vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2302589 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | MALFRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 12 octobre 2023 M. A C, représenté par Me Malfray, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet de la gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du préfet de la Gironde la somme de 1 200 euros, à verser à Me Malfray, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des disposition prévues 3° et 4° de l'article L. 611-3 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision portant une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans :
- elle est privée de base légale.
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le jugement n° 2302589 du 13 septembre 2023 par lequel la magistrate désignée a notamment rejeté les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet de la Gironde a fait obligation à M. C de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sue le territoire français pendant une durée de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Sellès.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 17 avril 1982 à Lakhzazna au Maroc, de nationalité marocaine, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 8 août 2000, muni d'un visa long séjour. Le 30 octobre 2000 un titre de séjour d'une durée d'un an lui a été octroyé, puis, le 2 août 2001, une carte de résident d'une durée de dix ans lui a été délivrée et a été renouvelée le 12 août 2011 pour la même durée. Le 23 décembre 2021 le requérant a sollicité le renouvellement de sa carte de résident et le 2 octobre 2023, le préfet de la Gironde a pris à l'encontre de M. C un arrêt portant refus de délivrance du titre de séjour, obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Sur l'étendue du litige :
2. Par un jugement n° 2302589 du 13 septembre 2023, la magistrate désignée a notamment renvoyé les conclusions aux fins d'annulation de la décision refusant de délivrer un titre de séjour au requérant ainsi que, en tant qu'elles s'y rattachent, les conclusions aux fins d'injonction, devant une formation collégiale du présent tribunal. Par suite, seules les conclusions ainsi renvoyées devant la formation collégiale demeurent en litige.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
4. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
6. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. C, le préfet de la Gironde a, d'une part, relevé que s'il allègue vivre en France depuis plus de vingt ans et qu'il est père d'un enfant français, il n'établit pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de son enfant ni l'existence de liens stables avec celui-ci. En outre, M. C est célibataire et ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident ses parents. D'autre part, il a retenu que le requérant représente une menace pour l'ordre public dès lors qu'il a été condamné par le tribunal correctionnel de Libourne le 22 juin 2004 pour violence par conjoint suivie d'incapacité supérieure à huit jours à une peine de 5 mois d'emprisonnement avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant 2 ans, le sursis a été révoqué en totalité le 6 avril 2007, le 15 février 2011 pour refus par le conducteur d'un véhicule de se soumettre aux vérifications tendant à établir l'état alcoolique, conduite d'un véhicule en état d'ivresse manifeste, conduite d'un véhicule sans permis, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, à une peine de 4 mois d'emprisonnement avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant un an et six mois, le délai d'épreuve a été prolongé pour un an et le sursis a totalement été révoqué le 28 janvier 2016, le 18 janvier il a été condamné par le même tribunal pour violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, le 1er juin 2022 pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique en récidive et violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité, à huit mois d'emprisonnement dont quatre mois avec sursis probatoire pendant deux ans et le 19 janvier 2023 pour violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours en récidive, violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint en récidive et pour appels téléphoniques malveillants réitérés à 8 mois d'emprisonnement et interdiction de rentrer en contact avec certaines personnes dont la victime, ce qui traduit un comportement délinquant continu. Ces faits délictueux et répétés commis par l'intéressé, constitutifs notamment d'atteintes portées sur des personnes dépositaires de l'autorité publique et sur son ex-conjointe, présentent un caractère de gravité significatif et encore récent à la date de la décision contestée. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision contestée aurait été prise en méconnaissance des dispositions précitées doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de la Gironde du 2 octobre 2023, en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour, doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. C n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du préfet de la Gironde, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, la somme que M. C demande, sur le fondement combiné de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Les conclusions qu'il présente à cette fin doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée M. A C, au préfet de la Gironde et à Me Malfray.
Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
M. Rivière, premier conseiller,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
M. SELLÈSL'assesseur le plus ancien,
E. RIVIERELa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026