mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2302625 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MALFRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 et 16 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Ortego Sampedro, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le préfet de la Corrèze lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, sans délai à compter de la notification du jugement à venir;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier ses 2° et 4° ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle entraîne des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle et familiale.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :
- elle est privée de base légale.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Un mémoire en production de pièces présenté par le préfet de la Corrèze a été enregistré le 16 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention d'application de l'accord de Schengen du 14 juin 1985, en date du 19 juin 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
La présidente du tribunal a désigné Mme Duchesne en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 octobre 2023 à 10h30, en présence de Mme Caloone, greffière, :
-le rapport de Mme Duchesne, magistrate désignée ;
- les observations de Me Ortego Sampedro, représentant M. A, qui reprend les conclusions et moyens développés dans ses écritures. Il soutient en outre que le préfet de la Corrèze n'ayant pas produit de mémoire en défense, doit être regardé comme acquiesçant aux faits ; il soutient aussi que cette autorité a entaché sa décision d'erreur de droit en ce qu'en ne faisant pas état de sa présence en France depuis 1995 alors qu'il n'était âgé que de 7 ans, il n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- les observations de M. A qui reconnaît avoir un parcours judiciaire chargé mais pour des infractions correctionnelles, comme des délits routiers ou des violences mais seulement sur des membres de sa famille, il n'a en revanche commis aucun acte de nature criminelle ; il n'a pu donner de nouvelles à la préfecture pendant son incarcération mais il souhaite vraiment se réinsérer.
Le préfet de la Corrèze n'était ni présent, ni représenté à l'audience.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 3 juillet 1987, de nationalité ivoirienne, est entré en France en 1995 alors qu'il était mineur. Il a obtenu plusieurs titres de séjour, en 2009 et du 24 juillet 2011 au 28 juillet 2012. Par un arrêté du 10 octobre 2023, le préfet de la Corrèze a fait obligation à M. A de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux différentes décisions :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ". Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions () d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "
4. L'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles il se fonde et rappelle qu'il a fait l'objet d'un précédent arrêté du préfet du Gard le 18 juillet 2022 portant obligation de quitter le territoire français et de seize condamnations pénales prononcées pour des faits notamment de violence sur mineur de 15 ans sans incapacité et sur ascendant avec incapacité d'excédant pas 8 jours, de conduite sans permis, à plusieurs reprises avec refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, de délit de fuite après un accident avec un véhicule dépourvu d'assurance, de vol par effraction et de port prohibé d'arme de catégorie 6, d'outrage et violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique avec incapacité n'excédant pas 8 jours, de menace de mort réitérée, de harcèlement sexuel, constitutifs d'une menace à l'ordre public. C'est en raison du risque de trouble à l'ordre public que présente son comportement et du risque de récidive que l'octroi d'un délai de départ volontaire lui a été refusé, ajouté au risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire dans la mesure où il ne justifie ni d'un domicile pérenne ni de ressources licites en France. Enfin, l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans est motivée par le fait que l'intéressé se maintient en situation irrégulière sans la régulariser, ne fait pas état de liens réellement forts avec la France et ne justifie pas d'une intégration en France alors qu'il n'établit pas être dénué d'attaches familiales dans son pays d'origine et a fait l'objet de multiples condamnations depuis 2007. L'arrêté précise enfin qu'il ne porte aucune atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé et ne présente pas de risque de contrevenir aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La circonstance que l'arrêté attaqué ne mentionne pas qu'il est entré en France en 1995 alors qu'il était mineur, ne suffit pas à l'entacher d'illégalité dès lors qu'il n'a pas à mentionner l'intégralité des éléments caractérisant la situation du requérant. Ainsi, il comporte, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, l'arrêté attaqué satisfait à l'exigence de motivation en droit et en fait prescrite par les dispositions précitées.
5. En second lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 612-3 du code de justice administrative : " () lorsqu'une des parties appelées à produire un mémoire n'a pas respecté le délai qui lui a été imparti en exécution des articles R. 611-10, R. 611-17 et R. 611-26, le président de la formation de jugement () peut lui adresser une mise en demeure. ". Aux termes de l'article R. 612-6 du même code : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à un telle mise en demeure avant de statuer.
6. Il résulte de ce qui précède que le requérant ne saurait utilement se prévaloir de la règle de l'acquiescement aux faits prévue par l'article R. 611-6 du code de justice administrative en raison de l'absence de production, avant la clôture de l'instruction, d'un mémoire en défense par le préfet de la Corrèze, lequel a produit seulement des pièces, dès lors qu'aucune mise en demeure de produire un mémoire en défense n'a été adressée au préfet par le tribunal.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, si le requérant se prévaut de l'absence de mention, dans l'arrêté attaqué, de son entrée en France en 1995 alors qu'il était mineur, il résulte de la décision attaquée que le préfet de la Corrèze précise que le requérant est né le 3 juillet 1987 et vise l'adoption par le préfet du Gard le 18 juillet 2022 d'une précédente mesure d'éloignement, produite à l'instance, faisant état de la présence en France de l'intéressé depuis 1995, circonstance n'ayant permis, ni en 2022, ni à l'occasion de l'adoption de la décision attaquée, de démontrer l'existence de liens stables et intenses avec la France. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Corrèze n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle et familiale de M. A.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; () 4° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans ; () ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu protéger de l'éloignement les étrangers qui sont en France depuis l'enfance, à raison de leur âge d'entrée et d'établissement sur le territoire. Dans ce cadre, les éventuelles périodes d'incarcération en France, si elles ne peuvent être prises en compte dans le calcul d'une durée de résidence, ne sont pas de nature à remettre en cause la continuité de la résidence habituelle en France depuis au plus l'âge de treize ans, alors même qu'elles emportent, pour une partie de la période de présence sur le territoire, une obligation de résidence, pour l'intéressé, ne résultant pas d'un choix délibéré de sa part.
9. Il ressort des pièces du dossier que pour établir résider habituellement en France depuis qu'il a atteint l'âge de treize ans, soit en 2000, M. A produit des certificats établis en 2016 et 2017, attestant qu'il a été scolarisé en France au cours des années scolaires 1999-2000 à 2003-2004 et 2005-2006 ainsi qu'au premier trimestre 2006-2007. Dès lors, le requérant ne justifie pas avoir résidé en France au cours de l'année scolaire 2004-2005 ni à compter du second trimestre de l'année scolaire 2006-2007, années au titre desquelles il ne produit aucun autre justificatif, alors qu'il était devenu majeur. Il produit ensuite une copie de son permis de conduire obtenu le 10 juin 2008, un document édité le 11 mars 2014, qu'il désigne être une déclaration d'impôt sur le revenu pour l'année 2009 ainsi qu'un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour, daté du 29 juillet 2010 précisant que la validité de son titre de séjour expire le 23 juillet 2009, sans toutefois produire celui-ci, et enfin un titre de séjour valable du 24 juillet 2011 au 28 juillet 2012. Par ailleurs, il a été incarcéré de manière quasi-continue du 12 août 2011 jusqu'au 6 novembre 2021 et de nouveau depuis le 18 juillet 2022 jusqu'au 10 octobre 2023, date à laquelle il a été placé en rétention administrative. Ainsi, en l'absence d'élément probant permettant d'établir sa présence en France au titre de l'année scolaire 2004-2005 et au titre de l'année 2007, il ne justifie pas d'une résidence habituelle, laquelle doit être, au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, continue depuis qu'il avait atteint au plus l'âge de treize ans. S'il cumule ensuite plus de 10 années d'incarcération, il ne justifie pas davantage de plus de vingt ans de résidence régulière, le requérant n'ayant obtenu la délivrance d'un titre de séjour depuis sa majorité que durant deux années. Par suite, en prenant la décision attaquée, le préfet de la Corrèze n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
11. Si M. A se prévaut d'une présence en France depuis 1995 où il a été scolarisé, et fait valoir à l'audience avoir rencontré des difficultés avec sa famille, ne pas avoir été en mesure de contacter sa mère, en situation régulière et pouvant attester de ses attaches en France, et n'avoir pu effectuer les démarches nécessaires au renouvellement de son titre de séjour lorsqu'il était en détention mais qu'il souhaite désormais se réinsérer, il ressort toutefois des pièces du dossier, ainsi que rappelé au point 9, que sa présence en France n'est pas continue et essentiellement constituée de périodes d'incarcération, éléments qui ne sauraient attester d'une intégration particulière dans la société française. De plus, il est sans ressources, il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement et il n'établit pas la réalité des liens personnels, stables et anciens qu'il aurait entretenus en France, alors qu'il est célibataire, sans charge de famille et ne justifie pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, le décès allégué de son père en Côte d'Ivoire n'étant corroboré par aucune pièce du dossier. Ainsi, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, cette décision n'est pas entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Pour les mêmes motifs, M. A n'ayant pas de droit au séjour au titre de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Corrèze n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit au regard de ces dispositions.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision faisant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
14. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 11.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
15. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". ".
17. Si M. A soutient que l'ensemble de ses liens privés et familiaux se situent en France où il réside depuis plus de 28 ans et qu'il n'a plus aucun lien avec son pays d'origine, ainsi que déjà mentionné, il ne justifie pas de la réalité de liens personnels en France caractérisés par leur intensité et leur ancienneté. En outre, il ne conteste pas se maintenir en situation irrégulière depuis 2012, ni que ses multiples condamnations, si, certes, elles ne sont pas de nature criminelles, portent la durée totale de son incarcération à plus de dix années, faisant de sa présence en France une menace à l'ordre public. Par suite, en prononçant une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, le préfet de la Corrèze n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
18. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 11, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée serait entachée d'erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
19. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision ne peut, dès lors, qu'être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
21. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
22. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au préfet de la Corrèze.
Copie pour information en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2023, à laquelle siégeait Mme Duchesne, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2023 .
La magistrate désignée,
Signé
M. DUCHESNE
La greffière,
Signé
M. CALOONE La République mande et ordonne au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Signé
M. CALOONE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026