulevé dès lors que la décision survenue consécutivement à la saisine de la CADA s'y est substituée, ainsi qu'il est dit au point 4. Ce moyen doit donc être rejeté comme inopérant.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. " Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ".

8. M. A fait valoir que les documents dont il sollicite la publication sur le site internet du département des Pyrénées-Atlantiques constituent des documents administratifs au sens de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, ainsi que l'a relevé la CADA dans son avis du 7 septembre 2023, cette demande, de par la nature des informations sollicitées, a le caractère d'une demande de modification du site internet du conseil départemental et non le caractère d'une demande portant sur la communication de documents administratifs existants ou susceptibles d'être obtenus par un traitement automatisé d'usage courant. En tout état de cause, en demandant la mise " en ligne sur le site officiel de votre administration, tous les documents prévus au 1° de l'article L. 312-1-1 du code des relations entre le public et l'administration " alors que ces dispositions font référence aux documents que les administrations " communiquent en application des procédures prévues au présent titre, ainsi que leurs versions mises à jour " , l'intéressé n'a pas mis l'administration à même, compte tenu de la généralité de sa demande initiale, insuffisamment précise, de répondre favorablement à celle-ci, en identifiant les documents demandés. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que les documents sollicités constituent des documents administratifs communicables au sens des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D A et le département des Pyrénées-Atlantiques.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2024.

La magistrate désignée,

M. SELLÈSLa greffière,

M. B La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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