mardi 8 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2302534 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SP AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 septembre 2023, 1er août 2024 et 2 septembre 2024, M. C A, représentée par Me Pather, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 août 2023 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à cette même autorité de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans cette attente, de le munir de l'autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou d'un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elles méconnait les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée,
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions du 4° l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 juin 2024 et 16 septembre 2024, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 octobre 2023.
Par une ordonnance du 5 juillet, la clôture de l'instruction a été fixé au 2 septembre 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sellès,
- et les observations de Me Pather, représentant M. A, présent et accompagné de M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, insiste sur l'erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du défaut d'examen de sa demande de titre de séjour mention " étudiant ", rappelle les conditions d'entrée et de séjour de l'intéressé ainsi que ses ressources et ses parcours scolaire assidu et professionnel dans un secteur en demande de main d'œuvre et informe le tribunal de ce que, postérieurement à l'introduction de la requête, M. A a été adopté par M. B et que la compagne de M. A est enceinte.
Le préfet des Hautes-Pyrénées n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant nigérien né le 13 janvier 2000 à Benin City, est entré irrégulièrement en France le 26 janvier 2020, selon ses déclarations. Sa demande d'asile du 12 juillet 2021 a été rejetée par l'Office français pour les réfugiés et apatrides le 30 décembre 2021 et par la Cour nationale du droit d'asile le 23 février 2023. Le 12 mai 2023, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par arrêté du 28 août 2023, le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études (), l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
3. Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a accompagné son dossier de demande de titre de séjour d'un courrier du 21 mars 2023 adressé au préfet des Hautes-Pyrénées dans lequel il sollicite la délivrance d'un titre de séjour " étudiant " et d'un ensemble de pièces attestant de son parcours scolaire et de son assiduité. Toutefois, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet a examiné sa situation en mentionnant que l'intéressé ne remplit pas les conditions prévues par l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son entrée en France est récente et que les éléments fournis à l'appui de sa demande, notamment s'agissant de sa scolarisation de 2020 à 2023 en France, ne peuvent être regardés comme des considérations humanitaires ou exceptionnelles et qu'il ne présente aucun talent exceptionnel ou service rendu à la collectivité depuis son arrivée en France justifiant de circonstances exceptionnelles, alors au demeurant que sa demande d'asile a été rejetée en première et deuxième instance. Dans ces conditions, en s'abstenant d'étudier sa demande de titre de séjour au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel n'est pas visé dans la décision attaquée, le préfet a méconnu ces dispositions, la circonstance que la décision attaquée ait pris en compte son statut et mentionne les éléments fournis à l'appui de sa demande, notamment des certificats de scolarité, conventions de stage et de formation, des relevés de notes et attestations témoignant de son assiduité et de sa réussite scolaire ne caractérisant pas un examen au regard des dispositions précitées.
5. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, M. A est fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, des décisions par lesquelles il lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Compte tenu du motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de réexaminer la demande de titre de séjour de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et dans cette attente, de le munir d'un récépissé de demande de titre de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
7. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pather renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Pather.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrête du 28 août 2023 du préfet des Hautes-Pyrénées à l'encontre de M. A est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hautes-Pyrénées de réexaminer la demande de titre de séjour de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et dans cette attente, de le munir d'un récépissé de demande de titre de séjour
Article 3 : L'Etat versera à Me Pather, sous réserve qu'elle renonce à la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, une somme de mille cinq-cents euros (1 500 euros) en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. C A, au préfet des Hautes-Pyrénées et à Me Pather.
Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
M. Rivière, premier conseiller,
Mme Crassus, conseillère,
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2025.
La présidente-rapporteure,
M. SELLÈSL'assesseur le plus ancien,
E. RIVIÈRELa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026